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12/06/2005
Ecce homo.
"Car, mis à part le fait que je suis un décadent, j'en
suis aussi le contraire. J'en veux pour preuve, entre autres, que d'instinct
j'ai toujours choisi les remèdes adéquats aux mauvais états de santé : tandis
que le décadent en soi choisit toujours les remèdes qui lui font du tort. Comme
summa summarum j'ai été sain, comme recoin, comme spécialité j'ai été
décadent." NIETZSCHE.
HOUELLEBECQ
! Le seul écrivain français qui ait compris l'époque ! Le seul qui mérite
vraiment d'être lu ! Anti-moderne, anti-réac, irréversible et irrécupérable,
post-apocalyptique, il est l'homme blessé idéal. En lui purulent nos stigmates
d'hommes et de femmes du XXIème siècle fatigués de vivre. Impuissance
existentielle, dégoût de la vie, haine de l'espèce, tare sexuelle, faiblesses
honteuses, fatigue générale. Houellebecq, c'est le type qui a toutes les
tares de son époque mais qui ne s’en félicite pas. Qui souffre de faire ce
qu'il ne veut pas et de ne pas faire ce qu'il veut. Mais qui refuse de se faire
le militant de ses tares, de légaliser ses aberrations. Qui ne change pas de
valeurs au fur et à mesure qu'il change de boîtes à partouze. Qui pourrait dire
« je suis allé dans les partouzes car je suis un connard, j’ai quitté ma femme
car je suis un minable, j’ai fait avorter ma maîtresse car je suis un salaud. »
Houellebecq (se) constate et déprime. Il est ce pécheur modèle qui ne peut
sortir de sa fange mais au moins reconnaît qu'elle en est une. En ne créditant
pas ce que son corps fait, au moins prouve-t-il qu'il a une âme. Pour la
modernité qui confond les désirs et la volonté et qui croit qu'il suffit de se
contenter d'être soi pour être beau, bon et vrai, l'homme sans qualités mais
non sans morale à la Houellebecq peut paraître hypocrite alors qu'il est d'une
rare probité spirituelle. Quand on boite, l'important est de marcher droit en
esprit - car un corps boiteux nous irrite moins qu'un esprit boiteux etc.
Houellebecq est ce qu'il est mais pense et écrit contre ce qu'il est. S'il est
malade, son point de vue sur la maladie est sain. Et c'est pourquoi on l'aime !
Envers et contre tout, il reste vivant. C'est le dernier des vivants.Voir en lui un nouveau modèle de chrétien fera sourire. Pourtant, n'est-il pas déjà passé du marxisme à l'amour de la femme comme le prouvent ces trois romans (trois romans d'amour !) - et que ne lui ont pas pardonné ces ex-collègues gauchistes ? Et s'il est allé vivre en Irlande et ensuite en Espagne, n'est-ce pas aussi pour respirer encore un peu de catholicisme ? En vain, bien entendu. En bon schopenhaurien, Houellebecq ressent l'inanité des religions comme nul autre - ce qui ne l'empêche pas d'établir entre elles une hiérarchie intellectuelle (le crime antimoderne absolu !) - et que si l'islam est définitivement la religion la plus con du monde, le catholicisme contient en lui "des développements intéressants." (cf son entretien dans le DVD des Inrockuptibles) Voilà pourquoi le désespoir de ce petit homme souffreteux et lucide en appelle à l'espérance. Rien à voir donc avec ces marchands d'Apocalypse qui se font les cavaliers de leur soupe ! Ces chrétiens Play Station qui ont pour apôtres la pire racaille identitaire (alors que le christianisme est précisément la religion anti-identitaire par excellence !), aussi islamiques que les islamiques dans le fond, et qui surtout écrivent "aware". - "nous avons dit oui au non et no au yes. We sommes les gens du vrai world qui voulons vivre leur life en paix mais qui feront la war si les bad nous attaquent. We sommes les real Mercredaye du Chraist qui nous battons contre Foncé Vador et contre tout l'empire fuck blooding de la death money. We sommes le pipaule qui s'est waking enfin ! Alleluya pour tous les free gens ! Et Apocalypse, présentement !"
Que faut-il être aujourd'hui pour choquer ? Nazi ? même pas. Communiste ? Bien sûr que non. Intégriste ? Peuh, ils le sont tous. Libertaire ? fi, y en a encore. Non, ce qui dégoûte tout le monde, c'est s'affirmer centriste de droite ou libéral de gauche. Là, vous pouvez être sûr que ça va chier pour vous. Centriste ??? Beauf ! dictateur ! salaud ! riche ! même pas ! plouc ! tiède ! vomi ! vendu ! anti-Maldoror ! anti-Raskolnikov ! anti-tout ce qu'on aime, nous-les-énervés-de-la-laide-époque ! Et pour les plus méchants : porc sulpicien ! (c'est vrai, je fais du surpoids et j'aime beaucoup les bondieuseries.) Tant pis pour moi et mon mauvais goût. Je continuerai à mettre au même niveau de manipulation et d'imbécillité (j'aime décidément beaucoup ce mot) Le monde diplomatique et Rivarol, Joseph de Maistre et Herbert Marcuse, déplorant que seuls les consanguins et les sangs mêlés gangrènent le débat contemporain. Nabe avait raison : nous sommes décidément condamnés à errer entre les intégristes et les désintégrés. Dommage que lui soit devenu les deux... Avec Dantec, ils font la paire. Manque plus que Soral et Ramadan !
L'essentiel, c'est la belle humeur, l'allégresse sereine, cette "Heiterkeit" si chère à l'auteur du Zarathoustra. Je m'amuse beaucoup depuis que j'ai ouvert ce blog. Et je suis très heureux des commentaires que certains m'invitent à fermer. Qu'importent le fiel, la fiente ou la pituite de nombre de mes interlocuteurs ! C'est aussi cela la vie. "Il me semble aussi que la parole la plus grossière, la lettre la plus grossière sont encore plus bénignes, plus décentes que le silence. Ceux qui ne disent rien manquent presque toujours de finesse et de politesse du coeur ; ne rien dire, c'est objecter, ravaler détériore nécessairement le caractère - cela gâte même l'estomac. Tous ceux qui ne disent rien sont dyspeptiques. - On le voit, je voudrais que l'on ne sous-estime pas la grossièreté, elle est de loin la forme la plus humaine de la contradiction et, à l'époque de l'amollissement moderne, une de nos premières vertus." dit encore Nietzsche. On peut venir dans l'arène, mon flanc se prête à toutes les embardées. Quant à mon équivoque tiédeur, suffisamment cuisante pour les uns et glaçante pour les autres, elle me sied à merveille. Elle me dispense de me défendre. Je déteste me défendre quand j'ai dit quelque chose. D'ailleurs, tacler m'est trop facile, et il faut que je me retienne pour ne pas jouer trop longtemps au chat avec la souris. Je préfère voir l'effet que cela va faire chez celui ou celle qui me fait l'honneur de me lire, gargouillis ou réflexion, rôt ou sourire complice, baffe dans l'air ou tape dans le dos. Je me fais une collection de tonalités affectives. Dans tous les cas, je dis exactement ce que je sens - même si dans ma bouche, ou sous ma plume, les mots les plus durs n'ont pas la signification sournoise, putride et lourde qu'ils ont chez d'autres - on chercherait en vain une trace de fanatisme en moi - et c'est pour cela que les lourds me tombent dessus. Enfin ! Un peu de Mozart, un peu de Rubens ("rien qu'entendre le nom de Rubens, cela fait du bien" disait Claudel), un bon Sin City avec Kz à l'UGC Ciné cité, un fête entre amis le soir, des danses et des rires, et me revoilà, taureau et toréro à la fois. Ce que je m'y crois !
Commentaires
Vous êtes simplement un centriste type Bayrou, pas de quoi en être fier ou en avoir honte.
Vous avez peur d'être traité de réac, mais ne craignez rien, on ne vous fera aucun mal.
Cependant, attention à votre islamophobie qui n'a rien à envier à celle de vos frères les consanguins...
Ecrit par : machie | 12/06/2005
« L’avantage, c’est que souvent les dépressifs sont extrêmement drôles. Pour avoir un regard humoristique et lucide sur le monde, il n’y a rien de tel qu’un bon dépressif. »
Pour une fois, je ne donne pas raison à Houellebecq. Non seulement certains dépressifs ne sont absolument pas drôles, n’ont aucun sens de l’humour, ne supportent pas l’ironie – mais en plus leur vanité les aveugle et leur font perdre toute lucidité sur le monde et sur leur propre valeur. Ce sont des "monstres", littéralement.
Ecrit par : Sébastien | 12/06/2005
allons donc, sebastien fait le tératologue... en expert! encore pourrait-on se demander ce qu'un monstre peut bien avoir à dire de lucide à propos de monstruosité... d'ailleurs les guillemets sont là pour nous rappeler qu'il ne sait pas trop quoi en penser du monstre, c'est traitre les guillemets, hein, sebastien! Quant à vous monsieur Cormary, je vous ai découvert dans votre diatribe contre le Stalker et je vous entends parler de Houellebecq, enfin je vous écoute, très modestement (autant que faire se peut, c'est-à-dire avantageusement, bien entendu!)...il est possible au demeurant que je n'entende rien de passionant...rien qui ne me fasse souffrir, ni sourire...il m'a pourtant semblé sentir de l'envie, ce premier de tous les péchés, dans votre altercation avec le Stalker...de l'envie qui conduira au talent si vous n'y prenez garde...et d'ailleurs vous n'en manquez pas de talent, en tous cas celui de provoquer le commentaire, il n'est qu'à voir à quel point (!) vous en avez récolté si peu, on vous le fait payer cher, n'est-il pas...mais je présume, je suppose que je vous semble lourd, je dois être un peu fanatique en somme, me reste à trouver de quoi, à votre instar je ne saurais me contenter d'être un anti-fanatique fanatique...tiens, ça me fait penser que si dieu avait eu l'idée de l'écrire (anti-fanatique fanatique) sur les tables que Moïse a brisé, pour peu que la brisure ait eu lieu après "anti" chacun y eu trouvé son compte...vous me suivez?
Ecrit par : fodio | 13/06/2005
et tout à fait entre nous, je trouve Houellebecq un rien trop optimiste, en particulier sa vision des femmes, mais c'est un artiste, sans aucun doute, ses "Particules" sont à mon avis un grand roman triste et beau, et Flaubert l'aurait aimé... qu'en pensez-vous???
Ecrit par : fodio | 13/06/2005
Falubert ou Balzac (ceci écrit pour vous remettre mon "lien" à jour, je crois que les deux précédents sont devenus caduques)
bien à vous
Ecrit par : fodio | 13/06/2005
A MACHIE : Bah, l'islamophobie n'est rien d'autre que de l'anticléricalisme, sport national de notre pays. Quand on pourra dire du Coran et de Mot à merde ce que l'on dit de Jésus et de l'Evangile, ou quand on pourra projeter Submission de Théo van Gogh au Max Linder sans dommages, on pourra peut-être dire que l'islam a été enfin intégré.
A SEBASTIEN : Houellebecq parlait de certains dépressifs, pas de tous. Et en effet, combien d'entre eux font de leur petite souffrance leur seule possibilité d'existence et tendent à contaminer tout le monde autour d'eux ? Je pense naturellement aux anorexiques dont on a trop dit qu'ils (souvent elles) étaient super intelligents et super profonds à force d'être creux. Ces femmes qui ont même des blogs où elles vantent les mérites "métaphysiques" de leur refus de manger. Les voilà les militantes de leurs propres tares ! Orgueil et égoïsme extrêmes, résistance pathologique à tout, fierté de flirter avec la mort, haine absolue de tout ce qui dérange leur morbidité. Il suffit d'ouvrir un livre de Valérie Valère pour se rendre compte de la nocivité morale de l'anorexique...
A FODIO : j'ai récolté quoi de quoi ? On me fait payer cher quoi de quoi ? Et Dieu, Moïse, oui ? Mon dieu, un dépressif ! Non, je plaisante... Houellebecq balzacien ou flaubérien ? Pourquoi pas, en effet. A creuser.
Ecrit par : montalte | 13/06/2005
Houellebecq, quel zazard, M. Pierre. Justement, suite à un conseil de Bernard B. (ou d'un de ses avatars) j'avais acheté Plateforme. Paraissait que c'était super par rapport aux particules que j'avais trouvé un peu ridicules. Même écrit une critique dessus quelque part. Ne vous l'infligerai pas.
Je suis donc en train de lire Plateforme. En gros, c'est comme les particules à part qu'il nous emmène en voyage, en Thaïlande. Vous me direz, en achetant le guide du routard directement, on évite aussi le tsunamis. Très curieux cette manie d'intercaler dans un récit à la troisième personne des passages explicatifs voire didactiques à la troisième. Curieux, maladroit et lourdingue. Quand la même erreur se reproduit sans cesse, on peut appeler ça un style.
"HOUELLEBECQ ! Le seul écrivain français qui ait compris l'époque ! Le seul qui mérite vraiment d'être lu ! Anti-moderne, anti-réac, irréversible et irrécupérable, post-apocalyptique, il est l'homme blessé idéal. En lui purulent nos stigmates d'hommes et de femmes du XXIème siècle fatigués de vivre. Impuissance existentielle, dégoût de la vie, haine de l'espèce, tare sexuelle, faiblesses honteuses, fatigue générale. Houellebecq, c'est le type qui a toutes les tares de son époque mais qui ne s’en félicite pas."
N'iriez-vous pas un peu loin, quand même? Je me demande si, à l'instar du Peuple (Salut Rivron, et ton Peuple, toujours aussi unanime?) dont vous nous entreteniez voici peu, les hommes et les femmes du XXIe siècle n'auraient pas ce léger défaut qu'est l'inexistence. En ce cas, Houellebecq aurait bien du mérite à les incarner.
Plus modestement, comme tout auteur il tend son bouquin au lecteur. Libre à ce dernier d'y voir un miroir, la "photo" d'un monstre ou un mièvre tablotin. Personnellement, je n'y vois qu'une esquisse de talent corrompu par les poisons d'une désespérance apathique. Qu'il se branle, qu'il se bourre la gueule, qu'il aille aux putes et que tout ça l'emmerde, c'est bel et bon, mais qu'en ai-je à cirer?
Que des foules de lecteurs, comme vous sembler le faire, M. Pierre, s'y reconnaissent serait un peu inquiétant pour qui aurait envie de s'inquiéter. Faudrait arrêter d'avoir le nez sur l'époque. Prendre du recul.
Le recul, ce truc qui nuit à la conviction et à la véhémence, qui montre que toute époque est à la fois pourrie et féconde. Le recul qui ôte leur raison d'écumer aux professionnels de l'indignation. Sans l'absence duquel Léon-Bloy* ne serait jamais devenu le saint patron des geignards ratés de la plume.
En fait, votre texte m'en apprend plus sur vous-même que sur Houellebecq. C'est toujours une bonne chose de mieux connaître ceux à qui il arrive que l'on s'adresse.
* Je l'ai lu, me disant, à la lecture des gars du Club Vebret, que tant de gens ne pouvaient en parler sans qu'il ait quelque intérêt. Je n'en dirai pas plus.
Ecrit par : Jacques Etienne | 13/06/2005
A propos de Houellebecq et de Balzac, je ne résiste pas à citer ces quelques lignes d'Alain ( citer Alain!!!!) sur ce dernier:
"Ce qui étonne chez Balzac, et ce qui fait qu'il règne absoulument sur les romanciers c'est que la pensée n'y prend jamais la forme signifiante d'une idée. J'oserais dire que toute pensée chez Balzac reste BÊTE, même la sienne.(...) Habituellement dans le roman, l'analyse ne cesse d'exténuer la nature ; chez Balzac il semble que l'analyse épaissit la nature."
Là me semble la différence essentielle entre Balzac et Houellebecq, entre un génie et un auteur, d'ailleurs non dénué de talent. Houellebecq a des idées, il souhaite apporter une "clarté extérieur", une explication au monde.
Balzac, Shakespeare, les grands idiots "épaississent la nature"
Ecrit par : Tlön | 13/06/2005
Le point de vue d'une femme sur Houellebecq.
On achète le roman d'un contemporain parce qu'on a lu une critique, ou par interet, curiosite.. parce qu'on vous en a dit le plus grand mal ou le plus grand bien.. Flaubert disait "les ambitieux lisent pour s'instruire, Non, lisez pour vivre"
Si je lis Amélie Nothomb, jamais je ne m'identifie à elle !! Mon interet à la lire, relève d'un désir de détente, le personnage me plait, elle écrit bien. Voilà mon interet. Vous n'arriverez pas à me connaître à travers ces quelques lignes que je vous livre, se rapportant à l'auteur, Jacques Etienne..
Pour avoir de nombreux amis du "sexe (dit) fort", je peux dire qu'ils ressemblent tous par quelques détails à Houellebecq.. J'ai adoré "les particules".. C'est effectivement le reflet de l'homme moderne, seul à s'emmerder dans sa petite vie à la con..
Tous ne sont pas depressifs, parmi ceux qui le sont, beaucoup voudraient s'en sortir..
Pour avoir souvent croisé Houellebecq au super marché du coin voilà 6 ans, alors que nous habitions le même quartier, je croyais revoir le personnage de son roman.. Il est un homme qui parle tout seul entre le rayon du fromage et celui des alcools.. Il semble vivre dans son monde, ne voir personne..
Les écrivains se livrent en pature à leurs lecteurs.. On aime bien les deviner. Je ne suis pas indifférente à leur vie.. S'ils n'en étaient pas conscients, ils écriraient sous des pseudonymes (Emile Ajar et bien d'autres).
J'ai moins aimé plateforme.. Plus romancé.. Je ne lui en veux pas d'avoir vomi sur l'Islam, je ne suis même pas choquée.. c'était le but du roman.
Ecrit par : Saïda | 13/06/2005
Un mien ami m'a fait découvrir votre site hier. J'en aime le ton, la liberté d'esprit, et certaines figures de référence. Votre perpétuelle disputatio avec cet enfant terrible d'Asensio m'amuse beaucoup. J'interviens ici seulement pour vous mettre l'aise. Evitez donc l'oxymoron "centriste de droite" et appelez vous libéral (pardon pour le gros mot...) ou démocrate chrétien. Ce sont là des qualificatifs qui ne peuvent heurter l'intelligence. Mais de grâce, ne citez pas Rubens en exemple de légèreté, pensez plutôt à l'Italie, à Léonard ou Raphaël... Un ami virtuel.
Ecrit par : Tracis | 13/06/2005
"me revoilà, taureau et toréro à la fois"
Boeuf et garçon-boucher, plutôt.
Ecrit par : vachette | 13/06/2005
"Vous êtes simplement un centriste type Bayrou, pas de quoi en être fier ou en avoir honte.
Vous avez peur d'être traité de réac, mais ne craignez rien, on ne vous fera aucun mal.
Cependant, attention à votre islamophobie qui n'a rien à envier à celle de vos frères les consanguins..."
Machie, vous êtes aux ordres de la Propaganda contemporaine, ou quoi? "On ne vous fera pas de mal, mais attention, le rejet de l'Islam, ça c'est mal". FUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUUCK OFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFFF!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Pierre Cormary, vous êtes linké sur mon blog tout juste émergé d'une ivresse, j'espère que ça ne vous dérange pas...
Ecrit par : Eschatologic Destroy Inc. | 13/06/2005
Non, monsieur Etienne, “Plateforme” n’est pas juste “Les Particules” transposé en Thaïlande. D’ailleurs il n’y a que la première partie du roman qui se passe dans ce pays. Et si vous continuez votre lecture, vous constaterez que la tonalité est bien différente de celle des « Particules », plus sereine, moins désespérée, même si l’auteur ne s’est évidemment pas transformé en un optimiste béat, ça reste quand même très houellebecquien.
Ce qui m’a frappé surtout dans ce livre, ce sont les pages consacrées à l’amour et aux femmes, parmi les plus belles que j’ai jamais lues. Dans ses précédents ouvrages, Houellebecq disait en substance que l’amour était impossible, qu’il n’existait pas. Dans « Plateforme », il admet qu’il peut exister, même s’il est éphémère, ce qui me paraît quand même plus conforme à la réalité.
A part ça, je suis plutôt d’accord avec l’analyse de Pierre. Juste une remarque, cependant : ça fait au moins 10 ans que Houellebecq dit qu’il y a des « développements intéressants » dans le catholicisme, il serait temps qu’il se décide à passer à la vitesse supérieure :)
J’ai lu le résumé de son interview dans « Les Inrocks » et je dois dire que j’ai été assez déçu, ça ne m’a pas donné envie de me taper le DVD d'1h40 (peut-être au moins le film érotique est-il bien ?). En particulier quand il dit des choses comme :
« La vérité scientifique finit par gagner, toujours. C'est triste pour les gens: ils avaient la foi dans une éternité de bonheur,et ils ont la foi dans le néant. Mais on n’y peut rien, la vérité est triste. C'est quand même globalement un événement triste la fin des religions. Mais inévitable. »
Houellebecq fait preuve ici d'une vision assez étroite, confondant une fois de plus religion et religiosité : qu'il y ait un certain déclin des religions, c'est possible, bien que ça reste encore à voir. Mais quand ils nous assène que "La vérité scientifique finit par gagner, toujours, .. que les gens avaient la foi dans une éternité de bonheur, et ils ont la foi dans le néant.", il faudrait d'abord qu'il nous explique où et quand sa sacro-sainte "vérité scientifique" a prouvé que Dieu n'existait pas (ni l’inverse d’ailleurs) ? Houellebecq ne peut concevoir la foi et la croyance qu'au sein des grandes religions officielles, c'est là sa grande erreur. Il dit qu’il le regrette, certes, mais il devrait faire un petit effort d’imagination: même en admettant que les grandes religions actuelles disparaissent un jour, il est évident que ça n’empêcherait pas un grand nombre de gens à continuer à croire en une force supérieure et qu’elles seraient remplacées par de nouvelles formes de spiritualité.
Enfin on y verra un peu plus clair quand son prochain roman, « La possibilité d’une île » sortira début septembre.
Ecrit par : Bernard B | 13/06/2005
En France nous avons l’extrême droite, l’extrême gauche et l’hypercentre. Beaucoup d’extrémisme donc, mais peu ou pas de radicalité. C’est-à-dire de profondeur. Prendre une pause de martyr contre la « pensée unique » c’est ce que font tous les couineurs, de droite, de gauche ou du centre.
Ecrit par : Alix | 13/06/2005
Le film érotique : à regarder en accéléré ; aucun intérêt sinon d'y contempler le fantasme ultime de l'occidental moyen -du lesbiannisme chiadé.
Ce type filme à l'inverse de sa façon d'écrire, c'est à la fois curieux et trés symptomatique de la niaiserie du cinéma (des) littéraire(s) (voir Truffaut, par ex.).
Ecrit par : Newbie Ocean | 14/06/2005
Je ne sais pour quoi je suis mûr mais certainement pas pour intégrer la secte des ricaneurs professionnels radicalement cons. Voici de quoi vous distraire entre un couinement et deux ricanements.
« Le langage commun confond volontiers radicalité et extrémisme pour désigner, dans la vie politique, ce qui lui semble outrepasser les normes acceptables du système démocratique — le langage commun croit en effet dur comme fer à l'épiphanie démocratique. Or il y a plus qu'une nuance qui différencie ces deux termes. L'extrémisme définit une conception bipolaire de la vie politique, séparée entre droite et gauche ; chacune devant se dépêtrer de ses propres extrêmes qui incarnent bien souvent pour les deux camps quelque chose de l'ordre du retour intempestif du refoulé. Quant au terme radical, les dictionnaires en donnent plusieurs acceptions adjacentes : "Qui tient à l'essence, au principe (d'une chose, d'un être)" ; "Qui vise à agir sur la cause profonde des effets qu'on veut modifier. Méthode, réforme radicale." ; "Qui va jusqu'au bout de ses conséquences" . Est donc radicale toute pensée qui remonte des effets aux causes, toute analyse cherchant le paradigme derrière les phénomènes. » (in « Qu’est-ce que la radicalité ?»)
Ecrit par : Alix | 14/06/2005
C'est exactement cela : Ils font du cinéma avec des mots, alors qu'une bonne caméra est nécessaire (mais pas suffisante) pour parler ce langage-là.
Ecrit par : Newbie Ocean | 14/06/2005
Le mot radical venant du latin radix (racine), la radicalité peut bien être profonde. Mais les racines profondes ne donnent pas forcément de beaux arbres.
Ecrit par : Tracis | 15/06/2005
Dans les années 80, nous avions déjà un extrémiste du centre (il a dû employer ce terme), Jean-François Kahn. Il n'ai pas été haï. Il a même créé des journaux. Pour choquer aujourd'hui, il faut être négationniste, pédophile, islamophobe ou paupérauphobe.
Ecrit par : de Savy | 15/06/2005
... ou beauf. C'est un terme générique qui synthétise tout le mal moderne. Rien n'est pire que de se faire traiter de beauf. Avec ça, on est un concentré de Marc Dutroux, de Faurisson et de George Bush.
Tiens, à propos d'islamophobie, vous saviez que le poète Dante Alighieri en est ?
"De l'autre côté des Alpes, la puissante Union des Communautés et Organisations Islamiques d'Italie (UCOII) a fait de l'interdiction de la Divine Comédie, de Dante Alighieri, dans les lycées et universités, l'un de ses principaux chevaux de bataille. Jugé «blasphémateur», le plus grand des poètes italiens est coupable d’avoir, dans la Divine Comédie, consigné le prophète Mahomet dans le «septième cercle de l’enfer»." (Alexandre Del Valle)
Ecrit par : Sébastien | 15/06/2005
Je ne suis pas d'accord pour le beauf. Le beauf c'est l'autre, il nous ressemble trop pour être haïssable. A la limite, on se moque de lui.
Ecrit par : de Savy | 15/06/2005
Michel HOUELLEBEQ / Dan BROWN = Même combat :
...Fabriquer une fausse Mystique & du faux Mythe en faisant croire au plus grand nombre que c'est de l'UNIQUE ! C'est là qu'on nous nique !...
Ecrit par : Thierry | 24/06/2005
Mais non voyons ! Houellebecq n'est pas celui qui propose du mythe au plus grand nombre, mais celui qui s'occupe du plus grand nombre sans mythe, des "moyens" comme il dit. Peut-être ne pouvez-vous pas supporter ces déprimantes vérités...
Ecrit par : montalte | 26/06/2005
Entièrement d'accord avec le message de Bernard B sur les pages de MH sur l'amour, qui sont sublimes (même si ma préférence va aux pages thailandaises, d'une limpidité, d'une finesse et d'une drôlerie sans égales).
Par contre, voir Cormary le hérault du oui encenser MH me fait doucement ricaner. (et plus encore son élevation de la "subversion", du plaisir de choquer comme critère politique, mais cela n'est guère étonnant d'icelui)
Ecrit par : lingane | 02/07/2005
Eh oui, la vie, c'est compliquée... Un de ces jours, tu trouveras étonnant qu'on lise Lucrèce et Saint Paul.
Ecrit par : montalte | 03/07/2005