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17/11/2008

Perspectivisme et pensées dures III

Sentiers de la gloire.jpg24 - Antisémitisme

 

Nous l’avons dit, est plébéien celui qui pense la vie seulement selon le sexe et le sang, celui qui, tant qu’on ne lui a pas précisé l’identité sexuelle et raciale d’une personne, ne sait pas quoi en penser. Son drame secret, c’est de regretter de ne pas être un sang pur, lui qui n’est, la plupart du temps, qu’un épais sang mêlé. Or, lorsqu’il s’aperçoit que seuls les Juifs sont de sang pur, il a un coup de sang qui, la plupart du temps, ne va plus cesser le reste de sa vie. Il devient alors antisémite.

L’antisémitisme – ce que Nietzsche méprisait par-dessus-tout. C’est que l’antisémitisme était la synthèse consanguine de ce qu’il combattait : une philosophie de frustrés et d’hommes du ressentiment, un symptôme de haine de soi (typique de tant de « goys »), une preuve de bêtise immense et infinie, enfin, une réaction d’esclaves révoltés contre la seule aristocratie qui nous reste en Europe. Car, « les Juifs constituent sans aucun doute la race la plus forte, la plus résistante et la plus dure qui existe actuellement en Europe ; ils savent s’imposer même dans les conditions les plus dures (mieux même que dans des conditions favorables) grâce à de mystérieuses vertus qu’on voudrait maintenant qualifier de vices, grâce surtout à une foi décidée qui n’a pas à éprouver de honte en présence des « idées modernes » (§ 251). Et d’en conclure que ce n’est pas les Juifs qu’il faudrait expulser de l’Europe, mais « les braillards antisémites ». L’on sait, hélas, que ce sont ces derniers qui finiront, quelques années plus tard, à prendre le pouvoir.

Hitler, triomphe de la plèbe – c’est ce qu’il faut toujours garder à l’esprit.

 

Kubrick filmant The Killing.jpg25 - Qu’est-ce que l’aristocratie ?

 

« Jusqu’ici toute élévation du type humain a été l’œuvre d’une société aristocratique, et il en sera toujours ainsi ; autrement dit elle a été l’œuvre d’une société hiérarchique qui croit à l’existence de fortes différences entre les hommes et qui a besoin d’une forme quelconque d’esclavage » (§ 257).

 

Tout est dans « la forme quelconque ». De nos jours, plus besoin d’enchaîner les esclaves ou de les envoyer dans les champs de coton. La morale démocratique les enchaîne mille fois mieux que les morales racistes de naguère – et c’est pourquoi ils sont mille fois plus nombreux que les nègres d’antan. Les esclaves d’aujourd’hui sont fiers d’avoir une parole, une opinion et le sentiment de participer à la vie de la cité, ce qu’ils s’empressent de faire avec un enthousiasme aliénant qui les honore. Ils votent ! Et l’on vote même pour eux. Nietzsche avait tort de se faire du souci. En gérant nos sociétés sans démériter (après tout, ils ont un sens de la justice sociale que nous n’aurons jamais, mais ils ont en plus suffisamment d’égoïsme pour que celle-ci ne soit pas totale), les esclaves modernes (vous, moi, tout le monde, même le président) permettent aux anciens maîtres de survivre sans dommages et de continuer à vivre comme ils l’entendent. Certes, il faut parfois complaire aux avis parfois impossibles de la majorité, mais un peu d’humour et d’hypocrisie supérieure n’ont jamais fait de mal à personne – bien au contraire, les ex-esclaves sont flattés qu’un ex-maître vienne leur adresser la parole, comme s’ils étaient réellement égaux. Pour un esprit délicat contraint de vivre parmi les rustres, la dissimulation est une nécessité première. Il faut savoir complaire aux barbares si l’on veut qu’ils vous laissent en paix. Comme le disait Henry Brulard : « le peu de bonheur que je pouvais accrocher était préservé par le mensonge ».

 

Et puis les rustres, c’est l’humanité ! Ne gâchons pas notre belle humeur à mépriser ce monde dans lequel nous sommes embarqués. Rien ne gâche le bonheur de vivre de celui qui a su s’organiser socialement – même pas la dégoûtante charité des autres. Du reste, « l’aristocrate secourt lui aussi le malheureux, non pas ou presque pas par compassion, mais par l’effet d’un besoin qui naît de la surabondance de sa force » (§ 260). De la force, il en a revendre, l’aristocrate, contrairement au plébéien qui n’a que sa faiblesse à faire payer. Et s’il lui arrive d’avoir de la force, elle est de mauvaise qualité, elle sert à écraser la délicatesse des autres. « Si vous êtes aussi fort que vous le dites, donnez m’en un peu de votre force, au lieu de m’écraser avec », suppliait un jour Nietzsche. Oh que non ! Le faible à poigne, la créature la plus redoutable que l’on puisse rencontrer, s’y connaît en matière d’humiliation. Et c’est à son tour d’humilier, de mépriser, d’écraser, ce qui a toujours été plus noble que lui.

 

Le faible triomphant.... On le reconnaît à son air triste, solennel, toujours compassionnel, toujours pathétique, toujours prêt à pleurer à la misère des autres, quoique bien incapable de la soulager. Saper le moral des autres, c’est ce qu’il sait faire comme personne ! Pour ravager une conscience insouciante, on peut compter sur lui ! Son génie est de se convaincre que le bonheur du noble n’est pas réel et d’en convaincre le noble lui-même après. Sa jouissance est de culpabiliser tout ce qu’il touche C’est un « aidant » plein de hargne qui n’a que les mots « humilité » et « mérite » à la bouche. La plénitude aristocratique, surtout, lui fait horreur. Il ne comprend pas ce débordement de joie – même dans l’affliction, même dans le deuil. « Comment peut-on être aussi vivant alors qu’on est aussi malade et qu’on va mourir ? », pense-t-il, lui qui n’est jamais malade mais qui n’en peut plus de vivre.

 

Ah ce plébéien ! Turbulent, odieux, transparent, envieux, féroce, vulgaire, délateur, sanguin, attaquant toujours au-dessous de la ceinture, jugeant toujours d’après l’origine, sans compter « ce souci grossier de se donner sans cesse raison » (§ 264), comme il est difficile de lui résister ! Comment lui en vouloir aussi ? Il a tellement essayé d’en être, des créateurs, des insouciants, des bénis par les dieux, et il a échoué. Alors, il s’est réfugié dans la masse – une masse qu’il méprise plus que tout car elle est son miroir, sinon son milieu, et il n’aurait jamais pensé qu’il pourrait y retourner. Tant pis ! En elle, il aura la jouissance d’abattre ceux dont il cherchait tant la compagnie. Et comme il connaît par cœur les tares de l’être supérieur (qui en est rarement dépourvu), il tire à boulets rouges sur lui. Et c’est là que toute sa Weltanschauung transparaît enfin. Pédé ! Juif ! Tordu ! Nanti ! Vantard ! Cocu ! Bigot ! Raciste ! Impérialiste ! Chochotte ! Fils à maman ! Roitelet de mes deux ! Esclavagiste ! Impuissant ! Maniaque ! Bébé Cadum ! Malpropre ! Trop propre !

 

« Ce qui sépare le plus profondément deux hommes, c’est leur sens différent de la propreté » (§ 271), aurait pu répondre Nietzsche. Mais stoppons là les hostilités.

 

Enfin, encore quelques unes…

 

 

26 - Haut et bas

 

« Celui qui refuse de voir ce qu’un homme a d’élevé scrute avec d’autant plus d’acuité ce qu’il a de bas et de superficiel – et se trahit du même coup » (§ 275).

 

La différence entre la hauteur et la bassesse est que la hauteur voit la hauteur et la bassesse alors que la bassesse ne voit que la bassesse.

 

27 - Perspectivisme, bis

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« C’est faire preuve d’une subtile et aristocratique maîtrise de soi que de louer uniquement les opinions que l’on ne partage pas : dans le cas contraire, on se louerait soi-même, ce qui heurte le bon goût. Une telle maîtrise de soi offre, il est vrai, un vaste champ aux malentendus. Pour s’offrir ce véritable luxe de bon goût et de moralité, il convient de ne pas vivre parmi les imbéciles mais parmi des hommes dont même les malentendus et les faux pas sont capables de nous réjouir par leur qualité – sinon on paiera cher sa témérité » (§ 283).

 

Les malentendus qu’entretiennent intellectuels et primaires entre eux ! Les uns voulaient éduquer les autres, et les voilà chahutés, sinon mis au pilori par ces derniers. Il faut l’admettre : ce qui intéresse et exalte une nature supérieure apparaîtra ennuyeuse, vaine, sinon douteuse à une nature inférieure. En fait, la délicatesse échoue toujours devant la brutalité, comme du reste l’intelligence n’a aucune chance face à la bêtise. Dans une conversation, c’est souvent l’imbécile qui a le dernier mot.

 

Alors, le perspectivisme, pensez donc ! C’est presque la meilleure méthode pour se suicider auprès des pauvres d’esprits – et qui n’ont rien à voir avec « les simples d’esprits ». Que l’on puisse sentir en soi le parti adverse, c’est pour le primaire, une preuve de déficience intellectuelle et de sensiblerie coupable. Car pour lui, le parti adverse ne peut être que répugnant et odieux – puisqu’il est adverse. Il ne fait pas dans le détail, le primaire ! On est contre ou avec lui. On aime ce qu’on aime, et l’on n’aime pas ce que l’on n’aime pas. Et plutôt que la nuance, on préfère le littéral – c’est-à-dire le barbare, comme aurait dit Adorno. La deuxième fois que nous citons cette formule ? Soyez heureux que nous ne la citions pas une troisième, une quatrième, une cinquième fois. Il faut vous éduquer, après tout.

 

Gare aux paradoxes qui se retournent contre celui qui les fait ! A force de faire semblant de dire du mal de soi, les autres finissent par le croire. On joue au méchant, on se flatte d’être hypocrite et méprisant (alors qu’on a un cœur d’ange), on fait mine d’être supérieur aux autres (alors qu’on voudrait qu’ils soient comme nous) – et l’on se retrouve dos au mur, acculé par les faibles qui n’en peuvent plus de notre force (même si celle-ci les a servie) et par les gentils qui sont persuadés qu’on a voulu les trahir. Avez-vous remarqué, au fait, que les gentils donnent toujours l’impression de tomber des nues de leur gentillesse ? Avez-vous remarqué que les gentils étaient d’une rare méchanceté avec ceux qui doutaient de leur gentillesse ? Avez-vous remarqué qu’il n’y avait pas pire salope que celui qui se définissait avant tout comme « gentil » ?

 

Et l’on nous reprochait notre hypocrisie ! Et l’on ne voyait pas qu’elle n’était que courtoisie.

 

 

28 - Protection

 

Ce sont donc les forts qu’il faut protéger des faibles, les « méchants » (ceux qui embrassent l’ensemble du réel) qu’il faut préserver des gentils (ceux qui le coupent en deux). C’est que l’exception est toujours menacée par le général. « Différence engendre haine » (§ 263), écrit Nietzsche en français. A l’âme d’élite, il faut une prodigieuse énergie, et une inépuisable insouciance, pour résister au commun qui l’entoure – et qui, d’une façon ou d’une autre, rêve de la rabaisser, sinon de l’exterminer. Et comme l’élite ne se reproduit pas aussi facilement que le médiocre…

 

(Car il ne faut pas se leurrer, la perpétuation de l’espèce, c’est la plèbe, et non l’aristocratie, qui l’assure.)

 

 

29 - Pensée dure – contre le dionysisme

 

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La pensée molle de Nietzsche (mais qui a l’apparence de la dureté), c’est donc le dionysisme (voir « Pacte Faustien »), et cela ne nous laisse pas de nous étonner. Comment le penseur le plus lucide de son temps s’est-il fourvoyé dans cette imposture intellectuelle de la pire espèce ? Comment a-t-il pu, lui, le destructeur d’idoles, impitoyable avec lui-même, céder à la pire idole du monde antique – l’idole dionysiaque ? Comment n’a-t-il pu sentir que tout ce qu’il détestait, le grégaire, le plébéien, le vulgaire, était contenu dans ce culte répugnant ?

 

Certes, s’il ne s’agissait là que d’une catégorie esthétique, celle qui est conceptualisée dans La naissance de la Tragédie, nous n’y trouverions rien à redire. Au contraire, pris dans sa dimension artistique, voire symbolique, le dionysiaque est indéniablement l’une des trouvailles les plus riches de Nietzsche. Elle exprime la férocité des formes, l’excès de couleurs et de lumière, le dérèglement des sens, le débordement du sens, l’ivresse totale et absolue, le sacrifice de la morale. En elle, on devine le Mozart de Don Giovanni, le Bizet de Carmen, le Beethoven de la Neuvième Symphonie, et aussi Rubens, Picasso, Francis Bacon, et tant d’autres. Mais hélas, hélas ! L’on ne peut se contenter d’une vision purement esthétique du monde. La souffrance existe vraiment. Celle notamment des enfants, qui selon Dostoïevski (que Nietzsche avait pourtant lu et vénéré), accuse Dieu lui-même. Or, si le Christ est celui qui désapprouve la violence réelle (qui a-t-il de « faible » dans cette attitude ?), Dionysos est celui qui l’approuve – et même qui l’organise à travers son culte, un des plus violents qui soient. Dionysos veut le sacrifice d’autrui qui calmera la communauté. Le Christ veut abolir le sacrifice, et pour ce faire, se sacrifie lui-même pour en montrer l’horreur… dionysiaque. Que les nietzschéens nous pardonnent, mais nous considérons que le surhumain est du côté chrétien, et que le dernier des hommes est du côté dionysien. Et nous signons au propos de René Girard : « c’est le christianisme qui détient la vérité contre la folie nietzschéenne »[1] - comme, au bout du compte, c’est le christianisme qui détient la victoire dans son combat avec Satan.

 

Et Dionysos, c’est Satan. On ne peut plus rien dire d’autre.

 

 

30 – Humanité.

 

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Dans son « Post-scripta » qui clôt sa magnifique biographie de Nietzsche, Daniel Halévy écrit qu’il a tenté de montrer les faces sombres du philosophe autant que ses faces lumineuses, mais rajoute aussitôt que l’on ne peut en rester à cette égalité de traitement - qui serait digne d’un scientifique ! « Il y a, en effet, une pesanteur des pensées, comme des corps : tous et tendent vers le bas. Les hauteurs sont difficilement accessibles ; il faut faire effort, au contraire, pour ne pas s’engluer dans les terres marécageuses »[2]. Nous-mêmes ferons l’effort de ne pas limiter sa pensée (tellement brillante, intuitive, stimulante et belle !) aux marécages du dionysiaque. Les pensées dures que nous avons pu exprimer à son sujet n’altèrent en rien l’amour et l’admiration que nous continuons à avoir pour lui. Impossible de contester ni sa grandeur ni son génie ! Comme il le disait lui-même à propos de Platon, dans une lettre à Lou Salomé, un système peut être réfuté, mais la personnalité qui se trouve derrière ce système, est, elle, irréfutable ! Plus qu’irréfutable, Nietzsche est à notre pensée et à notre vie, indispensable. Même dans ses erreurs, ses dérapages, ses délires, il nous stimule – et nous empêche de nous tuer.

 

Le pacte faustien fait, somme toute, partie de sa terrible humanité. Et l’apologie du dionysiaque révèle, au finale, moins sa férocité pré-nazie que sa blessure infinie. Comme il devait sentir, au fond, qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas dans son système ! Mais qu’importe ! Il lui fallait résister à sa souffrance d’homme sans femme – c’est-à-dire d’homme sans amour ! Et comme il aurait été heureux s’il avait pu connaître cette « grande raison du corps » qu’il vanta tant, et à juste titre, dans son œuvre ! La chasteté forcée, autant que la syphilis contractée en un seul contact, auront eu raison de lui.

 

Et pourtant…. Dans les semaines qui précédèrent son effondrement (le 03 janvier 1889, l’épisode du cheval), ce n’est pas Dionysos, mais Jésus, qui le hantait. Les deux devaient se battre en lui, l’un pour sa damnation, l’autre pour son salut. Lui-même signait à la fin de ses dernières missives, «  Dionysos » ou « Le Crucifié ». A Cosima, la femme de l’homme qu’il avait le plus aimé, il envoya ce mot bouleversant :

 

«Ariane, je t’aime.

Dionysos »,

 

Mais à son ami de toujours, ce Peter Gast qui vécut toute sa vie pour lui, il écrivit ces deux lignes éclatantes :

 

« A MON MAESTRO PIERO,

Chante-moi un nouveau chant. Le monde est clair et les cieux se réjouissent.

Le Crucifié. »

 

Ainsi, l’auteur de L’Antéchrist finissait sa vie mentale en célébrant « les cieux » et en s’identifiant au Christ-Roi. Peut-être l’instinct chrétien qu’il avait le plus combattu dans son œuvre revenait s’imposer à lui, malgré lui, et pour lui. Le prophète du Surhomme redevenait, enfin, un homme – l’un des tous premiers de notre humanité.

 

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[1] René Girard, Je vois Satan tomber comme l’éclair, p 226.

[2] Nietzsche, Daniel Halévy, p 506

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Commentaires

Pierre, vous délirez complètement. Les juifs, qui seuls ont le sang pur ? Qu'est-ce donc, un "sang pur" ? Les juifs, la seule aristocratie qui nous reste en Europe ? Vous êtes fou ?

Les esclaves, "vous, moi..." ? Non, je ne suis pas esclave, mes enfants ne le sont pas non plus, je ne connais pas d'esclaves, sinon ceux qui se plaisent à l'être, dont vous apparemment. Et vous me faites rire avec votre "même le président" ! Quel enfantillage, quel aveu d'aspiration à un pouvoir qui ne suffit jamais... "même le président"... autrement dit quel aveu d'un sentiment d'impuissance indépassable.

La dissimulation, une nécessité ? Mentalité d'esclave, de surveillé honteux. On n'allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau.

"Dionysos, c'est Satan" : vade retro, joie ! vieille peur puritaine de ceux qui confondent Dionysos et Bacchus le pochtron volontiers rameuteur de foules lyncheuses en effet, de ceux qui ne savent pas, n'ont jamais su connaître le Dionysos solitaire et spirituel, danseur céleste, oriental, gracieux ouvrier du cosmos.

Mais ce point reste discutable, et moins grave que vos nihilistes affirmations sur le sang pur, les esclaves, la dissimulation - inutile de dire c'est Nietzsche qui l'a dit, c'est vous qui le répétez et l'affirmez, et d'une façon beaucoup plus terrible, car dépourvue de hauteur et de beauté, pardonnez-moi de vous le dire. Hauteur poétique du verbe nietzschéen qui permet de dépasser sa propre pensée, que l'on veut trop souvent récupérer vulgairement. Vous rassemblez le plus mauvais de sa pensée, vous l'isolez comme l'ont fait les plus bas politiciens, vous la rendez triviale. Mais la pensée de Nietzsche est celle d'un artiste, morale mais en même temps au-dessus de la morale, puisqu'il s'agit de donner une vision, de peindre le monde et l'esprit dans tel ou tel de ses aspects, quoiqu'il en coûte.

Voilà plusieurs fois que je vous dis ce que j'ai à vous dire. Faites-en ce que vous voulez, vous êtes libre de vous entêter dans le négatif, le mauvais, la logorrhée, l'allégeance à un système faux, la soumission spirituelle à l'homme perdu en vous, tout ce que vous voulez. Vous êtes libre aussi d'autre chose, vous êtes libre.

Bon vent !

Ecrit par : Alina | 17/11/2008

Bien que le sens général de vos articles ne m'échappe plus, il me parait quasiment impossible de débattre de quoi que ce soit les concernant, tout d'abord parce qu'ainsi que vous le dites c'est l'homme dont la sensibilité, la force, etc,qui transparait derrière et que cet homme est infiniment respectable, ensuite parce que le ver est dans le fruit... depuis le 19ème siècle (à lire en tous cas ce qui se dit ici ou là des derniers anarcho-terroristes dont certains osent débattre, comme si le plasticage des voies ferrées pouvait encore être considéré comme une expression possible... comme une voie (x) possible...)
Chesterton vante les mérites du dogme et je finis, de guerre lasse, par comprendre pourquoi.
La multitude et la divergence "démocratique" des points de vue, rendent l'exercice critique d'autant plus impossible qu'il est ouvert à tous.. et laissent le champ libre au "collectif" et à l'arbitraire des économies... autrement dit à la prédominance du ventre et de ses exigences qui trancheront au final dans le gras de nos préoccupations intellectuelles...
Nul ne débat sur un tas de fumier (permettez cependant que je me considère comme une orgueilleuse exception, ayant moi-même vécu comme Job durant de
nombreuses et néanmoins belles années), pas plus que sur le tas d'or où l'homo pagano-christianicus trône à présent en toute ignorance... Mais pour combien de temps encore ?
Ds homos de toutes sortes se pressent d'ailleurs aux marches de l'empire...

Ecrit par : Petrus | 17/11/2008

De plus en plus troublé par les conceptions de Chesterton, je me permets d'ajouter ce lien à mes précédentes remarques :
http://www.cesnur.org/2001/jan18.htm

Ecrit par : Petrus | 17/11/2008

Si je comprends bien Friedrich Nietzsche n'est pas Nicolas Sarkozy l'homme aux cinq ou six cerveaux ?

Ecrit par : iPidiblue et la philosophie appliquée aux chevaux | 17/11/2008

On peut penser que la véritable force des faibles est d'avoir rendu "les aristocraties" honteux de leur supériorité. Qui aurait le culot de se définir aristocrate selon les termes exprimés dans ses trois postes? Qui aurait la force de l'assumer et d'en assumer les conséquences?

Ecrit par : hawkeye | 17/11/2008

Sans vouloir me citer, je vous conseille, chère Alina un peu trop hallucinée ces derniers temps, d'aller relire ce que j'écrivais sur la question juive via Steiner :
http://pierrecormary.hautetfort.com/archive/2006/06/26/la-question-juive-ou-comment-r%C3%A9concilier-antis%C3%A9mites-et-cosm.html qui vous éclairera peut-être sur ce que je cherche à dire - ainsi que tout le débat autour des Bienveillantes qui allait dans le même sens de ce que je dis ici mais qui ne semblait pas vous mettre dans tous vos états. Bien au contraire, vous approuviez.

Pour le reste, la "dissimulation" comme nécessité ne me semble pas si scandaleuse que ça, et il me semble que j'en parlais un peu dans le sens du fameux Larnatus Prodéo (c'est ainsi que Stendhal en parle en tous cas). Je n'ai pas non plus l'impression de m'enfermer dans "le négatif" même si en effet j'aime l'explorer et voir jusqu'où l'on peut le comprendre - mais toujours pour en sortir ! Perversif, certainement, mais pas pervers - ni esclave d'ailleurs ! Peut-être est-ce ma forme de contradiction, sinon d'humour, qui ne vous convient pas (vous n'aviez déjà pas ri quand je faisais mine il y a quelque temps de prendre la défense de François Meyronnis pour mieux le descendre). Encore que sur le sang pur, là, il n'y a pas d'équivoque. Le terme est sans doute too much mais il correspond malgré tout à une réalité ethnique et historique. Dommage que vous ne le compreniez pas et que vous fassiez votre numéro d'inquisitrice de la pureté anti-pureté. Mais je ne sais pas pourquoi, j'ai l'impression que vous ne comprenez plus rien depuis quelque temps et que vos écrits se réduisent à des anathèmes mêlés de narcissisme : "pardonnez leur, ils ne savent pas ce qu'ils font".

Ecrit par : montalte | 17/11/2008

Pardon pour mon franc parler de ce matin, c'était par souci de vous, qui vous traitez vous-même d'esclave dans ce texte. Mais ce soir je suis de si bonne humeur, vous me faites plutôt sourire de bon coeur. Oui, de quelle aristocratie parlez-vous ? De celle des personnages de "La vérité si je mens" ? De celle de Yann Moix, cet auteur si élevé qui se sent juif ? Ou encore de celle du beau marchand de surgelés BHL ? Oui, vraiment, où déceler quelque vulgarité dans tout ce joli monde pur sang ? Enfin, pur sang de mère juive, puisque le papa peut bien être le facteur blanc, jaune, noir ou rouge, chrétien, musulman, bouddhiste ou animiste, le petit sera toujours juif... Il est vrai que certains, comme Julia Kristeva ou Fabrice Hadjadj que j'ai commencé à relire et dont je donnerai bientôt des nouvelles, semblent penser que la Vierge Marie n'a pas eu besoin de père pour être conçue. Grossière erreur théologique, mais révélatrice de cette volonté d'oubli, voire d'effacement, du père, qui anime aussi ceux qui rêvent de peuples au sang pur. Cela n'existe pas, figurez-vous, ne serait-ce que parce que nul ne peut garantir, sauf test ADN, qu'un enfant est bien celui du mari de sa mère, ce contrôle échappe aux hommes et il y en a que ça fait enrager et qui se mettent à produire toutes sortes d'élucubrations pour l'oublier... Vous pensez bien qu'en quelques milliers d'années, les consanguins, l'ethnie de ceux qu'ici même dans notre beau pays on fut invité à identifier sous certains traits anthropométriques afin de mieux les marquer puis les parquer, ces personnes si vite mises à part même par ceux qui chantent leurs louanges, fort heureusement ont eu le temps de se mélanger abondamment aux autres peuples. Fort heureusement, car s'ils étaient pur sang comme vous le dites, ils seraient complètement dégénérés.
Mon grand, vos énormités sont plus grosses que vous.

Ecrit par : Alina | 17/11/2008

La Bible peut-elle être considérée comme un livre d'histoire ?

Ecrit par : Nahum ben Ibrahim | 17/11/2008

C'est marrant ça, je ne voyais pas là-dedans autre chose que ce que cet écrivain a déjà dit...
http://tatepupupa.unblog.fr/2008/05/13/qui-la-dit/

Ecrit par : Petrus | 18/11/2008

Bonjour,

vous restituez bien certaines complexités de la pensée de Nietzsche (je ne sais pas pour vous, mais dès que j'écris son nom je revois Palin dans les Monty Python, déguisé en Nietzsche et se faisant expulser du match de foot entre philosophes pour avoir engueulé l'arbitre), par exemple sur le métissage, où même si Friedrich délire un peu on le voit essayer d'être ouvert à toutes les hypothèses,

et en même temps, je ne sais pas si ça vient de vous, de Nietzsche ou des citations que vous avez choisies, ou de moi, mais ces textes ne donnent pas envie de le (re)lire. Ils me confirment plutôt dans l'idée que lorsqu'il n'est plus guidé par les moralistes français, Nietzsche était un brave teuton un peu concon.

J'en rajoute évidemment, mais je voulais vous signaler cet éventuel effet, pervers ou non, de ce que vous avez écrit.

Et aussi vous indiquer ce texte érudit sur la réception de la pensée de Nietzsche :

http://euro-synergies.hautetfort.com/archive/2008/11/18/l-impact-de-nietzsche-dans-les-milieux-de-gauche-et-de-droit.html

Au plaisir,

AMG.

Ecrit par : cafeducommerce | 18/11/2008

"Etre ouvert à toutes les hypothèses" - voilà qui est nietzschéen, Café ! Merci pour le lien.

Lorsque Nietzsche parle des juifs, il en parle de manière polémique, à la fois peut-être pour désamorcer son antijudaïsme et d'ailleurs son antichristianisme, et pour provoquer les antisémites. Traiter les antisémites de "goy", il n'y a que ça de vrai ! Je ne dis pas que c'est très constructif, mais enfin, c'est amusant de voir la gueule des sangs de bourbe quand on leur parle de sang pur. Et c'est ce que je reprends, avec poésie ou non, avec hauteur ou non, à mon compte. On pourra dire que ce philosémitisme est une sorte d'antisémitisme positif (car dire qu'une ethnie est supérieure à une autre, même quand ce n'est pas la sienne, c'est encore du racisme) sans comprendre que ce que l'on cherche, c'est la singularité, sinon le génie juif, qui de Spinoza aux grands rabbins, de Lévinas à George Steiner, de Proust à Hanna Arendt, forme en effet une aristocratie intellectuelle. Le propre du juif, dit malicieusement Steiner, est d'interpréter un texte même cinq minutes avant sa mort. Voilà à quoi je pense, Alina, quand je parle d'aristocratie juive. D'un peuple qui a fait de l'intellect une vertu, d'un peuple, qui malgré tous les métissages de l'histoire, est resté fidèle à lui-même (car s'il n'y a plus de gaullois, de romains, d'étrusques, de scythes, il y a encore Israël), d'un peuple qui a évidemment sa part de vulgarité et de vanité (les gens que vous citez), d'un peuple qui a su préserver, plus que les autres, son Verbe et sa substance. D'un peuple qui est en effet la matrice mystique de l'Occident. Léon Bloy, que je n'apprécie pas outre mesure, dit ce genre de chose dans "Le salut par les juifs".

Autre chose (puisqu'il faut vous mettre les points sur les i) : quand je dis que de Sarkozy à vous, en passant par moi, nous sommes esclaves, ou faibles, je le dis au sens où chacun de nous, à son niveau, est aliéné à un système, des préjugés, un automatisme social qui nous empêche en effet d'être complètement libre. Chacun de nous est pécheur, si vous voulez. Bien sûr, je crois à la liberté, j'aspire à être aussi libre que vous, mais je sais aussi que je serais toujours le débiteur plus ou moins malheureux d'une classe, d'une famille, d'un système, sinon de tares et de pulsions. Je ne crois pas que l'on puisse dire, sauf à être le Christ en personne : "moi, je suis complètement libre". Et lorsque vous dites vaniteusement que vous n'êtes pas esclave ni vos enfants, et qu'il n'y a rien d'impur dans votre coeur (contrairement à ce que hurlait Laurent James lors d'une soirée Cancer où nous nous étions retrouvés) eh bien je me dis que vous auriez fait une excellente cathare... ma mie.

Ecrit par : montalte | 18/11/2008

Ah, voilà, c'est mieux. Tous les sangs sont de bourbe, donc. Et c'est vous qui êtes cathare dans votre vision fantasmatique des juifs. (Ai-je dit qu'il n'y a rien d'impur dans mon coeur ? J'ai dit que je veille à laver mes yeux chaque matin, ainsi que le recommande... Kafka. Et dans mon livre de conversation avec Stéphane Zagdanski, j'ai justement dit que j'étais très prudente avec ces notions de pureté et d'impureté. A mon sens, la pureté n'existe que comme mouvement de la vie se débarrassant toujours de nouveau de ses inévitables scories, ou pour le dire d'une autre façon reconnaissant devant Dieu ses fautes).

Oui, bien sûr, le génie juif est évident. Pourquoi aller chercher la question si meurtrière du sang pour le dire ? Le sang de l'homme, c'est son langage. Et le génie des peuples se perpétue de différentes façons selon les peuples, et aussi plus ou moins intensément selon les moments de l'Histoire.

Par exemple le génie grec s'est exceptionnellement perpétué à travers sa langue, Jacques Lacarrière l'a montré, et même de façon tout à fait unique : si bien qu'un petit Grec d'aujourd'hui, ne sachant pas même encore lire, dit, voyant un crabe mourir sur une plage, "charopalévi", c'est-à-dire "il passe par Charon", perpétuant ainsi la Grèce éternelle.

Le génie étrusque semble éteint, mais il vit, transformé, ce qui est le propre de la vie, à travers d'autres cultures, de même que le génie juif et le génie grec vivent aussi à travers le christianisme.

Le génie arabe, le génie chinois, le génie français, etc, ne sont pas forcément éteints parce qu'ils passent par des périodes où ils sont plus ou moins visibles. Il ne faut pas avoir une conception trop étriquée, trop humaine, de ces choses : c'est depuis le temps de Dieu qu'il faut voir ça, et son temps s'étend bien au-delà de nous.

Cordialement.

Ecrit par : Alina | 18/11/2008

Quant à nous, chrétiens, notre génie, ou notre aristocratie, est d'être en train d'aller vers l'accomplissement d'un verbe qui est amour, vérité, voie, un verbe d'amour en chemin, en mouvement. Qui donc, je le crois absolument, est plus vrai et plus haut encore que l'intellect, sans l'annuler pour autant. Un verbe qui est amour et qui tout à la fois englobe et dépasse l'intellect, transcende la raison comme le Christ dépasse et transcende la Loi, en s'appuyant sur elle sans en être l'esclave figé ou limité.
Là encore, à envisager dans un vaste regard sur l'Histoire, où l'histoire de Dieu et celle des hommes se rejoignent.

Ecrit par : Alina | 18/11/2008

Café du Commerce, mon sentiment est bien celui qui se dégage de l'article que vous signalez. Mais quand je lis :"4ème stade: Le stade de l'Antéchrist qui est purement existentiel, selon la terminologie catholique de Lannoy; cette phase terminale consiste à se jeter dans le fleuve de la Vie, en abandonnant toute référence à des arrière-mondes, en abandonnant tous les discours consolateurs, en délaissant tout Code (moral, intellectuel, etc.)" j'ai tendance à m'arrêter sur l'etc, et ajouter : "en sautant du pont sans élastique, en se bouchant les orifices à l'araldite, en s'émasculant, en se tranchant jambes et bras, en entrant dans le samadhi du perpétuel néant, locked-in-syndromé à mort et crevant droit dans ses bottes sur l'autel sacrificiel d'une culture dont nul n'est sûr qu'elle adviendra", et c'est vrai que ça lui donne des allures messianiques.
Je n'apprécie guère Jules Lequier, Antonin Artaud me révulse et je me contrefous de Nietzsche, mais au rayon culture de l'hypermarché du savoir où nous sommes, j'éprouve tout-de-même énormément de sympathie pour eux...
Un vieux réflexe dyonisaque sans doûte, ou peut-être chrétien ! qui se manifeste par de la sympathie pour les agneaux sacrificiels, ou pour les chevaux battus.

Ecrit par : Petrus | 18/11/2008

"Nous l'avons dit est plébéien celui qui pense la vie seulement selon le sexe et le sang, celui qui, tant qu’on ne lui a pas précisé l’identité sexuelle et raciale d’une personne, ne sait pas quoi en penser."

Je m'amuse beaucoup à la lecture de vos commentaires sur la "pureté du sang juif", quand cette affirmation théologique et néanmoins à l'emporte-pièce de notre aimé hôte est l'exacte illustration de ce jugement plébéien type tel que définit en introduction à ce néanmoins excellent article.

"Excellent" ? à vrai dire il l'est d'autant plus que je n'y comprends rien, toute articulation logique semblant en être abstraite au point qu'on ne sait plus ce que le locuteur pense, s'il ironise ou non, s'il est très autosatisfait ou très aveugle, si moi lecteur je dois me sentir flatté d'être son commensal aristocrate, ou son valet plébéien, ou les deux... Montalte, vous flirtez avec la dangereuse poétique nietzschéenne !

Ne soyez pas trop dur avec Alina, cependant, qui paraît depuis quelques jours revenir un peu de ses sucreuses mièvreries de nouvelle convertie. Dans le débat qui ne vous oppose pas, elle me paraît avoir plus raison que vous. Et puis elle vient de défoncer exactement comme il le faut 3 des plus odieux faux prophètes de ce temps (et du même coup - j'espère ! - celui qu'elle commençait à être), Yann Moix, Julia Kristeva et Fabrice Hadjajd. Il ne lui reste plus qu'à écouter la leçon du plus grand converti de tous les temps, Paul de Tarse - qui après que le Christ en personne lui soit apparu, avait eu le bon sens de faire trois années de retraite au désert avant de se prendre pour... Saint Paul, apôtre.
Avec tous les livres qu'elle annonce pour 2009, il lui reste du chemin à parcourir !

Ecrit par : Serge Rivron | 18/11/2008

Ah ! j'ai oublié : merci Montalte de rappeler à Alina le B-A-BA de notre théologie : la solidarité des hommes envers le péché originel. Là, pour le coup, vous avez bien plus raison qu'Alina !

Ecrit par : Serge Rivron | 18/11/2008

Serge, on n'emploie pas le subjonctif après "après que". Bon chemin à toi dans l'apprentissage de l'écriture !
J'ai jeté la mauvaise bouteille de rosé que tu avais apportée en t'invitant chez moi, j'ai jeté le manuscrit du livre bidonné que tu m'avais envoyé (Moix, Kristeva et Hadjadj sont tout de même de plus sérieux clients), il reste dans mon ancien ordinateur les quelques témoignages de ta ridicule présomption que tu as cru devoir m'envoyer aussi, par phrases ou par photo...
Sois gentil, oublie-moi !

Pardon à tous pour cette petite mise au point personnelle.

Ecrit par : Alina | 18/11/2008

... la lecture de ces trois articles est impressionniste ; c'est une manière comme une autre d'aborder un écrivain. Les "installations" de certaines galeries d'art contemporain sont plus absconses si l'on va par là et il n'est pas rare de constater que leurs auteurs ne savent pas au juste ce qu'ils ont voulu dire et qu'ils laissent au regard du badaud le soin d'interprêter l'oeuvre à leur place. Ca n'est pas le cas ici, monsieur Rivron où la construction si elle n'apparaît pas est pourtant loin d'être absente.
Les querelles qui s'ensuivent sont de surface et constituent une sorte de récréation. La pureté du sang juif par exemple n'est pas à prendre au pied de la lettre, mais comme une métaphore. On peut effectivement dire et défendre que le sang des juifs est pur ! Pur parce que justement aucun autre sang "culturel" connu n'a su préserver son intégrité patrimoniale en se mélangeant autant ! Pur, parce que par delà le temps, les juifs ont eu le génie syncrétique de préserver leurs croyances en les enrichissant. C'est une évidence. Ne pas le constater revient à se boucher les yeux délibérément. Il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. C'est en ce sens que j'entends cette "aristocratie" humaine, pure métaphore, qui n'affiche aucune superbe mais au contraire une authentique humilité.

Ecrit par : Petrus | 19/11/2008

Merci cher Petrus pour votre effort de lisibilité ! Car en effet, "aristocrate" ne renvoie ni à du nobiliaire ni à de la morgue sociale, mais à une hauteur de vue et de ton, à une absence de ressentiment, à un goût de l'excellence, à ce que Spinoza appellerait la joie. Et lorsque je dis tout ça, je ne sous-entends pas que j'en suis forcément, moi, pas moins plébéien qu'un autre, mais disons que c'est à cela auquel j'aspire, et c'est grâce à cela que je dépasse ma tristesse et ma faiblesse - mon négatif, comme dirait Alina. Mais il est aussi vrai que ce faisant, mon cher Serge, je donne à mon texte une incertitude subjective qui brouille les pistes et peut porter aux plus douteuses équivoques. En cela suis-je fidèle à Nietzsche.

Pour revenir à la question juive, il est certain que la question du sang se pose à un certain moment dans la mesure où les juifs eux-même continuent de se percevoir comme un peuple à part, un peuple rescapé de l'Antiquité, un peuple pour qui, comme le dit George Steiner, les mariages mixtes peuvent être... un problème de survie. Il est là le scandale d'Israël : à la fois affirmer le Verbe universel et rester entre soi, mélanger les forces et les identités du monde mais se garder de mélanger la sienne avec les autres, fertiliser spirituellement le monde, mais rester en communauté. Bref, s'installer dans une sorte de privilège historico-ethnique absolument impensable aux yeux du monde contemporain de plus en plus métissé et démocratique. Qu'un peuple, déjà, se définisse, comme "élu", et que cette élection soit symbolique ou physique, intellectuelle ou terrienne, spirituelle ou sociale, voilà l'odieux an-historique.

Ecrit par : montalte | 19/11/2008

Etes-vous chrétien et catholique, Montalte ? Savez-vous que pour un chrétien il n'y a plus ni juif ni païen, ni homme ni femme, que le peuple élu est désormais le peuple du Christ, mieux encore qu'élu, corps de Dieu, peuple tendant à l'universalité, dont chaque membre est membre du Christ ?
Les juifs ne font pas tout ce cinéma autour de leur "aristocratie", sauf bien sûr les plus incertains et défaillants, comme partout. Einstein vous tire la langue.

Tous ces délires construits pour servir un désir d'aristocratie ne révèlent-ils pas une impuissance à atteindre cette aristocratie ? Yann Moix, à l'image du plus vulgaire de l'homme contemporain cependant capable de souffrir de sa vulgarité, de sa participation la plus vulgaire à ce monde vulgaire, de sa collaboration active quoique souvent dissimulée à ce monde, se sent juif, dit-il. Pourquoi ? Parce qu'il rêve d'être haut quand il est bas, parce qu'il est impuissant à entrer dans la vraie grandeur du Christ. Ainsi que bien d'autres, n'est-ce pas ?

Je le répète, votre vision fantasmatique des juifs, vos manipulations langagières, sont sordides et potentiellement meurtrières, on ne l'a que trop vu dans l'Histoire.

Ecrit par : Alina | 19/11/2008

bon sang que tout cela donne envie de se convertir à votre foi, madame messieurs !

Ecrit par : innocent x jr | 19/11/2008

Pour vous répondre, Alina, je remets en scène le post que j'avais consacré à cette si scandaleuse question juive telle que la conçoit George Steiner, peut-être encore plus meurtrier que moi là-dessus comme vous risquez de le trouver. Et je suis catholique et ne me sens pas du tout juif à la manière d'un Moix.

Ecrit par : montalte | 19/11/2008

innocent x jr, Jésus n'est justement pas l'homme chanté si drôlement par l'excellent Bouchitey... qui voit vraiment Dieu, combat pour lui !
cordialement à tous

Ecrit par : Alina | 19/11/2008

Et la confiture, Alina, qu'as tu fait de la confiture ? A-t-elle aussi fini aux cochons ? j'en ai peur.

Cet article aura eu entre autres mérites celui de faire tomber le nombril d'aristocratie joyeuse de
Sainte Lumière dans le temps, qui entre deux psaumes à * rumine à ce qu'il semble des ressentiments bien peu amènes. Dommage - Il faut pourtant prier pour elle. Et la confiture, qu'as-tu fait de la confiture ?

(* = Dieu, en langage extatique)

Ecrit par : Serge Rivron | 19/11/2008

Je rentre de mes songes. Magnifiquement reposée dans la barbe de *. Partie aussitôt à la selle (petites crottes d’amour qui ont évolué vers un bleu tendre pâturé de grandes bêtes blanches), en fredonnant un Dominique-nique-nique de toute beauté vêtue d’une simple robe, sans aucun maquillage, les cheveux libres, nature. Reçu tout au long du chemin un festival de louanges, regards doux et mots fleuris, jusqu’à un « sublimes ! » glissé dans mon esgourde une fois l’affaire entendue. Il y a des jours comme ça. Les hommes, ces pécheurs à l’image de *, sont toujours si gentils avec moi, de près, en vrai. Et si effrayés, de loin. Ceci est mon corps.

Ecrit par : soeur kaki | 13.11.2008

cordialement (comme vous dites si merveilleusement bien)

Ecrit par : innocent x jr | 19/11/2008

innocent x junior, ce matin Franck Bilal Yusuf Mohammed Ribéry causait dans le poste et remerciait Allah pour ses bienfaits.
Preuve qu'il y à ceux qui cherchent et ceux qui ont trouvé.

Ecrit par : Petrus | 19/11/2008

Merci pour la confiture, je ne m'en souvenais pas, elle était très bonne. Comme quoi tout n'est pas entièrement perdu.

Ecrit par : Alina | 19/11/2008

Alina, ton commentaire est exquis, vraiment. Il aurait été mieux cependant que tu manifestes ton immense miséricorde un peu plus tôt, pour qu'on arrive à y croire. Un petit pas pour l'homme est toujours un grand pas pour la Charité. Sang pur ou pas - et d'ailleurs, à part quelques esclavagistes en puissance, qui s'en soucie ?
Même Nietzsche, le meilleur contradicteur du christianisme à part Blaise Pascal, a rendu les armes devant l'ambivalence éternelle de cette question.
Craignant que tu n'aies pas mesuré pour assez de temps ta "dérade", comme disait Rimbaud, je ne te promets pas de te remettre le couvert ailleurs. Pour la confiture, bien sûr.

Ecrit par : Serge Rivron | 20/11/2008

Petrus, si ça se trouve, votre commentaire sportif apporte presque la preuve qu'Allah (* pour les intimes) possède le câble !

Ecrit par : innocent x jr | 20/11/2008

Eh ben j'ai pas compris. Je vais m'écouter CCR ça me remettra les idées en place, tiens.

Ecrit par : Petrus | 21/11/2008

Monsieur Pierre Cormary n’a pas solutionné l’énigme de son maître Nietzsche quant au dieu inconnu (contenu dans toute tragédie comme le remarque aussi Blanchot), qui n’était somme toute qu’un demi-dieu : Dionysos. Oui il faudrait revenir sur le rapport compliqué entre Nietzsche et sa mère qui voulait en faire un prophète ou grand théologien. Mais c’est de fragments posthumes qu’il a traduit et où Nietzsche dit à ses amis « qu’on me pardonne » que Michel Haar est parti pour écrire son Nietzsche et la métaphysique, même s’il brode autour du vide sans parler de ces deux ou trois fragments où pour soulager sa douleur Nietzsche en vient à réinvoquer Dieu.

Les fragments en question me seront sans doute demandé mais sont ontenu dans le tome XI des F. P. (Colli & Montinari et Haar et de Launay)

Ecrit par : Anthony | 30/11/2008

Monsieur Cormary attention avec le hot-linking c'est-à-dire le fait de ralentir les sites que vous aimez bien en y puisant par lien vos images, vous ralentissez leur bande passante. C'est pourquoi il est préférable de charger ses propres images :)

Sorry for le ton donneur de leçon.

Ecrit par : Anthony | 30/11/2008

Non, non, au contraire, je ne savais pas du tout de quoi il s'agissait... Mais pouvez-vous vous mettre en contact avec moi pour en parler ?

Ecrit par : montalte | 30/11/2008

Les choses ne se réclament pas, elles se conquièrent.

dixit un certain...

Ecrit par : Anthony | 01/12/2008

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