"Laisser couler, baignoire" (d'après Carnet de nuit - Suite Sollers 2026) (12/02/2026)

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« Ils croient qu'il y a un truc : les relations, l'argent, le sexe, la drogue, etc. Pas un instant, ils ne pensent que tout vient de la méditation, de la discipline, du vice, du travail. » 

« Pas assez, c’est eux. Trop, c'est vous. » 

« L'impression de n'arriver à rien (vraiment à rien) veut dire que beaucoup se prépare ». 

« Ce que l'homme peut faire de mieux ? Mourir heureux ». 

« Mais enfin, ils sont là » - Nos livres. 

« Présentez, s'il vous plaît, votre bon profil au néant. » 

« Un livre où le narrateur évoquerait seulement les lieux où il s'est baigné. » 

 

 

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Sur la plage (Edouard Manet, 1975, chez moi.)

 

 

« Ils veulent te neutraliser : augmente l’acide. » 

« Souvent, quand je raconte un simple fait divers, je m’entends dire : “vous exagérez“. » 

« Les moments de néant. Cet après-midi, par exemple, une heure et demie de néant. (Dans Le Cœur absolu : le néantomètre.) »

« Putains de la rue Chaplain (…) Travestis de la rue Vavin. » 

« Céline : “à chaque vertu, sa littérature immonde“. » 

« Il m’est arrivé de combattre des évidences parce que des imbéciles les soutenaient. » 

« J'ai continué, ce qui veut dire : garder le commencement sans cesse. » 

« Quelqu'un commence à te faire la morale, écoute bien, toute sa généalogie est en jeu. » 

« Comme écrivain, vous avez gagné si tout le monde considère que tout ce que vous avez écrit est vrai, donc que rien n'a été écrit. » 

« Vous écrivez quatre cent cinquante pages rythmiquement impeccables. Vous obtenez trois réflexions malveillantes sur trois détails. Tout va bien. » 

« Qu'est-ce que vous faites ? – Je donne des cours de quand même. » 

« Si je ne lui déplaisais pas tant, je lui plairais beaucoup. »  

« Quand deux individus se désirent vraiment, le démon souffre. » (// « Faire souffrir le diable »). 

« Musée d'Orsay : ça y est, ils ont enfin leur construction stalino-fasciste légitimée. Tant d'efforts pour écraser Manet. Il le méritait (…) Orsay : vengeance contre deux merveilles, le musée Rodin, le musée Picasso (peintre et son modèle mousquetaires). (…) Nihilisme, haine de l’art, académisme, institution régressive : profond, consensus national. » 

« Envie de laisser couler, baignoire. » 

 

 

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Nu dans le bain ( Pierre Bonnard, 1936, Palais de Tokyo)

 

 

« “La charité doit être aussi savante que le vice“ (Balzac) ». 

« “Dans une œuvre d'imagination de premier ordre, le conflit n'est pas entre les personnages, mais entre l'auteur et le lecteur“ (Nabokov) ». 

« Dieu, après tout, veille. » 

« Il n'y a ni crise, ni défaite de la pensée, ni apocalypse des valeurs, il n'y a que de la paresse : oublié de se lever tôt, de noter sa mort. » 

« Il faut absolument choisir ? Les sonates de Haydn ». 

« On peut aimer une femme et ne pas la trouver sympathique. » 

« Hésitation à écrire ? Revenir sur sexe, c'est là. » 

« C'est avec la plus grande ardeur que je cours à ma table à écrire, avec la plus grande joie que j'y reste assis“ (Mozart) ». 

« Les tableaux attendent nos retours ». 

Le père Sollers qui envoyait de l'argent à son fils de vingt ans à Paris en cachette de sa mère quand celui-ci était brouillé avec elle.

« Révolution : pourquoi la société devrait-elle être réelle ? Drôle d'idée. Reste la souffrance. Pas de solution. Médecine. » 

« Avec JK [Julia Kristeva] et Eco, autrefois, dans les boîtes chinoises de strip-tease à New York. C'était le bon temps, on riait, on parlait de Saint Thomas et de Joyce. » 

« Rien à faire, il voulait se battre. Quel ennui. Plus fort que moi. Arcade sourcilière ouverte, voile de sang devant les yeux. C'était beau. » 

« Je ne déteste pas m'évanouir. » 

« La phrase que tu devras barrer si tu publies ce carnet (trop de malentendus) : je dois tout à la prière. » 

« Dans un monde de contrefaçon généralisée, attends-toi à être un des rares à être accusé de contrefaçon. » 

« “Vous m'agacez souvent. “  Entendre : “vous m'excitez souvent au moment où je ne m'y attends pas“ ». 

Sur Deleuze, page 93. 

« Une femme s'inquiète du sida pour son fils. Elle évoque tous les dangers de façon très crue, fellation, accident de préservatif, etc. Moi : une seule solution ? – Oui ? – La masturbation. – Oh ! non, quelle horreur ! » 

« Passion du fenouil (…) le fusain. » (page 100) 

« Pas de changement au fond : on rentre le soir dans la maison illuminée, on va dîner, argent, cristal, feu de bois, vin sombre chambré en carafe. » 

« Renforcer les points forts, jamais les points faibles » - Le contraire de la morale parentale et qui m’aura fait louper ma vie. Ouais. 

« “C'est ça le grand poker : mal jouer au bon moment“ (Edouard G. Robinson dans Le Kid de Cincinnati.) » 

« Ton personnage de roman existe quand tu aimerais avoir son point de vue sur le roman en question. Le livre est réussi quand tu as envie d'y ajouter ce qui s'y trouve. » 

« Saint-Simon. Il attaque la phrase de partout, compas souple. “Pendant qu’Alberoni déclamait à Madrid, Cadogan agissait en Hollande.“ » 

«  “Le nom de Voltaire sur un de mes écrits, c'était vraiment un progrès vers moi-même“ (Nietzsche) » - Je dis la même chose du nom de Sollers qui apparaît à l’avant dernière ligne de mes Trolls : 

« L’on se rappelle ce dialogue du 5 décembre 2011 dans lequel Alberich et Alfredo tombaient d’accord sur le fait qu’un «animal de basse-cour» tel que moi, ayant la velléité d’écrire, devait être découragé sur le champ, ne serait-ce que pour protéger mes potentiels lecteurs de ma dégueulasserie passée, présente et future. Me persécuter, c’était faire acte de salubrité publique. Il fallait me blesser au plus profond de moi-même afin de me dégoûter de mon propre art et me faire déguerpir au plus vite des blogs et des forums. Que le monde entier comprenne, une bonne fois pour toutes, le pauvre type infectieux, doublé de l’écrivassier minable, que j’étais – et que moi, j’y renonce.

Grâce soit rendue! Le résultat fut l’exact inverse de leurs exactions. Non seulement je pus les confondre mais qu’en fait de me détourner de la littérature, ils m’y mirent. 

«Un récit ne vaut que parce ce qui aura tenté de l’empêcher de l’écrire», disait quelque part Philippe Sollers. Voilà. 

Pierre-Louis très cher, et toi, mon pauvre Garcia, qu’aurais-je fait sans vous? »

 

 

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Baigneuses (Paul Cézanne, 1874-75, Metropolitan Museum of Art)

 

 

 

 

 

06:58 Écrit par Pierre CORMARY | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : sollers, carnet de nuit, picasso, le jeune peintre, haydn, alfred brendel, manet, nu dans le bain, baigneuses, cézanne | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer