Satanislam IV - Ayesha (14/09/2026)



Satan femme
Génie iranien
Satan femme au vin
Deux rêves de Gibreel.
Dans le premier, il se retrouve au service douteux de « l'Imam », un leader musulman conservateur vivant en exil à Londres (sans doute l'ayatollah Khomeini) après avoir fui sa patrie de Desh (manque plus que le a pour faire Daesh) où son ennemie jurée, la capiteuse et terrible impératrice Ayesha, a pris le pouvoir. Entre eux, guerre du pur et de l’impur. De l'interdit et de l'image. De l'eau et du vin. L’Imam est un homme sévère, sobre, sadique qui boit un verre d'eau (et purifiée, filtrée) toutes les cinq minutes. L'impératrice est une femme, ce qui suffirait pour l’offenser. Pire, une femme somptueuse, grande, brune, ressemblant à une statue grecque, donc à une image, une idole. Et qui ose aimer le bourgogne, le bordeau, le riesling – autant dire du sang humain pour l'Imam, et qui la souille à jamais.
Pour autant, Ayesha n'est guère appréciée du peuple. Profitant de ce rejet social, l'Iman oblige Gibreel, avec l'aide d'un disciple, Bilal X, un afro-américain converti à l'islam, à diffuser une propagande anti-Ayesha à l'aide d'une radio amateur. Contraint d'obéir, Gibreel tente d'expliquer à l'Imam que si les gens se révoltent contre Ayesha, c’est parce qu'ils la détestent et non parce qu'ils l'aiment, lui. L'Imam passe outre et parvient à assassiner Ayesha. Cependant, l'esprit de la déesse Al-lat (l'une des déesses que l'on avait proposé de garder dans les fameux versets) ranime le corps de celle-ci. L’Imam ordonne alors à Gibreel de combattre Al-lat. Après une bataille féroce à coups de lances de foudre, celui-ci la vainc – quoiqu’à contre cœur. L’Imam devient le souverain absolu de Desh et son premier décret est d’arrêter toutes les horloges du pays.

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« Car il existe un ennemi au-delà d'Ayesha, et c'est l'Histoire elle-même. L'Histoire, c'est le vin de sang qu'on ne devrait plus boire. L'Histoire, c'est ce qui enivre, la création des mensonges – le progrès, la science, le droit – contre lesquels l'Imam s'est dressé. L'Histoire est une déviation de la Voie, la connaissance est une illusion, parce que la somme des connaissances a été achevée le jour où Al-Lah a fini sa révélation à Mahound. »
D'autant que l'Occident, ce grand Satan, soutient l'Histoire, soutient l'impératrice, soutient l'impur. À Londres, l'Imam a bien été obligé de vivre à l'occidental, de faire semblant sans se perdre et comme le permet la divine Taqîya. Mais à la radio, il se lâche :
« Mort à la tyrannie de l'Impératrice Ayesha, du calendrier, de l'Amérique, du temps ! Nous recherchons l'éternité, l'infinité de Dieu. Ses eaux tranquilles, pas les flots de vin de l'impératrice. Brûler les livres et faites confiance au Livre. »
Et Gibreel obligé de le suivre, la mort dans l'âme. Car le religieux est au service du politique. Le religieux est soumis au politique. « Ce n'est pas de l'amour, répond Gibreel en pleurant, c'est de la haine. »
Détruire le temps, les horloges, les pendules – détruire jusqu'au mot « pendule » dans le dictionnaire. Détruire les mots.
« APRES LA REVOLUTION, IL N'Y AURA PLUS D'ANNIVERSAIRE. Nous renaîtrons tous, tous au même âge immuable aux yeux du Tout-Puissant. »
Allah Akbar, on vous dit !
Et l'Imam de se métamorphoser en python. L'islam est un python. Et un python qui oblige les anges à devenir démons. Et Gibreel, comme l'Ariel de Prospéro, est obligé de tuer Al-Lat, la reine de la nuit. Desh est définitivement à l'Imam.
« Quand le peuple entre, il l'avale entièrement. »


Second rêve.
À Titlipur, petit village rural, Mirza Saeed Akhtar contemple sa femme endormie, Mishal, avec laquelle il n’a jamais pu avoir d'enfant. Ayant adopté une jeune fille, fabricante de jouets itinérants, Ayesha (du même nom que l'impératrice), ils vivent heureux tous les trois. En grandissant, Ayesha devient de plus en plus désirable. Un jour, ses cheveux deviennent blancs et sa robe se transforme en papillons. Elle prétend avoir couché avec l'archange Gibreel (ce dernier, toujours à son corps défendant, pris dans les rêves de cette belle inattendue !). Un peu plus tard, elle annonce à Mishal qu'elle est atteinte d'un cancer du sein en phase terminale, ce qu'un médecin confirme. Seul un pèlerinage à La Mecque à pied de tout le village pourra la guérir. Périple a priori impossible car la mer d'Oman se dresse entre Titlipur et La Mecque, mais, comme dans un certain film, Ayesha promet que l'archange (c'est-à-dire Gibreel) séparera la mer pour eux à leur arrivée.
V – Une cité visible mais inaperçue
07:35 Écrit par Pierre CORMARY | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salman rusdhie, ayatollah khomeini, golshifteh farahani, abnousse shalmani, gibreel farishta, saladin chamcha |
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