Satanislam VII - L’ange Azraeel (17/09/2026)

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Emma Watson / Joanne Rowling

 

« Un livre est le produit d'un pacte avec le diable qui inverse le pacte faustien »

 

Wokisme et Grand Remplacement

Pamela Lovelace, la femme de Saladin rappelle un peu l'Indy d'Anéantir de Houellebecq. C'est la garce progressiste qui trompe son mari devant lui et tombe enceinte d'un autre (Jumpy Joshi). La wokiste passionaria « qui met Othello et Shylock dans le même sac et s'en sert pour taper sur ce raciste de Shakespeare ». Contrairement à son mari qui n'a jamais rêvé que de s'assimiler et pour qui l'Angleterre était  « cet îlot de sensibilité entouré par le bon sens de la mer froide », l'ayant « façonné et accéléré », allant jusqu'à rendre grâce à l'ancien empire et conserver de lui « tout ce qu'il y a de bon et de vivant », elle n'a jamais aimé cette monarchie coloniale et voulu que la détruire. Le voilà, le véritable clivage entre droite et gauche : d'un côté, le modèle mimétique que l'on respecte et grâce auquel on tente de s'insérer, de s'élever, de devenir quelqu'un – en l'occurrence, pour Saladin, de devenir anglais et d'être heureux selon l'ordre des choses (la fameuse « soumission à l'ordre naturel », comme dit le Renoir du Déjeuner sur l'herbe) ; de l'autre, la haine structurelle et pathologique du système, la pulsion révolutionnaire de mort (pléonasme), l'envie au sens le plus péché mortel du grand chambardement, du nouveau monde, de la nouvelle égalité. La justice ou la mort ! La passion de l'égalité par la terreur. Et qui commence, comme il se doit par la haine de l'art (comme dans l'islam radical, tiens.) 

 

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Le 14 octobre 2022 à la National Gallery [Handout / Just Stop Oil / AFP (Article Figaro)]

 

Elle « avait toujours eu un regard critique sur de telles descriptions dithyrambiques. “Ce sont des valeurs de musée, avait-elle l'habitude de lui dire. Sanctifiées, accrochées dans des cadres dorés sur des murs honorifiques.“  Elle n’avait jamais de temps à perdre pour ce qui durait. Il faut tout changer ! Il faut tout casser ! Il disait : “si tu réussissais, dans une ou deux générations, les gens comme toi ne pourraient plus vivre.“ Elle aimait cette vision de sa propre obsolescence. Si elle finissait comme le dodo – une relique empaillée, Traître à sa classe année 1980 – elle disait que cela apporterait une amélioration dans le monde.  Il la suppliait de changer d'avis mais à ce moment-là ils s'étaient déjà enlacés : ce qui était sûrement une amélioration, aussi s’avouait-il vaincu. » (page 555). 

Au moins Pamela sait-elle faire l’amour, ce qui est déjà énorme pour une progressiste.

 

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Le Voleur de bicyclette (Vittorio de Sica, 1948)

 

Hélas ! Pour une activiste, l'amour compte moins que la cause. Et la cause l'emporte toujours. La cause est libidinale.

Passe encore son gauchisme culturel. Le pire, pour Saladin, c’est de la voir enceinte de Jumpy alors que lui aurait tellement voulu avoir un enfant, lui apprendre à faire du vélo, le voir s'envoler, être fier de lui. Mais « c'était un rêve pour pleurer ; parce que, lorsqu'il s'éveillait, il n'y avait ni bicyclette ni enfant.».

Le malheureux déprime. 

« Quand on est tombé du ciel, qu'on a été abandonné par son ami, qu'on a subi les brutalités de la police, qu'on a été transformée en bouc, qu'on a perdu son travail et sa femme, qu'on a appris le pouvoir de la haine et retrouvé son apparence humaine, que reste-t-il à faire sinon, comme vous le diriez sans aucun doute, exiger ses droits ? »

Car oui, et c’est le plus important, Saladin a repris apparence humaine – mais c’est à partir de là que les problèmes vont vraiment commencer pour lui.

Pour l’heure, il se console avec la télécommande de la télévision, symbole de la culture accélérée de l’époque, ou l’on zappe, coupe, taillade. Aux divines métamorphoses se sont substitués les pixels et autres révolutions technologique et mentales. Il ne s’agit plus de se laisser aller au multivers cosmique, il s’agit de détruire, de déconstruire, de faire table rase de l’ancien monde, d’en établir un nouveau. La preuve, l’affaire Simba.

 

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Guy Georges, "le tueur de l'Est parisien", "le tueur de la Bastille", "Joe the Killer", "G le maudit", "la bête de la Bastille", "SK1 (serial killer number one)

 

Pour faire plaisir à sa femme, il la suit dans des réunions de soutien à un meurtrier de vieilles dames, un certain docteur Uhuru Simba, que l’on ne défend que parce que c’est un Noir. Lui-même est très conscient du caractère politique des accusations dont il est l’objet. Ce que l’on condamne en lui, ce n’est pas tant le meurtrier que le remplaçant ou comme le dit Rushdie, le « refaçonnant. »

« Je suis ici parce que j'ai choisi d'occuper le rôle ancien et honorable du Nègre arrogant. Je suis ici parce que je n'ai pas accepté d'avoir l'air raisonnable. Je suis ici à cause de mon ingratitude (…) Ne vous y trompez pas, nous sommes ici pour changer des choses. Je reconnais que nous changerons nous-mêmes. Originaires d'Afrique des Caraïbes, de l'Inde, du Pakistan, du Bangladesh, de Chypre, de Chine, nous sommes différents de ce que nous aurions été si nous n'avions pas traversé les océans, si nos mères et nos pères n'avaient pas traversé les cieux à la recherche de travail et de dignité et d'une vie meilleure pour leurs enfants. Nous avons été refaçonnés : mais je dis que nous sommes ceux qui refaçonnerons cette société, nous la refaçonnerons du bas vers le haut. Nous serons les bûcherons du bois mort et les jardiniers des temps nouveaux. Voici venu notre tour. » (page 575) 

[Réplique qui rappelle (ou annonce) les propos de Leonora Miano à l'émission Ce soir ou jamais du 08 novembre 2013 sur le fait que « L’Europe va muter. Elle a déjà muté. Il ne faut pas avoir peur. Cette transformation est peut-être effrayante pour certains, mais ils ne seront plus là pour en voir l’aboutissement » et qui avait été mis en parallèle avec ceux de Renaud Camus à propos du Grand Remplacement - montage fort édifiant et hélas supprimé sur YouTube.]

 

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Leonora Miano - Ce soir ou jamais, 08 novembre 2013)

 

Saladin écoute ça mollement. Il n’a d’yeux que pour la petite Mishal Sufyan, 17 ans, adorable ado – et qui brusquement se transforme, elle aussi, en ange de la mort. En Azraeel ! En Ange de la mort ! Septième sceau de l’islam ! Celui qui sépare ! Qui vient chercher ! L'ado révolutionnaire ! Evidemment. Et comme si c'était lui qui l'avait suscité. Lui, l'assimilé qui provoque désormais l'instinct révolutionnaire chez les autres ! 

Pas de doute, quelque chose change en lui et qui est plus bien inquiétant que son ancienne apparence de bouc. Depuis qu’il est redevenu homme, il se sent beaucoup plus méchant, « moderne », révolutionnaire, sataniste. Il voit la mort. Il suscite la mort. 

« Ce jour-là, Saladin Chamcha comprit qu'il avait vécu dans un état de paix factice, que le changement en lui était irréversible. Un nouveau monde ténébreux s'était ouvert à lui (ou : en lui) quand il était tombé du ciel ; il avait beau essayer de reconstituer assidûment son ancienne existence, il voyait qu'il s'agissait de quelque chose qu'on ne pouvait défaire.»

Et pourtant... Il n'a jamais voulu ça. Il est un peu comme le personnage de l'acteur du film Méphisto (István Szabó, 1981) dont il se rappelle les vers de Goethe :

«  Qui es-tu alors ?  Une part de ce pouvoir, qu'on ne comprend pas, qui veut toujours le Mal et fait toujours le Bien. »

 

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Retrouvailles de Saladin et Gibreel dans une grande soirée londonienne. Depuis leur chute chez Rosa Diamond et son arrestation par la police sans que son ami intervienne, Saladin en veut mortellement à Gibreel alors que ce dernier voit toujours en lui son compagnon de chute. Ils se confient néanmoins leurs malheurs respectifs. Saladin, qui souffre de la trahison de Pamela Lovelace avec Jumpy Joshi, souffle à Gibreel que ce sa propre Alleluya Cone couche elle aussi avec ce dernier et en est même enceinte ! Ainsi, ils infusent l'un dans l'autre, condamnés à un destin mutuel, pire à être un continum l'un l'autre. 

« Car ne sont-ils pas des frères ennemis, ces deux-là, chacun étant l'ombre de l'autre ? – L’un cherchant à se transformer dans l’étranger qu’il admire, l’autre préférant avec mépris transformer les autres ; l’un misérable, qui semble toujours puni pour des crimes qu’il n’a pas commis, l’autre, considéré comme angélique par chacun et par tous, le genre d’homme qui s’en tire toujours. » 

Mais qui infuse le plus ? Qui initialise qui ? Qui souffre ou fait souffrir le plus ? On pourrait croire que c'est Saladin condamné à être un diable. Et pourtant, Gibreel n'en peut plus d'être ange et cet ange-là, cet ange-démon, obligé d'être Mahomet et de semer la parole maudite – possédé comme Linda Blair dans L’Exorciste alors « que Saladin Chamcha est une créature de discontinuités choisies, une réinvention volontaire » et dont la révolte consciente contre le monde et l'Histoire le rend volontairement méchant mais opératoire, acceptable aux yeux des progressistes. Plus on est libre, plus on est démoniaque, semble dire cet étrange catéchisme. Il semble en effet de plus en plus clair que Saladin épouse le mal qui lui incombe, y participe, y adhère, alors que Gibreel le subit. L'un agit libre, l'autre contraint et forcé. Dès lors, ils deviennent adversaires pour de bon. 

Saladin, ne se résolvant malgré tout pas à tuer son ex-ami comme il le souhaiterait, décide de se venger de lui par d'autres moyens. Puisque Gibreel lui a raconté les détails de ses ébats avec Alleluya, il profite de son don d’imitateur pour le harceler, l’appelant tous les jours en se faisant passer pour les multiples amants que sa femme aurait eus et qui « savent » tous les coins et recoins anatomiques de celle-ci en plus de la nature de leurs fantasmes. Autres versets sataniques en quelque sorte.

 

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Klaus Maria Brandauer dans Méphisto (István Szabó, 1981)

 

« Comme tout cela était facile ! Avec quelle aisance le mal s'installait dans ses cordes vocales souples, infiniment flexibles, ces ficelles de marionnettiste ! Avec quelle assurance le mal parcourait les fils du réseau téléphonique avec autant d'équilibre qu'un fil-de-fériste aux pieds nus ; avec quelle confiance, il entrait en présence de ses victimes, aussi certain de ses effets qu'un bel homme vêtu d'un costume parfaitement coupé ! Et avec quelle prudence il attendait son heure, lançant toutes les voix sauf celles qui donnerait le coup de grâce (….) des voix profondes et des voix criardes, lentes, rapides, tristes et gaies, agressives et timides. Une par une, elles tombaient dans l'oreille de Gibreel, affaiblissant son emprise sur la réalité, l'attirant peu à peu dans leur toile d'araignée trompeuse, jusqu'à ce que petit à petit, les femmes obscènes qu'elles fabriquaient commencent à enrober la femme réelle d'une pellicule visqueuse et verte, et que, malgré ses protestations, Gibreel s'éloigne d'elle ; et les petits versets sataniques qu'il avait rendus fous revinrent. »

Est-ce cela qui rend fou ce dernier et qui, à la façon d’un Taxi Driver, va le faire acheter sur un mode Jugement dernier, plein de feu autour de la tête, une trompette dans un magasin d’instruments de musique, et qu’il nomme « trompette de la dernière chance », « exterminatrice des hommes », « Azraeel » ? 

Babylondres (VII-3).

Suite à la mort du criminel présumé Simba en prison (et selon un rite satanique sans doute concocté par des flics pratiquant la sorcellerie), des émeutes éclatent dans Londres. Bagarres et arrestations en direct, triomphe de la télésurveillance et de la violence live, « la caméra, dans un délire narcissique, créant, pendant un instant, une répétition de l’image à l’infini, qui diminue jusqu’à devenir un point » et, au centre de tout la ville en feu, Gibreel errant dans les rues avec sa trompette Azraeel, luttant contre l'emprise du diable Mahomet, forcé de naviguer dans plusieurs histoires à la fois mais ayant compris que Saladin Chamcha est devenu « l’Adversaire », se demandant dès lors quelle est la volonté de Dieu en lui, ce qu’il doit faire ou ne pas faire, venger ou pardonner, souffler ou non dans sa trompette de la mort. 

« Je ne lui donne pas d’instructions [dit une voix inconnue – Dieu ?]. Moi aussi, je suis intéressé par ses choix – par le résultat de son match de catch [avec lui-même]. La personnalité contre le destin : un combat sans règle [un Fight club ?]. Deux chutes, deux fois les épaules à terre ou un K.O feront la décision.)

Il avance, en luttant dans ses nombreuses histoires. »

Des incendies ravagent la ville. Des fantômes surgissent. Le temps sort de ses gonds. On se croirait en 1666 (666 !!) lors du grand incendie de Londres. Tout se mélange dans un gigantesque Aleph infernal. 

 

 

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La maquette géante de 1666 brûlée en souvenir du Grand incendie de Londres, le 04 septembre 2016 (RTL)

 

« Parfois, il a l'impression de se trouver au milieu de cadavres ambulants, d'immenses foules de morts qui refusent tous d'admettre que leur temps est fini, des cadavres rebelles qui continuent à se conduire comme des êtres vivants, ils font leurs courses, ils prennent le bus, ils flirtent, ils rentrent chez eux pour faire l'amour, ils fument des cigarettes. Mais vous êtes morts, leur hurle-t-il. Zombies, rentrez dans vos tombeaux. Ils l'ignorent, ou rient, ou prennent un air embarrassé, ou le menacent du poing. Il se tait et se dépêche.

La ville devient vague, amorphe. Il est impossible de décrire le monde. Pèlerinage, prophète, adversaire se fondent, disparaissent dans les brumes, émergent. Comme elle : Allie, Al-lat. Elle est l’oiseau exalté. Hautement désiré. Il s’en souvient maintenant : il y a longtemps elle lui a parlé de la poésie de Jumpy. Il essaie d’en faire un recueil. Un livre. L’artiste qui suce son pouce aux opinions infernales. UN LIVRE EST LE PRODUIT D'UN PACTE AVEC LE DIABLE QUI INVERSE LE PACTE FAUSTIEN, a-t-il dit à Allie. » (page 634)

 

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Goethe - Faust, première édition 1790

 

Et Gibreel d’être hanté par des vers qui lui brisent le cœur et auxquels s'ajoute l’appel de sa trompette (molly bloomesque ?) qui l’exhorte à lui souffler dedans :

« Prends-moi ! Ouiouioui : la Trompette. Au diable tout ce fourbi : gonfle les joues et taratata. Allons-y, c’est l’heure de la fête. »

 

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 L'archange Israfil soufflant dans la trompette « nafir » à la fin du monde. De la dynastie mamelouke (XIVème siècle)

 

À nous deux, « Babylondres » !

Dans la rue des prostituées, il sauve douze adolescentes contraintes de faire le trottoir – comme les douze femmes de Mahomet. Il comprend qu’Azraeel est comme son génie d’Aladdin. Et que grâce à lui, à elle plutôt, véritable flûte (ou trompette) enchantée, il va enfin pouvoir faire le bien – hors de la parole mahométane et même contre elle. Il va pouvoir mettre à bas les méchants, maquereaux, malfrats, et réaliser les désirs légitimes des hommes et des femmes. Plein de la gratitude des putains, il devient exterminateur et bienfaiteur.

« Il est l'Archange Gibreel, l'ange de la Récitation, avec, entre ses mains, le pouvoir de la révélation. Il peut entrer dans la poitrine des hommes et des femmes, prendre les désirs au plus profond de leur cœur, et les rendre réels. C'est lui qui satisfait les souhaits, qui assouvit les désirs, qui accomplit les rêves. Il est le génie de la lampe et son maître est le rock. »

« Il porte la trompette à ses lèvres et se met à jouer.

De petits bourgeons de flamme fleurissent sur le béton, alimentés par les monticules d'objets et de rêves jetés. Il y a un petit tas d'envies pourrissantes : il dégage une flamme verte dans la nuit. Les feux ont les couleurs de l'arc-en-ciel et tous n'ont pas besoin d'être entretenus. Gibreel souffle de petites fleurs de feu, de sa trompette et elles dansent sur le béton, n'ayant besoin ni de combustibles ni de racines. Oh, la belle rose ! Et là, qu'est-ce que je mets ? Je sais, une rose argentée. Et maintenant les bourgeons s'épanouissent en buissons et comme des plantes grimpantes escaladent le côté des tours, ils se rejoignent et forment des haies de flammes multicolores. C'est comme si l'on regardait un jardin lumineux qui pousse à une vitesse accélérée des milliers de fois, un jardin bourgeonnant, fleurissant, luxuriant, entremêlés impénétrable, un jardin de chimères enchevêtrées, rivalisant dans son incandescence avec un autre buisson d'épines qui jaillit autour du palais de la belle au bois dormant, dans un autre conte de fées il y a longtemps. »

 

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La Belle au bois dormant (Walt Disney, 1959)

 

Ce faisant, il se rapproche de Saladin, l’Adversaire, qui, contrairement à lui, Gibreel, porte le mal en lui, dans sa nature, son être, sa volonté. Il n’a pas été bouc par hasard. Las ! il semble que cela soient les diables qui souffrent le plus. Ne voilà-t-il pas que Gibreel le retrouve au Shaandaar Café, coincé sous une poutre en flammes et menacé d’être brûlé vif ?

« Que se passe-t-il quand on gagne ? Quand tes ennemis sont à ta merci : comment agir alors ? Le compromis est la tentation des faibles ; c’est l’épreuve des forts. »

Or, Gibreel est devenu un fort comme tous les bons. Saladin est à sa merci. Saladin.... qui, tout mauvais qu'il soit, avait tout de même voulu sauver la famille Soufyan à l'époque où celle-ci l’avait caché quand il était bouc. Le mal n’est donc jamais total et sa victoire jamais absolue.

Gibreel le sent, le sait.

Alors, il range sa trompette, soulève la poutre qui écrase Saladin et le sauve. Le feu se rapproche, les entoure mais Gibreel souffle dessus et celui-ci s’ouvre comme la mer Rouge, leur permettant de passer au dehors.

« Ainsi, dans une nuit ou la ville est en guerre, une nuit lourde de haine et de fureur. Il reste une petite victoire rédemptrice pour l'amour. »

 

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Harry, Hermione et Ron sauvant Drago Malefoy dans Les Reliques de la mort seconde partie (David Yates, 2011) - Extrait 

 

 

VIII - Le partage de la mer d'Arabie

12:09 Écrit par Pierre CORMARY | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : salman rusdhie, versets sataniques, gibreel farishta, saladin chamcha, méphisto, istván szabó, harry potter et les reliques de la mort, leonora miano, azraeel | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer