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  • Lettre au Stalker et à son fidèle Transhumain, ainsi qu'à Alina Reyes, Ornithorynque et Ludovic Maubreuil chez qui tout a commencé...

    (Ce post aurait dû être le cinquante-quatrième commentaire du pugilat qui eut lieu toute la journée de hier sur le blog de Cinématique, mais celui-ci se sentant "déçu et floué" par tant de violence et de vulgarité - le Stalker étant comme d'habitude la cause du désordre- et ayant préféré fermer le fil juste avant que je puisse lui envoyer ma réponse, ce que je comprends tout à fait, je copie-colle celle-ci sur mon blog et invite ceux qui n'ont rien à foutre de nos histoires d'haine et d'amour à passer leur chemin.)

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    Olivier, ami de mon ennemi (pour combien de temps ? je suis sûr que l'on finira tous par boire un verre et que c'est Juan qui les offrira pour se faire pardonner - comme la dernière fois à la Cigale), cher voisin de colonnes que ma puanteur n'a pas encore fait fuir (as-tu lu au moins mon éclairante comparaison entre "Caché" et "A history of violence" dans la Presse Littéraire ? j'attendais tes réactions), vois-tu, le problème avec toi, ce n'est pas que des gens comme OrnithOrynque ou moi aient "tout" lu (je ne sais pas pour lui, mais jamais je ne dirai quelque chose d'aussi prétentieux à mon propos) et que toi n'aies rien lu, c'est qu'en bon lecteur de SF, il te manque, comme à ton gourou d'ailleurs, des repères classiques - évidents pour tout le monde sauf pour vous. Un jour, alors que j'évoquais ma passion pour le cinéma, mêlant amoureusement des gens aussi différents que Vincente Minelli et Ingmar Bergman dans ma déclaration, tu me reprochas vertement de faire allusion à des "critères inconnus de tous"... Mais mon pauvre vieux, c'est toi qui ne les a pas ces critères connus de tous. Quand tu parles de cinéma, on dirait que tu ne connais que les super grands (Bresson, Tarkovski) et que tu ignores "Chantons sous la pluie" ou "Autant en emporte le vent" - tout aussi grands dans leur genre ;  comme Juan quand il parle de Faulkner ou de Bernanos, on dirait qu'il n'a jamais lu ni Marc Twain ni La Fontaine. Du coup, ça donne à vos textes un aspect bizarre - une sorte d'intellectualisme auquel il manque la base. C'est comme si vous connaissiez les meilleurs coups aux échecs....  sans savoir y jouer, ou comme si vous récitiez par coeur des poèmes de Mallarmé ou de Celan... sans savoir lire. Tu vois ce que je veux dire hein Transhumance, mon mouton ? Et c'est cette raison qui fait que vous me trouvez "vulgaire" quand j'ose avouer aimer des oeuvres mineures qui ne sont ni "Le Sacrifice" ni "Absalon" (Dieu sait pourtant que je révère ces deux chefs-d'oeuvres autant que vous, et jusqu'aux larmes), car cela met en danger votre excellence aux pieds d'argiles. Tant pis pour vous, je n'ai pas tous vos complexes culturels -  plus les tiens que Juan d'ailleurs qui tout de même s'y connaît en littérature, mais de manière tellement fétichiste (le mal/ Judas, le mal/ Judas, le mal/Judas, le mal/ Judas, le da/j'eus mal), qu'on dirait qu'hors de ses catégories adorées, plus réductrices qu'il n'y paraît, point de salut.
    Eh Juan, comment peux-tu dire que je snoberais Dante ou Dostoïevski ? C'est bien mal me connaître.  Ils sont ma raison de vivre - seulement moi, contrairement à toi, je ne m'agenouille pas devant eux comme une prostituée sacrée, j'essaye de les comprendre à mon petit niveau, évitant surtout de me trahir au nom d'un grand niveau, j'essaye de les saisir simplement - quitte à les interroger maladroitement -  mais au moins toucher en eux ce qui me touche. Je n'essaye pas de ridiculiser ma petitesse en m'accrochant désespérément à leur grandeur. Dostoïevski est le plus grand parmi les grands sans aucun doute, mais même lui, il ne faut pas trop en faire quand on l'aborde. Ton problème, c'est que tu fais dans l'idolâtrie, le fétichisme. Ton amour sincère pour les livres n'est à la fin qu'une pathologie maladive, nuisible, presque malfaisante. A force de les sacraliser, c'est toi, et rien que toi, qui les souilles. 
    Ainsi ne te remets-tu toujours pas de ma "légèreté" vis-à-vis de Bernanos dont j'ai osé dire dans l'un de mes meilleurs articles qu'il "écrivait mal" ? As-tu lu ce papier en entier au moins (car depuis l'affaire Alina, nous savons désormais que tu ne lis pas ou de travers) ? Oui, en effet, je pense que Bernanos a un côté phraseur ridicule, verbeux illisible (un peu comme toi, ça devrait te faire plaisir non ?), incapable de raconter une histoire, incapable d'écrire une métaphore convenable, et daté, tellement daté. Pour autant, les problèmes qu'il aborde sont si forts qu'il peut changer l'existence de celui qui le lit - moi, en l'occurence : comme je le disais, je lui dois une partie de ma conversion. C'est pour cela que je le qualifie de "génie sans talent". Et cela ne t'interpelle pas ? Tu ne vois pas que ma critique va de pair avec une reconnaissance à vie que j'ai pour lui ? Toi qui passes ton temps à te "brûler" aux textes chrétiens existentialistes, qui lis dix mille fois plus que nous tous, tu n'as pas compris que Bernanos m'avait brûlé ? Et que lorsque j'en dis "du mal", c'est pour stigmatiser après l'immense bien qu'il m'a fait ? Non, toi, tu ne vois pas ça ? Et après tu oses dire que c'est moi qui suis décevant ? Mais, mon misérable Juan, tu es vraiment l'aveugle de l'évangile ! Et tu mérites bien ton statut de "littérateur" qui adule les grands auteurs, tente de se faire transpercer par eux et voit leur flèche tomber toujours à côté. On comprend pourquoi après tu vas te réfugier chez ce con de Léon Bloy, l'écrivain de tous les ratés - bon ok, judéologue averti, j'avoue, et quelques bonne saillies de ci de là. Mais franchement, moi, je préfère Huysmans !
    Ah mon bon Juan, on se sera bien loupé toi et moi. Pour l'instant en tous cas. Sacrée histoire d'amour que la nôtre (rien d'homo là-dedans rassure-toi) ! Tu es vraiment insupportable, pénible, hystérique et sans humour comme une femme, sans finesse aussi, que de la géométrie critique, carré au cube, atroce fils unique qui vit par le culte de sa mère (que je salue au passage puisque tu lui as parlé de moi comme tu me le disais dans une gueulante privée, plus touchante que blessante d'ailleurs - tu es tellement sur la défensive quand tu es devant moi !) et la non-reconnaissance du père  - un adoré mal aimé en somme (tiens, comme moi, sauf que moi, je me soigne), et évidemment anti-psy à mort tant la psy te crucifie ! Et qui essaye par tous les moyens de me brouiller avec Alina en évoquant des choses que j'aurais dites à son sujet et dont je n'ai aucun souvenir (ce dont j'ai souvenir en revanche, c'est le splendide texte pornographique qu'elle avait un jour écrit - et qui est sans doute le plus étonnant, le plus saisissant, et disons-le, le plus horriblement bandant que l'on puisse lire sous la plume d'une française). Alors que toi, il suffit que tu aies un peu bu pour que tu avoues que Dantec, au fond, tu n'aimes pas tant que ça, mais bon il faut bien vivre....

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    Stalker, le jeu vidéo.
    Lien permanent Catégories : Le monde merveilleux de Juan Asensio 45 commentaires 45 commentaires Imprimer