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Apocalypse Parvulesco, L'intégrale


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APOCALYPSE PARVULESCO

 


A Edith Cottrell

 


« Là où croit le péril croit aussi ce qui sauve. » Hölderlin



01 - Nuit à Saint-Philippe du Roule

Nuit d’épouvante. Paysages hantés. Ombre qui parle. « Chose » qui s’avance dans le noir. Petites filles perdues. Chien égaré. Danger imminent. Ravin. Mais là où croit le péril croit aussi ce qui sauve. Sens aux aguets. Ce n’était qu’un rêve médiumnique. Le premier d’une longue série. Désormais, tout le sens de l’univers creuse en soi. Le cosmos fait de l’entrisme. L’Histoire passe dans le quotidien. Et le roman conspirationniste se met  en route. 

Il y a des missions secrètes à accomplir. Des conflagrations planétaires à effectuer. Des Passages à ouvrir. Des femmes fatales à croiser. On est un James Bond de l’occultisme ou on ne l’est pas. Au lecteur d’accepter ce Passage et d’en faire partie.

 « Vais-je pouvoir tout raconter ? Est-ce vraiment la chose à faire ? La peur comme une chemise de feu, la peur comme une chemise de glace. Car j’allais être témoin de quelque chose d’infiniment terrible, éprouvant, je le savais. »

 Tout se passe entre Saint Philippe du Roule et les Buttes-Chaumont. Dans une église, des spectres – et peut-être une femme nue. Vitrail en miette. Noir métaphysique. Ici, les versets servent le complot mystique. Parfois, avouons-le, cela vire un peu DaVinci Code – mais pourquoi s’en priver ? Le boniment fait partie de son art. Léon Bloy et Padre Pio accompagnent Eliphas  Lévi et Julius Evola. C’est qu’il s’agit de vendre la mèche - mais laquelle ? Celle du Grand Monarque qui serait né à Paris le 13 mai 1957 et qui, selon les milieux royalistes, sauverait bientôt la France, l’Europe, le monde ? Celle de la petite fille née deux siècles après la première guerre mondiale mais qui par sa prière aurait, selon Léon Bloy, décidé de la victoire de la Marne - le temps n’existant pas pour Dieu ? Où sont-ils ces témoins de l’invisible ? Ces revenants solaires ? Ces providentialistes d’ailleurs ? Ces mages de la Parousie ? Qu’importe, l’essentiel est de comprendre que la parousie est en soi – et donc en moi :

 « J’ai compris que l’heure venue, le miracle le plus inconcevablement inattendu va devoir se produire, un miracle qui sera lui-même constitué par la somme de certains autres miracles me concernant personnellement et qui, lui, le miracle suprême, sera, en fait, celui du Retour des Grands Temps : le miracle cosmique, de dimensions métagalactiques, abyssales, qui a pour nom Paravrtti, ou le Renversement final. Aussi, en attendant, il ne me reste plus qu’à me répéter au fond de moi, jour et nuit, indéfiniment, ma propre prière du cœur secrète, Jésus-Christ ressuscité des gouffres de la mort, sauve-moi.»

 Au début, on trouve tout cela un peu ridicule. On réagit en moldu ou en orthodoxe psychorigide - car enfin, cette manière de faire de la magie avec le christianisme n’est pas très catholique. Qu’est-ce que c’est que cette façon de réintroduire le mythe dans la Bible qui l’avait précisément aboli ? Non, non, ce Parvulesco est décidément un drôle de bonhomme, un homme dangereux, comme le lui dira Mitterrand lui-même lors d’une improbable rencontre. Pourtant, le charme finit par opérer et après une centaine de pages, toutes aussi loufoques que profondes, on est à deux doigts de croire que ce gros livre orange et jaune fait de nous un élu. Composé lui-même comme un mystère, le texte se présente comme une suite de chiffres qui se suivent ou non, aphorismes, citations,  petits récits intimes, rencontres, rêves, souvenirs, digressions, déjeuners chez Lipp. On ne lit pas tout mais on souligne tout ce qu’on lit.

Surtout les énormités : l’axe Paris-Berlin-Moscou-New Delhi-Tokio contre l’axe arabo-américain, vieille idée « gaulliste » qu’il s’agit de refonder afin que s’accomplisse le grand projet de l’auteur, à savoir la réconciliation de l’église catholique et de le l’église orthodoxe. Rome et Constantinople enfin dans les bras l’une de l’autre. Nouveau règne chrétien qui aura raison, avec ses alliés hindouiste et taoïstes, de tous les ennemis de l’Occident et d’ailleurs du monde que sont  en premier lieu protestants et musulmans, les premiers subventionnant les seconds. Car la guerre entre « la superpuissance impériale océanique américaine » et « la superpuissance impériale continentale eurasiatique » est totale. Le tort de Jean-Paul II aura été de trop faire dans le social, le Tiers-Monde au lieu de s’occuper du destin du nouvel empire eurasiatique à venir et qui, si tout se passe bien, pourrait voir son avènement dans le retour de Sainte Sophie, enfin libérée du joug musulman, remise au centre, et même « à l’avant-garde de l’histoire ». Pour cela, il nous faut activer la révolution catholique, seule digne de ce nom – et ce que Benoît XVI semble avoir compris. Bientôt aura lieu la résurrection philosophique de la Tradition. L’Histoire enfin tantrique.

 Et cet activisme suprahumain se passe en Colchide. Nous, élus, initiés, sorciers, vampires, royalistes, contre-révolutionnaires, alchimistes, lecteurs de la gnose, amateurs du Grand Tout, descendants de Salazar Serpentard ou de Nicolas Flamel, ou simplement doux rêveurs, poètes sans oeuvre, pornocacographes, sommes clandestinement en Colchide – et notre mission est de ramener la Toison d’or dans l’espace profane. Notre mission est de réenchanter le monde qui n’a jamais été aussi triste depuis deux siècles. Sacraliser en un formidable syncrétisme tout le profane. Réouvrir l’espace nuptial de l’occulte et de l’intime. Et comme aurait dit l’autre, réinventer l’amour.

 

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02 - Premiers embrasements

 

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L’amour, c’est Aurora Cornu, la romancière roumaine qui sévit pour l’éternité dans Le Genou de Claire de Eric Rohmer, et, pour ceux qui ont eu le privilège insensé de la rencontrer, la femme la plus fabuleuse, et aussi la plus belle, et la plus tout, de tous les temps. Dès qu’elle apparaît, il ne s’agit plus que de « sortie du temps », d’ « accession mystérieuse à un autre état de la réalité », d’extase d’être « happé par le secret agissant d’un monde supérieur pacifié de l’intérieur, limpide, fait de joie et de gloire », de « transmutation profonde de tout l’être », où l’on devient pour de bon « quelqu’un d’autre, libre, entièrement libéré, dégagé de toute amertume et de toute faiblesse intime, rempli d’un feu ardent, vivant d’une joie infinie, lumineuse, débordant comme une source intarissable, exaltée, toute puissante »,  « dédoublement transcendantal de soi-même » et dans lequel on peut dire en toute conscience que Je est un Autre. Aurora Cornu ou le « rêve de seuil » de Jean Parvulesco – et, si je puis me le permettre, du mien. D’ailleurs, c’est simple je ne lis Parvulesco que pour savoir comment être à la hauteur d'Aurora. Etre à la hauteur une seule fois dans ma vie. Et sans la faire pleurer comme il ose le faire, lui, dans son rêve, espèce de mufle paranormal ! « Le message réverbérationnel relatif au prochain changement ontologique » n’avait vraiment pas besoin de mettre en danger, sous couvert de symbole, la déesse au sourcil blanc, même si l’on comprend son souci d’être sauvé par une femme sacrificielle, parce nous, les hommes, nous avons tous besoin d’être réaccouchés :

 « L’ambivalence véhiculée par ce rêve avec l’apparition tragique d’Aurora en passe de franchir si périlleusement le pont appelé à mettre en question sa propre vie ne laisse d’irradier un secrètement un sens intercessionnel tout à fait terrifiant, en même temps que porteur d’une assurance de salut et de délivrance, de grande libération finale, "aurorale" ».

Qu’à cela ne tienne ! Il s’agit d’aller déjeuner le lendemain avec elle et de discuter de ce rêve qui naturellement trouve écho dans sa vie à elle, sinon dans ses vies antérieures. Dans l'une d'elles, elle se serait pendue, ce qui aurait expliqué son divorce, "incroyable et incompréhensible", quelques siècles plus tard, avec son mari, le romancier Marin Preda. Emulations divinatoires. Echange de bons procédés cartomanciens. Science des impalpables et dont il faut taire à tout prix, exhorte la roumaine bhagavadgītienne, le caractère irrecevable auprès des civils - la réalité spectrale ne se convoquant pas comme ça. « Surtout ne jamais en parler. Jamais, au grand jamais. »

Le comble, c’est que tout cela commence à paraître naturel. La magie de la langue finit par opérer. Ludovic Maubreuil a tout dit là-dessus : « Cette langue qui témoigne d’une absence insensée d’assujettissement aux règles en vigueur, cette langue tout en circonvolutions limpides qui donnent l’impression d’être enfin dans le secret des dieux tout en se perdant aux enfers, cette langue-là est en effet comme une sorte de réaction chimique qui dissout instantanément la compartimentation de la post-littérature, la rend caduque à tout jamais et permet enfin de dépasser son absence d’attaches comme ses ersatz d’audace, pour en rêver immédiatement une autre. » La langue parvulescienne comme créatrice de nouvelles croyances. La langue comme nouvelle croyance. Comme le disait Aurora d’elle-même au début du Genou, avec elle, la flamme, la femme, la foi, tout est possible.

 Tout est possible, même et surtout l’impensable. La révolution colchidienne consistera à abolir la révolution socialiste européenne parce que « le socialisme, c’est le sida en phase terminale de l’histoire actuelle de l’Europe. » Il faut désocialiser l’Europe, c’est-à-dire la déculpabiliser, lui arracher le fouet avec lequel elle se flagelle depuis trop longtemps, quitte à la faire flageller par Marie elle-même, ou par Sainte Sophie, ou par Aurora, soit d’une main qui lui redonnera le goût de la souveraineté, de la gloire et des mystères. Et pour cela relire Gérard de Nerval, Henri Bosco et Jean-Louis Bouquet, le seul auteur fantastique français digne de ce nom et dont les livres peuvent agir sur la France – « la mission secrète d’une certaine littérature française » n’étant ni plus ni moins qu’ « une intervention directe du surnaturel en action. » Outre-mondes, cités de l’ombre, visages de feu, ténèbres opératoires, nous voilà.

 Et surtout ne pas croire que nous aurions manqué le coche. Avec la foi, rien ne se perd, tout se rattrape, tout recommence, tout revient. Dieu pardonne jusqu’à soixante-dix-sept fois, c’est connu. La seconde ou la millième chance, c’est à chaque instant, c’est même la définition de l’instant. Mircea Eliade en avait persuadé Parvulesco : « … seule la deuxième bouteille compte. L’expérience finale, décisive, fondamentale de la libération, c’est retrouver ce qui vous été déjà  donné une première fois et que vous avez perdu. » La Parousie est une histoire d'amour.


 

Un enfant me suivait dans mon rêve cette nuit ;

Apre et frêle, cartable rempli de poèmes

Etrange ce double élan maternel qui me prit

Etait-ce le poète qui va nous suivre quand même ?

 

Enfant mystérieux, si vaillant, si malin

Eveillée, mon coeur en alerte le console,

Tu appelles les coups comme un caillou en chemin ;

Quand tu seras fatigué, souviens-toi de mes paroles ;

 

- Apprends à dormir, mon petit combattant, dépose l'arme

Oublie la gloire, renonce à l'orgueil, rejette en dehors

Les sentiments qui ne sont pas les piliers de ton âme

 

Et ceux qui en restent, entoure-les de ténèbres et dors !

Le sommeil est pour nous le brou amer de noix

Lorsqu'il se défait, les eaux chantent l'émoi.


(La déesse au sourcil blanc)


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03 - Tibet

 

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« En s’emparant du Tibet, la Chine bloque donc, et neutralise, l’ensemble du grand continent eurasiatique, qu’elle interpelle et attaque ainsi dans le secret le plus intérieur de ses œuvres vives, dans sa centralité polaire même, dans son identité polaire à la fois première et ultime. D’où, en même temps, mais dans le sens contraire, l’exigence absolument incontournable qui doit être aussi la nôtre quant à notre propre maintien du contrôle géopolitique du Tibet.

Car, encore une fois, c’est le Tibet qui constitue le centre polaire de l’espace impérial grand- continental eurasiatique dont nous sommes à présent appelés à instruire les destinées en marche au double niveau politico-historique et supratemporel, transcendantal. Aussi n’accepterons-nous jamais, et quels qu’en puissent être les conséquences et les risques conflagrationnels immédiats ou plus lointains, que le Tibet reste sous l’influence anti-impériale de la Chine qui, à l’intérieur de l’espace impérial grand-continental eurasiatique, constitue la part des ténèbres et du néant, le contre-poids géopolitique négatif de tout ce que nous ne sommes pas et ne voulons jamais être.

Face à notre actuelle décision révolutionnaire impériale, la Chine représente, ontologiquement, l’Anti-Empire, l’ombre portée par notre propre projet en marche d’un empire eurasiatique de la fin. La bataille finale de l’être et du non-être, c’est au Tibet qu’elle devra avoir lieu et qu’elle continue à livrer eschatologiquement sa plein mesure secrète. Aujourd’hui, et jusqu’à la fin, c’est au Tibet que se situe la première ligne du front invisible le long duquel l’être et le non-être se livreront décisivement bataille, la grande bataille de la fin. 

C’est le Tibet qui constitue le pôle géopolitique occulte, fondationnel, suractivé et suractivant de l’espace impérial suprahistorique du grand continent eurasiatique. Sa liberation de la mainmise subversive chinoise représente pour nous un devoir de destin, le devoir même de notre destin total. »

Alliance et syncrétisme, donc. Catholicisme et bouddhisme – deux chemins de l’être. Et que Heidegger n’a hélas jamais connu.

 

Tintin au Tibet.jpg

 

04 & 05 - Hantises

 

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4 – Eclipses. Incestes. Attractions impies. Urbanités toxiques et attirantes, comme l’avenue George Mandel ou les maisons du 12 et du 12 bis de la rue Oswalo-Cruz dans le XVIème aux lourdes puissances numérologiques. Etait-ce la demeure de Joseph Abécassis,  « abbé Cassis de Clichy », ce sodomite et voleur venu du Caire et convaincu d’avoir fait partie d’une « nébuleuse activiste de signe noir » ayant largement participée « à la mise en place des événements catastrophiques de mai 68 » ? En vérité, les signes sont partout dans la capitale. « Paris, pour qui est habilité à voir dans les profondeurs, n’est-il pas en fait une vaste forêt de Brocéliande ? » Il faut continuer à errer, décrypter, percer, sacraliser, exorciser – et toujours fuir le non-être (à commencer par cette Roumanie kolkhozienne dont Parvulesco, Ionesco, Eliade, Cioran, Aurora Cornu s’évadèrent un jour) et toujours  rejoindre l’être.

L’être qui nous suit, à l’instar du Christ, comme une ombre. « Offrez-vous à Dieu comme des vivants revenus de la mort », écrivait Paul aux Romains (VI – 13). La Colchide est ce territoire clandestin de l’être. N’ayons pas peur d’y faire un feu de joie dans lequel brûlera la démocratie, cette invention des Lumières d’en bas, qui depuis cinq siècles constitue « le renversement ontologique de l’ordre divin venu d’En Haut par l’anti-ordre satanique émergé des profondeurs de la sous-histoire, de la multitude indifférenciée, spectrale, des foules dépourvues de toute vie propre, de morts-vivants, anti-ordre censé remplacer l’Unité nuptiale, la centralité impériale agissante et revivifiante du Regnum Sanctum. »

Alors c’est vrai qu’à un certain moment l’on se dit que Parvulesco aurait pu figurer en bonne place dans Le XIXème siècle à travers les âges de Philippe Muray. Outre que l’usage du « Regnum Sanctum » peut inquiéter tant cette expression latine appartient à l’univers sataniste, celui que l’auteur veut justement combattre, son intérêt pour l’occultisme, s’il a une indéniable dimension poétique et littéraire, laisse perplexe pour qui se soucie un peu d’orthodoxie. Et si le plaisir de lire Parvulesco s’intensifie au fur et à mesure que l’on avance dans son grimoire, l’on sourit en même temps à certaines de ses merveilleuses affabulations. A l’ « OCSOC » (occultisme-socialisme) stigmatisé par Muray, le « colchidisme » parvulescien ne substitue-t-il pas finalement une sorte de « OCCAT » (occultisme-catholicisme) ?

Il ne faut jamais se lasser de le dire : le génie du judéochristianisme réside dans l’abolition du mythe. Avec le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, on ne fait plus commerce  plus avec le divin. On ne « calcule » pas avec le Christ. Or, l’occultisme, qu’il vienne de gauche ou de droite, relève toujours du calcul, du commerce, de la vénalité proposée à l’invisible – une sorte de transaction du salut ou un échange de bons procédés dans le pire : "je te sacrifie un agneau et tu me tues ce con, ou tu me fais gagner au loto, ou tu me fais baiser avec cette femme."  Il ne faut pas se leurrer, l'ésotérisme n'a jamais été rien d'autre qu'une affaire de cul. Et Parvulesco se trompe encore quand il écrit que Jean-Paul II a ouvert « les portes de l’ésotérisme » quand ce dernier ouvrit en effet la porte sainte de la basilique Sainte-Marie Majeure lors du Jubilé, le premier janvier 2000. En vérité, L’ésotérisme est moins une exégèse d’happy few qu’un marché du salut, marché forcément souterrain où les « initiés » ne sont rien d’autre que des traders en théologie, s’entendant à merveille dans leurs échanges miséricordieux dont le salut de l’âme dépend d’un CAC 40 cosmico-johannique. On est initié à la gnose comme on est initié à la Bourse.

Mais tant pis, l’erreur est intéressante. Et s’il est opportun qu’il y ait des hérésies, il l’est encore plus quand celles-ci apparaissent comme telles, de manière aussi transparente. En Parvulesco cohabitent un sorcier qui flirte avec la magie noire et un poète qui vend la mèche. Tel Merlin, fils du diable élevé par une chrétienne, il met le mal au service du bien. Quelle meilleure punition pour le mal ? C’est ce qu’on appelle jouer un bon tour au diable.


 

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5 – Quoique la suprême astuce du diable soit non seulement de faire croire qu’il n’existe pas, comme chacun sait, mais bien pire, de faire croire que le Christ sera bientôt là. Un Christ virtuel. Un Faux Prophète. Et qui agit déjà dans le monde, assurant « le couronnement apocalyptique de l’actuelle conspiration menée par les Etats-Unis et parce ce qui se tient derrière eux. Derrière la nativité du Christ virtuel, l’Antéchrist. Tel serait donc le secret de la virtualisation intensive du monde que poursuit le noyau central de la grande subversion satanique, installé au cœur du pouvoir mondialiste en expansion permanente. Le règne des ténèbres est là. » Et c’est à ce moment-là qu’on a envie de faire « brrrr…. »

 

06 - Bilocation

 

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Des araignées rouge et noir ultra venimeuses qu’on croyait disparues depuis des milliers d’année et qui grouillent sous le château de Windsor, la résidence de « Queen Mum », la reine mère centenaire – signe que la Monarchie anglaise devra expier un jour son crime de la destitution forcée d’Edward VIII en 1936, la Veuve noire n’étant pas le symbole du non-être ?

Des coïncidences hallucinantes entre Abraham Lincoln et John Kennedy : tous deux élus au Congrés en 46, puis élus Présidents en 60 ; tous deux assassinés un vendredi, tout deux atteints à la tête ; tout deux portant un nom contenant sept lettres ; tous deux ayant été assassinés par un homme du sud puis ayant eu comme successeur un autre homme du sud appelé Johnson, les deux Johnson étant nés en 08 ; tous deux ayant été tués par un assassin né en 39, chaque assassin ayant porté trois noms se composant de quinze lettres : John Wilkes Booth, Lee Harvey Oswald. Et beaucoup mieux : Lincoln avait un secrétaire du nom de Kennedy et Kennedy un secrétaire du nom de Lincoln, et une semaine avant leur mort respective, Lincoln se trouvait à Monroe et Kennedy était avec… Marylin Monroe.

« Qu’ils sont redoutables les frémissements des feuilles de l’Arbre à Symboles, dont les chuchotements séphirotiques interpellent parfois jusqu’aux moelles les plus cachées de la marche des choses ! »

Des retrouvailles d’outre-mort comme celle que fit Parvulesco un bel après-midi d’été dans le bus qui traverse la place de l’Etoile avec une jeune femme à la beauté à couper le souffle et qui se révèle être sa propre tante, Florence Comnène dont, enfant, il était fou amoureux et qu’il avait même essayé un jour de séduire en dansant devant elle un tango avec son frère. Les bambins avaient dix ans à tous les deux et elle, la princesse de son enfance, à peu près vingt. Connut-il ce jour-là dans le bus le genre d’expérience chère à Aurora Cornu, une bilocation d’autant plus troublante que la femme aimée réapparaissait dans un temps différent du sien, et que, moi qui me moquais comme un con un peu plus haut des fantasmagories parvulesciennes, je ne peux que comprendre celle-ci, ayant vécu cet été ma propre expérience de bilocation, ma propre rencontre avec Aurora Cornu, rue Cognacq-Jay que je traversais ce soir-là après ma nocturne à Orsay et parce que je savais qu’elle y avait vécu, et que peut-être elle y vivait encore, et que je croisais une femme brune, aux sourcils forts, et qui n’était autre qu’Aurora elle-même, mais Aurora à trente ans, habillée et coiffée comme dans Le genou de Claire, comme si Le genou de Claire continuait en moi, ou comme si elle m’envoyait un signe, une première rencontre purement spectrale, elle sur qui j’avais cristallisé deux ans auparavant, à laquelle j’avais consacré un post délirant et amoureux, à qui j’avais personnellement écrit, et qui avait fini par me répondre, et même par m’appeler, me mettant en extase pour le reste de ma vie, acceptant même de prendre un premier verre avec moi le 15 octobre 2012, entrant dans mon champ de vision ce jour-là à 14 h 50 comme nulle autre personne ne le fit, accueillant avec amusement et attention, je crois, mes simagrées de clown pathétique, me faisant d’ailleurs immédiatement lui promettre, et si je voulais la revoir, que je devrais cesser là toute autoflagellation, ne plus jamais dire "clown pathétique", parce que le dénigrement de soi est un orgueil satanique, Aurora Cornu donc, mon icône devenue ma camarade, mais que j’avais déjà rencontré en 1970… le 23 août dernier. Comment ne pourrais-je pas être parvulescien ? Et pourtant, je ne pense pas que l’Histoire passe par moi ni que la centrale d’Orsay soit si polaire que ça.  Mais que m’importe puisque mon histoire à moi passe désormais par Aurora ? J'ai ma part de Toison d’or.


C'est une femme étrange aux traits taillés en marbre

Aux mains d'or, des yeux solennels comme la mer

Les sourcils arqués respirant un charme pour

Dont l'un est noir et l'autre comme le sel ;


Un air romantique et dur également,

Si naturel que nul ne s'en approche

Le poète seulement à son rayon se charge

Comme à l'uranimum, massif


Son sourcil cendré évoque des images

Des flammes, des guillotines et des morts de soldats

Le désordre se brise sur sa peau de pierre

 Et glisse vaincu comme un vêtement


Regardez, il est lisible encore cet instant

Où dans le silence de la pierre et des fers

S'ouvrit dans la pâleur son sourcil ailé

Par lequel les orages ont cherché une issue.


(La déesse au sourcil blanc)

 

Aurora Cornu en noir.jpg

 

06 bis - Regnum Sanctum (France / Eurasie)

 

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« Les puissances occultes au service du mystère d’iniquité savent que, par prédestination divine, préontologique, c’est à la France que revient le devoir suprêmement royal de renverser, à la fin des temps ("à la fin de ces temps") le sens de l’histoire – en fait, le sens de l’antihistoire en cours – pour ramener les choses à leurs ordinations antérieures, archaïques, originelles, rétablir l’ordre de l’être et par cela même faire que s’évanouisse l’anti-ordre du non-être au pouvoir depuis les commencements de l’actuel grand cycle suprahistorique final du Kali-Yuga, de l’âge des ténèbres. Ces puissances ont donc fait abattre la France pour empêcher qu’elle n’accomplisse son ministère eschatologique propre, sa mission transcendantale de salut et de délivrance finale devant se répercuter, dans l’histoire, à travers l’avènement du Regnum Sanctum. 

Cependant, ce faisant, les puissances au service du mystère d’iniquité n’ont réussi qu’à donner aveuglement dans le piège qui leur avait été dialectiquement tendu, depuis les débuts, par la Divine Providence en action : car ce n’est qu’une fois abattue, réduite au néant, que la France devait pouvoir accéder au noyau suprême de son identité suprahistorique ultime, à son être eschatologique d’éveil et de surpuissance révolutionnaire finale, lui permettant le rétablissement apocalyptique de la dernière heure, le Grand Renversement final, ce qui constitue le but même de sa propre prédestination abyssale, préontologique, conspirative et révolutionnaire au niveau cosmique. (…)

Ainsi c’est bien le tragique super-paroxysme même de son autodestitution finale, de sa déchéance apparemment irrémédiable, qui constitue l’assurance, et par cela même qui annonce l’imminence certaine de son redressement révolutionnaire, aussi mytérieusement soudain que politiquement encore inconcevable dans l’état actuel des choses, l’heure du Grand Renversement final devant coïncider avec l’heure du dernier degré de son abaissement, au-delà duquel il ne saurait vraiment plus y avoir de redressement. C’est au bord de l’abîme et, en se sauvant elle-même, qui fera que tout soit sauvé, « comme par enchantement ». Rien ne saura s’opposer au feu ardent et dévorant qui viendra à la fois de l’intérieur et d’en haut de notre attente hallucinée, pour foudroyer le vide qui s’est fait au cœur du monde et en nous-mêmes.

Nous en sommes là. C’est donc bien de l’intérieur qu’il faudra briser l’encerclement de dépravation aliénante qui enserre aujourd’hui la France. Un feu absolument nouveau devra s’y lever qui, soudain, embrasera tout, un feu nouveau qui sera une immaculée conception vive. Et c’est là que le groupe conspirationnel souterrain des veilleurs clandestins d’une certaine France secrète devra agir pour mener à bout sa mission, dans les ténèbres qui se trouvent dissimulés au cœur même de la situation actuelle de la France, clandestins jusque dans la clandestinité elle-même, inexistants.  Ainsi le pouvoir, le vrai pouvoir, le pouvoir qui s’apprête à se lever à l’horizon final de ce monde, appartient-il déjà aux inexistants, à ceux qui ne sont plus tout en n’étant pas encore, mais qui dans l’entre-deux affirment révolutionnairement leur présence, dogmatiquement, dans les souterrains subversifs de l’être en train de se réveiller. »

 

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 « La somme des problèmes politiques concernant la plus grande Europe converge aujourd’hui sur la France, qui détient secrètement la clef de l’ensemble : c’est le redressement révolutionnaire total de la France qui commande – lui seul, exclusivement – la mise en chantier politico-historique du processus de l’intégration fédérale du futur Empire eurasiatique de la Fin. Tout est là. Malgré l’exceptionnelle volonté visionnaire de Vladimir Poutine, la Russie seule ne peut absolument pas assumer la mise en marche du processus impérial grand-continental européen, dont la centrale polaire exécutive de l’axe franco-allemand est le double projet de base : le projet de l’axe Paris-Berlin- Moscou et le projet Grande Sibérie qui se propose de mobiliser l’ensemble du grand continent eurasiatique autour de l’exploitation commune de la Sibérie russe.

Les relevailles de la France passent cependant par l’exigence de l’apparition d’un nouveau grand chef charismatique français, l’homme providentiel, et le concept absolu de la nouvelle histoire française de l’Europe, histoire qui sera celle de l’achèvement impérial final de l’unité européenne grand-continentale eurasiatique. Or l’apparition de ce chef charismatique français de haute prédestination, de stature suprahistorique, ne saurait  pourtant se faire que dans les termes d’un avènement providentiel, totalement imprévu et totalement irrationnel, donc miraculeux. Car seule l’intervention directe, miraculeuse, de l’autre monde peut encore sauver ce qui doit l’être, ce qui ne peut pas ne pas être sauvé. »

« En ce qui me concerne, seule une intervention totalement miraculeuse en provenance directe de l’autre monde saurait encore redresser la courbe descendante, arrivée à présent à son terme, qu’a subi le cours de mon existence, et qui aboutit actuellement à une impasse, à un  blocage absolument indépassables dans les conditions qui les régissent, convergeant vers le goulot d’étranglement de la catastrophe finale. Il me reste quelques jours à peine pour résoudre ce problème, pour arrêter et renverser le cours de l’histoire du monde, de plus en plus vertigineusement happée en avant par la terrifiante conclusion d’un échec de dimensions cosmiques, d’une fatalité de ténèbres et de chaos post-finales. Ainsi ne me reste-t-il plus que ce mois de juillet et, peut-être, en toutes dernières limites, le mois d’août prochain : ensuite, ce sera, abruptement, la culbute.

Pendant ce temps-là, absolument aucune possibilité objective de salut. Ce sera l’intervention directe de l’outre-monde, ou la fin ignominieuse d’un parcours existentiel ignominieux, tout à fait ignominieux. Quoiqu’il en soit, je fonde mon dernier espoir sur le raisonnement suivant : si, pendant une soixantaine d’années, les puissances supérieures se sont occultement acharnées à faire de moi ce que je suis à l’heure actuelle, il serait – il est – chose inconcevable que l’on ait pu tant investir dans mon horrible formation. Je fais partie de ces horribles travailleurs dont parlait Arthur Rimbaud – et dans mon secret mûrissement philosophale pour admettre à la fin que tout cela puisse aboutir à un échec, à l’épouvantable arrêt d’un non-passage final. Car je ne peux pas ne pas reconnaître avoir compris que mon cheminement n’a pas un seul instant cessé d’être, dans le visible et dans l’invisible, l’œuvre privilégiée des puissances supérieures engagées, en ce qui me concerne, dans un travail de longue, de très longue haleine. Qui, aujourd’hui, arrive à son terme. (…) D’ailleurs, la raison d’être du présent livre, Un retour en Colchide, n’est-elle pas de rendre compte de la conclusion finale de mon cheminement ? Ou, plutôt, du cheminement de quelqu’un d’autre, que je ne connais déjà plus et qui ne me connaît pas. Qui est-il vraiment, celui qui parle et qui ne parle pas ici ? (…) Mais cela ne suffit pas, car tant que le passage n’aura pas été fait, rien n’aura été fait : le passage lui-même, le saut par-dessus le dernier abîme, par-dessus le tout dernier interdit. Car tout se tient en effet dans les marges théurgiques et sanctifiantes du mystère du tout dernier interdit, qui est le mystère même de la transmutation intérieure de l’existence, réadmise à séjourner entièrement dans l’être, le passage du Dasein au Sein. »

 

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07 & 08 - Révolution(s)

 

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7 – Passage du Dasein au Sein. Des ténèbres à la lumière. Du communisme au monde libre (il faut vraiment être une racaille d’extrême gauche pour comparer le kolkhoze au marché), ((il faut être vraiment d'une candeur criminelle sans nom pour s'étonner que les rescapés de l'Est ne soient généralement pas d'extrême gauche ; c'est qu'ils l'ont senti passer l'extrême gauche, chez eux - "encore aujourd'hui, je tremble quand je n'ai plus mes papiers sur moi, même à Paris, dans ma rue, même dans mon appartement", m'expliquait Fanoutza.)). Passage du Rideau de fer. Passage du Danube à la nage comme le fit lui-même Parvulesco en 1949. Ouverture du septième sceau. Temps de l’attente. La fameuse demi-heure de gestation apocalyptique :

« Et lorsque l’Agneau ouvrit le septième sceau, il se fit un silence dans le ciel, environ une demi-heure. »

Ce qui se passe en moi se passe dans le cosmos – ou l’inverse. Le moi, réceptacle de l’univers. Le moi, mémoire génétique de l’humanité. Le moi, à la fois régressif et visionnaire, anale et divinatoire, infrahistorique et supratemporel. Le moi qu’il faut expérimenter comme un rituel dogon. Amma, Yurugu, Sirius, à moi ! Remise en place des recherches originaires. Remise en place de cette cérémonie dite des « jumeaux », des jumelles plutôt, sorte d’incantation régressive destinée à retrouver les origines pré-humaines de l’humanité – et qui, on est en devoir de le dire, avait déjà « inspiré » les travaux sur la gémellitude du docteur Mengele à Auschwitz. Alors, les « Règnes intérieurs », les « reptiles et les insectes intelligents », les « Grands Transparents », certes, mais jusqu’où ? Jusqu’où peut-on suivre ce que le colchidien présente ni plus ni moins comme une « réactualisation du rituel dogon à envisager opérativement, à des fins directement en relation avec nos propres combats secrets actuels » ? Est-on en poésie ? En politique ? En magie blanche ? Noire ? Le fascisme mystique de la Tradition, c’était déjà l’erreur d’ Heidegger. Utopie d’un nazisme « gentil », d’un nazisme sans antisémitisme ni Shoah, d’un nazisme purement présocratique, « druidique », « elfique », où la seule conquête serait celle du Graal (ou de l’Arche perdue).

Arthur ou Hitler : les deux aboutissements du paganisme. Chat noir & chat blanc.

 Avalon ou Auschwitz : les deux chemins qui ne mènent nulle part ou trop loin de la pensée magique, essentialiste, traditionnelle. Au moins, la première est poétique et inoffensive, quoique tout aussi fantasmagorique – un néant à la poudre de Perlinpinpin, comme l’est dans une certaine mesure la pensée de Heidegger. On voudrait y croire. Le Graal. Les Reliques de la mort. On se fourvoie, ou on s'amuse. La seule croyance sérieuse et légitime est romaine, constantinoplienne - ou shintoïste. La seule ontologie valable est eucharistique – non « présocratique ». Pour Parvulesco, si Heidegger avait connu le Christ, il aurait connu l’être. Hélas, l'imbécile a cru à l'aryen. A cru qu'il aurait pu être le druide des belles brutes blondes et qu'il aurait pu les "guider".

 De toutes façons, comment croire à la meute ? Comment approuver la Révolution ? Cette bande de casseurs, d'émeutiers, de bourreaux sans cervelles, de violeurs revanchards ? "Ces masses dégénérées et infrahumaines" dont Eric Rohmer a montré le vrai visage dans son film numérique, donc kabbalistique, L'Anglaise et le duc, sorti en 2001 ?

 

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(cliquer sur l'image pour voir la Révolution)

 

Qui était Lucy Russel, l’actrice incarnant "médiumniquement" Grace Elliot et dont "la chair vivante et rayonnante doit comporter un sens opérationnel précis" - et la femme que j’aurais pu aimer si Aurora n'avait déjà pas tout pris ?  Jamais je ne pourrais aller plus loin dans mon univers et dans celui de quiconque. Elle est le fil rouge de ces posts et je lui rends grâce à chaque ligne.

« Eh bien dis-donc, je crois qu'entre toi et Jean, je suis la plus sage. - Mais justement, Aurora, j'ai foutrement besoin d'être assagi et lui aussi en avait besoin, c'est pour ça qu'il vous a aimé, j'en suis sûr. - Pieeeerre, tu arrêêêtes des fois, non ? »

8 – Face à la montée de la marée noire, des ténèbres, du non-être - et de l’islam (subventionné par les Etats-Unis en Occident et par la Chine en Asie), l’opposition souterraine de l’esprit, des forces invisibles, des clandestins – et de Poutine dont le projet secret et grandiose consiste à redonner la gloire à l’Occident et pour commencer en libérant la cathédrale de Sainte-Sophie du joug ottoman. Il faut regagner en intensité occulte ce que l’on perd en dépossession mythique. Il faut mener la guerre spirituelle totale à la guerre contre la guerre satanique, celle que les islamistes appellent malencontreusement le « Jihâd ». Il faut que le Jihâd change de camp et de cœur. Il faut faire jouer la Parousie et le Paravrtti contre le bouc américano-sino-arabe. Il faut que l’Eucharistie nourrisse le cosmos. Et c’est ce qu’a compris Benoît XVI en opérant une surévaluation dogmatique du mystère de l’Eucharistie, mystère qui sauvera l’homme de l’homme. La véritable révolution.

 

 

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9 & 10 - Aurora consurgens (tantrisme et catholicisme)

 

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9 - L'Aigle à trois tête

Qui a dit que la grandeur de l'Eglise était de nous donner la possibilité d'éviter la honte d'être de son temps ? Tout ce qui vient du Vatican est bouffée d'air frais, contre-réforme, réverbération. Bien plus que ne l'avait fait Jean-Paul II, Benoît XVI fait irradier la puissance métaphysique de la bonne nouvelle. C'est que Benoît XVI, parce qu'il est un grand théologien et un grand professeur, et peut-être parce qu'il est aussi un Allemand, n'a pas peur de prendre des coups. Jean-Paul était une pop-star. Benoît est punk. Et il mènera à bien le grand projet de la « nouvelle évangélisation de l’Europe », à l’origine celui de Jean-Paul II, mais qui avait été torpillée par la conspiration des évêques de l’époque contre lui - "un des plus épouvantables mystères des temps présents". Après tout, ne fait-on pas tout pour se débarrasser de ces papes encombrants depuis trente ans ? Soit par la tentative d'assassinat, soit par l'assassinat médiatique ? Dans les deux cas, ils en ont réchappé. Jean-Paul était un saint surhomme, Benoît est un saint génie. Comme j'avais vu le premier d'abord à Reims en 1997 avec la chère Frigide Barjo (atrocement calomniée par les racailles de Mediapart ces derniers temps), puis "seul" aux JMJ de 1998 à Paris (rencontre au Champ de Mars, puis veillée pascale et messe le lendemain à Longchamp - l'une des plus belles choses vécues dans ma vie), j'étais allé en 2008 à la rencontre du second aux Invalides avec Sandrine M. Au charisme baroque du premier, la chaleur ardente et concentrée du second. D'un opéra à un quatuor.

Oui, il faut refaire un nouvel occident chrétien. De Gaulle en rêvait déjà avec son axe Paris-Berlin-Moscou. Le communisme finirait bien par tomber (encore la demi-heure de silence dans l’Apocalypse), le tsarisme ou une forme de tsarisme finirait bien par revenir et l’on pourrait réconcilier les églises catholiques et orthodoxe et refonder un Saint Empire Européen – un « Aigle à trois têtes » constitué du catholicisme, de l’orthodoxie et d’une troisième religion impériale, peut-être hindouiste ou shintoïste. 

 Car il faut compter sur « le grand avenir catholique de l’Inde et du Japon, quelque chose comme un mystérieux "recommencement asiatique du catholicisme" », selon saint Maximilien Kolbe. Et une amitié typiquement féminine entre Amaterasu et Marie.

 

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 10 - Tantrisme

Réintégrer les traditionnalistes ET encourager le syncrétisme entre catholicisme et orthoxie, sinon avec le shintoïsme, c'est là la grande mission vaticane du moment (du siècle) à laquelle Parvulesco participe de toute son âme, et qui s'appelle, comme par hasard, la mission « Aurora Consurgens » et qui devrait voir périr le diable.

 Pour l'heure, il s'agit de relire « La fulgurante encyclique de Benoît XVI, Deus caritas est » où pour la première fois dans l’histoire de l’Eglise, l’Amour est placé au centre de la Charité. L’Amour, feu vivant de la charité, moelle ou souffle de la charité – mais au sens tantrique. C’est l’Amour de Dieu pour Marie qui fait que le monde est possible. C’est l’Amour de Dieu pour Marie qui fait que le monde est. Benoît XVI ou l’invention d’un tantrisme catholique.

Il faut relire Benoît, sa référence au Paradis de Dante, et son rappel que même en Dieu, surtout en Dieu, l'Agapé vient de l'Eros. C'est là l'incroyable nouveauté du christianisme, "qui dépasse toute recherche humaine - la nouveauté d'un amour qui a poussé Dieu à assumer un visage humain, et même, avec sa chair et son sang, tout l'être humain. L'EROS DE DIEU n'est pas seulement une force cosmique primordiale ; c'est un amour qui a créé l'homme et qui se penche vers lui, comme le bon Samaritain s'est penché sur l'homme blessé et dépouillé gisant au bord de la route qui descendait de Jérusalem à Jéricho." Ainsi, et contrairement à tout ce que disent les imbéciles, le pape montre "l'humanité de la foi, dont fait partie l'éros - le "oui" de l'homme à sa corporéité créée par Dieu, un "oui" qui dans le mariage indissoluble entre l'homme et la femme trouve sa forme enracinée dans la création. Et c'est là que L'EROS SE TRANSFORME EN AGAPE - quand l'amour ne se recherche plus lui-même mais devient souci de l'autre, disposition à se sacrifier pour lui et ouverture au don d'une nouvelle vie humaine." (Benoît XVI, Dieu est amour, Ecole Cathédrale - parole et silence, p 96 & 97)

 
Même les homosexuels devraient être d'accord, c'est dire la véracité du truc.

 

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11 & 12 - Sables mouvants & Hodie cras

 

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 11 – Sables mouvants.

« Les quatre grandes erreurs fondamentales du nazisme :

-          L’inconcevable imbécillité criminelle de la shoah.

-          Le mépris paranoïaque de toutes les nations slaves, et de la Russie en premier lieu. 

-          L’hostilité à l’égard de l’Eglise catholique, dont la partie la plus ardente eût dû constituer le substrat eucharistique de la grande révolution continentale européenne que menait le III ème Reich. 

-           Ne pas avoir su reconnaître et encore moins utiliser, sur son front de combat intérieur, des penseurs de la taille d’un Martin Heidegger, ou de Karl Haushofer (…) et avoir préféré à leur place les services d’un crétin subalterne comme Alfred Rosenberg et tous les débiles de la même classe d’indigence mentale. 

Derrière ces terribles erreurs – derrière ces malédictions indélébiles – il y eut cependant une partie incomparable de grandeur réalisée, de surpuissance visionnaire et d’engagement irrationnel, abyssal, d’exploitation symbolique, révolutionnaire, de l’histoire européenne en marche, une part qui ne lui sera jamais enlevée. »
 

 

 

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 « 

 

-          Mais en définitive, qui êtes-vous, Jean Parvulesco ? Qui êtes-vous, et qu’est-ce que vous êtes en train de vouloir faire ? Quels sont vos buts ultimes ?

-          Je suis un agent secret du Christ. Un agent secret de Jésus. Ce que j’entends faire, c’est ouvrir les chemins du Regnum Christi dont l’avènement, désormais, n’est plus tellement lointain ; dont il se pourrait même qu’il fut, en quelque sorte, imminent. Vous voyez, j’ose le dire.

-          Est-ce possible ? Comment pouvez-vous un seul instant que l’hindouisme, que le bouddhisme, que l’islamisme pourraient accepter la conception catholique de la personne humaine ? Pour toutes ces religions – pour toutes ces civilisations – la personne humaine n’existe pas, ne possède aucune espèce d’importance, car seule compte pour elles le" tout cosmique"

.-          Elle finiront par y venir, ces religions du" tout cosmique". Déjà saint Maximilien Kolbe avait réussi à installer au Japon, à Nagasaki – à Nagasaki, justement – une communauté catholique extrêmement importante, de plus en plus active, dont seule la guerre a arrêté le développement. Souvenez-vous qu’il a eu la grâce de voir en avant les noces finales de l’hindouisme et du catholicisme. La visite en Inde de Jean-Paul II a constitué – confidentiellement peut-être, mais très certainement – un immense pas en avant quand une jeune prêtresse hindoue lui a tracé le" signe rouge", le "trident"sur le front. J’ai gardé une photo du moment extraordinairement significatif où cette jeune femme a marqué au fer rouge le front de Jean-Paul II, et je ne cesse de la regarder.

-          Mais, ainsi que l’on n’a pas cessé de me le répéter de tous les côtés, est-ce vrai que vous seriez d’extrême droite ?

-          Moi, d’extrême droite ? Ah, la sordide blague ! Non, je ne suis pas et n’ai jamais été d’extrême droite. Je suis, et j’ai toujours été, de l’extrême droite de l’extrême droite… Car je tiens à me situer moi-même et c’est là qu’est vraiment ma place…

-          Bon, maintenant, je crois avoir compris… Je ne vous cache pas que cela me dérange, pour moi-même et pour Le Grand Souffle.

-          Ah ! Que non ! En réalité, vous n’avez pas, vous ne pouvez avoir compris rien du tout, parce que l’heure n’est pas encore venue pour cela… Mais je vous le dis : ma parole est la dernière de ce monde, et par cela même la parole nouvelle aussi, la parole absolument nouvelle, la toute première parole nouvelle. Ou, si l’on veut, l’outre-parole  venir… »

 

(Discussion, un jour, avec Cyril Loriot et non avec Alain Santacreu, comme j'ai d'abord cru m'en souvenir.)


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12 – Hodie Cras

« Les résonances hyperboréennes de la musique de Mozart ». Parvulesco aux Putes. Jacques Villeret, homme battu par sa femme. Un film sur Hitler dans lequel Parvu jouerait Himmler et qui s'intitulerait "Berlin" -  le plus grand projet du producteur Jean-Pierre Rassam qui n’a jamais vu le jour. Et toujours la Sainte-Sophie à libérer, afin que « Le troisième Règne » arrive enfin. « Nous autres, hodie cras, nous sommes tous des illégalistes du Saint-Esprit. »

 [Selon Prosper Ève Expédit était sur le point de se convertir au christianisme, quand le diable, prenant la forme d’un corbeau, arriva en criant : Cras ! Cras ! Cras ! Cras en latin signifie « demain ». Ne voulant pas retarder sa conversion, Expédit l’écrasa en criant à son tour : Hodie ! Hodie ! Hodie ! (« aujourd'hui ! »). Expédit est donc souvent représenté portant la palme du martyre, avec le corbeau, et les inscriptions Cras et Hodie. WIKIPEDIA]

Enfin, les snuff movies qu’un couple de bourgeois protestants projette, deux vendredis par mois, dans leur appartement du boulevard Malesherbe lors de soirées "vidéodrome".


13 - Fanny de Mareuil

 

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(668) Trouver les femmes qui toucheront les bons nerfs. Jean-Louis N. a trouvé la sienne en la personne vénérable de « Fanny de Mareuil », une femme qui pourrait être sa mère et qui est l’aboutissement de sa vie amoureuse fantasmagorique. Dès la vingtaine, il lorgnait d’un œil ardent sur les belles personnes de cinquante, soixante et même soixant-dix ans, autant de grâces immortelles d’où il aurait pu  être issu, et qui lui procurait des « des satisfactions plénières, absolument exaltées, gratifiantes ». Est-ce parce qu'il connut le bonheur d'être dépucelé un beau jour d’inceste sacré avec sa grand-tante maternelle, « célèbre et aventureuse beauté parisienne des années soixante » et qui aurait pu être Marie-Laure de Noailles, descendante du Marquis de Sade comme lui aurait pu être François-Marie Banier ? Sans doute devait-il être depuis le début, avant même de connaître l’amour dans les bras d’une femme qui l’avait sans doute, quelques années auparavant, biberonné, fessé et torché, à la recherche d’un état pré-humain, originaire ou de son propre temps de l’Avent. Comme si la régression absolue touchait quelque chose relevant de l’immortalité. Coucher avec une vieille, c’est en effet vouloir vivre non pas après sa mort mais avant sa naissance – c’est vouloir être Dieu. Et c’est ce dont Jean-Louis N. devait se douter à « s’agiter vainement  sur le ventre flasqued’une déesse déchue », devenant à son tour l’ « Ancien des Jours » - soit le Père Lui-Même que seul le Prophète Daniel vit un instant. Au fond, « l’érotisme entièrement dévoyé [de Jean-Louis N.] n’était que la face visible d’une profonde expérience philosophique de nature antérieure, appartenant à un cycle cosmique extraordinairement dépossédé, révolu, mais d’une redoutable puissance de perpétuation souveraine. » Et qui nous dit que lorsqu’il entrait dans le corps de Fanny de Mareuil, celle-ci ne lui réapparaissait pas, rien que pour lui, dans son état de trente ans, ferme et désirable, et qu’il faisait peut-être un tour de neuf secondes ou de neuf minutes, dans son ventre ? Voici qui en défrisera plus d’un.

Comme l'esprit complotiste est contagieux ! Nous voilà à tisser des liens entre le monde de Jean Parvulesco, de Eric Rohmer, de Pascal Greggory et de Liliane Bettancourt, et selon cette règle facebookiene qui veut qu'entre une star et vous se trouvent deux amis d'amis.

Et ce n'est pas ma grand-mère facebookienne, graal charnel, pâtisserie olympienne, grâce thomiste, thésarde deleuzienne, schtroumpfette de choc, Wanda d'amour, amie de coeur ô combien, qui me contredira :

 

 

14 - Cinéma


Films aimés de Jean Parvulesco :

 

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Films dans lesquels Jean Parvulesco apparaît (dont un sous les traits de Jean-Pierre Melville) :

 

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Décidément, ce mage roumain avait tout pour lui.

(cliquer sur les images pour voir les bandes-annonces)

 

15 & 16 - Souffre

 

 

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15 - Dernière vague (en attendant Nouvelle vague)

« Faites-moi donc un livre sur Hitler – un grand livre dans tous les sens du terme – dans lequel vous révèlerez tout ce que nous ne savons pas, ni n’osons imaginer, sur le soi-disant incinéré de la Chancellerie (…) Vous détenez sur Hitler des choses inimaginables, interdites, dangereuses. Vous l’avez compris : ce que je vous demande, c’est un livre de révélations absolument déflagrationnel sur Hitler, qui remuera la conscience occidentale et peut-être plus encore. Ce livre, je peux vous l’assurer, nous rapportera une fortune. Faites-le sous votre propre nom ou sous un pseudonyme, cela n’a aucune importance. Je vous assure par contrat – vous savez que cela ne s’est encore jamais vu – vingt-cinq pour cent des droits d’auteur français et étrangers. Planète et ses organisations parallèles se chargeront de la promotion intensive, exacerbée, de ce livre que, par ailleurs, je conçois comme un appareil de conditionnement souterrain de la conscience politico-historique du monde actuel, comme un engin de guerre avec des buts suprêmement décisifs. Cependant, j’exige que vous me donniez une réponse dès maintenant. Je vous le dis, il m’est impossible de supporter la moindre tergiversation. Alors ? »

Mais Jean Parvulesco refusa et Louis Pauwels en fut contrit. Cela se passait dans en 1966 et mon père et ma mère ne s’étaient pas encore rencontrés. A force de croire les gens mystérieux, on leur prête des mystères, autrement dit des pouvoirs, qu'ils n'ont pas. Et Parvulesco d'être passé auprès de Pauwels et de bien d'autres comme celui qui été l'égyptologue d'Hitler, l'Indiana Jones d'Hitler.

Comment définir cette Colchidie finalement ? Comme le "roman d'un journal intime" ? "Le journal intime d'un roman" ? Une chronique eschatologique ? Un Envers de l'Histoire Contemporaine ? Une conscience en fragments ? Des notes de sous-sol ? Des confessions dodécaphoniques ? Une nébuleuse en expansion ? Une conspiration poétique ? Sans doute tout cela à la fois. Le truc, c'est qu'on finit par y croire. C'est si beau, si tentant, si satanique de croire aux Signes.


 

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16 - Glaciers limpides de l'aube.

« Une certitude absolue : la troisième guerre mondiale est commencée. »

La démocratie nous a détruit. Le gauchisme nous a enterré vivant. La "Révolution" est allé jusqu'au bout du carnage. Et c'est pourquoi il faut faire une contre-révolution, une vraie révolution - celle du Christ Pantocrator contre l'empire américano-arabe, et bientôt contre la Chine. Pour cela, l'Inde doit être réintégrée. L'Inde a des choses à nous dire. L'Inde est tournée vers l'Europe contre la Chine depuis toujours. L'Inde est une sorte de France en Asie. 

Savitri Devi Mukerji, la plus infréquentable des infréquentables, parengon du mysticisme nazi (celui qui va du Roi Arthur à Hellboy en repassant par Indiana Jones et qui nourrit tout occultiste qui se respecte), copine de Françoise Dior, (ah ! les femmes néonazies !),  le disait déjà :

« C’est en France que le Suprême Sauveur de la Fin apparaîtra, le Kalki attendu, dans les millénaires, par la cosmologie indienne sacrée. Mais ses pouvoirs et son illumination lui viendront de l’Inde, par une Indienne d’origine européenne, quand les temps seront achevés. »

En attendant Kalki, il faut se farcir les démons que l'on rencontre partout même dans le métro ou dans la rue :

« (465) Quelle étrange rencontre j’ai fait cet après-midi ! J’étais en train de prendre un verre avec Tony Baillargeat à la Rotonde de la Muette quand j’ai vu entrer deux personnages, dont un qui regardait obstinément vers le bas. Celui-ci, je l’ai aussitôt reconnu. C’était « lui », le maître des sombres abîmes du « mystère de l’inquité » ; lui aussi m’a reconnu. Sans plus. »

Rien à rajouter, à Ségur comme ailleurs.

 

17 - Isaïe


 

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« (468) Il y a un temps pour tout. Maintenant, vient la fin. Tout converge, inéluctablement, vers la conclusion. Vers la conclusion définitive de ma propre vie, et même, en quelque sorte, vers une certaine conclusion apocalyptique de l’actuelle Histoire du monde. Maintenant, je sais ce que Dieu voulait de moi, dès le début de mon secret itinéraire, mais non quel sera son dernier mot. Là, seul face à Dieu, une appréhension tranchante me coupe le souffle, comme un étouffement intérieur métaphysique. Seul, au milieu d’un champ à l’herbe rase. »

« (469) Dimanche, 1er juillet 2007. Tôt, le matin, le commandant André est passé me voir ? Il me dit qu’aujourd’hui, à 16 heures, le Prince passera me chercher en voiture – une Mercedes bleue -  devant chez Lipp, à Saint-Germain-des-Prés. Et qu’ensuite, je verrais. Il viendra où il ne viendra pas, je ne peux rien y faire. Ce n’est pas à moi de le décider. Mais mon honneur, envers et contre tout, reste mon inébranlable foi vivante dans la fidélité de Dieu. Jamais, jamais Dieu ne trahira. »

«(457) Ainsi que le disait Martin Heidegger, "seul un dieu peut encore [me] sauver". Un décret divin, renversant le sens actuel de l’Histoire, capable de rétablir mon identité antérieure, mon identité polaire, d’obtenir la levée de la malédiction ontologique qui me tient depuis soixante-dix ans dans mes terribles mâchoires de fer. »

« (479) Le dernier et suprême mystère divin et cosmogonique est celui du rétablissement. Tu seras rétabli, Isaïe, 44/28. Ainsi je sais – depuis toujours je le sais – que c’est bien moi qui me trouve secrètement appelé à être à la pointe du rétablissement général, paraclétique et cosmogonique ; car j’ai été choisi pour être moi-même le joint sur lequel les temps vont devoir tourner, afin que le Rétablissement Final s’en trouvât déclenché et mis en place. »

 

17 bis - Florentins

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« (487)

 

-          Bonsoir, monsieur le Président… Je me permets de vous présenter mes respects, et en même temps de vous demander très sincèrement pardon… Oui, pardon parce que je n’avais pas su comprendre qui vous étiez en réalité… mais, comme à présent j’ai fini par le comprendre, je prends la liberté de vous demander d’accepter que je travaille pour vous… à un niveau spécial…

 

-          Oui, j’ai lu ce que vous venez d’écrire sur moi dans La place royale… Mais, vous ici, ce soir ? Comment, et qu’est-ce que vous faites-là ? Etes-vous venu seul ?

 

-          Il se fait que j’habite maintenant Cergy. Je m’occupe de certaines activités culturelles…

 

-          Certaines activités culturelles, dites-vous ? Allez, vous n’allez quand même pas essayer de me faire croire ça…

 

-          Et pourtant, c’est parfaitement vrai. Depuis deux ans déjà…

 

-          Monsieur Parvulesco, on le sait, vous êtes quelqu’un de très dangereux. Oui, très dangereux, insortable… Je ne vois vraiment pas ce que vous pourriez faire pour moi… Vous m’en voyez assez navré…

 

-          Je vous prie de bien vouloir me comprendre, monsieur le Président… Je me propose de ne faire que dans le souterrain, j’en ai la pratique… je n’agirai que dans l’ombre…

 

-          Bonsoir, Monsieur Parvulesco. Portez-vous bien. 

 

Et ayant dit cela, il s’éloigna brusquement, se perdant dans la foule. Pour qu’ensuite il revienne vers moi et, une main sur mon épaule, ajoute : « Un de ces jours, allez quand même voir de Grossouvre, à l’Elysée, de ma part. Il sera prévenu. »

Peu de temps après, de Grossouvre était retrouvé mort, à l’Elysée même. Par la suite je n’ai plus eu l’occasion de revoir " le beau François" ».

 

17 ter - Vague nouvelle

 

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 « (488) C’est avec un soulagement immense, et bien vif, que je viens de prendre connaissance des positions de Rome – pour une fois, tout à fait nettes – au sujet de ce que l’on y appelle, déjà, le danger de l’islamisation de l’Europe. Dans son entretien avec le quotidien allemand, Süddeeutsche Zeitung en date du 23 juillet 2007, le secrétaire particulier de Benoît XVI, Mgr Georg Gänswein déclarait : "L’occident ne peut ignorer les tentatives d’islamisation auxquelles il est soumis. Le respect envers l’islam ne doit pas conduire à sous-évaluer les risques pour l’identité de l’Europe. "

 « (25) Je suis persuadé que le salut et la délivrance de notre civilisation occidentale, proche d’un réel danger de mort, se trouvent désormais dans la réintégration accélérée des deux grandes religions européennes originelles, le catholicisme et le l’orthodoxie. Vladimir Poutine et Benoît XVI sont aujourd’hui définitivement gagnés à la cause de la réintégration religieuse accélérée du Grand Continent. Je sais aussi que, chacun de son côté, ils doivent faire face à des résistances actives considérables, en fait, insurmontables. Et qu’en l’occurrence, il faut compter surtout – si ce n’est exclusivement – sur l’œuvre souterraine de la Divine Providence. »

 « (117) Ce que l’on appelle l’Entité Apocalyptique de la Fin, la Bête de l’Apocalypse de Saint-Jean, serait déjà sur le point de prendre totalement sous contrôle la situation politico-spirituelle planétaire d’ensemble. Les portes de la vie de la civilisation actuelle sont entièrement tombés sous la domination des puissances du non-être. La Bête règne, désormais, pratiquement sans entrave. Les temps sont prêts, les abîmes s’ouvrent, avait dit Marie à la Salette.

 Il nous appartient donc à nous autres, porteurs des valeurs ultimes de l’être et de la survie de l’être, de répondre à cette situation de désastre total, cosmique, en dressant haut une Dernière Barrière d’arrêt devant la montée abrupte, hallucinée, des puissances du non-être et de leur paroxystique affirmation finale. Nous sommes la génération prédestinée de la Dernière Barrière.

 C’est le même processus tantrique, métanuptial, que celui démontré par le film de Jean-Luc Godard, Nouvelle vague, que nous devrions utiliser pour le salut d’une histoire, d’une civilisation au bord des gouffres ultimes. J’ai toujours su que Jean-Luc était un visionnaire caché »

 « (144) Ce samedi 15 août 2009, fête de l’Assomption. L’Aile de l’Archange ». C’est aussi un 15 août que j’écrivis pour la première fois à Fanoutza (« vous êtes ma Greta Garbo ») et un 15 octobre que je la rencontrai et que tout ça débuta.

 

 

 

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Totus tuus, Aurora



A recommencer

 

 

Totus tuus, Aurora.

 

 



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