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07/04/2011

Forceps

 



En moi, je renie le désir,
Qui ne fit jamais que pourrir,
Abandonnant les belles en rut,
...M’éjectant de toutes les luttes,
Glaçant n’importe quelle ardeur,
Ennuyant toutes les moiteurs,
Ne se révélant qu’à la main,
Loin du con, des cuisses et des seins.

En moi, réel est pure haine,
Et l’image, seule érogène.
Onan sur le net et Masoch
De sites en bites, partout loque,
Je m’aliène aux récits SM
Autant qu’aux filles qui ne m’aiment.
Tant pis pour moi, tant mieux pour elles.
Au moins ne salirai leurs ailes.

Mais qui est-elle cette Astrid
Qui d’un coup d’oeil me rend livide ?
Qu’ai-je avecque cette bifide,
Bien dans mon art, la plus perfide,
Qui d’un seul son ma rime vide ?
Grâce qui en moi se décide,
A voir en elle ma seule guide.

Qu’elle est belle, bonne et géniale
Cette Astrid qu’on dit de Bélial !
Un jour, je la vis savater
Le pire de tous nos enfoirés.
Si vous l’aviez vu toucher terre,
Comme moi, vous auriez dit « pauvre hère ! »
Comme lui, vous auriez dit « salope ! »
Comme elle, vous auriez dit : « eh hop ! »
(Sûr qu’il ne sera pas son pope !)

Depuis l’an, nous nous retrouvâmes.
Elle était plus qu’une grande âme,
J’étais moins qu’un ectoplasme,
Traversé d’eczéma et d’asthmes,
Pleurnichant au moindre soufflet,
Me branlant hiver comme été,
Bouffant comme trois, chiant comme six,
Me torchant comme saint Sulpice.

Les pathétiques, elle aimait ça,
Tordu, pédé, c’était gala !
Elle se mit à me tutoyer,
A durement me câliner,
Me persuadant que ma sale gueule
N’était pas ce que les dieux veulent,
Et que tout ce qui m’accabla
N’était rien que du blablabla.

Au coin, je trouvais fort injuste
D’être tombé sur une Saint-Just,
Brigade rouge, Action directe,
Cette idéologie abjecte,
Qu’elle m’expliquait à coups de baffes,
Moi qui pourtant faisait très gaffe
A éviter la politique
Surtout avec une sadique !

Me voilà donc en joli cœur,
Tout plein d’esprit, tout plein d’ardeur
(Quoique l’opposé d’un hardeur !)
A rêver de mignons bonheurs.
Certes, nulle baise entre nous,
Mais pour toi, je suis prêt à tout,
Pourvu que tu sois mon princeps
Et me réaccouches aux forceps !

 

 

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10:11 Écrit par Pierre CORMARY dans Curiosités | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : forceps, mon plus grand amour virtuel | |  del.icio.us | | Digg! Digg |  Facebook | |  Imprimer

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