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Suite Sollers I - Les yeux avec beaucoup de nuit (L'Eclaircie, 2012)

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Manet, Le Balcon, détail (Berthe Morisot)

 

À Juliette G.

 

« IL FAUT RESPECTER CEUX QUI N'ONT PAS PU ALLER PLUS LOIN, ET SI VOUS LES DEPASSEZ, CELA SE SAURA UN JOUR OU L'AUTRE. »

L'Eclaircie, Folio, page 206

 

La vie divine a la vie dure. Et la haine que Sollers dégage est prodigieuse, par Toutatis. La haine, le ressentiment, la jalousie, les attaques mesquines, les bassesses en rafale - et ces « oiseaux déplumés du nihilisme qui volent en escadrille », comme le dit Pascal Louvrier dans un excellent papier sur Causeur consacré à l'auteur du Nouveau. Ne pas être du côté du négatif, du damné, du démon, du social (car l'enfer, c'est le social), quelle obscénité ! Alors, c’est vrai, on a tous eu une relation (au moins de lecteur) compliquée avec Sollers. On l’a admiré à dix-huit ans. On a voulu l’aimer plus qu’on ne le pouvait. Femmes, Portrait du Joueur, Cœur absolu. Théorie des exceptions. On brandissait ces livres comme des étendards. On s'en imprégnait sans toujours bien les comprendre mais on était fier de lire ce type qui avait l'air d'être l'écrivain central de l'époque, surtout dans notre petite ville de Sainte-Maxime où personne ne comprenait très bien ce que lui et nous disions. Il était notre Paul Valéry, notre Monsieur Teste, le modèle d’homme de lettres bourgeois plus ou moins subversif, lecteur de Sade et de Lautréamont, de Céline et de Joyce, de Baudelaire et de Rimbaud, et mozartien, ami de Manet, Picasso et Fragonard ! Certainement un peu marquis de salon, mais quel salon ! Cela valait de toute façon mieux que les ploucs de l’authenticité radicale. En vérité, c'est quand on a commencé à monter en grade qu'on a commencé à prendre des distances avec lui. Son soi-disant snobisme gênait le nôtre tout nouveau tout beau. Ses accointances avec les crétins du monde nous décevaient. On l'aurait voulu moins jésuite et plus dominicain. Il est clair qu'il ne savait pas très bien ferrailler avec l'adversaire. À force de faire le malin, il se prenait quelques beignes médiatiques et on s’en réjouissait honteusement comme un plouc authentique. On participait à la meute. Pour autant, on ne le perdit jamais de vue. Il nous agaçait en nous égayant. Et puis on le retrouva en 2006 avec La Vie divine, et surtout en 2012 avec cette Éclaircie, dernier de ses premiers livres (après Une Curieuse solitude, 1958, Lois, 1972, Femmes, 1985), et là, on réapprouva tout. La superficialité par profondeur, la propension à tout penser en même temps au risque de passer pour un opportuniste amoral auprès des lourds et des lents, la vitesse métaphysique, la  musicalité culturelle (car oui, Sollers est un auteur culturel avec ses limites et ses fulgurances), et par dessus tout le sens du large, des fleurs, des mouettes, de l'île de Ré, de Bordeaux, des ancêtres, du cèdre. Quel plus beau début de roman, franchement, que celui de cet Éclaircie ?

 « C’est immédiat : je ne peux pas voir un cèdre, dans un jardin ou débordant d’un mur sur la rue, sans penser qu’une grande bénédiction émane de lui et s’étend sur le monde. La foule est bénie, les autobus, les camions, les voitures, les poubelles, les vélos, les scooters sont bénis. Les plus laids et les plus laides sont bénis, et aussi les vieux, les enfants, les jeunes, les femmes enceintes, les malades, les fatigués, les pressés, les rares heureux [c’est moi qui souligne], les désespérés. Ils passent tous et toutes sous le cèdre, ils ne le voient pas, sa bénédiction silencieuse, verte et noire, filtre l’espace. On ne sait pas d’où lui vient cette tranquillité, cette ramure de sérénité. »

 

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Max Beckmann, Frère et soeur (1933)

 

Éloge du cèdre, donc. Et avec lui, de la mémoire, de l’enfance, de la photo le représentant, lui, le petit Philippe de deux ans, regardant cet arbre et l’admirant, avec sa sœur aînée, Anne, qui le protège, tous les deux dans leur clairière, leur centre, leur cœur absolu. Le devenir bébé de Sollers. Les femmes qui s’occupent de lui, le lavent, le langent, le nourrissent et lui font la morale, son premier plaisir.

« Anne te fait souvent la morale, et c’est délicieux. Entendre les femmes faire la morale, et comprendre pourquoi, sera un de tes plaisirs. Tu mettras ça en scène avec tes amies, encore des reproches, oui, encore. Continue, ça m’excite, pince bien ta voix, encore, encore. Lis-moi quelque chose de bien édifiant, n’importe quel sermon pour me rendre meilleur, me porter à un idéal de pureté et d’élévation. »

Encore un peu et il réclamerait qu’on lui donne une fessée à la Jean-Jacques Rousseau. Mais comme toujours avec lui, il ne dit pas tout, il divague, embrouille, fuit. Tout de suite l’art, Manet, Picasso qui seront les deux héros de son livre au risque que celui-ci ne s’encombre de citations et de digressions et n'oublie son sujet qui est quand même la tentation incestueuse - ce moment où à Venise sa sœur et lui se sont embrassés pour de bon et où tout a failli basculer. Mais les Joyaux sont moraux, bourgeois, sérieux et ont le « vice timide ». Ils se sont arrêtés là, ont vécu des vies différentes, ont fini par se perdre de vue. En fait, même entre frère et sœur, on ne se connaît pas vraiment.

« Les temps sont différents, les inscriptions ne sont pas les mêmes, les effacements n’ont pas lieu aux mêmes endroits, l’archéologie ne suit pas les mêmes règles, les censures divergent. »

Il y a quand même quelques souvenirs inavouables, quand elle le surprend un jour en train de se branler dans son lit d’ado devant des reproductions de Rubens (tiens, comme Sacher-Masoch), ou quand lui se rappelle que son « imbécile de premier mari [lui dit] un jour qu’il se sentait fier de la faire jouir » et « qu’il aurait dû lui casser la gueule. » Mais on n’imagine pas Philippe Sollers faire le coup de poing. Non, le vrai aveu pénible, bien pire que l'inceste, c’est la succession à la mort des parents. « Là se trouve le mur le plus épais et le plus ancien : l’argent. » L'argent, l'autre mot qui en famille signifie l'amour, la mémoire, les rêveries. « J'ai quand même raflé la bibliothèque. Impossible de la faire céder sur une pendule du XVIIIème siècle, c'est-à-dire pour moi sur des heures de rêverie. » Deux ans de fâcherie. Puis le cancer foudroyant qui emporte Anne en trois mois. Il ne va pas à son enterrement selon son principe qu’il faut laisser les morts enterrer les morts. Possible. « J’évite autant que possible la mort ». Ne serait-ce pas cela, justement, son problème ? Les livres ne meurent pas, les gens, si. 

 

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Manet, Berthe Morisot au bouquet de violettes / photo de Berthe Morisot 1872

 

Frère en deuil et en manque, il se rattrape avec la Berthe Morisot au bouquet de violette de Manet (notre Joconde à Orsay) qui lui rappelle sa sœur. « Ce que Manet a découvert dans le noir ? Le regard du regard dans le regard, l’interdit qui dit oui, la beauté enrichie de néant », de ce « néant vivifiant » d’où nous venons tous. Le monde appartient aux femmes, c'est-à-dire à la mort, etc. etc. Dans quel Sollers ai-je lu que les femmes de Manet savent ce que nous voulons ? D'où leur regard profond, dur, indulgent, sévère, goguenard (il y a une pointe de goguenardise dans ce Berthe Morisot), vénal, soeuroral, et qui semble nous dire "peut-être, peut-être pas". « Le oui dans le non : quelle trouvaille, et seul Manet l’a trouvée. Elle lui répond, elle l’aide, le devance. Cette sœur est l’éternelle ironie de la communauté, la liberté de vivre ou de mourir. » La femme éclaircie, la femme garrigue, la femme lumière brune. Forcément déesse heideggérienne ou spinoziste qui indique, montre, fait signe, dirige et fait croire que c’est nous qui faisons tout (toutes ces choses que la néo-féministe supra-égalitaire, castratrice avec les hommes, exciseuse avec les femmes, ne peut comprendre.)

Puis, c’est la rencontre avec Lucie D. (Lucie, lumière, l’éclaircie, Dante, toussa), grande bourgeoise mécène, amatrice de vieux manuscrits (comme celui de Casanova ou bientôt les siens), avec qui il va vivre une passion rue du Bac et qui, bien sûr, lui rappelle sa sœur et Berthe Morisot. Coucher avec un tableau. On a tous voulu coucher avec un film, après tout.  

 

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Manet, Berthe Morisot à l'éventail

 

Entre deux cinq à sept, il croise François-Marie Banier, l’aventurier d’Éric Rohmer (signes, je vous aime !) : « Je l’ai connu, on a beaucoup ri ensemble, il est rapide, moi aussi » ; la vieille Bettancourt et Alain Minc (sous le pseudonyme curieux de « Nicolas Milstein »). Avec eux, il pénètre dans les abîmes de la France, « de loin, le pays qui a produit les meilleurs professionnels du vide, les plus aigus, les plus drôles dans l’escamotage mondial. »

Lucie a un garçon, Patrick, et demande à Philippe quelques conseils d’éducation.

« Me voilà donc engagé dans l’éducation à distance d’un garçon de 12 ans que je ne connais pas, et ne connaîtrai jamais. Il aime lire de la poésie ? Non, ce n’est pas possible, miracle. Il n’est pas scotché à la télévision, au rock, au Net ? Miracle, miracle. Il réagit positivement à Bach, Mozart ? Miracle. Il fait déjà du chinois ? Il va chaque année, avec sa mère,  à Venise ? Elle lui a fait connaître Bordeaux, et toute la région cachée dans les vignes ? Miracle. Il est joyeux et discret, très réservé ? Miracle. Enfin, du calme. Bonne chance, voilà tout. Conseil : acheter beaucoup de livres sur la peinture avec de belles reproductions de Manet, pourvoir le regard de sa mère, c’est-à-dire de ma sœur. Il ne s’agit pas d’âme-sœur, mais bien de corps-sœur. C’est rare, mais ça arrive. » Et lui, d’être fils-amant de la mère de ce fils qui est lui, cela va de soi.   

Il doit aussi faire l’oncle vaguement attentif auprès de Sylvie, la fille d’Anne, sa nièce. « J’aime bien le mot nièce, il a une couleur trouble, une douceur de porcelaine. Mais elle n’est pas du tout porcelaine, Sylvie, elle m’assomme déjà de chiffres, de prix, de potentialités énormes. » C’est quand même elle qui s’occupe de vins en Chine. Les Joyaux sont partout. 

Pour l’heure, tout se chiffre, s'écoule et s’écroule en même temps. « La misère s’accroît ? L’activité culturelle augmente. » Lui se réfugie alors dans une utopie bizarre, celle d’un monde à la Hermann Hesse, type Jeu des perles de verre, où chacun réapprendrait les choses simples, où la littérature ré-impressionnerait tout le monde, où « un lecteur pénétrant [serait] considéré comme un saint »,  « le moindre caillou [aurait] un air spirituel » et où les femmes auraient l’air de sortir d’un tableau de Manet et les pommes d’un de Cézanne. L'étonnant rêve castalien de Philippe Sollers. Son éclaircie eschatologique.

Sinon, on apprend que Manet aimait Haydn, la 52 ème sonate plus que tout. « On comprend pourquoi : vitesse, rebonds, percussion, langage des oiseaux, interruptions à pic, ça va partout et nulle part, liberté ». Manet tellement plus grand que Monet - « sympathique, ce Monet, mais dans ses tableaux, il n’y a personne ». Tout ce que Manet a dû endurer de son temps. Insultes, quolibets, censures. Trop élégant pour les français, trop anglais sûrement. Ni lourd comme Courbet, ni éthéré comme Monet, et si j’ose continuer dans cette lancée, ni grossier comme Renoir, ni compliqué comme Cézanne, ni ennuyeux comme Pissaro ou compassé comme Sisley (bon, je suis injuste, passons – et en plus, j’adore Courbet.) Non, ce que Sollers aime plus que tout dans Manet, c’est ce qu’il appelle sa « santé du vide », son « indifférence divine ». Un peu comme celle de Watteau. Le Gilles, la Suzon du Bar des Folies Bergères (qu’on dirait sortie du Titanic, le naufrage est proche, elle le sait mais elle reste impassible), le Fifre qu’on dirait surgir de l’au-delà et venir nous chercher car nous sommes morts, comme Le Toréro mort ou les fusillés de L’Exécution de Maximilien, éprouvants tableaux où pour « la première fois, on peint un silence de mort ». La présence de la mort chez Manet – mais qui n’est jamais mortifère ou romantique. Au contraire, Manet semble ressusciter à sa manière le XVIII ème siècle contre le XIX ème – et c’est sans doute cela que ne lui pardonne pas, sournoisement, Baudelaire. « Et si Manet faisait vieillir à vue d’œil les Mémoires d’outre-tombe, Les Fleurs du mal, Delacroix et les opéras de Wagner ? » Contre le monumentalisme ultra-signifiant de son époque, Manet insiste sur les petits choses : asperge, citron, huître, éventail, bout braisé du cigare de Mallarmé, et par-dessus tout vases de fleurs où il peint l’eau, la véritable origine du monde. 

 

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Manet, Lilas dans un verre

 

C’est quand il passe à Picasso que le livre part un peu en vrille. Picasso le héros, c’est entendu, et par lequel Sollers veut sans doute compléter Manet mais qui alourdit le propos, le rend surtout trop culturel – le grand risque de ses "romans". Ce serait comme vouloir traiter en même temps Beethoven et Wagner. Ou Nietzsche et Heidegger. Ou Dreyer et Bergman. Sequere Deum, oui mais un par un. Gare au Multivers (le mot est écrit, page 93) qui s'éparpille. Bon, la lecture n'en sera pas totalement gâchée. Et puisque tout le monde est cité, autant se réfugier dans Matisse (que perso, je préfère à Picasso, le chanoine plutôt que le torero, voilà, c’est dit) :

« On peut évidemment éviter le conflit, rester tranquillement comme Matisse, dans du décoratif sensuel, se transformer soi-même en femme attentive et maternelle, suivre sa propre fille imaginaire dans ses ondulations de couleurs, tout cela finira, idéalisé, en chapelle. »

Retour à la rue du Bac, à Lucie et à cette formidable formule espagnole : « los ojos con mucha noche », « les yeux avec beaucoup de nuit ». Les yeux nuits qui appellent de longs baisers. « Pas d’expression plus répugnante que la formule, de plus en plus employée à tout va : “bisous“ ».

 

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Manet, Victorine à l'espada

 

Retour à l’époque puritaine, procédurière, protestante, délatrice, vegane, transhumaine, animaliste.

« À l’époque des infanticides et des néonaticides intensifs, c’est une bonne mesure, il faut sauver les taureaux. Il faut aussi interdire, par la même occasion, des centaines de toiles de Picasso, et aussi les courses de taureaux de Manet, son torero mort, son matador saluant, sa charmante Victorine à l’espada, tout le travesti double des choses. Des travelos déguisés en femmes, oui, des femmes raffinées en habit d’hommes, non ». Et à Stockholm, ça a déjà commencé « si j’en crois la trogne de la femme-évêque luthérienne qui se présente, crosse en main, comme homosexuelle militante (mais attention, pas “lesbienne“). Sa compagne et elle, pacsées, élèvent un petit garçon. Si celui-ci a un système nerveux conséquent, il n’est pas exclu qu’il arrive à s’échapper de l’enfer, et devienne, un jour, un excellent catholique. »

Passage obligatoire par « ce bon vieux nihiliste de Houellebecq » qui n’aime pas Picasso (oh le vilain !) et qui révèle, selon Sollers, « une jalousie sexuelle intense » (ksss ksss !). Pour autant, il a raison : « il faut toujours écouter les gens qui se mettent à parler de peinture, ça les dévoile instantanément » (ouiiiiiiii ! ah nan !).

Et puis des blagues : « un type, dans un train, me demande si je suis l’auteur de Belle du Seigneur : je réponds oui, pour rire, puisqu’il s’apprête à descendre à l’arrêt suivant. »

 

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L'assassinat de Marat, par Jean Joseph Weerts (1880)

 

Et brusquement, Charlotte Corday ! On ne sait pas très bien ce qu’elle vient faire là mais ce surgissement fait un bien fou. Charlotte Corday, l’autre héroïne de France après Jeanne d’Arc. La femme qui a dit non à la barbarie, au sectarisme, à la terreur. « Personne ne la fête ni ne la commémore, ce qui prouve qu’un Girondin révolutionnaire est seul dans un pays de rentiers du crime. Qu’y a-t-il de plus infâme que ces noms : Hébert, Marat, Couthon, Fouquier-Tinville ? ». Et d’imaginer un tableau de Manet représentant Charlotte Corday sous les traits de Méry Laurent allant assassiner Marat. « Toutes les représentations qu’on a de Charlotte Corday sont conformistes, y compris celle, opportuniste, de Sade. C’est vraiment la femme la plus refoulée de l’Histoire de France. Essayez de parler d’elle, vous verrez. » C'est vrai, j'ai essayé. Tout le monde est plus ou moins pour Marat, l'un des plus grands représentants de la France malfaisante. 

Le roman des Frances se termine. L’important est de faire l’amour. « Faire l’amour de façon satisfaisante permet d’accumuler du temps. On gagne une semaine d’avance, la maîtrise de soi s’accentue, la pensée vise mieux ses cibles, on reparle sa propre langue. Adieu, brume, brouillard, pluie, nuages venteux, mauvais rêves, voix hostiles. On sait ce qu’on veut, on le peut, les taxis roulent plus vite, les cèdres vous saluent, les rendez-vous sont expédiés, on s’exprime à vif, on abrège. Surtout, on compose mieux allegro, adagio, presto. » Tout cela est divinement vrai pour n’importe qui, même un obèse velléitaire de 49 ans. A lui aussi, l'éclaircie est possible. 

 

 

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Manet, Femme versant de l'eau

 

Suite Médium

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