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Pierre Cormary

  • Mimétisme et exorcisme (Notes sur Crime et châtiment, de Dostoïevski.)

    dostoïevski,andré markowicz

    Illarion Michajlovitsch Prianischnikov - Les Cochers farceurs au gostiny dvor de Moscou (1865)

     

     

    1 - L'indécis (Raskolnikov).

    Il est "le jeune homme". Il sort de chez lui "comme pris d'indécision". Il est Hamlet. Il trouve lui-même qu'il "bavarde beaucoup". Et la majeure partie de ce roman, grand parmi les grands, sera consacrée à son monologue intérieur. Sa fébrilité. Ses convulsions. Sa tachycardie narrative qu'aucun autre roman au monde, pas même un des siens, ne possède - et tellement bien rendue par André Markowicz (un conseil, ne lisez Dostoïevski plus qu'en Markowicz, vous le découvrirez enfin). C'est pourquoi Crime et châtiment est le livre le plus attachant, et peut-être aussi le plus romantique, de son auteur. Car on aime Raskolnikov et Sonia. On aime que Raskolnikov sauve Sonia de Svidrigaïlov et que Sonia sauve Raskolnikov de lui-même.  Et on aime Porphyre aussi - alors que l'on n'aime pas Javert. Peut-être parce que Porphyre ne s'intéresse qu'à l'humanité et Javert qu'à la justice. L'un cherche la vérité de la blessure - et prévient la tentation suicidaire. L'autre n'a cure que du respect de la loi et finit par se suicider - comme un personnage de Dostoïevski. Alors que le criminel finit par trouver miséricorde et amour - comme un personnage de Hugo. Il faut bien avouer qu'on oublie assez rapidement les vieilles assassinées. De toutes les victimes des romans de Dostoïevski, celles-ci ne font guère pitié. Même le père Karamazov, aussi odieux soit-il, aura son intérêt humain, alors qu'elles, aucun. Quelque chose d'injuste, c'est-à-dire de jeune et d'héroïque, l'emporte irrémédiablement dans Crime et châtiment, ce qui ne sera plus le cas ni dans L'idiot, ni dans Les Démons mais réapparaîtra sous un autre mode (le mode "saint") dans les Karamazov.

    Mais reprenons. 

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    Lien permanent Catégories : Dostoïevski 0 commentaire 0 commentaire Imprimer