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Pierre Cormary

  • Les Deux nobles cousins - ou Le Nouveau viol de Lucrèce.

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    Paul Richmond, Battleground

     

     

    « Le vouloir d’un malade bat le pouvoir d’un sage » (I-4)

    « Maudits soient mes yeux. Maintenant, oui, je sens mes chaînes » (II-2)

    « Moi, si j’étais libre, j’accomplirais de telles prouesses que cette dame, cette vierge rougissante, se faisant homme, chercherait à me violer » (II,2)

     

     

    « Pièce contrariante », Les deux nobles cousins l’est à plus d’un titre. D’abord, son existence même, et le fait qu’elle soit réintégrée au corpus shakespearien (Pléiade, Comédies III, avril 2016), constituent une vraie rupture avec la tradition shakespearienne qui voulait que son théâtre se termine avec La Tempête. Final idéal, apothéose de sa poésie en même temps que renoncement à celle-ci, retraite souveraine, celle-ci passa longtemps pour le « testament artistique » de son auteur, ce qui, comme le dit Anny-Crunelle-Vanrigh dans sa présentation de la pièce, était aussi une « commode mais trompeuse vision téléologique ». A notre grand dam, « Shakespeare [n’en avait pas fini]  avec la scène. »

    Pour le shakespearien orthodoxe, il était en effet très plaisant (et pas si illégitime que ça) de considérer qu’après avoir exploré les  fins fonds de l’être humain dans ce qu’il avait de plus tragique et  de plus terrible, celui que l’on considère comme le plus grand écrivain de tous les temps revienne à une sorte d’équilibre supérieur et conclue son œuvre dans une sorte de réconciliation panthéiste où, autour de la figure eschatologique de Prospéro, tout le monde serait rappelé et pardonné  - le magicien renonçant à sa magie comme le poète à sa poésie. Shakespeare serait Prospéro, Prospéro serait Shakespeare, la sortie serait parfaite.

     

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    Lien permanent Catégories : 1616 - 2016 Année Shakespeare 0 commentaire 0 commentaire Imprimer