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Pierre Cormary - Page 3

  • Suite Sollers VI - Notre musique (Centre, 2018)

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    « La réalité est une passion triste, le désir un réel joyeux. »

     

    Du néant à l’être, de l’être au néant sans qu’il n’y ait ni début ni fin et sans qu’on sache d’où l’on vient et où l’on va (Huainan Zi).

    La philosophie chinoise comme ce qui repose du christianisme et de son épuisante eschatologie. Car qu'est-ce que l'on souffre en tant que chrétien ! Suspense sans fin de la parousie, perpétuelles menaces de tortures, de ténèbres. Aucune pause, jamais. Du rouge et du noir partout, tout le temps, à vomir. Alors que « la seule vraie couleur est le blanc ».

    Repos, écriture, lecture (Martray) - et question : Othello est-il musulman et Iago, juif ? Pauvre oie blanche de Desdémone qui s’est laissée prendre par ce black fort et viril (mais tellement manipulable comme tous les êtres fiers). La seule qui tienne la route dans la pièce, c’est Emilia, la femme de Iago, sexuée, avisée, indulgente, féministe en un sens (même si sexuée, avisée et indulgente est trois fois improbable pour une féministe d'aujourd'hui), pour qui l’adultère n’est pas grand-chose, sinon un joli rêve. Science des rêves, jouissance. Refoulement des rêves, impuissance – et parfois antisémitisme, cette « fausse virilité ». « Puisse son âme pernicieuse pourrir d’un demi-atome chaque jour », dit Emilia de son démon d’époux. Le supplice atomique de Iago - quelque chose qui m'a toujours effrayant, car le châtiment est toujours plus effrayant que le crime, pense le décadent en moi. Désordre du monde, des sens, de l'âme.

     

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