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3 - Hobbes et le nouvel art politique

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1 - Origines sanglantes de la culture.

Et d'abord soyons fascistes, c'est-à-dire réalistes.

L'histoire de l'humanité commence non dans les choux ou les roses mais bien dans le sang ou la merde (car là où ça pue la merde, ça pue l'être, merci Antonin). Meurtre de Caïn, combat de Mardouk ou de Zeus contre les Pères ou les monstres d'Avant, Iliade, OEdipe, blessure d'Arthur (ou d'Amfortas). Et avant eux, monolithe. Os. Meurtre du singe par le singe. La scène primitive, c'est ce que ce philosophe génial a appelé « la guerre de tous contre tous ». Le contrat social arrive après le champ de ruines comme la paix arrive après la guerre - ou même comme la résurrection arrive après la crucifixion (contraire du satanisme, soit dit en passant).

 

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Et son problème à Thomas, en cette Angleterre tourmentée du XVII ème siècle, c'est de rétablir la paix civile. Celle-ci, d'après lui, ne peut se fonder qu'à partir de la souveraineté royale (plus tard, on dira « nationale ») et contre l'arrogance des tenants de l'ordre naturel, grec, aristotélicien, où l'on prône la liberté et ceux de l'ordre divin où l'on ne jure que par la grâce. Le problème est que dans les deux cas, chez les universitaires riches pétris de culture antique comme chez les protestants puritains, pauvres, obsédés de grâce divine, tout est devenu opinion. En effet, la Nature et la Grâce qui, a priori, devraient assurer la paix civile ne sont plus dans les temps modernes que des... opinions. Opinions que l'on défend certes à couteaux tirés mais sans qu'on y adhère comme on y adhérait avant et sans couteaux. Opinions auxquelles on se réfère à mort, pourrait-on dire, mais sans s'y conformer dans sa vie. Nature et grâce ne sont plus tant des champs d'expérience, vécus au quotidien, que des champs culturels qui alimentent moins la foi que la bigoterie. Benjamin Constant dira la même chose plus tard : le drame des modernes est qu'ils ne croient plus en leurs valeurs, ils font semblant d'y croire - et c'est dans ce semblant qu'on rencontre la plus grande violence. A la lettre, celui qui fait semblant de croire en Dieu ou à l'égalité entre les hommes est plus terroriste que celui qui y croit vraiment et qui y est installé depuis des lustres. Dit encore autrement : l'ordre naturel ou surnaturel, le moderne en vit mais n'y vit plus. Bref,

 « ni la nature ni la grâce ne peuvent réunir les hommes. Qu'est-ce qui alors peut les réunir ? La seule réponse possible est évidemment : l'art. »

L'art non pas tant au sens des grandes oeuvres créées par l'esprit humain (quoi que...) qu'au sens d'artifice, d'artefact, simulacre. La politique comme façon de gouverner non plus selon un modèle immuable et transcendant, « théologique », « masculin », mais selon un mode hasardeux, relativiste, « ontologique », « féminin » -  le Prince étant celui, on l’a vu, qui s'adapte aux choses, aux situations et au modes.

« Tout modèle, écrit Manent, étant une opinion sur la nature, et toute opinion étant principe de désordre, il faut élaborer un art qui n'ait pas besoin de modèle, il faut trouver à cet art politique un fondement plus fort que toute opinion. »

A l'opinion toujours conflictuelle, on préfèrera paradoxalement... la passion. La passion peut être évidemment source de désordre et de violence mais de manière plus franche, plus majoritaire - autrement dit, plus stable. Car il faut voir les choses en face : l'on s'égorge beaucoup plus entre gens de bien, mais qui n'ont pas la même idée du bien, qu'entre gentils et méchants. La guerre la plus sanglante vient bien moins de conflits entre le bien et le mal qu'entre différents biens qui ne peuvent s'entendre. HITLER ETAIT UNE EXCEPTION MORALE. Comme dit le Roi Henry dans Henry VI, première partie, V-1 :

« ... car je l'ai toujours pensé, c'est une chose impie et contre nature, qu'un conflit si barbare et si sanguinaire règne entre les adeptes de la même foi. »

 

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Henry VI, BBC

(A noter que Machiavel est nommément cité acte V, scène 4, par le personnage de York : "Alençon ! Ce Machiavel notoire ! L'enfant mourra, eut-il mille vies !")

 

Si les raisons sont souvent lieux de discorde, les passions peuvent au contraire servir d'accords - et notamment la première d'entre elles, primitive, universelle et jamais démentie, et qui n'est rien d'autre que la peur de la mort.

- Certes, mais la guerre civile n'est qu'une exception, rétorque le Gentil.

- « Erreur », réplique Hobbes,  la guerre civile, ou la guerre de tous contre tous, est la condition naturelle de l'humanité ("the natural condition of mankind") ».

Regardez ce qui se passe dans vos clans, vos familles, vos communautés. Ne fermez-vous pas vos portes à clef la nuit ? Ne cachez-vous pas vos secrets à vos parents ? Ne vous brouillez-vous pas sur FB ou ailleurs avec votre pote de trente ans sous prétexte qu'il vous a chatouillé l'amour propre ? En vérité, plus on se fait passer pour une brebis, plus on est un loup dans l'âme. Qui veut faire l'ange fait la bête, etc, etc. Non, la gloire, la vanité, l'envie d'avoir raison à tout prix, la supériorité que l'on s'accorde toujours dans une discorde constituent les premiers rapports sociaux.

 

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Pire, le mal provient non pas simplement du péché originel, mais bien de la nécessité de certaines situations dramatiques qu'elles obligent à y recourir. Le mal absolu n'est donc jamais un mal moral au sens où il serait le résultat d’une volonté mauvaise (Hitler, encore une fois, n'est qu'une exception) mais le fruit de la nécessité vitale ou sociale ou d’un conflit entre deux morales, deux légitimités, deux principes de raison incompatibles entre eux, Créon et Antigone. Il ne faut pas se leurrer : c'est

«  l'incompatibilité des opinions sur le bien [qui] produit le mal absolu. »

Pour s'en sortir, il va falloir dépasser cette nécessité, il va falloir devenir « intelligent » - c'est-à-dire qu'il va falloir gérer sa peur. La peur de la mort est l'aiguillon de l'intelligence exactement comme l'instinct de survie est celui de la morale. A l'origine de tous les velours mentaux et moraux, il y a le fer rouge de la vie.

Pour assurer la survie de tous les individus, il faut donc un super individu dont le pouvoir illimité consistera d'abord à limiter les pouvoirs de chacun. Je renonce à mes pouvoirs pour me reconnaitre en ceux de mon souverain. Mieux, je lui transmets mes pouvoirs car je sais qu'il saura en faire meilleur usage que moi. Car lui, le roi, le président, le premier ministre, c'est moi en mieux. Et s'il a tous les pouvoirs, il les a de moi - de nous. Il dépend de nous comme nous dépendons de lui. Nous lui devons obéissance absolue mais cette obéissance garantit notre liberté et notre sécurité. Tel est le Léviathan - cet « homme artificiel », cet « individu collectif », ce « dieu mortel », qui, seul, assure la paix civile, qui ne nous surveille moins qu'il veille sur nous. En gros, une sorte de Superman à notre service - mais qui peut nous liquider d'un coup d'oeil si on n'est pas sage. Un peu comme un arbitre au foot qui laisse les joueurs jouer comme ils l'entendent mais qui a le droit inaliénable de décider d'un pénalty ou d'exclure un joueur du terrain s'il considère que celui-ci a fauté - et sans craindre que les autres joueurs ni le public ne contestent sa décision.

 

 

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Le célèbre frontispice du « Leviathan », par le graveur Abraham Bosse.

 

2 – Individualisme et absolutisme.

Le paradoxe de cette affaire est que c'est de cette souveraineté absolue, que d'aucuns qualifierait de « totalitaire », qui l’est en partie, que va naître la société libérale. Car le fonctionnement du Léviathan n'est plus celui du « bien » antique ou chrétien mais celui du « droit » humain et artificieux. A la lettre,

« LE DROIT PREND LA PLACE DU BIEN » - et cela constitue « le langage et la valeur du libéralisme. »

En transmettant mes pouvoirs illimités au souverain, moi, l'individu médiocre, je me sublime en lui. Ses actions sont en fait les miennes. Son pouvoir absolu n'est que l'instrument des sans-pouvoirs comme moi. Il est mon Souverain mais il est surtout mon Représentant. Lui obéir, c'est au fond obéir à moi-même, faire ce que je veux, du moment que ça n'entrave pas la liberté du voisin. Notre credo, au voisin et à moi, n'est pas tant de faire le bien (qui aboutissait aux pires désordres, comme on l'a vu) que de fuir le mal - et pour la simple et efficiente raison que nous sommes beaucoup plus consensuels pour définir ce qui est mal que pour ce qui est bien. Et s'il y avait une seule morale politique légitime, ce serait celle-ci : la volonté qu'a le peuple de ne pas être opprimé ni déshonoré, de fuir le mal - volonté passive en quelque sorte qui ne cherche qu'un bien tout aussi passif.

(Cette passivité, qu'on pourrait appeler approbation ou abnégation, serait-elle le propre de "la droite" ? Car quelles sont les valeurs de la droite sinon des valeurs de protection, de conservation, de préservation ? Il y a une passivité droitiste congénitale. Un laisser-aller qui va de pair avec son goût de l'autorité - car oui, laissez faire l'autorité, l'Etat, les grandes instances. On fera avec.  On s'arrangera autrement. On s'adaptera. La droite s'adapte. Et si action il y a, alors celle-ci sera individuelle, héroïque, créatrice, artistique, conquérante. Tout le contraire de la gauche pour qui l'action est toujours interventionniste, réformiste, morale.)

Mais je m'égare.

Reprenons.

La peur de la mort, et tout ce qui va avec, est le fait archaïque de notre hominisation. Elle nous met tous à égalité et nous somme de choisir celui qui d'entre nous sera le plus apte nous protéger – c’est-à-dire à prendre tous nos pouvoirs. A la lettre, pour que tout le monde soit égal, il faut qu'il y en ait un qui ne le soit pas. L'égalité de tous est fondée sur l'inégalité d'un seul. Le Léviathan est à la fois mon dictateur et mon député.

Mais cette distinction, forcément scandaleuse pour des gens du XXI ème siècle, n'est-elle pas le fait de celle qui existera bientôt entre la société civile et l'Etat,

« la société civile étant le lieu de l'égalité des droits, et l'Etat, l'instrument de cette société civile grâce auquel sont assurés l'ordre et la paix ? ».

Que l’absolutisme hobbien pose les prémices de la démocratie, c’est ce qu’il faut comprendre. Il est en effet le premier penseur « moderne » à identifier de manière aussi claire sujet et suzerain, force individuelle et capricieuse de l’un et et force souveraine et sublimée de l’autre. Et si le « mode » royal n’est pas précisément démocratique en soi, il le prépare néanmoins du fait qu'il soit, comme on l'a dit, un mode et non un modèle… et comme il prépare en même temps ses difficultés. Car même dans la démocratie la plus démocratique arrive toujours ce moment où représentant et citoyen ne coïncident plus vraiment. En vérité, l’identification des deux est plus une asymptote qu’une réalité d'ailleurs souhaitable, les tentatives d’identification pure et dure ayant conduit, comme on sait, au goulag ou au laogaï. Car l’égalité intégrale se trouve non pas dans la cité où il y aura toujours des différences entre les citoyens mais bien dans le camp de rééducation. Celui qui de toute éternité n’admet pas l’inégalité, celui-là sera léniniste, stalinien, pol-pothien.

 

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Fabuleux dessin animé, « Leviathan » de Simon Bogojevic-Narath

 

De cette dialectique improbable, et pourtant si probante, entre individualisme et absolutisme, il faudra pourtant un jour sortir, car l’artificialisme absolu, qui n’est qu’un premier triomphe de la technique, à un certain moment, ne suffit plus à nourrir l’homme. Quoiqu’on dise, « l'individu n’a pas seulement des droits, il a aussi une nature » - une nature qui, on l’a dit, commence avec la peur de la mort, mais aussi l’instinct sexuel, le vouloir-vivre, et, pourquoi pas, le principe de plaisir, l’amour du beau, l’amour tout court, et aussi la maîtrise de soi, la volonté d’autonomie – qui est le propre du libéralisme.  On voit donc la difficulté : le libéralisme est un processus d’émancipation qui après nous avoir affranchi du théologico-politique peut nous affranchir de l’ontologique, sinon du vivant lui-même et dès lors sombrer dans les aberrations type clonage, GPA ou théorie du genre (et d'ailleurs tout projet qui se pose par-delà la question de vie ou de mort ou excède la morale élémentaire), ce que pour le coup on est tout à fait en droit d’appeler ultra-libéralisme. Il faut donc des garde-fous au processus libéral artificialiste. Et le Léviathan est celui qui, au bout du compte,  construit le droit humain à partir de la nature humaine irréductible.

 

3 - Démocratie et artifice.

On se souvient que le libéralisme était avant tout une nouvelle philosophie politique destinée à instaurer un état neutre afin d'en finir avec les guerres de religion. Poser une souveraineté absolue en mêmetemps que « laïque », pour ne pas dire « sans opinion », contre le pouvoir religieux. Faire du religieux lui-même une « opinion » comme une autre. Certes, les monarques européens seraient toujours des chrétiens et se réfèreraient encore longtemps à Dieu mais la séparation entre Eglise et états serait en cours.

En imposant le Léviathan comme souverain au pouvoir illimité mais émanant du pouvoir limité des individus, Hobbes opérait une étonnante synthèse entre individualisme et absolutisme : ce qu'on appellerait bientôt le libéralisme. Si le monarque hobbien serait tout puissant, cette puissance ne proviendrait plus du modèle divin mais bien des réalités, pour ne pas dire des faiblesses, humaines. La transcendance du Léviathan n'aurait plus son origine dans la force de Dieu mais plutôt dans la faiblesse de l'homme. La puissance du Léviathan serait fondée à partir des impuissances individuelles qui se seraient précisément réunies pour le créer, lui, le plus puissant possible, et remédier à celles-ci. Encore une fois, il s'agit moins « de composer et d'ajuster des forces » , comme, par exemple, chez Aristote, mais bien « de soulager des faiblesses. »  

 

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Paradoxe : le Léviathan s'impose comme ce que les hommes peuvent concevoir de plus fort alors qu'il est fondé et structuré d'après leurs faiblesses. Dès lors, il apparaîtrait comme une sorte de Dieu non plus venu d'ailleurs mais bien venu de l'humanité : un Dieu purement artificiel conçu par et pour les hommes. Qu'importe alors que l'on soit en monarchie, en aristocratie ou en démocratie du moment que le souverain recevrait son pouvoir, au moins symboliquement, sinon techniquement, de ses sujets. La fameuse monarchie de droit divin, plus classe dans l'énoncé, serait de fait une monarchie de droit humain - en attendant de se transmuter en démocratie, le seul régime politique légitime selon Hobbes.

 « Précisément parce qu'elle est fondée sur le consentement, sa légitimité - qui est sa bonté - échappe à toute discussion. A qui objecte ou regimbe, on peut toujours répondre : de quoi te plains-tu, c'est toi qui l'a voulu, et même si tu as voté contre, c'est comme si tu avais voté pour, puisque tu t'es engagé à te plier à la loi de la majorité. »

Tu étais contre le Mariage pour tous mais tu n'as jamais été contre la République qui décida de faire voter au Parlement ce Mariage pour tous - donc tu es obligé d'accepter républicainement celui-ci (et même si en effet, on aurait pu faire un référendum sur ce sujet comme en Irlande). De même, Hollande est ton président, homme de droite, comme Sarko était ton président, homme de gauche. Quant à la loi, elle sert moins les intérêts du souverain que ceux des hommes entre eux. Elle est là pour que ceux-ci, individus atomiques, querelleurs nés qui se trollent les uns les autres, ne se heurtent plus comme dans le premier état mais puissent se mouvoir comme ils l'entendent - et même s'entendre. « Elle [la loi] est semblable à ces haies qui empêchent de s'égarer dans le champ du voisin, non de marcher sur le chemin. » Elle est prise en considération du voisin, cet autre contrariant qui me ressemble tant. Elle est prise de conscience que "je" fais (ou fait) partie d'un "nous". Si l'individualisme est un absolutisme qui aboutit au libéralisme, le Léviathan est la première force politique qui conduit du "je" au "nous".

 

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« La pensée de Hobbes est ainsi la matrice commune de la démocratie moderne et du libéralisme. Elle fonde l'idée démocratique parce qu'elle élabore la notion de la souveraineté établie sur le consentement de chacun ; elle fonde l'idée libérale parce qu'elle élabore la notion de la loi comme artifice extérieur aux individus. »

Neutralité de l'Etat (rendu pour autant plus fort qu'aucun autre), désacralisation du pouvoir, artificialisme de la loi. En un mot, libéralisme.

Tout le problème de nos démocraties libérales sera alors de savoir jusqu'où s'arrête cet artificialisme - s'il est partiel (démocratie chrétienne : la nature humaine existe, vive la différence sexuelle !) ou s'il est total (démocratie athée : la nature humaine n'existe pas, vive la théorie du genre !) Si l'on est hobbien orthodoxe, on peut estimer qu'il y a une nature humaine irréductible - la preuve : tout a commencé à partir de la peur de la mort. Si l'on est hobbien sans limites, hobbien dégénéré (c'est-à-dire sans génération, sans état de nature), alors on va osciller entre le nazisme et le transhumanisme.

Le paradoxe est que si pour Hobbes, l'absolutisme protégeait du religieux, pour Locke et pour Rousseau qui reconnaîtront la justesse de ce combat, le véritable ennemi n'est plus tant le religieux, vaincu par l'absolutisme.... que l'absolutisme en soi ! (en plus, pour Rousseau, de l'inégalité, fléau de cet absolutisme.) Il faudra donc un Léviathan d'un nouvelle sorte pour se débarrasser de l'ancien.

 

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A SUIVRE : LOCKE.

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