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Eddy Frederic (1961 - 2015)

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"On ne perd pas ses amis, on les démasque", écrivait-il dans sa Règle.

Eddy Frederic, belge de Knokke-le-Zoute, quinquagénaire parti en vrille depuis des lustres, vivotant de ses seules rentes maternelles, d'ailleurs paumé depuis la mort de celle-ci ; cinéaste raté, auteur in extremis de quelques courts-métrages improbables et de scénarios refusés (dont son grand oeuvre, "La Règle", chronique mal foutue traitant de la toxicité des relations amicales et qu'il m'avait un jour supplié de lire contre deux pintes de Carlsberg, ainsi que d'un "Verdun" qu'il concevait comme Kubrick concevait son Napoléon) ; se vantant de connaître le monteur de Francis Veber, son seul contact cinématographique, et avec qui il réaliserait, disait-il entre six rouges, un jour tous ses films ; homme-enfant rêveur, attachant et puéril, nous parlant à Manu, M. Alain, Carole, Florence, Christophe dit "le colonel", et moi, de "Sabrina" et de "Melancholia", ses films préférés, avec des trémolos dans la voix ; d'ailleurs drôle quand il le voulait, ayant un culte pour William Holden, son modèle mâle, vibrant comme on vibre quand on aime le cinéma, cet art de foire qui nous fait oublier notre condition - car pour le reste, pochtron attitré du Suffren, et mon convignon de bar depuis des années, parfois agressif, mythomane, parlant tout seul au téléphone et croyant nous faire croire à des conversations d'affaires qu'il aurait pu avoir avec son "producteur" dans une autre vie, en quête de sylphide et que je vis une fois bien peigné, presque propre, parce qu'il avait un rendez-vous galant, quoique reconnaissant "n'être pas un cadeau pour une femme", celle-ci étant quand même venue lui parler, j'en fus témoin ; de plus en plus pauvre type avec le temps, pathétiquement seul, pour qui j'étais devenu, avec le "colonel", son autre grand ami de beuverie, de confidence forcée et de soutien désespéré, presque sa seule vie sociale, et qui nous aurait payé cent verres pour nous retenir encore un instant avec lui au zinc et l'entendre se plaindre de la méchanceté de l'espèce humaine et de tous ceux l'ayant trahi au cours de sa vie malheureuse et paresseuse ; ce que, sans doute, je serais le prochain à faire, le trahir, et pour la raison bonne que, répétait-il jusqu'au délire, je lui étais "supérieur" et que tous "les gens supérieurs" avaient fini par l'abandonner, lui, sa gueule, ses projets, son fric, et que c'était certainement bien fait pour lui qui ne valait pas tripette à côté de "nous" ; mais quand même, espérant, avant que cela n'arrive, avant que je ne le laisse tomber comme les autres, que je daigne participer à l'immense soirée dont il rêvait depuis toujours et qui serait le couronnement de sa vie, fête cosmique ordonnée selon sa "Règle", à savoir que chaque personne de sexe masculin devrait venir avec une personne, ou deux, de sexe féminin, l'idée étant de constituer une sorte de communauté amicale et élective, où les femmes seraient plus nombreuses que les hommes (et les sauveraient d'eux-mêmes), où un petit groupe d'happy few surgirait dans ce quartier béni du XVème arrondissement, quelque chose entre La nouvelle Héloïse de Rousseau et Le Coeur absolu de Philippe Sollers, ménage à dix, trouple au cube, clan soeuroral ; soirée qui bien entendu ne s'est jamais faite, l'homme étant bien trop destructuré pour organiser quoi que ce soit, et qui, de toutes façons, était au bout du rouleau, oubliant tout ce qu'il disait excepté le mal de lui-même, et qui est mort dans son lit d'une crise cardiaque la semaine dernière. Adieu, Eddy. 

 

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(600ème note.)

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Commentaires

  • Je dois dire que le récit que tu fais de la vie de ton ami m'en rappelle une autre de vie... dans un autre genre très similaire et c'est bien ce qui m'inquiète...
    Paix à son âme, la nôtre est en guerre pour toujours

  • eddy etait un type sympa et il est mort parce qu'il etait trop sensible et fragile.İl avait ses convictions et il y sera reste fidele jusqu'au bout quitte a y laisser la vie. L'article de son ''ami'' entre guillemets Pierre cormary ci dessus est d'une cruaute inacceptable et incomprehensible. Cormary semble avoir souffert le martyre a l'ombre d'Eddy qui etait un meneur. İl a manque de chance pour aller au bout de ses reves car de la chance il en faut pour reussir notamment dans le cinema. RİP cher EDDY on pense a toi...Khan..

  • Pierre cormary , j'ignore qui tu es en revanche je connaissais bien eddy frederic non pas a travers un Oscar ou cesar mais a travers sa personnalite bien originale qui avait le merite de me sortir ,nous sortir de l'ordinaire.J'ai connu ce garçon en tant que copain et ami avec qui je faisais des virees dans st germain pour draguer de jolies filles dont il avait un gout tres prononce.Je suis consterne par sa mort subite mais choque par ce qui aurait du etre un hommage au defunt et qui n'est d'autre qu'un miserable pamphlet minable de bas niveau du meme niveau que son auteur car si j'ai bien compris tu n'etais pas capable de lui dire en face ce que tu ressentais au fond de ta haine profonde qui me semble bien naturelle. Tu ne parles pas des qualites de l'homme mais que de ses defauts comme si tu n'en avais pas.Comme si toi tu lui etais superieur comme tu as la naivete et la betise de croire car l'homme par son cote sensible et humain t'etait largement superieur sans nul doute. Sur le plan professionnel tu es loin d'etre le nouveau rimbaud ou le futur Nobel et je n'ai jamais entendu parler de toi.Donc tu serais toi meme un ecrivain ou un poete rate.Tu n'as pas eu le courage de dire en face a Eddy ce que tu penses de lui c'est dommage car il n'aurait pas perdu du temps avec toi comme il semble en avoir perdu avec les autres.İl a raison de penser qu'il a ete trahi et lache comme c'est le cas pour toi.Tu devrais avoir honte de ce que tu as ecrit sur celui a qui tu as fait croire que tu etais un ami et confident et de l'avoir donc trahi par ces confessions publiques dont j'ai moi meme honte pour toi.Eddy est parti parce qu'il etait sensible et reveur et deçu par ce monde qui lui etait trop severe mais au moins il sera parti fidele a ses convictions. Sa naivete lui aura surement epargne une mort plus precoce causee alors par une telle trahison dont il n'aura pas eu connaissance pour son grand bonheur en lui permettant donc de prolonger de quelques annees son existence. Que dire de plus si ce n'est te remercier d'avoir ete hypocrite avec Eddy mais il semble evident que tu ne feras jamais partie de ces grands par le coeur et l'aura qui eut ete de rendre un vrai hommage a un ami qui vient de disparaitre.Je ne peux que me joindre a Eddy qui pensait a la mechancete de l'espece humaine a la difference que moi j'ai la chance de pouvoir discerner les mauvais et mechants mais surtout betes comme on dit bete et mechant non pas par hasard. Tu fais partie de ceux la qui sont betes et mechants. Je ne t'aurais surement jamais frequente quitte
    a parler tout seul dans mon telephone comme Eddy semblait le faire mais peut etre aussi parce qu'il etait deja deçu de te frequenter.Apres tout Eddy ne serait il pas mort en raison d'une depression profonde et de deprime pour avoir ete deçu par des gens comme toi ou simplement et seulement par toi ? Ne serais tu pas le responsable de la mort d'Eddy apres tout ? Le bougre n'est pas mort en faisant de la gymnastique mais de par une profonde melancolie et tristesse . Ta maniere aussi cynique de lui rendre hommage me laisse penser que tu es celui qui a cause sa mort par cette crise cardiaque tellement tu as du lui faire du mal moralement. İl faudrait presque t'attaquer en justice pour homicide involontaire ou non
    assistance a personne en danger. Mais en vaux tu la peine ? Devrais je daigner poursuivre une ordure de ton espece car tu en es une ! Ce commentaire je me suis donne la peine pour Eddy en sa memoire par respect pour lui. Je ne l'ai pas ecrit a toi directement.İci le personnage
    principal s'appelle Eddy et sans Eddy je n'aurais pas depense un soupçon d'encre pour toi.Le personnage principal s'appelle Eddy et toi tu n'es que le pale figurant mecontent d'avoir subi la loi du metteur en scene genial qu'etait Eddy.Tu as voulu te venger d'avoir toujours ete son ombre car connaissant bien Eddy en meneur d'hommes et parfait organisateur je comprends bien ta rancune et ta haine envers lui. Tu ecris que tu lui etais superieur car en verite tu es l'inverse. Si tu l'etais en vrai tu n'aurais pas eu besoin de l'exprimer tout comme exprimer la haine envers lui. Eddy t'a ecrase et humilie par occasion et tu ne l'as jamais supporte cela est clair. Une chose est claire, en trahissant Eddy,tu t'es trahi toi meme. En salissant Eddy tu t'es sali toi meme. L'arroseur arrose. En voulant paraitre superieur tu as fait l'aveu de sa superiorite. En parlant de Eddy le rate, tu as parle de toi meme. Comme quoi il vaut mieux ne rien dire quelques fois quitte a ne pas etre demasque tu ne crois petite cervelle de moineau ?
    Pour info je m'appelle Khan , eros etant mon pseudo. Khan n'aimait pas specialement Eddy mais il appreciait l'homme sympathique avec ses faiblesses. Un conseil,tu peux toujours te repentir et te rattraper avec un nouveau texte en veritable hommage cette fois comme pour montrer que tu n'es pas si nul que ça.Je pense que ça en vaut la peine,Eddy sera content et te pardonnera depuis la haut je pense.

  • je constate que je suis le seul a avoir rendu un hommage a Eddy notamment en reponse a l'attaque aussi acerbe portee sur Eddy par Pierre Cormary que je tiens neanmoins a remercier pour avoir laisse paraitre ma reponse qui n'etait pas des plus elogieuses a son egard. C'est tout a son honneur et qui montre a l'occasion qu'il a une certaine grandeur d'ame ce dont je le felicite meme si je reste toujours mecontent de son texte aussi mechant envers Eddy. Ceci dit j'ignore la qualite et le niveau amical de leur relation ce qui pourrait rendre legitime l'attaque car on peut aussi penser que Eddy en a fait baver a Pierre Cormary parce que Eddy avait un caractere difficile. J'attends vos reactions sur Eddy et vous pouvez me contacter sur erostardelli@yahoo.fr . Merci encore a Pierre Cormary pour avoir dedie un site ou forum a Eddy.

  • Bonjour Eros Khan,

    et d'abord merci de vos trois commentaires qui ont le mérite d'évoquer la mémoire d'un ami commun et dont je désespérais d'en rencontrer un jour un. A vous dire la vérité, je comprends votre première réaction de colère concernant ce texte qui au premier abord peut paraître infiniment cruel à l'égard de notre regretté compagnon. Mais cette cruauté n'est pas un jugement. J'évoque ce qu'il était ce qu'il savait qu'il était. Il me semble qu'on doit la vérité à une âme. Et comme je crois aux âmes, je ne pense pas que la sienne m'en veuille d'avoir était vrai à son endroit. Car aucune morale dans mon texte qui n'est ni un pamphlet ni une "attaque" et n'obéit à aucune volonté de "régler des comptes" post-mortem. J'ai simplement voulu raconter, évoquer, éterniser, le type blessé qu'il était, ultra-sensible, et donc ultra-destructeur, à l'instinct artistique sûr mais dans l'incapacité douloureuse de se réaliser. Notre amitié était celle de deux habitués au bar. Il me racontait sa vie, ses rêves, ses chutes et rechutes, je lui donnais des conseils, l'exhortant à retourner à ses scénarios et à ses courts-métrages au lieu de s'en prendre à la terre entière et de faire tous les bistrots du quartier. J'ai même lu certains de ses synopsis sous sa demande forcenée - car oui, Eddy avait aussi ce caractère impossible, exigeant des autres ce qu'il ne pouvait faire lui-même. Et donc, j'ai lu sa Règle, son Verdun. Nous en avons parlé. La Règle était une bonne idée - et j'ai même emprunté une phrase pour la mettre en exergue de mon texte : "on ne perd pas ses amis, on les démasque", qui me semble d'une extraordinaire justesse, et pour lui, et pour moi.... et pour vous. Puisque nous voilà deux à évoquer sa mémoire , ce qui est déjà énorme, car c'est à partir de deux qu'on peut évoquer, et donc faire revivre, un tiers.

    Donc, voilà. Je ne me "repentirai" évidemment pas de ce texte qui restera comme la seule trace de la présence d'Eddy au monde - d'autant plus que c'est grâce à lui que vous, son autre ami, avez surgi ici.

    Cordialement.
    Pierre C.

  • merci Pierre Cormary pour ta reponse. Nous sommes pour l'instant deux a evoquer le personnage d'Eddy Frederic ce qui est bien peu malgre les progres comme le web grace auquel je peux ici partager ce que je ressens envers cette personne qui n'etait pas reellement un ami mais une frequentation restant irreguliere bien que frequente durant une periode definie.Je te remercie une nouvelle fois pour l'avoir evoque meme si ça n'etait pas a mon regret tres elogieux a son egard . Une personne morte ça se respecte et avec la mort la personne disparue gagne en valeur et revet de l'importance par l'intermediaire d'un hommage. OR, ce que j'ai pu lire n'avait rien a voir avec ça mais etait en lien direct avec le vecu et le reel tel que tu l'as ressenti. Toutes les verites ne sont pas bonnes a dire et il fallait respecter cet adage d'autant que notre cher Eddy n'est plus de ce monde. Dieu ne nous a pas cree parfaits ni egaux. Nous sommes differents et inegaux et cette inegalite entre les individus est quelques fois d'une cruaute que nous devons accepter mais aussi respecter. Eddy avait ses defauts mais nous avons aussi les notres. Tu sais bien que tu es loin d'etre parfait meme si tu essaies d'y aspirer. Ton texte par sa cruaute meme si tu appelles ça de l'honnetete a dire la verite se caracterisait par son manque de tolerance or la tolerance fait partie des qualites de l'etre parfait. Tu as aussi tes defauts et qui sait ce que racontera un de tes amis a ta mort. Moi je dors tranquille sachant qu'au moins mes amis ou mes connaissances ne diront pas de mal de moi. Bonne continuation a toi.

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