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04 - La question du "réalisme biologique"

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Ses premiers articles sont consacrés à ce qu'il appelle les « techniques d'ahurissement, c'est-à-dire les méthodes employées par les médias pour sidérer l'opinion, désarmer l'esprit critique » et forger ce qu'on appellera bientôt « la pensée unique », expression qui aurait pu faire sa fortune s'il avait pu toucher des royalties dessus puisqu'il en est l'auteur.

Se passionnant de plus en plus pour l'ultra-gauche dont il lit avec ferveur les auteurs les plus radicaux (Lénine, Rosa Luxembourg), c'est pourtant toujours la droite qu'il rêve de réformer. Opérer un aggiornamento de la droite. Une droite, qui grâce à lui, deviendrait critique, positive, activiste. 

Oserions-nous dire comme dans la pub avec Gad Elmaleh  « je rêve d'une droite intellectuelle, d'une droite "d'avenir", d'une droite de civilisation ? D'une droite européenne ? Oui, je rêve d'une droite intelligente.... » Et même d'un nationalisme européen ? D'une Europe identitaire ? Et qui irait de pair avec un « anti-christianisme affirmé » (décidément !) doublé d'une « conception biologisante de la société, qui impliquerait à la fois le matérialisme biologique et le racisme (pudiquement rebaptisé réalisme biologique.) »

----------------------> Voilà, « réalisme biologique », c'est page 77.<--------------------------

Ainsi, tous ceux qui parlaient des errances d'Alain de Benoist et que ses sbires et lui-même accusaient de « parler sans savoir », de « critiquer sans avoir lu », de « polémiquer par ignorance » avaient raison. La rumeur était fondée. Il y avait bien quelque chose d'un peu... heu... bizarre dans le chemin de pensée de cet intellectuel, d'un peu trouble, d'un peu "nauséabond", comme on dit quand on veut se faire bien voir de La France Big Brother. Mais quoi ? Aucune opinion n'est un délit à nos yeux, d'autant plus que dans son cas, il finira par abandonner celle-ci. En vérité, ce « matérialisme biologique » aura été la grande erreur d' « Europe Action », reconnaitra-t-il très vite, avant de prôner un vigoureux antiracisme façon lui.

Tentons, si c'est possible, une approche non polémique de cette affaire.

Et d'abord estimer qu'il y là une contradiction absolue. D'un côté, on prône une pensée d'avenir, positive, voire positiviste, « européenne », voulant dépasser les clivages d'antan, et de fait, profondément anti-réactionnaire. De l'autre, on raisonne comme les racialistes scientistes du XIX ème siècle, on affirme sans complexe, et d'ailleurs sans volonté politique « méchante », la croyance en la hiérarchie des races, on reprend pour son compte cette obscène et d'ailleurs très ringarde idée « que la notion de race était une clef explicative forte de l'Histoire. » 

Et puis, se rendre compte que CE N'EST PAS UNE CONTRADICTION JUSTEMENT !!! Le racialisme a toujours été le fait des pensées positives et anti-chrétiennes. Le racisme ne fut jamais qu'un positivisme biologique - tout comme le socialisme ne fut jamais qu'un impérialisme moral, et même un colonialisme fait pour le bien des peuples (on ne va pas re-citer le discours de Jules Ferry sur "le devoir des civilisations supérieures à civiliser les inférieures.") Là-dessus, Muray a tout dit dans son XIXème siècle à travers les âges. L'antichrétien conséquent ne peut considérer que tous les hommes soient égaux. L'antichrétien est forcément un raciste - ou y aboutit. Et cela même si lui est un brave homme, comme Gobineau l'était assurément, et comme de Benoist est, paraît-il, une personne exquise. 

« Le racisme ne me choquait pas, mais en revanche les comportements racistes me choquaient »,

confesse encore ce dernier, avant de rapporter une anecdote dans laquelle un de ses plus chers amis répondit un jour à une bonne soeur (une chrétienne, donc !) qui était venue auprès d'eux faire la quête pour les enfants du Tiers-Monde qu'elle s'occupait de « singes ».

« Je baissai le nez dans mon assiette, écrit-il alors. J'avais honte, j'avais l'estomac noué. Mais je n'ai rien dit. Aujourd'hui encore, j'ai honte de n'avoir rien dit. Je ne raconte pas cela pour atténuer mes responsabilités. A cette époque, je défendais le racisme, ou tout au moins le racialisme, et je le défendais sans état d'âme, mais les choses sont toujours un peu plus complexes qu'il n'y paraît. »

Ou trop simples.

Alain de Benoist fut donc un racialiste militant. C'est un fait. Alors, aujourd'hui, chacun sa posture. D'aucuns réagiront au quart de tour, "s'indigneront" avantageusement, fermeront Mémoire vive à cette page, se faisant le serment de ne plus jamais ouvrir un livre de ce type toxique et de tous ces affreux de la Nouvelle Droite. Iront jusqu'à boycotter les maisons d'édition et les librairies qui osent vendre les ouvrages de ce « néo-nazi ». Mais nous, que ferons-nous ? Avouerons-nous que cette bavure intellectuelle ne nous choque pas plus que ça et au contraire nous rend son auteur sympathique puisqu'au moins lui l'avoue ?

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Car enfin, rarissimes sont les intellectuels qui reconnaissent qu'ils se sont trompés. Et qui ne s'est pas trompé au XX ème siècle ? Combien de rouges ou de bruns en Pléiade ? Combien de sociologues délirants et dangereux aux rayons de Joseph Gibert, et pas seulement Soral ? Combien de déconstructeurs ayant pignon sur rue ? A nos yeux, Eric Fassin ou Judith Butler sont mille fois nocifs que cet ancien racialiste. Quant à l'appartenance à la "Nouvelle Droite", mon Dieu.... Combien de racailles d'extrême gauche qui font encore les beaux jours de l'université française ? Pour un Alain de Benoist, combien d'Alain Badiou ? Pour un penseur racialiste repenti, combien de penseurs socialistes non-repentis et marxo-léninistes comme au premier jour ? Ah bon ? Ce n'est pas la même chose ? Il ne faut pas tout mélanger ? Très bien. Dans ce cas, vive Alain de Benoist ! Et vive Gabriel Matzneff tant que j'y suis. On peut ne partager en rien l'idéologie criminogène du premier (et à laquelle il a renoncé depuis trente ans) et encore moins la sexualité infantile du second, mais il est impossible de se résoudre à dénigrer le premier ou à renier le second pour des raisons morales. Il est impossible de dénoncer quiconque. Il est impossible d'être intellectuel de gauche. Notre côté années 70, sans doute. Notre côté "Je suis Charlie".

Revenons à notre mouton (noir.)

En vérité, ADB n'avait rien pour être raciste. L'homme aime les voyages et vaut dix Marco Polo à lui tout seul (« dès que je passe une frontière, je respire »). Il a en horreur la centralisation (associée comme toujours à l'être, l'unique, l'immobile) et préfère largement la régionalisation. Il devient bientôt le Zorro des régions, et partant de là, des minorités, des espèces en voie d'extinction, des dieux morts - et des animaux. Deub's est un vegan, putain ! C'est ça que nous lui reprochons, nous ! Car le véganisme, l'anti-spécisme, le genrisme sont autant de tendances qui nient l'altérité des êtres et participent à ce grand retour à l'Unique organique que Deub's dit détester plus que tout. D'ailleurs, le paganisme ne renvoie-t-il pas lui aussi à une nature divine unique où tout est dans tout et réciproquement ? Alors que le christianisme affirme, justement, la différence absolue. Il faudrait le lui demander.

En plus de la finance et des « financiers qui dirigent le monde », ses trois ennemis sont :

- l'Etat-Nation conçu sur le modèle jacobin, centralisateur, dirigiste, autoritaire (symbole Eric Zemmour).

- le christianisme, donc, dénoncé à l'époque comme « une religion étrangère à l'Europe » et qui, à l'époque, lui faisait dire à lui et à ses amis des choses du genre : « - nous ne sommes pas des Orientaux, le christianisme est une religion orientale, et tout ce qui est oriental est mauvais" - Certes, mais fumer n'est-il pas oriental, ami ? »

- le libéralisme individualiste petit bourgeois, produit des deux.

En gros, la trinité ennemie de Alain, c'est la terre, la foi, la liberté - et ça, en plus de son côté vegan, c'est ce qui nous fâche vraiment. Pas touche à mon héritage, mes principes de consolation et mon gigot flageolets, aurait envie de rétorquer le petit bourge déclassé qui est en nous. Si lui a pu céder à la tentation racialiste de la pureté, nous cédons à celle, héréditaire, du privilège. Et qu'est-ce que le privilège sinon l'autre nom, plus grossier, de la pureté ?

 

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