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20/04/2007

Pour Sarkozy, avec ferveur.

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Oui, je sais, c’est un nabot qui met des talonnettes pour paraître plus grand, c’est un fayot qui ne conçoit le pouvoir que comme une extension de son pénis, c’est un butor à qui Jacques Martin un jour cassa la gueule  – quoique Cécilia tout de même, CECILIA ! Excusez du peu. On ne fait pas plus méchamment excitante que cette descendante d’Albéniz, scorpionne à mort, hispanique consanguine, et dont le propos obscène sur le sang français qu’elle est fière de ne pas avoir me fouette le mien ! Rien que pour la voir tout le temps, elle, dans les magazines, à la télé, ça vaut le coup de voter pour lui, non ?

Et puis, il faut aussi savoir jouer un instant le jeu de la « démocratie ». Laisser libre cours à cette défaite de l’intelligence qu’est sa petite opinion. Faire vibrer dans l’isoloir sa doxa  honteuse et triomphante. Etre un citoyen comme un autre obligé de sacrifier sa grande pensée critique au profit d'un candidat forcément moins sublime que celle-ci. Je ne sais pas vous, mais moi je ne peux plus supporter ceux qui font la fine bouche pendant les élections, qui se la jouent sceptico-ironiques, qui donnent l’impression qu’ils ont de l’horizon dans leurs idées. Trop facile de se cabrer dans la critique hautaine du « système » ou dans le rejet cynique des opinions communes. « Quoi, toi l’amoureux des arts et des lettres, tu en pinces pour cet autocrate inculte ?  Quoi, toi, lecteur de Bourdieu et de Derrida, tu vas voter pour cette cruche du Poitou-Charentes ? Comment, toi, le disciple de Guy Debord, tu te mets à croire les fadaises de cette campagne ? Mais tout cela n’est que du marketing politique, mon vieux, de la poudre aux yeux, voilà tout ! Quel naïf tu fais ! Tordant. »

Ces gens que l’on rencontre partout et qui se croient plus intelligents que leurs candidats naturels – alors que n’importe quel homme (ou femme) politique est plus intelligent(e) qu’eux et les exploseraient dans le débat. Tous ces cons qui pensent « élections pièges à cons » ! Toute ces moutons de Panuge qui commencent par dire « moi, personnellement, je ». C’est souvent ce qui me frappe chez ceux qui critiquent la démocratie. Ils la critiquent au nom de la vérité qu’elle dénie, des opinions majoritaires qu’elle permet, des apparences qu’elle impose, mais comme si elle pouvait être autre chose que la loi des apparences et de l’opinion, comme si surtout elle avait un quelconque rapport avec la vérité ! La démocratie, c’est la loi de la majorité, c’est-à-dire de la vie, et ma foi ce n’est pas plus mal. Car la vie, comme le dit Nietzsche quelque part, se soucie plus de ce qui la préserve que de ce qui la met en danger ; la vie est plus sécuritaire qu’héroïque ou révolutionnaire ; la vie rejette les extrêmes et c’est dans la moyenne des comportements, des situations et des idées qu’elle se niche le plus aisément. Et la sagesse des démocraties est, sauf en cas de crise, de faire en sorte que cette moyenne soit majoritaire – les deux termes devenant d’ailleurs, et au grand dam des puristes, démocratiquement synonymes. Tant pis pour ceux qui rêvaient de révolution ou de restauration, il faudra se faire une raison, renoncer à son platonisme d’état et accepter une certaine médiocratisation de système et de pensée qui au bout du compte arrangera tout le monde, y compris eux. Rien de plus salubre que l'exercice de la démocratie. Ca rabat nos caquets et ça nous remet en place.

D’abord, elle n’est pas mal du tout cette campagne. La preuve, elle passionne tout le monde.  Renouvellement des têtes de listes. Dissolution de l’ancienne gauche et de l’ancienne droite. Sortie du post-gaullisme. Tentatives d’un blairisme de gauche et d’un atlantisme de droite. Et puis tout de même, un homme de droite qui n'a plus honte de se dire de droite et une femme de gauche en passe de devenir présidente de la république, ça n’arrive pas tous les jours en France. Alors, bien sûr, il y a les couacs habituels, les dérapages, les outrances, et une certaine confusion des mots et des idées – mais c’est normal après tout, en voilà deux qui prennent quand même des risques, qui essayent des choses inédites (la démocratie participative, la discrimination positive) et surtout qui tiennent bon, ce qui exaspère leurs adversaires qu’ils soient de l’autre camp ou de celui des vingtiémistes bloqués dans leurs schémas debordiens. Moi, personnellement, je trouve ça très stimulant ce brouillage des pistes - un Sarkozy qui se réfère à Jaurès, une Royal qui parle d’encadrement militaire, un Le Pen qui va embrasser la banlieue et une banlieue qui va (en partie) voter pour lui ! Et Bayrou qui à force d’être partout et nulle part risque de faire la nique à tout le monde. Non, c’est quand même autre chose que si l'on avait eu Jospin et Villepin ! Dans les quatre cas, il y a de la mutation dans l'air. Sarko, c'est la rupture avec la droite d'antan et l'anglo-saxonnisation de la France, Bayrou, c'est la révolution du centre, les lettres et la terre, Ségo, c'est la féminitude, et Le Pen, comme dirait l'impayable Soral, c'est l'aventure. Sans oublier Besancenot, le meilleur de nos cinq partis d'extrême gauche, dont trois trotskystes - ah l'exception française !

Donc, pour moi, ce sera Sarkozy. Et avec ferveur. J’applaudis à toutes ses interventions. Je gobe tous ses discours.  J’apprends par cœur toutes ses formules.  Et notamment la dernière, inspirée de Gramsci et citée dans Le Figaro d'avant-hier :  « le pouvoir se gagne par les idées ». Oui absolument – et c’est cela que la gôche ne lui pardonne pas. Pour la première fois depuis cinquante ans, un homme de droite est en train de gagner la bataille des idées. Jusqu'à présent, les politiciens de droite étaient intellectuellement si grotesque (Villiers), lâche (Chirac), suspect (Le Pen), complaisant (Giscard) ou même gauchisant (Bayrou) que les politiciens de gauche, flanqués d'SOS Racisme (sans S comme disait Desproges), pouvaient en faire une bouchée. Or, avec ce satané Hongrois, ils sont tombés sur un os. Il a décomplexé la droite, il a imposé ses valeurs, et il fait avec le Front National ce que Mitterrand avait fait avec le Parti Communiste, l'embrasser pour mieux l'étouffer - bénéficiant en outre du privilège d'être traité de sale immigré par le Paon de Montretout. Normal que les gôchistes soient furax ! Sarko, c'est celui qui fout par terre vingt ans de terrorisme intellectuel. D'où l'ultime rejet qui consiste alors à dire, comme Marianne, que cet homme est fou, schizo, parano, mégalo, dangereux, et qu'il y a en lui de la graine de dictateur. Dangereux pour la défascisation de la vie politique ça c'est sûr, dangereux pour Canal +, certainement, dangereux pour ce communisme du XXIème siècle qu’est l’antiracisme, et comment !

Et puis, quel rhéteur ! J’adore cette façon qu’il a de pulvériser ses adversaires. Qui mieux que lui a dit leur fait aux Le Pen et Ramadan ? Qui ridiculise la plupart de ses adversaires en face à face ? Son arme, c'est la transparence absolue. Toujours confirmer l'objection qu'on lui oppose - comme une fois face à un journaliste - "et vous n'avez pas peur qu'on dise que vous prenez les électeurs de Le Pen ? - Et vous vous n'avez pas peur que des télespectateurs de Le Pen vous regardent" ? Je l’aime bien aussi quand il parle de spiritualité à Onfray ou de littérature à Angot. De Bayrou à Villepin, il est certainement le politique le moins lettré du lot, et celui dont les amitiés populaires (Jean Reno, Clavier, Hallyday) font rougir ses partisans, mais paradoxalement c’est lui qui plaide le mieux pour la culture, les idées, l'esprit. Nouveau riche dans la tradition française, et donc ayant tout à prouver et sans craindre, puisqu'il vient d'ailleurs, les accusations de nationalisme et de racisme, il plaide pour la France ("à qui il doit tout"), se dit inspiré par De Gaulle et Jean-Paul II, déclare que son personnage romanesque préféré est une femme -  l'Ariane de Belle du Seigneur et s'affirme comme européen conscient des origines judéochrétiennes de l'Europe. Remarquable ! Je signe, je vote, je loue. Je suis gaga je vous dis !

Oui, la France a en effet besoin d’ « un moment libéral » comme a dit Luc Ferry, oui, on a le droit de travailler tant qu'on veut, oui, il faut réduire les fonctionnaires - surtout si, comme il l'a assuré, on avantage ceux qui restent. C'est ce que je dis à mes collègues pour les rassurer. Et si par hasard il en faisait trop, s'il se révélait plus méchant que prévu, pas grave, on le remerciera dans cinq ans et le gouvernement suivant n’aurait qu’à changer les choses. C’est aussi pour cela que la démocratie est plaisante. On peut défaire ce qui a été fait. Sauf qu'en général, on préfère entériner les réformes un peu dures (les retraites), car n'est-ce pas, c'est toujours cela de fait.

Pour le reste, atlantiste, philosémite, européen, anti-turc, contre l’adoption d’enfants par les homosexuels, tout me va - même le karcher. Au fond, la seule chose je crains, c’est qu’il ne fasse pas assez. Qu’il se révèle un opportuniste, impuissant et versatile (le mauvais côté du Verseau),  un second Chirac.

En attendant, même le mal qu’on dit de lui me plaît. Avec son numéro de psychopathologie avancé, Marianne aura plus fait pour Sarkozy que n'importe quel numéro du Figaro. Son narcissisme aigu (« si je n’existe pas, il faudrait m’inventer » a-t-il osé dire hier soir lors de son dernier meeting à Marseille), ses colères d'enfant blessé, ses "cicatrices" à la Harry Potter qu'il exhibe partout, sa vulnérabilité d'où il tire sa force (plus on l'attaque, mieux il s'en sort), son indéniable pouvoir de séduction qu'Aude Lancelin dans Le Nouvel Observateur met sur le compte d'une perversité naturelle ("transgresser et punir" titre-t-elle), mais aussi sa perpétuelle prise de risque, sa volonté de ne pas être consensuel même dans son camp (et l’on pourrait en dire autant de Ségolène) qui fait que même s'il dit une connerie, il va jusqu'au bout de sa connerie, ce qui impose toujours plus le respect que de se rétracter vertueusement, « son agilité de funambule »  comme le dit si amoureusement Denis Tillinac dans Valeurs actuelles, son courage prouvé - de tous les politiciens actuels, il est le seul à avoir dans ses bagages sa panoplie de super-héros depuis la prise d'otages de Neuilly. Ce qui fait dire dans le même journal à une autre psy qu'entre Human Bomb et les casseurs qu'il n'a cessé d'affronter, sans oublier les islamistes chez qui il allait faire des discours, prévoyant de se faire huer,   "il y a chez lui une sorte de flirt permanent avec la mort violente" - et qui, conclut assez justement la journaliste, risque de faire peur aux électeurs. Car tout de même, un maniaco-dépressif à l'Elysée... Il n'y a que les maniaco-dépressifs comme moi qui s'en réjouissent !

D'ailleurs, sauf s’il a Le Pen en face de lui, il ne sera pas élu. Et pour des raisons aussi obscènes que celles que ce dernier a avancé. Pas assez français, le Sarko. Pas assez terroir. Pas assez consanguin. Mais « Hongrois », pour ne pas dire d’origine juive - l’histoire du gène risque de se retourner contre lui, le malheureux !  (sans compter le gène antisémite français qui n’a pas fini de faire parler de lui). Pas assez régalien non plus, ni jacobin, ni centralisateur, ni monarchiste. Pas assez « papa » pour tout dire. Qu’est-ce que c’est que ce tuteur étranger qui viendrait bousculer les banquets gaulois – et qui en plus ne boit jamais d’alcool ? Non, face au béarnais ou à la poitou-charentaise, Sarkozy n’a aucune chance.  Les Français se donnent des royaux depuis De Gaulle et pourraient même là se donner une royale. Ségolène, c’est Jeanne d’Arc, Super Nanny, la Vierge Marie et la fouetteuse de François, c’est surtout la Marianne à laquelle elle correspond physiquement et dont toute la France rêve. A la fois lénifiante et sermonneuse,  cajoleuse et castratrice, pratiquant le chantage affectif comme nulle autre pareille et ayant, comme le dit Michel Schneider dans La confusion des sexes, la haine moderne et régressive du sexe. Avec elle comme présidente, on risque de ne pas rigoler tous les jours, même s'il paraît qu’elle ne finirait pas son mandat. Si si si, ce sont des voyantes qui l’ont dit chez Yves Calvi il y a un mois.

Alors ce 22, un nouveau 21 ? Certes, l’ineptie des appels au vote utile risque encore de profiter à Le Pen – comme si le vote utile était un facteur d’excitation pour les gens (cf l’Europe). Le suffrage universel direct, ça sert à exister enfin, c’est-à-dire à faire chier. Et si les Français veulent faire chier leur monde, et surtout les jeunes dont on sait que le FN  est chez eux le premier parti, ils voteront Le Pen dont c’est la dernière ! Mais c’est difficile d’y croire. Ce dimanche-ci, entre les gôchistes échaudés du dernier premier tour et le gang bobo des « TSS » (Tout sauf Sarkozy), tout le monde ira voter et avec acharnement. La vraie inconnue se jouera entre Bayrou et Royal. Et si l'un des deux passe, le béarnais surtout, je ne donne pas cher de mon cher candidat.

Allez hop, du Stalker à Cinématique, de Slothorp à Raphaël, d’Alina à Joseph, du Transhumain à Tlön, d’Ornithorynque à Anaximandraque, de Mithqal à Jugurta, je veux que vous me disiez pour qui vous allez voter. Et sans honte ! Même les frères Casenlarose (qui s’apercevront un jour, les pauvres, que c’est toute la France, sinon le monde entier, qui est consanguin et que plus on nie cette tendance, plus on l’aggrave…) et l’anar Serge Rivron, sont conviés. Allez, viendez, viendez tous jouer avec moi…

Et pour ceux qui ne savent pas encore pour qui ils vont voter ou ne veulent pas comme ça violer le secret de l'isoloir sur un blog aussi névrotique que le mien, voici ce test du Monde qui peut les éclairer ou non :

 http://www.lemonde.fr/web/vi/0,47-0@2-823448,54-885760,0....

 

 

 

Trackbacks

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Commentaires

Et si c'est pas de l'Amour ça...!!!
Si vous faites un petit, mettez m'en un de côté, ça amusera les gosses les jours de pluie.

Ecrit par : Vebret | 20/04/2007

Et après, vous vous étonnez, cher Montalte, d'avoir un jour été rangé sous la bannière des Modernes dans ma liste de liens !
Soutenir Sarkosy, franchement, avec Powys la note d'avant !
(Bon, en même temps, je suis plus que pressé et avoue n'avoir pour l'instant lu que le titre de votre note !!! Mais quelque chose me dit, et notamment le commentaire de Jospeh ci-dessus, que votre texte n'est pas parodique).

Ecrit par : Ludovic | 20/04/2007

Chez moi, c'est le second degré qu'il faut prendre au second degré!

Ecrit par : montalte | 20/04/2007

héhé, sympa cette note, Pierre. Systar votera Sarkozy (enfin, le fondateur de Systar, pas ses collaborateurs...).

Ecrit par : Systar | 20/04/2007

En tout cas, moi, je vous préfère à Christophe Barbier ;-))

Ludovic,
Je crois que tout le monde ne soutient pas Sarkozy pour les mêmes raisons.
Et puis j’ai l’impression que chaque candidat est un peu moderne à sa façon. Regardez, de nos jours même les bédouins du désert ouvrent des blogs et mènent des campagnes son et image afin de promouvoir la joie de se faire péter au C4. Les Chinois sont les champions du monde du capitalisme et les jeunes Iraniens rêvent que papa leur offre la green card pour leur prochain ramadan. Les repères ont la vie dure ; alors on fait ce qu’on peut pour surnager.

Ecrit par : Jokeromega | 20/04/2007

Bonjour!

Je découvre votre blog ,en ayant erré sur les terres onfrayesques (sans jamais ,pour autant,intervenir...très peu pour moi le côté squat/gourou!)

Je sens que la maison est accueillante et recèle des trésors!

Déjà ,mes hésitations "tracteur béarnais" ont disparu :un converti de plus à votre actif!

Je reviens vite,mais je m'imprègne d'abord de l'odeur de la maison avant de choisir ma chambre!

Ecrit par : sbriglia | 20/04/2007

D'abord toutes mes félicitations pour votre excellent texte, et les excellentes raisons que vous exposez excellemment de voter Sarkozy. Je suis à peu près d'accord avec tout ce que vous racontez de votre engouement, et l'absout absolument. Pourtant, je ne voterai pas pour Sarkozy au premier tour, et ne voterai pour lui au second qu'avec l'espoir d'éviter l'éventuelle candidate vichyste qui serait face à lui.

Si je n'aime pas Sarko, ce n'est certes pas pour ce que lui reproche habituellement la pathétique doxa gauchiste : le côté sécuritaire, nabot dictateur et autres clichetons insultants et hâtifs. Je ne l'aime pas parce que je crois sincèrement qu'il fera toujours passer le fric avant la liberté, le fric avant l'intelligence, le fric avant la générosité. Je suis intrinsèquement babacool, comme anar, vous voyez. Ou plutôt, redoutablement chrétien d'obédience catho-cucul. Et puis, j'ai horreur de ce con prétentieux et servile de Donnedieu de Vabre, que je redoute plus pour le développement de la malfaisance en politique et la noyade du "rayonnement culturel" français que n'importe lequel des barbouzes ignares de Ségolène, Le Pen et consorts réunis.
Allez, suffit : je vais essayer de répondre à votre invitation. Pour qui je vote ? L'anarchiste s'apprête à son grand dam à voter mou, c'est à dire Bayrou. Je précise en toute sincérité que je n'ai pas définitivement arrêté mon choix - soyons mou jusqu'au bout, je fais partie des "indécis". J'aurais bien fait dans la Voynet, si elle ne s'était pas vendue à Ségolène. Ou dans Bové, s'il n'était pas si totalement creux. Ou même Le Pen, si je pouvais croire à tout ce que Soral croit. Bayrou m'apparaît le moins pire, ce sera un vote de non-adhésion. La seule idée qui me fera opter résolument pour lui, c'est que sa victoire recomposerait un échiquier politique qui en a foutrement besoin. De toute manière et quel que soit le vainqueur, je serai dans son opposition dès le surlendemain. Anarchistement vôtre,

Serge Rivron - http://francemoinsj.canalblog.com et http://srivron.free.fr

Ecrit par : Serge Rivron | 20/04/2007

Montalte,"bonnet phrygien "c'était moi!

je sens que je vais séjourner en votre demeure...

je continue à m'imprégner du parfum des chambres!

Ecrit par : sbriglia | 20/04/2007

Imprégnez-vous, imprégnez-vous.... Pendant ce temps, je salue les plus prompts à répondre, Joseph et son sentimentalisme débonnaire, Ludovic, l'Ancien modéré, Jokeroméga, et Systar, l'autre powysien du canton, qui avec Serge Rivron est pour l'instant le seul à avoir répondu à ma demande électorale.

C'est drôle d'hésiter entre Bayrou, Voynet, Bové et Le Pen ! Ca va contre toutes les logiques des instituts, toute la rigueur sociologique - et bizarrement, je dirais qu'il faut être de droite pour le comprendre. Car à gauche, on est tellement à cheval sur ses valeurs, que l'on ne comprend pas que des énergumènes comme vous Serge hésitent sérieusement entre des opposés aussi radicaux. C'est que le vote futile est au fond aussi sérieux que le vote utile, mais moins maître chanteur. Et que l'on vote pour bien autre chose qu'un simple "programme".

Ecrit par : montalte | 20/04/2007

Salut Pierre !
Hey, pas mal ton article ! Je souscris assez à tes réflexions générales. Les hommes et femmes politiques sont, le plus souvent, infiniment plus intelligents et cultivés que ce que leurs petites phrases à la con, leurs bourdes et leurs guignols chez Canal nous laissent entendre.
Je souscris beaucoup moins, tu t'en doutes, à ton amour pour Sarkozy, qui dans sa campagne ne parle que d'ordre, d'autorité, de travail, comme si l'état ne devait pas aussi tendre la main, essayer d'améliorer la situation non seulement des plus démunis, mais encore des classes moyennes de plus en plus pauvres. Sarkozy qui n'a rien trouvé de mieux pour améliorer le pouvoir d'achat, que de trimer davantage et de perdre certains avantages sociaux (je me souviens d'une interview du Monde où il expliquait, en gros, que si chaque employé bossait 4 heures de plus par semaine - 4 heures !!!! je les vois quand mes gosses, abruti ? - il gagnerait 200 euros de plus par mois, du moins s'il y avait baisse des charges, et donc de la protection sociale. Bref, vous bosserez 40 heures par semaine, pour gagner quelques euros qui vous serviront à payer vos médicaments non remboursés, du moins quand vous pourrez vous permettre de les emmener chez le médecin, vos gosses, parce qu'avec une semaine de 40h... Tu parles d'un compromis ! C'est ce qui s'appelle se faire baiser. Sarkozy, qui dit tout et son contraire, et fait même de cette indifférenciation un principe absolu. Qui n'a d'autre vision de la population qu'une vision cadastrale. Qui ose affirmer qu'il aime la classe ouvrière puisque, ma bonne dame, il a visité une usine l'autre jour. Qui promet à ses collaborateurs, aussi cons soient-ils, de leur casser la gueule, à ces enfoirés de connards. Qui veut foutre nos gamins chez le psy au prétexte qu'ils auraient un jour mordu ou baffé un imbécile dans la cour. Qui ne drague les communautés visibles pour leurs voix potentielles, sans même se demander si d'autres communautés, moins visibles, n'auraient pas quelque intérêt pour la France (mais ça, il n'est pas le seul). Eh bien, oui, les Noirs, les Arabes, commencent à faire entendre leur voix, à réclamer de faire l'objet de quota à l'assemblée, à la télé, partout, mais les autres ? Les Chinois, les Laotiens, les Vietnamiens, pour ne citer qu'eux ? Il sont extrêmement nombreux, mais ne font pas parler d'eux. Ah, elle est belle, l'égalité ! Discrimination positive ? Mon cul, oui ! Une prime à la mauvaise intégration, oui ! Pourquoi pas un quota de blondes, aussi ? De gros ? De femmes à lunettes ? D'homosexuels ? De bisexuels ? La discrimination dite "positive" n'est qu'un moyen commode de prôner la discrimination tout court (il faut être soit très con, soit très cynique, pour ne pas admettre que s'il y a discriminé positif, il y a de l'autre côté un discriminé négatif). Sarkozy, qui est détesté par les flics eux-mêmes parce qu'il promets monts et merveilles dans les médias, et désengage la police là où les citoyens en ont besoin. Qui prétend ne pas remplacer 50% des départs à la retraite de fonctionnaires, alors qu'une telle mesure exigerait (mais ça il ne le dit pas) de restreindre dramatiquement certains services rendus au public (il n'y pas assez d'emplois dans la police, dans les hôpitaux, à l'éducation, et dans la plupart des collectivités territoriales...). Sarkozy, surtout, qui prétend que l'homosexualité, la pédophilie, le suicide, sont des comportements génétiquement déterminés alors même que les connaissances scientifiques ne le lui permettent absolument pas. Alors même que les fichiers ADN de la population se constituent peu à peu (surtout depuis la loi Sarkozy de "sécurité intérieure" du 18 mars 2003, qui étend le prélèvement obligatoire à quasiment tous les délits, même les plus bénins) et seront vraisemblablement généralisés dans les années à venir, menace terroriste oblige (Surveiller punir, en effet). Sarkozy qui quelques lignes avant sa saillie sur la génétique, érigeait le libre arbitre et la responsabilité individuelle en valeur absolue. Il y a une logique à tout cela. Et cette logique pue à plein nez.
Il s'agit d'une élection présidentielle. Sarkozy a par ailleurs de bonnes idées, comme Bayrou, comme Royal, comme d'autres. Mais on élit un PRESIDENT. Quelqu'un qui doit porter une vision, qui soit à la fois haute, noble, et réaliste, de la France et du monde. Qui soit le président des Français, pas des actionnaires, ou des minorités, ou du terroir. Si la démocratie participative de Royal n'est pas un horizon qui m'excite (encore que son slogan "La France présidente" a au moins un sens, contrairement à "Ensemble, tout est sarkozyble"), l'adhésion, à plusieurs reprises, par Sarkozy d'un déterminisme génétique, m'en dit suffisamment sur le personnage pour que mon vote lui soit refusé. Comme beaucoup, il ne lit pas sans doute pas assez de science-fiction. La détection anticipée de la délinquance rappelle à la fois Rapport minoritaire, la nouvelle de Dick adaptée par Spielberg (question posée : admettons que l'on puisse VRAIMENT anticiper le crime : quelle légitimité a-t-on pour tenir compte de cette prévision, puisque le crime, précisément, n'a pas encore été commis ?), et la transposition de Surveiller et punir par Alain Damasio dans La Zone du Dehors. Dire être enclin à penser qu'on "naît pédophile", c'est accorder à son opinion personnelle, à sa foi irrationnelle, plus de valeur qu'à la communauté scientifique. Il pourrait aussi bien se dire enclin à penser que la théorie de l'évolution c'est de la merde. Que l'homosexualité, puisque selon lui elle est d'origine génétique, est une maladie. La SF a prévu cela depuis longtemps. Elle est là pour nous mettre en garde. Et qu'on ne me dise pas que je caricature, surtout. Je suis comme le héros de Dead Zone : j'entrevois la possibilité que Sarkozy fasse plancher son gouvernement sur des lois ultrasécuritaire et liberticides, comme il l'a déjà fait. Un patriot Act français ? Sarkozy au pouvoir, vous pouvez compter dessus.
J'ignore bien sûr si Sarkozy est effectivement un cinglé (c'est ma conviction mais elle reste purement subjective) ou s'il a seulement tendance à sortir des conneries sans réfléchir (comme sa concurrente), mais j'applique le principe de précaution.
Euh, Serge Rivron, vous plaisantez ou quoi ? Ainsi craindre les dérives sécuritaires de Sarkozy serait céder à la doxa de ces affreux-affreux gauchistes, tandis que le combattre parce que, je vous cite, "il fera toujours passer le fric avant la liberté", ce serait une raison subtile et intelligente ? Ridicule. Oui, je crains AUSSI Sarkozy parce que son programme est, à l'évidence, grandement destiné à favoriser les français les plus riches, au détriment des travailleurs qui, eux, devront crever au boulot pour avoir le droit de payer leur loyer. Je n'oublie pas pour autant qui il est, et quelles sont ses idées sur l'ordre, la délinquance, la génétique.
Bref, pour une fois je ne voterai pas pour Besancenot mais, sans honte aucune, pour Ségolène Royal.

Ecrit par : Transhumain | 20/04/2007

Ah et bien voilà, c'est franc, sanguin, pas con, direct, naturaliste, zolien par instant, ça m'en bouche un coin à moi le fifils à sa fonction publique, et ça rééquilibre la balance politique de ce post et ses commentaires. Merci bcp, Olivier. Mais je ne savais pas que tu avais déjà flirté avec l'autre Olivier (de la campagne).

(Bon, y a pas un droitiste uppercut là qui peut lui répondre ?)

Donc,

Serge Rivron : Bayrou (?)
Systar (qui t'a répondu au fait sur La Passion) : Sarko
Transhu : Ségo.

(Allez les lepénistes, courage !)

Ecrit par : montalte | 20/04/2007

Et voilà, Transhu nous a piqué sa crise sarkophobe!!!
Remarquez, du coup, entre Pierre et Olivier, on a de bonnes synthèses des deux argumentaires antagonistes.
Un seul regret, pour moi, qui fout par terre toute l'argumentation de la gauche sur la génétique selon Sarko: le fait qu'elle ait quand même mis 15 jours voire trois semaines à chopper l'interview dans Philosophie Magazine. Bref: on n'aurait pas été en campagne, ça serait passé inaperçu, je ne sais même pas s'il y aurait eu des anti-Sarko pour en parler. A moins qu'à gauche, on soit particulièrement lent pour lire Philo Magazine...?
Le problème avec la Zone du dehors, Olivier, c'est aussi, j'y songe de plus en plus, qu'une lecture de droite du livre d'Alain me semble de plus en plus possible. L'adversaire absolu, dans le livre, c'est moins l'"ordre" (valeur que Ségo défend aussi, je te rappelle... Et avec Ségo, tes mômes ne seront pas fichés, mais s'ils font des grosses conneries à 15 ans, ce qui peut arriver, ils feront un peu de camp militaire de recadrage, ce qui est bien mieux effectivement) que la "gestion", c'est-à-dire le fait qu'on te gère ta sexualité, le nombre de calories dans ta bouffe, tes allées et venues... Ce qu'Alain pointe, c'est donc tout autant la narcose Sarkozy (il y a au moins l'habituelle attention aux sonorités d'Alain...) que le système humanitariste/victimaire de défense de tous ceux qui voudraient se laisser porter sans cesse pour un oui pour un non par des systèmes qui les protègent, sans jamais faire soi-même acte de liberté, volte, évolte (peut-être l'un des plus beaux néologismes qu'Alain ait proposés à ce jour dans son oeuvre). Je regardais l'autre soir l'émission aberrante de Stéphane Bern sur l'obésité, où tout le monde enculait les mouches pour savoir si Macdo c'était vraiment des méchants de vendre des hamburgers hypercaloriques (comme si l'on n'avait pas TOUJOURS la liberté de choisir de bouffer ailleurs qu'au macdo...). On avait évidemment des associations de consommateurs à la con: ça c'est de la gestion, et force est de reconnaître que cette gestion des corps, des estomacs et in fine des âmes n'est pas le monopole de l'Etat, mais qu'il s'agit bien d'un type de pouvoir disséminé, capillaire, "en archipel" aurait dit Foucault.
Bon, ceci dit, après avoir dit cela, moi je suis très content qu'il y ait des ségoléniens de la trempe de Transhu, ça relève le niveau de ce camp. Et ce sera toujours mieux que la fausse nouveauté de Bayrou (immense mirage médiatique, nourri en arrière-garde de pourris, de mous et d'anciens staliniens traîtres professionnels), et bien sûr que Le Pen.

Ecrit par : Systar | 20/04/2007

Très bon papier en effet, Pierre.
Sans UNE MILLISECONDE d'hésitation : SARKOZY, éprouvant les mêmes craintes que toi quant à son côté chiraquien (et ses appels du pied un peu trop appuyés aux Barbus me font vomir) mais étant à bout de la mauvaise foi socialiste et n'en pouvant plus de toute cette merde médiatico-médiatique parisienne qui insulte ce type depuis des semaines.
Royal ? Même un clone de première génération, un de ceux dont le cerveau fonctionne avec deux neurones prélevés sur une poule d'eau, Transhu, a plus d'intelligence que cette... cette... cette quoi au juste ? Nous dirons : bécasse pour filer notre métaphore.
Et puis, la perspective de le voir, notre nabot hyper-nerveux, au second tour me réjouit par avance : songez à tous les crétins qui vont descendre dans la rue pour dire, sur un vieil air connu, "Non au fascisme" que l'on fera rimer sans aucune honte avec sarkozisme...

Ecrit par : Stalker | 20/04/2007

Je suis absolument fascinée par tout le battage électoral, des journaux papiers au blogs, de Pujadas à Dan Brockaw, les présidentielles françaises, y pas à dire, ça fait travailler les journalistes, les wannabes et tous les autres. Fascinée, parce qu'ici au Canada, que dis-je au Québec!, on s'en fout de la politique, du personnage politique. Même l'intelligentsia canadienne - ou québécoise pour les mordus - se fichent pas mal de la politique si ce n'est pour en papoter négligemment autour d'un verre et avoir l'air intello intelligent branché engagé. Fascinée, parce que gavée des discours français (que je suis de loin) qui commencent à me gonfler: plus le premier tour approche, plus on s'énerve: c'est comme le savon, plus on agite l'eau, plus ça mousse. Fascinée, parce que même après le deuxième tour, on en parlera encore pendant des mois de ces présidentielles et de la politique française. Fascinée, parce que le Français même s'il dit n'en avoir rien à cirer, a son opinion sur le gouvernement, la politique et les politiciens. On adore les détester, les déchiqueter à coups de crocs et donner son avis.

Désolée Montalte que mon petit coup de venin tombe sur vous mais voyez-vous, vous êtes le nième blog pas trop con sur lequel je tombe qui parle encore et aussi politique.

Ecrit par : Kate | 20/04/2007

Bon, j'ai lu ton très bon texte, arnaqueur et subtil, et j'y réponds chez moi....Sinon, j'avoue avoir fait le test du Monde après la rédaction de mon propre texte, et me retrouver entre de Villiers et Royal qui se révèlent au coude à coude d'après mes réponses ! (je peux difficilement faire plus désespérant)

Ecrit par : Ludovic | 20/04/2007

Cher Ludovic, lorsque l'on vous pose une question assez précise du type : "Pour qui votez-vous", faut-il systématiquement que vous soyez incapable d'aligner QUATRE mots tels que : je vote pour Machin... ? ou bien : je vote pour Machin, quitte, ensuite, à ce que vous nous expliquiez pourquoi tous sont de toute façon pourris et que ce monde méhaigné n'attend plus que les cosaques (ou le saint Esprit, version moins paganisante) ?
Quatre mots.
Promis juré : pas un de plus.
Comment faites-vous donc pour vous retrouver entre Royal et Villiers, faudra m'expliquer : vous devez vraiment être dist