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Deux ou trois choses que je commence à comprendre du protestantisme II - La foi insoumise

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Donc, le catholicisme, c’est de penser : « même si je ne le sens pas, cela doit être ça et tant pis si cela me fait mal, c’est un bien que je ne comprends pas encore. Il faut souffrir pour être sauvé ». Alors que le protestantisme suggère : « si je ne le sens pas, c’est que cela ne doit pas être ça, cherchons donc le vrai bien qui me fera du bien. Il faut être heureux pour être sauvé ».

Le protestantisme comme thérapie. Les cathos en font des gorges chaudes alors qu'ils devraient en prendre de la graine. Le « born again » n'a pas bonne presse (à cause de Bush, des évangélistes américains, des fous furieux de Dieu qu'on trouve aussi dans les sectes néo-protestantes - d'ailleurs rejetées par l'Eglise réformée) alors qu'il n'y a pas plus chrétien. Ressusciter au présent. Renaître. Reprendre (coucou, Kierkegaard !). Croire pour être heureux. Le Deutéronome n'arrête pas de le dire : la loi est là « afin que vous soyez heureux ».

Luther l'affirmait comme tel. James Ellroy dans Ma part d'ombre, aussi - « sois sobre [charité], aie confiance en Dieu [foi] et baise [espérance]». 

Le protestantisme comme thérapie et théodicée (je vais beaucoup me répéter dans ce cycle.)

La prédestination comme apocatastase personnelle.

 - Que l’enfer ne dépende plus de moi, voilà la véritable libération - 

Luther ou l'antidote - l'anti-Dante.

Sola gratia mais aussi sola fide - « car dans la foi, j’ai mis tout en abrégé. »

La foi comme confiance.

La charité comme culture du sujet, approbation de l’être, ouverture à l’autre. La charité comme oui à l'autre.

L'espérance comme insouciance.  L'espérance insouciante. Le salut insouciant.

Dieu non plus comme une échelle barbelée mais comme un ascenseur ou un escalator qui vient à vous (échelle de Jacob) et qui remonte avec vous.

Dans le protestantisme, Dieu fait du bien, élève au bien, donne du bien – et cela parce que tout est bénévole, gratuit, innocent. Il n'y a pas de donnant-donnant. Il n'y a pas l'horrible « je te sauve à la condition que... » catholique. « Non, aie confiance en moi et je pourvoirai à tout. »

Dieu en direct et en tout (désir, intérêt, passion). Dieu qui m'apprend à voir le bien dans tout ce que je veux (faire). Dieu qui fait aimer le bien plutôt que craindre le mal. Dieu qui délie du mal, décloue de la crainte, donne à approuver et à faire au mieux - car faire au mieux, c'est déjà faire du bien. 

Comment ne pas être protestant ? 

Semaine sainte 1996 (26 ans) - je me reconvertissais au catholicisme après le plus sale moment de ma vie. 

17 décembre 2020, vers une heure trente du matin, après une crise d'angoisse, je me découvre luthérien (bon, cela couvait depuis longtemps, depuis toujours en fait - depuis Kierkegaard, Pascal et mon pseudo internet : "montalte@aol.com")

24 janvier 2021 - premier office protestant à l'Oratoire du Louvre (et pour une prédication sur l'unité des chrétiens faite par... un prêtre catholique ! Je ne pouvais rêver meilleur passage.)

28 février 2021 - première communion (c'est le cas de le dire) luthérienne à la paroisse Saint-Jean de Grenelle avec le pasteur Jean-François Breyne... à deux pas de chez ma chère (et très orthodoxe) Aurora qui devait mourir dans la nuit du 14 au 15 mars à l'âge de 89 ans. La plus belle et grande rencontre de ma vie.

 

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Picon La foi insoumise.jpg

« Je haïssais ce terme de justice de Dieu qui punit les pécheurs (…) Je m’indignais contre ce Dieu, nourrissant secrètement sinon un blasphème, du moins un violent murmure, je disais : comme s’il n’était pas suffisant que des pécheurs misérables et perdus éternellement par le péché originel soient accablés de toutes sortes de maux par la loi du Décalogue, pourquoi faut-il que Dieu ajoute la souffrance à la souffrance à et dirige contre nous, même par l’Evangile, sa justice et sa colère ? »

Tout part de là. L'horreur de la justice divine. L'horreur de la rétribution. L'horreur de l'ordre des mérites. L'horreur des souffrances célestes après les souffrances terrestres - et que le sadisme catholique estime méritées. L'horreur du piège moral dans lequel Dieu semblerait vouloir nous enfermer. L'horreur de la responsabilité impossible à laquelle il nous condamne. Et aussi l'absurdité de la croix. A quoi a donc servi celle-ci si elle ne nous a pas définitivement sauvés ? L'enfer rend caduque la Passion. L'enfer suppose que la croix n'ait été que du temps perdu. L'enfer constitue l'échec de Dieu et de son soi-disant amour. Du moins chez les catholiques, les seuls chrétiens qui croient encore réellement, scientifiquement, juridiquement à l'enfer éternel (même si, exceptés quelques fanatiques sur lesquels il faudra un jour que je revienne, Guy Pagès, Jean-Marc Bot, Damien Saurel, ils en ont un peu honte.)  

Si justice de Dieu il y a, il faut alors prendre le mot « justice » dans un autre sens que celui pénal et mortifiant auquel on nous a habitué. En vérité, la justice divine opère en nous bien plus qu’elle nous juge. La justice divine nous juge moins qu'elle nous rend justes. La justice divine est le contraire d'un jugement dernier ; elle est bien plutôt un jugement premier qui nous donne toutes les chances. Qui nous justifie par avance. La justice de Dieu est avant tout justification. 

Elle nous sauve « à notre insu », écrivent sans trembler Picon et Gagnebin dans leur merveilleuse Foi insoumise (p 44). Elle nous saisit en elle. Elle nous rend « agréable à Dieu ». Elle déroge à toutes les règles de la réciprocité, du contrat, du calcul, des bonnes ou mauvaises oeuvres. Elle est ce sens injuste. La justice de Dieu est divinement injuste

Dès qu’il a compris cela, Luther s'est senti « un homme né de nouveau et entré, les portes grandes-ouvertes, dans le paradis même. » Le salut était possible non après mais avant, non pas à faire mais déjà fait.

Mais la chute ? Le péché ? Sont-ils levés ? Que non. Mais ils sont séparés. Le pécheur est pécheur en lui-même mais non en Dieu. « En moi-même, en dehors du Christ, je suis pécheur ; en Christ, en dehors de moi-même, je ne suis pas pécheur », écrit Luther - apaisante parole et qui renvoie à la condition humaine telle que l'a décrite saint Paul pour l'éternité : « je fais ce que je ne veux pas, je ne veux pas ce que je fais », verset renvoyant lui-même à cette autre merveille de l'auteur anonyme du Nuage d'inconnaissance : 

« Ce n'est pas celui que tu es que Dieu regarde avec les yeux de sa miséricorde, mais celui que tu as désiré être. »

C'est que Dieu croit en moi (et tellement plus que je ne crois en lui !). Dieu voit en moi, me comprend et me pardonne (et tellement mieux que je ne saurais jamais le faire moi-même ! Se pardonner soi-même, voilà l'enfer). C'est aussi ce qu'il faut comprendre. La foi, ce n'est plus tant moi qui crois en Dieu que Dieu qui croit en moi. Croire en Dieu, c'est croire qu'Il croit en moi. C'est Lui qui fait le premier pas (Pâques 96) et sans doute le dernier. 

Dieu ne me lâche pas - la voici, la bonne, l'excellente nouvelle. Qu'importe que je sois pécheur, faible et lâche ! De toute façon, c'est le lot de l'humanité. Et s'il s'agit de s'amender, alors, laissons-nous aller en Dieu, laissons-Le opérer en nous - et l'intendance du moi, du Ça et du Surmoi suivra. 

Et c'est pourquoi le seul péché n'est pas le vice mais le désespoir. Mais le désespoir tient-il la route devant Dieu ? Hypothétiquement, oui, mais réellement ? Le péché irrémissible est-il possible ? Combien de conversions invraisemblables à la saint Paul sur le chemin de Damas ? Quelle créature a pu voir Dieu et lui dire non ? Autant s'empêcher de bander devant une femme qui nous excite. Non, la vérité est que Dieu est imparable. Même Judas s'est repenti (Matthieu 27-3), donc même Judas a dû être sauvé, n'en déplaise à l'abbé Pagès. Y a-t-il eu un jour au monde un Judas non repenti et très content de lui jusqu'au bout ? Si le christianisme est un mystère, le mystère est bien dans ce rapport non contractuel ni légaliste entre pécheur et rédemption, foi et salut. 

 

raphaël picon,laurent gagnebin,protestantisme,la foi insoumise,martin lutherSi la morale commune oppose le péché à la vertu, le christianisme authentique oppose le péché à la foi - et tel que l'écrit ce grand luthérien anticlérical de Kierkegaard à la fin de l'avant dernier chapitre du Traité de désespoir.

« Le scandale donc, c'est de désespérer de la rémission des fautes. Et le scandale élève le péché à un degré supérieur. On l'oublie d'ordinaire, faute de compter vraiment le scandale comme péché, et, au lieu d'en dire mot, on parle de péchés, où il n'y a place pour lui. Encore moins le conçoit-on comme portant le péché à un degré supérieur. Pourquoi ? Parce qu'on n'oppose pas, comme le veut le christianisme, le péché à la foi, mais à la vertu. » (p 239, Folio)

Et puisque j'en passe par Kierkegaard, rappelons que pour celui-ci, le christianisme est l'incompréhensible par essence :

 « Père céleste, je te rends grâce de n'avoir jamais exigé d'un homme l'intelligence du christianisme ; je serais, autrement, le dernier des malheureux. Plus je cherche à comprendre, plus je le trouve incompréhensible, plus je ne découvre que la possibilité du scandale. C'est pourquoi je prie de toujours l'accroître en moi » (p 247, Folio).

Scandale des « cinq Solas » : Sola Gratia, Sola Fide, Sola Scruptura, Solus Christus, Solus Deo Gloria. Scandale de la grâce seule. Scandale de la justice comme justification. Scandale des bonnes oeuvres jetées aux orties. Au bout du compte, le protestantisme est folie pour les orthodoxes et scandale pour les catholiques.

Scandale, au fond, de l'Ecriture que Luther ose lire comme personne ne l'a lue avant lui - mais peut-être parce qu'on ne l'avait jamais lue, parce qu'on faisait semblant de la lire mais qu'on se gardait bien de la comprendre, trop antisociale et amorale qu'elle était ! Et pourtant, pourtant, tout le luthérianisme était contenu dans ce verset de l'Epître aux Romains (I-17) où le Sola Fide (seule la foi) surgissait dans toute sa splendeur :

« Car en lui [au salut] se révèle la justice de Dieu, par la foi et pour la foi, selon qu'il est écrit : "le juste vivra par la foi" ».

Un peu plus loin, on nous expliquerait que la Loi n'a jamais été là que pour la connaissance du péché. La Loi -  méthode épistémologique, rien de plus. 

« ... parce que par les oeuvres de la Loi aucun homme ne sera justifié devant lui ; car par la Loi vient seulement la connaissance du péché » (III-20).

Et dès lors, grâce pour tous et, summum du scandale, grâce gratuite :

« Car il n'y a pas de distinction [entre les pécheurs] ; tous, en effet, ont péché et sont privés de la gloire de Dieu. Ils sont justifiés GRATUITEMENT par sa grâce en vertu du rachat qui est en Christ Jésus (...) » (III-23)

En n'oubliant pas ce verset capital des Ephésiens :

« C'est par la grâce en effet que vous êtes sauvés par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous : c'est le don de Dieu. Cela ne vient pas des oeuvres pour que personne ne se vante. » (II 8-9)

Et d'ajouter : 

« Car nous sommes son ouvrage, créés en Christ Jésus en vue des oeuvres bonnes que Dieu a préparées D'AVANCE pour que nous les pratiquions. » (II-10).

 

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Le Septième sceau, Ingmar Bergman

 

Prédestination chérie, me voici !

Il faut la comprendre, celle-ci - et éviter de la délirer pour se faire peur. Comme le serpent d'airain des Nombres, symbole inattendu du Christ et donc de guérison, elle n'est pas ce que l'on croit. 

Certes, Calvin l'a pensée dans son insoutenable radicalité (Dieu prévoyant d'avance les élus et les damnés quoi qu'on fasse) mais comme le disent Picon et Gagnebin, cette doctrine, loin d'effrayer les ouailles, a été au contraire « perçue et vécue comme profondément libératrice. Elle libérait les hommes de l'angoisse du salut puisqu'ils n'y pouvaient rien. »

Mieux - en tant qu'elle conduit à la confiance absolue en Dieu, la prédestination est le premier pas vers le salut universel (Picon, Gagnebin, p 51). Elle a bien quelque chose de l'apocatastase.

Ce n’est pas pour autant que je suis prédestiné que je dois m’endormir sur mon salut. Au contraire, il faut que je fasse fructifier celui-ci, l’éprouver, m'en servir - Dieu est à mon service, je ne dois jamais l'oublier. La vérité est que je suis embarqué dans mon salut. D'où sans doute de nouvelles angoisses... Mais qui sont d'une nature très différente de celles suscitées par le libre-arbitre traditionnel. C'est là un clivage essentielle de l'âme humaine : pour les uns, ne pas être absolument libre, c'est l'horreur ; pour les autres, c'est l'être absolument qui est insoutenable. Dans le premier cas, on espère gagner son salut à la sueur de son front ; dans le second, on espère l'être malgré soi. C'est que pour le second, le péché n'est pas une intention mais un état.

Etrange religion qui, à la lettre, nous libère du libre-arbitre et ce faisant nous sauve de nous-mêmes. Déraisonnable religion qui semble nier le sujet alors qu'elle l'affirme plus que nulle autre. Satanique religion (je parle là comme un catho le ferait) qui pose d'abord une impossibilité d'être sauvé pour l'être inconditionnellement l'instant d'après - et sans passer par je ne sais quel mérite personnel. Damnation, donc bénédiction ! Au fond, le protestantisme est fait pour les désespérés, les angoissés, les débiles, soient ceux qui n'ont pas la force d'assumer la justice, la liberté et l'enfer ; ceux qui en font trop avec le péché, le négatif, le désespoir (voyez Kierkegaard) et qui n'excèdent leurs peines que pour éviter leurs responsabilités ; ceux qui sont incapables d'équilibre moral et qui se précipitent dans les marges pour pouvoir l'éviter et être sauvés quand même. Le protestantisme, religion de la marge et de l'arrangement, de l'excès et de l'intérêt, du salut et du loto, qui fait que tout commence mal pour que tout finisse bien - au contraire du catholicisme, tellement plus raisonnable, rationnel, juste, équilibré, aristotélicien, qui estime que tout commence bien mais que tout peut mal finir selon la seule liberté du sujet. Le catholique est un optimiste pessimiste ; le protestant, un pessimiste optimiste. Pour le premier, le salut dépend de soi ; pour le second, le salut dépend de Dieu - il suffit simplement d'y croire.

raphaël picon,laurent gagnebin,protestantisme,la foi insoumise,martin lutherMais ce salut qui confond en fait foi et espérance est faussé. Relisons ce que me disait un jour Fricka dans un fil consacré à Hans Urs von Balthasar : 

Fricka - Hans Urs von Balthasar devait être un grand angoissé pour développer cette théorie. Tout comme Luther. Et comme il était très religieux, son angoisse s'est portée sur la religion. L'exemple de Luther est intéressant. Luther était angoissé de ne pas arriver à avoir la certitude du salut. Il a voulu demander cette certitude du salut à la foi. Or la foi ne pouvait pas la lui donner car le salut personnel de chacun de nous n'est pas enseigné dans la révélation. Toute l'erreur de Luther a été de ne pas voir que ce qu'il ne pouvait pas obtenir de la foi, il pouvait l'obtenir - mais sur le plan cette fois pratique - de la certitude infaillible de l'espérance fondée sur la miséricorde infinie de Dieu qui ne peut en aucun cas nous manquer. Tout ceci a amené Luther à voir en la foi, non pas l’adhésion de l’intelligence aux vérités révélées par Dieu, mais à voir dans la foi une confiance que nous serons sauvés. Donc à transformer la nature de la foi pour la confondre avec l’espérance. De là est sortie sa conception de la foi, dans la théorie de Luther, conception qui aboutit à des drames d'angoisse. L'angoisse de se demander : est-ce que j'ai confiance que je serai sauvé ? Car d’après Luther on est sauvé grâce à la confiance qu’on a qu’on serait sauvé. D’où l’importance de faire la distinction entre la certitude infaillible de la foi, qui est d’ordre spéculative, et la certitude infaillible de l’espérance, qui est d’ordre pratique.

C'est le clivage dont je parlais plus haut. Soit c'est la liberté qui angoisse, soit c'est la prédestination. Le catholique estime que l'homme peut l'emporter sur Dieu (car il est libre) au risque de l'enfer et c'est dans ce risque qu'il trouve son élan ; le protestant pense que Dieu l'emportera de toute façon. Perso, j'ai toujours penché pour la seconde hypothèse. Ma seule foi, c'est espérer que Dieu soit plus fort que moi. Sinon, à quoi bon ?

 

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Le protestantisme, foi insoumise, donc. 

Religion adulte.

Qui a des principes plus que des dogmes. Des signes plus que des sacrements (sauf les deux commandés par le Christ : le baptême et la cène.)

Où le culte n'est là que comme service de Dieu rendu à l’homme et non le contraire : nous allons au culte parce que nous sommes conviés par lui.

Où le conjoint du pasteur est considéré comme « élément sainement anticlérical » (et où le pasteur, ne l'oublions pas, est nommé et ne peut s’autoproclamer lui-même.)

Où l’action est nécessaire mais non salutaire.

Où je suis libéré de mon salut et des craintes qui y sont liées, ce qui me rend dès lors beaucoup plus libre pour aider les autres. Libéré de moi-même, donc, libre pour les autres. 

Où l'on passe du libre arbitre culpabilisant à la liberté non arbitraire - la vraie, l'individuelle, celle qui ne se fait pas croire qu'elle pourrait aller contre soi et la conscience.  Le célèbre "je ne peux pas faire autrement" de Luther.

Où l'on passe de l’espace liturgique au temps existentiel. 

Du discours lénifiant à la parole provocante (car le protestantisme est par essence une provocation). 

Où l'on a le droit de lire la Bible comme on l'entend - quoique de manière plus littéraire que littérale (le littéralisme, fléau des sectes protestantes.) Comme Rousseau le dit, « l’esprit particulier est l’unique interprète de l’Écriture ». Et c'est pourquoi nulle censure dans le protestantisme, nul Nihil obstat nul imprimatur.

Dieu parle de partout et de la bouche d’un chacun – y compris de l’athée, du mécréant, même du fripon. 

« Le fait que Dieu accorde aussi sa parole par des méchants fripons et par des impies n'est pas une petite grâce. Dans une certaine mesure, il est même plus dangereux qu'il l’accorde par l'intermédiaire de saints personnages que lorsqu'il la donne par des hommes qui ne le sont pas. En effet, les auditeurs dépourvus de jugeote se laissent prendre et ils s'attachent plus à la sainteté des hommes qu’à la parole de Dieu. Ce faisant, l'homme est plus honoré que Dieu et que sa parole. Ce danger n'existe pas quand Judas, Caïphe ou Hérode prêchent. Cela n'excuse cependant pas la mauvaise conduite de quelqu'un même si Dieu peut utiliser la personne en question. » (Luther, Propos de table) 

Le mal peut servir les plans de Dieu.

Dieu absorbe tout le réel mais sans se confondre avec lui. Le protestantisme n'est pas un spinozisme qui ne dirait pas son nom. Dieu est pour moi, en moi mais n'est pas moi (pareil pour les catholiques).

D'ailleurs, à propos des catholiques...

Le catholicisme paraît plus unitaire que le protestantisme mais est, en fait, mille fois plus divisé que lui, plein de schismes douloureux, d’intransigeances excommunicatrices, de gens pas d'accord sauf pour se brûler les uns les autres.

À cette fausse (ou difficile) unité catholique, répond l'union protestante (entérinée en France en 2013 entre luthériens et réformés par la constitution de l'Eglise protestante unie de France.) 

 

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Pour le reste (attention, ça va piquer), 

MIEUX VAUT L’HÉRÉSIE QUE L’INQUISITION.

MIEUX VAUT L’ERREUR QUE LA VÉRITÉ FORCÉE.

MIEUX VAUT LE PÉCHÉ QUE LE BÛCHER. 

Au fond, le seul péché, c'est l'intolérance. Iront en enfer que ceux qui veulent que d'autres y aillent. 

Et pour la raison "eckartienne" que Dieu est au-dessus de moi mais aussi au-dessus de lui (analyse à venir.). 

À la substance catholique répond le principe protestant (Paul Tillich.) 

Catholicisme – espace et vue.

Protestantisme – temps et ouïe.

Complémentarités des deux (c'est les catholiques qui vont encore gueuler).

Tant pis pour eux.

JE DÉCIDE D’ÊTRE PROTESTANT –

DONC JE LE SUIS (six mois pile.)

 

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A suivre

A reprendre.

 

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