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05 - Eléments n°153 - Ce que j'en retiens.

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C'est la première fois que je lis Eléments pour de bon. Peut-être pas la dernière. Quelque chose de passionnant, de fascinant mais aussi d'inquiétant, de bizarre, de trouble. Pour moi, c'est un peu comme arriver chez des Serpentards repentis (ça existe). Des vérités primitives qui s'écrivent selon des codes d'un autre temps. Des fulgurances qui surgissent en pleine discussion vénéneuse. Parfois, la radicalité finit par étouffer l'intelligence et laisse apparaître de biens sombres tendances. Mais grâce à Dieu, ou aux dieux, cela repart très vite dans le bon sens, du moins l'espère-t-on. En vérité, la clarté dans l'expression va chez eux de pair avec une obscurité de l'enjeu. De quelle civilisation européenne ces gens se veulent-ils exactement le nom ? Quel genre de trône prônent-ils ?

(Mon travail ne consistera qu'en une prise de notes libres et désinvoltes et qu'on pourra suivre, ou pas, selon sa propre subjectivité.)

 

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Le "Système", selon Robert de Herte - "Une structure, un ensemble d'éléments qui interagissent entre eux selon certains principes de fonctionnement, à partir de boucles de rétroactions, positives ou négatives, qui mettent en jeu une causalité non linéaire" (où l'effet peut rétroagir sur la cause.)

Entre autres tendances de ce Système, "le primat du juste sur le bien". La justice contre le bien, l'équité contre le vrai. Les deux contre le beau.

Mais qui est du Système ? Principalement les libéraux hors-sol,ceux qui voyagent et ne se structurent que par leurs voyages, méprisant la frontière et le sol, la terre et le sang. Qui sont de partout et donc de nulle part. "Nouvelle Classe totalement déterritoralisée" et dont le symbole pourrait être Jacques Attali (revoir sa fameuse prise de bec avec Eric Zemmour.)

Aucune alternative dans le Système. Que des alternances interchangeables, de droite ou de gauche - et qui correspondent à la fameuse formule de Salina dans Le guépard : "il faut que tout change pour que rien ne change."

Aucun maître du Système, ni "cerveau caché". Même ses plus ardents bénéficiaires peuvent en être virés du jour au lendemain. Un peu comme les plus ardents révolutionnaires pouvaient en 93 se retrouver à la guillotine quelques jours après y avoir envoyés leurs antagonistes.

Trois types de critiques contre lui :

- la critique "artiste", volontiers nostalgique et réactionnaire, souvent littéraire, sympathique mais peu opératoire. Et souvent complaisante. Visconti, justement ?

- La critique qui a recours au "bouc émissaire" : "c'est la faute "aux immigrés", "aux juifs", "aux banquiers", "aux 200 familles qui tiennent le monde", aux "fonctionnaires qui foutent rien", bref, à ce que Claude Lefort appelait "les hommes en trop" et qui n'aboutit qu'au racisme, à la discrimination et au complotisme.

- La critique systémique ou holistique, seule sérieuse, qui analyse le capitalisme comme "un fait social total (...) et dont la loi générale est l'illimitation, vecteur du nihilisme".

Quant à la possibilité de la révolution... "Il n'y a de perspective révolutionnaire que lorsqu'une reconstruction idéologique radicale rencontre un mouvement social réel. Ce qui revient à dire que ce ne sont pas les révolutionnaires qui font les révolutions, mais les circonstances qui les rendent possibles."

 

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Le jazz et l'homme différencié - Musique de la transe. Corps possédé et chaos mental. Pour Julius Evola, "cette africanisation mentale était le symptôme d'une civilisation occidentale en ruines." Ben voyons. Reste que le jazz, première expression musicale du siècle dernier, se définit avant tout comme le passage d'une "musique populaire, voire ethnique" en "musique savante". Bien plus singulière qu'une simple "musique du monde" et autre chose qu'une "musique classique". Rencontre improbable entre les battements de coeur, le "pulse" original et le choral luthérien - entre l'esclave et son maître, oserait-on dire. Musique de désir et de recherche, du désir de la recherche. De joie pure et de structure (parfois laborieuse). De scène et d'autocréation. Art qui "nous ramène à ce que l'on est devenu ou à ce que l'on n'est plus".

 

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 Cliquer sur le lien pour entendre le cher Little Finger jacter son plus célèbre discours.

 

"Le Système cherche à nous dissoudre", selon Lucien Cerise (auteur de Gouverner par le chaos) - "L'ingénierie sociale", voilà ce qui nous manipule, nous trompe, nous transforme malgré nous, nous donne des pensées que nous n'aurions jamais eu de nous-mêmes, nous infiltrent, nous piratent, et selon la méthode du "pas vu qui voit tout". Bon Dieu, mais ne serait-ce pas le secret de La France Big Brother de Laurent Obertone ?

Le capitalisme encore et toujours coupable ! Sa dimension kabbalistique et numérologique, "où la totalité de l'existence peut se réduire à des chiffres" - où la lettre a cédé la place au numéro, le Logos au logo, l'éthique au numérique, le qualitatif au quantitatif. Où le langage de Dieu se réduit au mathématique - "le PDG de Goldman Sachs ayant déclaré un jour que les banquiers accomplissaient le travail de Dieu."

Le capitalisme comme volonté de puissance dernière, technique sur-accomplie, Gestell entériné. Où tout recommence, et sans cesse, à zéro, "reset ontologique global", matrix en folie permanente, geste prométhéen qui n'en finit pas de voler le feu aux dieux et de brûler les hommes avec et au prétexte de les "libérer".

Le capitalisme comme ce qui vise la fin de l'humain, et avec elle, l'avènement du post-humain, du transhumain, de Conchita Wurst. D'où la volonté de détruire les identités, les origines, les distinctions. "Plus aucune différence ne doit substituer, comme le stipule la théorie du genre pour les sexes, et encore aujourd'hui l'anti-spécisme et le véganisme, qui dénient une différence substantielle entre l'humain et les autres espèces pour nous préparer au métissage entre humains et animaux, les chimères génétiques qui sortiront bientôt des laboratoires." En attendant "le droit des robots" qui consistera "à accorder une personnalité juridique aux machines et à abolir ainsi la distinction entre vivants et non-vivants."

Et de rajouter :

"LES IDENTITAIRES NE COMPRENNENT PAS TOUJOURS QUE LE GRAND REMPLACEMENT N'EST PAS CELUI D'UNE RACE OU D'UNE CULTURE PAR UNE AUTRE, MAIS CELUI DES HUMAINS PAR LES MACHINES."

Merde, alors ? On nous aurait mentis ?

Quoiqu'il en soit, le chaos règne et il est la pire chose qui pouvait nous arriver.

"En effet, la psychiatrie et la psychanalyse montrent que la santé mentale nécessite d'avoir une perception stable des limites identitaires, avec une démarcation claire de l'intérieur, Moi, et de l'extérieur, l'Autre. La fluidité, l'état liquide, voire gazeux, ne sont pas viables quand il s'agit de définir une identité vivante, qui échappe à la dissolution, à la précarité et au chaos. Chacun a besoin de savoir qui il est, tout simplement, ce qui requiert une certaine permanence et fixité."

Il faut le rappeler sans cesse : sans identité, pas de métissage ; sans distinction, pas d'être (et sans être, pas de devenir) ; sans sexes, pas de vie ;  sans temps, pas de mouvement ; sans frontières, pas de terres ; sans reprises ou retour au même, pas de musique ; sans limites aux choses et aux notions, ni choses ni notions ; sans héritage, pas de transmission ; sans lien, pas de filiation ; sans hiérarchie, le chaos. Et quand c'est la hiérarchie qui devient elle-même chaotique...

 

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"Ce qui identifie carrément la droite libérale et la gauche libertaire, c'est qu'elles travaillent toutes deux à ouvrir les systèmes au maximum jusqu'à leur dissolution entropique et ce que mort s'ensuive. (...) Pour maintenir sa structure dans le temps, un système a besoin d'échanger de l'information avec son environnement, donc, d'être ouvert, mais il a également besoin de fermeture, sinon, il se dissout dans cet environnement. L'OUVERTURE ALIMENTE, LA FERMETURE PROTEGE. Ce sont l'ouverture et la fermeture totale qui augmentent l'entropie des systèmes. (...) C'est ainsi qu'un système conserve sa structure, son identité, sa forme typique et qu'il perdure. En géopolitique, cela s'appelle les frontières et les principes westphaliens. En biologie, c'est la peau, la membrane épidermique, nécessaire à l'intégrité de l'être vivant. (...) il faut donc relancer l'idée d'une fermeture positive qui fera hurler tous les libéraux-libertaires qui ne jurent que par l'ouverture complète à tous les vents et nous ordonnent de nous ouvrir toujours plus au monde, à l'autre, aux Roms, aux capitaux étrangers, à la concurrence (...) CAR IL N'Y A PAS  DE VIE SANS FERMETURE ET PROTECTIONNISTE A UN MOMENT OU A UN AUTRE."

Contre toute attente, Internet est devenu une résistance au Système. Ceux qui croyaient qu'il était un système de flicage n'ont pas vu qu'il pouvait l'être dans les deux sens. En ce sens, le Pentagone a bien compris qu'il faisait partie du "champ de la guerre" ("War domain") Jamais les informations n'ont aussi bien circulé, jamais la parole n'a été aussi libre car accordée à tout le monde, jamais les individus et parfois les peuples ont pu à ce point se rendre raison contre les pouvoirs. Tant pis pour les excès, les ordures, les trollings et autres stalkings. Internet est le triomphe de la démocratie (et donc du libéralisme, mon cher Lucien, non ? C'est pourquoi je ne comprendrais jamais ce rejet total du libéralisme - qui constitue tout le projet occidental pour le pire et aussi le meilleur. Et vous, vous oubliez ce meilleur à Eléments !)

Contre l'ingénierie sociale négative, il faut jouer l'ingénierie sociale positive : "IS+" contre "IS -" et espérer un rééquilibrage des forces et une reprise en compte du peuple par le politique, de la Nation par l'Etat. Non plus faire saigner le lien social mais bien le coaguler. Et quelle meilleure coagulation sociale que le retour à l'Etat-Nation et à la souveraineté populaire ? Zemmour, quoi ?

Mais dans un cadre jacobin ou girondin ? Centralisateur ou fédéraliste ? National ou régiono-impérial ? Notons qu'Alain de Benoist, partisan du fédéralisme, de la région et de l'empire (l'anti-zemmour en ce sens), et, pour la partie la plus fâcheuse, vegan, est l'intervieweur de Lucien Cerise.

Robert Guédiguian le romantique, par Ludovic Maubreuil - Et nous rappeler que "romantiser, c'est faire feu de tout bois, digresser sans se perdre, relier le fait concret au symbole, l'analogie au sacré et la mémoire commune à la légende des siècles, savoir goûter le secret du cliché et redonner du sens au lieu commun." Magnifique définition que je retiendrai, mon cher Ludovic...

 

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Sciences (l'inceste, le divorce, les visages et les hanches.)

- La logique libérale comme logique incestueuse, selon Les couleurs de l'inceste, par Jean-Pierre Lebrun. L'enfant, produit de la seule mère, le père relégué aux oubliettes. Voir l'abominable Mommy, de Xavier Dolan.

- Les filles, cause de divorce - non pas parce que les hommes préfèrent leurs garçons à leurs filles (??!!) et donc hésitent à divorcer quand ils en ont un, mais parce que, selon deux universitaires yankees, les filles sont plus résistantes que les garçons à tous les âges de la vie - et donc résistent mieux à la mésentente et au divorce possible de leurs parent (!!!???). On trouve de tout dans cette revue...

- Les visages larges plus combattifs que les visages étroits.

- Les hanches larges plus attirantes sexuellement que les hanches étroites et la preuve statistique que les femmes "larges"  perdent leur virginité plus tôt que les femmes "étroites" et ont plus de partenaires sexuels et d'aventures sans lendemain.

Interview croisée de Olivier Maulin qui veut réenchanter le monde, de Solange Bied-Charetton qui veut  lui rabattre le caquet et de Jean-François Roseau qui veut l'ausculter. Et qui parlent très (trop ?) bien de ce dont parle ce numéro à chaque page.

En revanche, déçu par l'article de Jean-François Gauthier sur "le Mal existe-t-il ?" Mais peut-être parce que je ne suis guère convaincu par cette idée que c'est le Dieu unique qui le produit, le mal, alors qu'il n'existerait pas en tant que tel dans un monde polythéiste, forcément plus riche, diverse, complexe et blablabla. Mon objection serait que le Mal existe, a toujours existé, sauf que le polythéisme n'a jamais su le nommer et que le monothéisme a très bien su le nommer - et que c'est en le nommant qu'on a eu ensuite l'impression qu'il y en avait trop. Alors qu'il a toujours été là, sauf que quand on ne le nommait pas, il était pire (exemple type : la pédophilie.) J'en profite pour dire que le le monothéisme est supérieur au polythéisme sur tous les plans. Et qu'on ne me rétorque pas que le monothéisme conduit à Hitler - qui était païen.

 

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Sur le système techno-capitaliste, selon Jean de Juganville (purée de pseudo !) - Uniformisation, globalisation, mondialisation, occidentalisation. Science, démocratie, métaphysique et technologie sont en effet nés "chez nous", les gréco-romano-judéo-chrétiens. Et ont donné en bout de course le capitalisme, le marché, la vénalité généralisée. Tout est devenu achetable, fabricable, valable. Le corps-objet. La vie-chose. L'homme-capital. L'échange des marchandises ne dépend plus de l'offre et de la demande mais "d'opérations spéculatives et de pratiques monopolistiques". Ce n'est plus l'argent qui produit des choses mais des choses qui produisent de l'argent. Le capitalisme n'est pas l'exploitation de l'homme par l'homme mais l'exploitation de l'homme par l'argent - et aussi l'exploitation de la nature par l'argent.  Le capitalisme est un "génocide structurel" autant qu' "un écocide structurel". Il fait de nous une marchandise comme une autre, bébés éprouvettes, réserve de clones, coke en stock, et ses couronnes en or sont mortelles. Il a donné "Verdun, Auschwitz, Kolyma, Hiroshima, Tchernobyl". Le capitalisme, responsable et coupable de tous les maux du monde depuis Caïn............................................................................. Le pire, c'est qu'ils ont tous l'air d'y croire. Ils ont fait de l'anticapitalisme leur croyance, sinon leur secte. Mais on aurait envie de leur demander. Qui ne voudrait pas vivre dans un pays capitaliste ? La critique totale de l'Occident est une sorte de négationnisme.

Mais continuons.

 

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La logique totalitaire selon Jean Vioulac (par Laurent Cantamessi) - Avec la révolution industrielle, et avec elle, l'avènement du capitalisme et le triomphe philosophique, politique et économique du libéralisme, le rapport au monde a changé comme jamais. En gros, il s'agit désormais de produire le monde, sinon le réel, plutôt que d'être produit par lui. L'objectivité des valeurs disparait pour laisser place à la seule subjectivité des désirs. Grâce au libéralisme, tout devient désirable, possible, opératoire. Comme Hegel l'a vu le premier, "le réel ne peut plus être compris comme une donnée stable mais comme un processus toujours agissant. L'histoire acquiert dès lors le sens que lui impose l'idéologie du progrès, elle est un processus de transformation du réel constamment à l'oeuvre, engendrant une rupture définitive sur le plan civilisationnel." L'histoire n'est plus que devenir et volonté de puissance, autocréation d'elle-même par elle-même, production sans fin des nouveaux corps et nouveaux désirs. Comédie humaine. Rougon-Macquart. Anneau du Nibelung. Et avec eux, désenchantement du monde. Nous sommes devenus trop libres. On nous a forcés être libres - donc responsables de tout ce qui se passe. Et il se passe trop de choses !

 

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Il est bien loin le temps où, comme l'écrivait Marcel Gauchet, nous n'étions pour rien dans ce qui était. Tout ce que nous étions et avions, c'est à d'autres que nous le devions, "des êtres d'une autre nature que nous, des Ancêtres, des Héros, des Dieux". La modernité nous a déracinés, individualisés, atomisés. Pire, elle nous a à la fois corrompus et rendus coupables de cette corruption. Nous sommes comme des putes sans cesse punies par leurs maquereaux auxquels elles reviennent inlassablement. Au moins les serfs d'antan étaient insouciants. Travaillaient la terre, voyaient le ciel et vivaient selon des éphémérides sacralisés. Très riches heures du duc de Berry. Plus rien de tout cela, aujourd'hui.

"L'individu plongé au sein de la masse doit donc accepter son appartenance à un système achevé et son incapacité personnelle, individuelle, à changer le monde. La liberté absolue à l'oeuvre est celle de l'Etat moderne caractérisée pour Hegel par la furie de la destruction qui se manifeste par la Terreur."

La terreur comme puissance d'égalité obligatoire, guillotine pour tous, destruction massive du particulier par l'universel. Et comme le dit encore Gauchet, "mobilisation totale". Conscription forcée. Nous sommes comme dans la prison d' Un prophète, le film de Jacques Audiard - obligés de participer aux actions et exactions que le monde capitaliste nous impose. Impossible de rester dans son coin, entre soi, sinon sur sa terre. Ce que les nazis n'ont pas supporté. "La doctrine nazie s'est fondée sur l'opposition entre le processus de totalisation propre à la modernité occidentale et l'identité du peuple juif, peuple sans Etat à la spiritualité purement religieuse. Le Juif représente l'altérité radicale" - celui qui résiste à l'immanence politique du Léviathan, à l'universalité des Lumières (qui conduisent au nazisme, donc), à la mobilisation totale, sinon finale, comme la "solution" du même nom.

Et là où les nazis ont échoué, les cyborgs pourront réussir. Ou les zombies.

 

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Jacques Ellul l'avait prédit, plus personne ne peut échapper au phénomène technicien (par François Bousquet) - Le "Big One", ou, selon le principe de Gabor, tout ce qui est faisable techniquement se fera en bien ou en mal. La technique est tout. C'est elle qui n'en finit plus de réifier l'homme - pour son plus grand bien-être, il est vrai. Comme le capitalisme dont on ne peut plus se passer. D'ailleurs, si Marx revenait, il n'écrirait pas "Le Capital" mais "La Technique". On a beau la fuir, on y revient toujours. A côté d'elle, les religions ne pèsent pas lourd. "Que pèse la promesse de la résurrection des corps à côté de la régénération des cellules ?" A cette suprématie, Ellul ne pose que sa foi. A la robotisation du monde, il oppose le Sermon sur la montagne. C'est beau mais un peu court. La faiblesse de sa pensée a toujours résidé dans son refus-dégoût de la politique. "C'est un petit prophète, au sens biblique du terme, comme Jonas ou le pâtre Amos." Et qui reste enfermé dans une logique orwellienne. "Il envisage le système technicien comme une mécanique totalitaire, alors que c'est d'abord un dispositif maternant et totalisant. Il raisonne encore dans le dur dans un monde devenu mou, flexible, sucré, obèse." Mais sur le fond, il a raison. 

 

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Et pour finir, "une critique radicale du faux omniprésent", selon Francis Cousin (interviewé par ADB himself), docteur en philosophie, radical parmi les radicaux, ultra-gauchiste d'extrême droite, marxo-rivarolien de choc, tradi-pré-néolithique qui ferait passer René Guénon et Julius Evola pour des libéro-libertaires,  qui anime un cabinet de philo-analyse qui reçoit des "gens cassés par le système" (!!!!!!!!!!!!!).

Le problème avec ce genre de zozo, c'est que sa critique du monde moderne commence dès la fondation du monde. Un peu comme Laurent Obertone dans La France Big Brother pour qui la surveillance du monde commençait dans la Bible elle-même, le mensonge omniprésent, omniscient, omnipuissant ne date pas simplement pour Cousin de la Révolution industrielle ni même des Lumières mais bien de la Grèce présocratique.

"La philosophie est née en Grèce anté-socratique, en ce temps bien particulier où les communautés organiques de l'Etre, qui n'avaient connu pendant de nombreux siècles que le produire humain naturel dans le champ historique de l'anti-argent et de l'anti-Etat, finissaient leur mouvement de dé-périssement pour aboutir à ce qui deviendrait le triomphe des premières sociétés de l'Avoir."

Dès cette époque, l'Etre perd devant l'Avoir. Même Héraclite, Parménide et Empédocle, qu'on croyait fondateurs de l'Être, témoignent de "cette unité ontologique perdue." L'histoire de la philosophie devient alors de Socrate à Kant celle de l'échange et du marché. Il faudra Hegel puis Marx pour tenter de revenir à "l'être générique de l'homme, à la communauté sans argent et sans Etat." C'est la voie de Francis : rechercher "l'universel générique de l'immanence cosmique" (!!!) L'enchantement primal du monde. "La Terre sacrale" d'avant la corruption du monde et à laquelle Guénon a lui-même participé, ignorant "la vraie tradition primordiale des radicalités premières" (!!!!!!) dite "tradition primordialiste communiste de la non-division où le vieux (SC) indo-européen dit que tout est non monnayable et non-sécable dans les foyers de l'être total qui repousse toute idée de scission et de spécialisation" (déjà présente dans les Manuscrits de 1844 de Marx). Guénon falsificateur du monolithe ! Agent de "la trifonctionnalité de la décadence" (!!!!!!!!!!) qui, au lieu de rendre compte du "Tout indivisible", en fait son son usage propre, osant "guru-iser l'assimilation de ses répartitions schizo-phrénétiques" (!!!!!!!!!!!!). Non, il faut passer par Marx si l'on veut retrouver l'ère d'avant-monolithe !

Même Deub's a du mal à suivre : "Aussi loin que le regard puisse porter dans le passé, on ne voit pourtant aucune société qui n'ait pas connu, sous une forme ou sous une autre, un minimum de rapports de pouvoir. En paraissant rejeter toute l'histoire advenue, ne prônez-vous pas de manière utopique le retour à une PREHISTOIRE TOTALEMENT IMAGINAIRE ?"

Naoh Pierrafeu ne se dégonfle pas : "N'en déplaise à la pensée normalisée du dressage civilisationnel née du socratisme (!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!), si l'homme est bien substantiellement un animal historique, il ne devient un animal politique et économique qu'à compter du moment où la communauté organique de l'anti-argent et de l'anti-Etat est détruite par la société de l'Avoir et qu'il est nécessaire - pour ré-unifier le dés-unifié -de substituer, à l'immanence des rapports du produire humain, l'astreinte économique et l'assujettissement politiste des mutations du chiffre et de l' obéir. "

Peut-être en utilisant des dragons, qui sait ?

 

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(Parenthèse de ma lecture de "Mémoire vive" qui reprend demain).

 

 

 

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