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15 - Anti-libéral

 

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Encore et toujours, le libéralisme désigné, à partir des années 80, comme « l'ennemi principal » et « le système de pensée le plus nuisible et le plus contestable » - qu'il soit de droite économique ou de gauche sociétale - et en insistant bien sur le fait qu'il est absolument impossible que la première n'aille pas de pair avec la seconde. C'est tout le problème : peut-on être libéral ET conservateur ou socialiste ET libertaire ? NEIN, assure Deub's comme tous les anti-libéraux conséquents : la loi du marché, c'est le mariage pour tous ; le triomphe du capitalisme, c'est le triomphe du désir individuel ; le trader est un bobo et le bobo est un trader (pour ne pas dire un serial killer, comme le feraient remarquer un Houellebecq ou un Bret Easton Ellis). Le libéralisme est bien ce serpent de mer dont on n'arrive jamais à se débarrasser et qui aura corrompu autant la droite que la gauche. Le libéralisme où ce qui, à force d'accorder chaque désir à chacun, provoque la guerre de tous contre tous.

 

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En suis-je convaincu ? Après tout, Clouscard, Houellebecq, et mes amis Sophie B. ou Pierre Balmefrezol disent la même chose.... Mais c'est fort que moi, je n'arrive pas à me débarrasser du libéralisme historique et je crois que c'est impossible de le faire quand on est un occidental. L'histoire de l'Occident, c'est l'histoire du libéralisme.

Face au marxisme, Deub's a une attitude ambivalente : il rejette sa vision eschatologique, universaliste, progressiste, « typiquement judéo-chrétienne » (le Christ étant assimilé au prolétariat, l'Histoire ayant un sens, etc) mais adhère à sa théorie de la liberté « qui vise à permettre à l'homme de se réapproprier son propre » - mais cet homme, qui est-il, Deub's, s'il n'est pas universel ?

Non, l'idéal pour lui, c'est le fédéralisme, « la meilleur des formes de gouvernement » qui résout le problème de l'articulation de l'Un et du Multiple. « C'est un système holiste, puisqu'il conçoit le tout comme plus que la simple somme de ses parties, mais c'est en même temps un système antiréductionniste puisqu'il préserve la multiplicité et le polythéisme des valeurs », évitant ainsi l'anarchie des individus aussi bien que la tyrannie du pouvoir central. Une sorte de régionalisme impérial qui, contrairement à ce qui se passe dans l'Etat-Nation honni où tout est centralisé, cadenassé et finalement aboli, rend raison à toutes les différences sans pour autant que celles-ci s'éparpillent. L'intégration n'est plus assimilation façon jacobino-zemmourienne, mais plutôt intégration girondino-onfrayenne.

« La construction politique se fait à partir de la base et non du haut »

Et de citer les empires romain, byzantin, germanique, ottoman comme modèles d'organisation politique. On finirait par être séduit.

Le libéralisme tue l'enracinement - tel est le présupposé de l'anti-libéral.

« L'hypothèse libérale est celle d'un individu séparé, désencombré et autosuffisant, qui cherche à maximiser ses avantages en opérant des libres choix, volontaires et rationnels, sans que ceux-ci soient censés résulter des influences, des expériences, des contingences et des normes propres au contexte social et culturel dans lequel il vit. Les individus tirent de leur "nature" des droits antérieurs et indépendants du fait social. Il en résulte que les intérêts et les fins des individus sont en quelque sorte déterminés par leur seule nature individuelle. Dans cette perspective, aucune appartenance ne saurait évidemment être constitutive de l'individu, sous peine de porter atteinte à sa liberté. Comme toutes les théories déontologiques, la théorie libérale place par ailleurs le juste avant le bien, d'abord parce que les droits individuels ne doivent pas être sacrifiés au bien commun, ensuite parce que les principes de justice qui spécifient ces droits ne peuvent être fondés sur une conception particulière du bien. Il s'en déduit que l'Etat doit rester neutre. Le rôle de l'Etat n'est pas de rendre les citoyens vertueux, ni de promouvoir des fins particulières, ni même de proposer une conception substantielle de la vie bonne, mais seulement de garantir les libertés politiques et civiles fondamentales, de façon à ce que chacun puisse poursuivre librement les fins qu'il s'est fixées. »

 

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Pas d'obligation nationale ni militaire ni collective ne même contractuelle dans une société libérale. Tout à discrétion de chacun. Pour le libéral, rien de ce qui était avant lui ne compte pour lui. Tout ce qui compte, c'est lui, ses choix, sa volonté, son devenir. Le libéral ne croit qu'au devenir soi.

Le libéral, c'est Jacques Attali, le hors-sol, celui qui ne parle que d' "agir", de "se prendre en main", "sans attendre indéfiniment des solutions miraculeuses", "de devenir soi." (Au secours, Eric Zemmour !)

 

 

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Le fameux échange Zemmour / Attali (cliquer sur l'image).

 

A SUIVRE

 

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Commentaires

  • J'imagine que vous attendez des protestations: la description du "libéralisme" faite dans votre citation, qui montre bien la nature des débats que vous avez avec vos amis est tellement infamante et ridicule (pour eux) que l'on pourrait en pleurer. Cette citation est d'Alain de Benoist, bien sur, (d'après Google).

    L'individu (les hommes sont égaux, il n'y a pas d'homme "libéral") vit en société, dans un contexte social, en interaction avec les autres, il constitue des associations, des partis politiques, des groupes de réflexions, des nations, tout cela librement, et le rôle de l'Etat, de la volonté générale, est de garantir ce qui est le bien commun le plus précieux, la capacité de réaliser ces interactions librement.
    Car l'homme est bon, et peut donc exercer sa rationalité pour décider collectivement de manière optimale, ce qui suppose la liberté, de ce qu'il y a à mettre en commun. Ce n'est pas à un souverain bien de nature religieuse d'imposer une vie bonne et donc de supprimer la liberté.

    Car la réflexion sur la vie bonne est obscène, figurez vous, elle me fait trop penser aux discussions sur les avantages comparés de la fellation et de la sodomie: ça, ça devrait vous plaire. Vive la liberté !

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