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Deux ans

 

En attendant ma prochaine "figaroisation", permettez-moi, chers amis, ennemis, inconnus, sympathisants, passantes du sans-souci, errants-juifs, habitués,  intimes, extimes, figurants, principaux, de fêter aujourd'hui mes deux ans de blog. 128 notes. 2483 commentaires. Une moyenne de 6500 visites par mois - ce qui en soi ne veut rien dire. Merci en tous cas à tous les intervenants, qu'ils soient contradicteurs, thuriféraires ou sans opinion, merci surtout à toutes celles et à tous ceux qui font l'effort de lire ces textes souvent trop long jusqu'au bout.  Et puisque je suis dans les bilans, je rajoute, que cette année, j'aurai trente-sept ans et que j'espère ne pas avoir encore dépassé la moitié de ma vie, que le 1er juin prochain, cela me fera six ans de musée, et qu'en septembre, cela fera un an et demi qu'A. et moi sommes séparés - soit la moitié du temps qu'a duré notre histoire, la plus belle du monde je vous assure, et que nous avons reconverti en histoire filiale, puisque nous ne décollons pas affectueusement l'un de l'autre et que c'est encore mieux comme ça. Mais c'est vrai que ce célibat commence un peu à peser. D'ailleurs, tiens, si des femmes  me lisent, elles connaissent mes goûts, mes idées, mon caractère extrêmement gérable, mon mélange d'enfance et de cérébralité, de ferveur et d'épicurisme, ma vanité pour rire, ma paresse à bousculer et que si elles partagent, outre quelques fantaisies charlusiennes, mon amour de Mozart, de Wagner, de Guitry, de Proust et d'Harry Potter, elles ne seront pas déçues. Qu'importe alors que celle-ci vote Ségolène et que je vote Sarko et d'ailleurs pourvu qu'elle le fasse ! Car je veux refaire ce débat tous les soirs avec elle. Pour le reste, je suis plutôt rigolo dans l'intimité, moins gros et moins geignard que je ne le dis (en fait je me plains tout seul, donc cela ne se voit pas) et ma gueule de porcinet satisfait ou glacial suivra. Comme disait Stendhal de lui-même, "je ne suis pas beau mais j'ai de la physionomie", une phrase que j'aurais pu écrire, comme La chartreuse de Parme d'ailleurs, si j'en avais eu la volonté. J'ajoute que j'ai une générosité naturelle (qui quand je suis seul se transforme en prodigalité catastrophique) et que dans la villa de mon père, il y a une piscine. Mais on peut aussi aller à la plage qui est à cinq minutes à pied. Enfin, comme je suis très intelligent et très cultivé, je suppose le niveau socio-culturel de ma prochaine compagne assez haut, suffisamment par exemple pour reconnaître, et avec ferveur (mon grand mot ces derniers temps), qui est le monsieur qui a accepté de poser avec moi en mars dernier. Dommage que je n'ai rien compris à ce qu'il m'a dit mais il avait l'air content d'être reconnu par un fanatique comme moi ! (D'ailleurs, si l'élue de mon coeur pouvait parler anglais, cela ne serait pas plus mal...)

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Commentaires

  • On n'a que les plaisirs qu'on veut bien s'octroyer. Le mien c'est de me reconnaitre toutes les qualités que vous recherchez chez la femme de votre vie. Douce et passive, une dizaine d'années seulement nous sépare, je suis votre ainée mais ça ne se voit pas. Je ne serai pas à votre charge, j'exerce un excellent job, intelligente et cultivée, propriétaire de l' appartement que j'occupe avec vue sur les Invalides. Célibataire sans enfant.

    Je repasserai vous lire des fois que vous soyez attiré par les femmes de mon âge.

    Un admirateur sans illusion.

  • Ah mais on se voit ce soir femme de votre âge, d'autant que j'habite à côté des Invalides et que moi non plus je n'ai pas d'enfants, heureusement pour eux.
    "Douce et passive" ? Bah, pour moi, vous serez bien dure et active non ?

  • J'aime assez les tags de cette note.

    PS : j'ignore quant à moi, mais la question ne m'était pas adressé, qui est le monsieur badgé à ta gauche.

  • Montalte, gut geburgstag!
    Savez-vous que pour votre anniversaire, vous figurez dans le Fig Mag d'aujourd'hui! Avec la Stalkeuse (d'ailleurs vous y êtes présenté avant par opposition à elle, en tant que Oui-ouiste à la Constitution Européenne), et aussi en compagnie de Raphaël Juldé! C'est pas bô ça?!!!
    Mais j'imagine que vous saviez déjà!!!
    Si le klein Niklaus passe demain, ce sera un week-end à marquer d'une pierre-deux-coups blanche!
    Comme je ne sais pas qui est, par ailleurs, le PG sur la photo ci-dessus, vous pouvez me retirer de votre liste de prétendantes, cher Montalte.

  • Pardon d'interrompre vos roucoulades, mais, c'est quoi cette histoire de Figaro ? Bon anniversaire à ton blog, mec.

  • Hé, Pierrot, heureusement que je suis là pour que l'on parle de toi, hein... ?
    Je pense que cela vaudra bien une bière prochainement...
    Certes, l'article en lui-même ne vaut strictement rien, sans compter les fautes et autres approximations mais bon, c'est du journalisme alors...
    Félicitations donc pour cet anniversaire.
    J'ai passé pour ma part la barre des trois années dans la Zone...

  • (je ne veux pas parler politique !)

  • D'accord pour la bière, mais à condition que tu ne dises pas trop de mal de mon vieil ami Anthony Palou qui est l'auteur de cet article (donc, dans Le Fig-Mag d'aujourd'hui) et qui est venu il y a dix jours me demander des renseignements sur notre monde parallèle...

    Ainsi, ni le Transhumain ni le Cinématique n'ont reconnu le type sur la photo. Honte à vous ! (mais merci de vos cadeaux)

  • Mais enfin Montalte, c'était de l'humour ! Je suis moi aussi un admirateur presque inconditionnel du trop rare Greenaway !

  • Non, pas reconnu le gonze qui pose avec toi. Cela dit je prendrais bien une bière moi aussi. Allez, tous rue Daguerre !

  • L'un des cinéastes contemporains les moins intéressants et personnels, aux personnages échappés d'un musée de cire ou d'une nature morte, aux scénarios hésitant entre l'ultra-violence gratuite et le jeu de piste gratuit, d'ailleurs en panne d'inspiration depuis quelques années, ce qui fait des vacances à ses fans qui devraient sérieusement en profiter pour se mettre à l'oeuvre complète de Godard, à qui cet Anglais à beaucoup piqué. Peter Greenaway. Il vote Sarkozy, celui-là aussi? Malheur au siècle!

  • Autant pour moi mon cher Ludovic... Ca m'étonnait aussi !

    Oui c'est la deuxième fois que je vois PG passer au musée. Et cette fois-ci je ne voulais pas le rater, malgré un anglais catastrophique. Mais il avait l'air très content de me faire un autographe ("Peter to Pierre ??? Aoh ! God heavens !") et de poser avec moi ("but where is the best light here ?"). Pour le reste, je ne crois pas qu'il vote Sarkozy !!!

    Rue Daguerre, rue Daguerre.... Et pourquoi pas avenue de La Motte Piquet ? Je ne veux pas m'éloigner trop de chez moi au cas où ça tournerait mal....

  • Salut Montalte,

    Bon anniversaire à ce blog exigeant...sur un billet très personnel et très touchant...

  • Eh bien, bon anniversaire, Montalte, qui donnez ses lettres de noblesses à ce genre nouveau, entre la cour de récréation, le journal intime, la chronique des arts, le bistrot du coin, la revue mondaine, le bloc-note, l'essai philosophique et le journal people: the blog!

  • En vérité, je le savais bien, que Greenaway ne votait pas Sarkozy. Pas seulement parce qu'il est anglais, mais parce qu'à l'instar de ses collègues Leigh, Loach et Frears, il n'a pas eu de mots assez durs pour décrire ce qu'il a vécu en direct et qui est en train de nous tomber dessus, le triomphe de l'idéologie thatchériste. Autre chose, il n'est pas vrai que Greenaway n'est pas un auteur singulier, mais à mon sens c'est quelqu'un qui n'a strictement rien compris au cinéma, qui est un art profondément réaliste et documentaire et ne peut se résoudre sans dégâts esthétiques à être l'espèce d'enregistrement de choses trop manipulées et figées, rendues insignifiantes, que Greenaway veut qu'il soit.

  • Hyppogriffe, ne vous énervez pas, surtout un jour comme celui-là. Promis, on fera un jour un forum sur "pour Greenaway, avec ferveur". De tous les cinéastes vivants, il est sans doute celui qui m'impressionne le plus (même s'il ne fait plus rien depuis dix ans, que son dernier film n'était pas terrible et que son Tule Luper se fait trop attendre) et même qui fait les films que j'aurais voulu faire si j'avais été cinéaste. Alors, me contrariez pas trop aujourd'hui, et gardez votre hargne pour une autre fois !

    (Surtout qu'avec votre conception du cinéma comme "art profondément réaliste et documentaire", franchement, on risque de s'amuser.... Tant pis pour Méliès, Murnau, Minelli, Lynch... Vive Flaherty et adieu Fellini ! )

  • Longue vie à ton blog mon cher Pierre.. Il est mon pain beurré du petit déjeuner... Ca veut dire beaucoup.
    Pour moi pas de bière, trop prolo.. Tu connais mon snobisme. Je ne refuserai pas en revanche, un verre de Cheval Blanc...

    Je dépose plein de baisers sur tes deux joues...

  • Félicitations à toi, mon cher Montalte. Ah si moi aussi....

  • Ah oui, tant pis pour eux!

    Mais Murnau et Méliès ne sont pas foncièrement antidocumentaires... Et rappelez-vous la collaboration Flaherty/Murnau!

  • Sans doute.... Mais quelqu'un qui n'est pas immédiatement touché, amusé, excité, stimulé, révélé par un plan du Cuisinier, Drowning, Meurtre, Prospero, Zoo (ah Zoo !) ou Le bébé de Macon m'est incompréhensible, incompatible, étranger. Un ennemi mortel.

    (Même s'il vote Sarko)

    ((Sur la photo, j'adore l'interminable écharpe rouge de PG qui pend, alors que je peux vous dire qu'il faisait chaud ce jour-là))...

    (((Et son côté ultra-british irrésisitible, mélange de sérieux inébranlable et de facétie irrésistible... Quand je lui ai dit que je l'aimais et qu'il était pour moi "the master of the world", son étonnement hystérique d'une demi-seconde, exactement comme le renard aristo de Tex Avery à qui Droopy propose un "steak". Ce 25 mars, j'ai compris ce que c'était qu'un "Anglais".))))

  • Cher Montalte, je t'adore, définitivement et d'une façon inconditionnelle.
    Bravo pour cet anniversaire et ce travail accompli, toujours si intéressant, subtil et drôle. Anniversaire que nous devrions fêter ensemble(un bon vin et une entrecôte...). je t'appelle, bien que je ne sache pas qui t'accompagne sur la photo. Honte à moi?
    Biz, Isa du musée

  • Hyppogriffe, nous avons très souvent des admirations communes, vous m'avez plus d'une fois fait revoir des jugements trop hâtifs, et je savais cette divergence d'opinions sur Greenaway pour vous avoir déjà lu ailleurs, pourtant je crois que PG, qu'il le fasse volontairement ou qu'il n'en soit qu'un brillant symptôme, est l'illustration exceptionnelle, chausse-trappes et doubles-fonds compris, de la momification spectaculaire du cinéma. Il a su pousser si loin l'écoeurement qu epeut procurer le règne des "movies" et du "ciné", il a tellement oeuvré pour l'embaumer à son corps défendant, qu'il en est presque comme l'extrême pointe qui se retourne finalement contre lui-même et s'auto-exécute.

    Sinon, rien de gai ne se profile demain, mais cela nous le savions déjà !

  • Ma belle Isa, un film de lui, et tu verras comment fonctionnent ceux qui l'aiment ! C'est assez inoubliable en fait !

    D'accord pour le vin, la côte de boeuf et les (mes) explications greenawesques !

    Ludovic, c'est exactement ça ! Greenaway a poussé tellement le nihilisme dans l'esthétisme qu'à la fin ça devient du religieux dans le beau ! C'est le Pasolini de Salo qui aurait réussi ! La sortie de l'Apocalypse comme d'autres parlent de "sortie de la religion"....

  • Comme cela arrive souvent, si je hais Greenaway, c'est pour l'avoir trop aimé. J'ai été un inconditionnel de son cinéma (jusqu'au "Bébé de Mâcon", parce que dans les suivants il me semblait déjà que ses idées et ses images s'entassaient n'importe comment). Et puis j'ai découvert un jour (par les sens d'abord, grâce à Rossellini et Bresson, et par l'intelligence ensuite) que des corps en mouvement et libres et éperdument aimés par celui qui les regarde sont plus beaux que les plus belles momies. Et je m'aperçus que les mises en abyme, la chorégraphie soigneuse et la violence insensée du "Bébé de Mâcon" ou du "Ventre de l'architecte" n'étaient qu'une façon pour Greenaway de traduire en images une impuissance fondamentale. Ce que vous dites de son cinéma est très beau, Ludovic, mais ça n'est malheureusement pas aussi conscient chez Greenaway qu'on pourrait le croire, il me semble. Car là où le cinématographe meurt, transformé comme vous dites en "movies" ou en "ciné", doit croître, quelque part dans un plan, ce qui le sauve.

    Montalte, je réunis donc toutes les tares : je reste froid devant les plans de Greenaway, et m'en vais voter Royal demain (ou plutôt tout à l'heure).

  • Mais moi je ne hais pas du tout Ségolène Royal cher Hyppogriffe - la gauche, ça existe et ça a sa raison d'exister, ne serait-ce que pour des raisons dialectiques, vivantes ! Je ne hais d'ailleurs jamais les gens qui ne sont pas d'accord avec moi - sans pour autant être dénué de haine de temps en temps, et notamment avec les gens qui seraient d'accord avec moi. On ne se hait réellement qu'en famille d'ailleurs. Et comme l'on dit, la haine est toujours l'envers de l'amour comme vous venez de le confirmer avec Greenaway puisque vous dites l'avoir aimé jusqu'au bébé. Pour moi, je m'arrête avec The Pillow book qui était un film splendide. L'écriture sur le corps comme nouvelle sexualité ! C'est avec Huit femmes et demie que Greenaway, à mon sens, s'est mis à régresser. Peut-être n'a-t-il plus grand chose à dire depuis.
    Mais comment nier ce que l'on a aimé ? C'est ce qu'épidermiquement je suis incapable de comprendre.
    Claudel disait qu'après s'être converti, il ne pouvait plus écouter Wagner - musique bien trop païenne à ses oreilles. Et Julien Green avouait à la fin de sa vie qu'hors les poètes et l'Evangile, il ne pouvait plus lire de littérature. Parfait. Grandiose. Cohérent. La foi contre l'art. Dieu contre Shakespeare. Eh bien, moi, petit esthète impuissant, j'en suis bien incapable.

  • Un jour, on se rend compte, tout simplement, que le Greenaway de nos 16 ans n'est ni Shakespeare ni Wagner. Et peut-être lui en veut-on de s'être fait passer pour tels.

  • Et bien voilà. J'ai encore 16 ans ! Et dans dix ans, j'aurai encore 36 ans ! Etc....

  • Bon anniversaire, star de la blogsphère. Si vous revoyez Anthony Palou, dites-lui que son livre "Allo, c'est Jean-Edern" est une vraie escroquerie. Les écoutes téléphoniques qu'il reproduit sont insignifiantes. Moi qui croyais y lire in extenso celles, ô combien croustillantes, dont des extraits figurent dans "La mise à mort de Jean-Edern Hallier" de Lacout et Lançon, quelle déception !

    Anthony nous doit un grand livre sur le polémiste-poète qu'il a servi. Transmettez, je vous prie.

  • Pour ma part, j'espère juste que s'il lit le Figaro Margarine, Sarko ne va pas se mettre en tête de me débarrasser de mon "inaptitude à l'action"...

  • Pierre, quand tu poses, on dirait un porte-manteau : pas de bras, pas de jambes. Détends-toi, Greenaway n'est qu'un petit maître et Sarkozy a gagné (je suppute, bien sûr).
    Et montre au moins une main pour appâter la gazelle!
    Bon anniversaire.

  • J'arrive après la bataille, ayant suivi le fil précédent sans consulter la page d'accueil... Bon anniversaire, Pierre. Vous avez bien raison de le dire, vous êtes tout à fait charmant. Et ce matin je suis heureuse de penser que c'est un bon temps qui s'ouvre pour la littérature française. Eyes wide opened, wild at heart !

  • Eh bien, le moment semble être aux bilans ... trois ans de ceci, 36 de cela, x billets, z notes, 53% pour Sarkozy ... En rétrospective, de bons résultats. Le résumé de Fischer est approprié. Quant à la perspective, je souhaite que vos "prospections" portent fruit. Vous devriez publier votre billet comme "petite annonce courtoise".
    Et puis, moi zaussi, comme Ludovic, j'adore les tags.
    PS: J'ai adoré Pillow Book ET 8 1/2 femmes, même si le dernier n'avait pas la même finesse que le premier.

  • Merci Kate, merci du Cadran lunaire et de l'obole des églises que je prends comme un cadeau !
    Merci Alina de me faire rougir ! Et comme vous le sous-entendez, tous les temps sont bons pour la littérature, même celui qui commence !
    Et merci à toi mon directeur de conscience, d'allure et de gestes, cher Slothorp. Ah se détendre ! Comment fait-on ?

  • Bon anniversaire Pierre.

    Ceci dit, je ne comprends pas votre enthousiasme pour Sarkozy, vous qui travaillez dans un musée. Ce monsieur se moque pas mal de la culture et il veut diminuer la dette de l’Etat en réduisant le nombre de fonctionnaires. Autrement dit, il est contre les services publics. Il privatisera donc tout ce qui peut l’être (en d’autres mots tout ce qui pourra rapporter au secteur privé) et ne conservera en fait que ce qui n’est pas rentable, afin que les citoyens en assument le coût.
    Je ne dis pas que les choses, en l’état où elles se trouvent, vont bien. Je ne dis pas que Ségolène apportait une solution crédible. Je dis que Sarkozy se présente comme un homme providentiel et que l’Histoire doit nous rappeler qu’il a des devanciers célèbres.

    Son discours en rempli de paradoxes. Il reprend au Front national ses thèses sécuritaires au nom de la défense des Français, mais il sera le premier à vendre la France à l’Europe du capital ou à l’entraîner dans un quelconque bourbier irakien en suivant ses amis américains. Quand vous dites que c’est impossible et qu’il est bonapartiste, cela ne me rassure pas davantage. Les guerres de l’Empire ne m’ont jamais fasciné.

    En fait votre idole est quelqu’un de très habile. Il est parvenu à défendre le patronat haut et fort tout en se faisant élire par le peuple. Comment ? En lui promettant que celui qui travaillera dur sera récompensé (et qu’il gagnera enfin plus que le chômeur qui ne fait rien). Vous verrez qu’il n’en sera rien. Il démantèlera la législation du travail en préconisant plus de souplesse au nom de la compétitivité (tout en faisant rentrer les Polonais et les Roumains qui travaillent pour presque rien). Les emplois seront donc plus précaires que jamais, ce qui n’empêchera pas les firmes, in fine, de se délocaliser. Les travailleurs moyens (ouvriers et employés) seront donc bernés et s’ils gagnent effectivement davantage que les chômeurs, ce sera non pas parce que leur salaire aura été augmenté mais parce que les allocations de chômage auront été réduites. Maintenant il est clair qu’il y a de l’abus à ce niveau et que certains se laissent entretenir sans chercher du travail. Mais le problème c’est que du travail, il n’y en a plus pour tout le monde. Notre situation est comparable à celle de l’Empire romain, lorsque l’Egypte fournissait à bas prix tout le blé nécessaire.

    « Je suis l’empire à la fin de la décadence
    Qui regarde passer les grands Barbares blancs »

  • La culture selon la droite, selon l'extrême droite, selon la gauche... Ou comment on peut révérer le Verbe et se foutre que Sarko aille trois jours sur un yacht. Voici un sujet qui mériterait un post entier.

  • Le fait qu'il aille sur un yacht est précisément inquiétant. Pas le fait en soi (il a droit à des vacances) mais ce qu'il signifie, à savoir la grande proximité de Sarkozy avec le milieu des affaires. Tant pis pour le public moyen ou modeste qui avait vu en lui un sauveur. Il ne sera en fait qu'un moyen pour que certains augmentent encore leur fortune. Les inégalités seront donc plus grandes et la culture réservée à une élite.

    Quand je dis cela, croyez bien que ne veux pas plus que vous d'une culture de masse, bien au contraire.

  • Mais enfin Feuilly, on n'a pas attendu Sarkozy pour savoir que les grands de ce monde ont un train de luxe et sont en connivence avec les milieux d'affaires. Qu'est-ce qui vous choque là-dedans ? Qu'il le fasse avec ostentation, c'est-à-dire qu'il ne soit pas hypocrite comme un Mitterrand ou un Chirac ? Sarkozy, c'est la transparence même sur ce plan - et quand vous sous-entendez qu'il humilie le peuple modeste qui a voté pour lui, je crois que vous vous trompez car le modeste peuple s'en fout et même pire trouve ça généralement bien que ses dirigeants mènent la grande vie. Les gens aiment les rois et les princesses comme vous savez et quand ils se révoltent contre eux, ce n'est pas parce qu'ils les voient sur un yacht bouffer du caviar à la louche que parce qu'eux n'ont plus de pain. Mais ne croyez pas que les pauvres n'aiment pas les riches !

    Quant à la culture, elle est de toutes façons le fait d'une élite - que celle-si soit riche ou pauvre.

  • Non, ce n'est pas nouveau. Mais il me semble que c'est lui qui parlait de changement. En attendant,

    1) cette ostentation me semble mal venue, oui (cf. hôtel Fouquet's)
    1) il a tout de même voulu être discret en disparaissant en Méditerranée (donc aussi hypocrite que les autres)

    Quant aux pauvres qui aiment les riches, ils les admirent bêtement, c'est différent. Par contre les riches n'aiment pas trop les pauvres, ça non.

  • Le changement, entre autres, c'était décomplexer la droite, ne plus avoir honte d'être ce que l'on est, et penser (et ici vivre) comme l'on veut. Etre hypocrite, c'est vouloir faire croire qu'on fait autre chose que ce que l'on fait, et ce qu'il a voulu, c'est être tranquille sur le yacht de son pote.
    Enfin, comme disait un humoriste, "quand un américain voit un autre américain dans sa cadillac, il rêve du jour où il pourra monter dans la sienne, quand un français voit un autre français dans sa cadillac, il rêve du jour où il pourra l'en faire descendre."
    "La loi du fric", c'est la prospérité.

  • arghhh !!! mais pq diable pousser le vice jusqu'à publier une photo de vous en gros plein d'soupe ???

  • Eh bien parce que je suis vicieux j'imagine !

  • De plus, on ne voit pas pourquoi d’un côté il ne participe pas aux commémorations du 8 mai avec Chirac (ce qui est normal, le seul président en exercice est toujours Chirac) alors qu’il s’empresse d’écourter ses vacances pour être présent aux cérémonies sur l’abolition de l’esclavage (alors que Chirac sera présent). Conviction sincère ou manière de se montrer démocrate auprès du bon peuple? En tout cas, cela aura dû plaire à Angela Merkel, avec qui un entretien est déjà prévu pour relancer le processus de la Constitution européenne (sans référendum, cette fois et en ne tenant pas compte de ce que ce vote avait exprimé : le rejet non pas de l’Europe, mais de l’Europe du grand capital.)

  • Feuilly, vous chinoisez. Le 8 mai, on sait ce que c'est. Par contre, l'abolition de l'esclavage, c'est-à-dire le fait que l'Europe ait été moins esclavagiste qu'on ne le dit et qu'il n'y a donc pas à sombrer dans la repentance fait partie de la rupture socio-culturelle voulue par Sarko. Normal dans son esprit qu'il y soit.

    Certes, les Français ont rejeté le traité européen, mais ils viennent de rejeter il y a quinze jours toutes les sectes antilibérales. Et il faut en finir avec ce haine du libéralisme.

  • L’Europe ait été moins esclavagiste qu'on ne le dit ? Pierre vous êtes sur une pente savonneuse. Quoi, des millions de morts abolis d’une seule phrase ? A ce titre on pourrait aussi considérer le massacre des Juifs comme un détail, faites attention. Et puis, à ce que je sache "L'honneur de la France, c'est d'être à la pointe du combat contre l’esclavage », a souligné Jacques Chirac, en ajoutant : « L’esclavage, ce n'est pas uniquement une tragédie du passé. Encore aujourd'hui, la traite des êtres humains fait des centaines de milliers de victimes dans le monde. Plus que jamais, nous devons nous mobiliser contre cette infamie". Chirac a aussi rappelé que "notre pays est le premier à avoir reconnu que l'esclavage est un crime contre l'humanité".
    Et vous, vous venez me dire que Sarkozy sera là rien que pour dire qu’il n’y a pas de repentance à avoir ? Et bien cela promet. Ou alors vous êtes encore plus sarkozyste que Nicolas lui-même - même si votre adolescence dorée et bourgeoise vous rapproche de lui, il faut garder la tête froide, Pierre. Et l’esclavage moderne lié au grand capital et à la productivité à tout prix existe bel et bien. Il va même encore s’aggraver.

    Quant au traité européen, les Français sont toujours contre, croyez-moi. Je dis qu’ils n’ont pas compris ce que Sarkozy leur proposait. En fait il a joué sur la peur de l’étranger et la lassitude devant les assistés sociaux pour se faire élire par les tranches moyennes. Elles vont maintenant regretter leur choix.

  • Nous qui avons supporté Nicolas nous portons de justes revendications : les gens de la rue de Valois aux galères et pour commencer la retraite à 75 ans pour tous les personnels des musées nationaux.

    Vive la chiourme ! La badine aux gens qui se lèvent tôt ! A bas les cultureux qui viennent manger le pain du peuple français !

  • Feuilly, l'esclavage est un crime contre l'humanité, l'esclavage existe encore dans de nombreux pays, et notamment arabes, l'esclavage fut une des hontes de l'histoire européenne, mais c'est l'Europe qui l'a aboli la première. Inutile donc de s'autoflageller aujourd'hui et soyons au contraire fiers de ce que nous avons fait. Par ailleurs, que vient faire mon adolescence dorée dans cette histoire ? Ce n'est pas d'elle dont je me réclame dans cette affaire mais bien de cette tyrannie de la repentance dont Pascal Bruckner parlait. Rien de savonneux là-dedans.

    Pidiblue, pas de colère saine je vous prie.

  • Toujours en avance, l’Europe. Elle a inventé l’esclavage (enfin c’est vous qui le dites, car dans l’Antiquité, les Assyriens, l’exil à Babylone, etc.) et elle a été la première à l’abolir aussi. Remarquez qu’il n‘est pas dans mes intentions de m’auto flageller, rassurez-vous. Disons simplement qu’on doit appeler un chat un chat et plutôt que de se voiler la face, il faut savoir assumer nos erreurs. Ce n’est pas pour cela qu’il ne faut pas aller de l’avant. Ce n’est pas parce qu’il y a eu l’Inquisition autrefois que vous ne pouvez pas être catholique aujourd’hui, mais disons que le fait de savoir que cela a existé vous donne une supériorité intellectuelle sur ceux qui l’ignoreraient ou qui feindraient de croire que cela n’a pas existé.

    Pour revenir à l’esclavage, il est difficile de juger avec notre mentalité actuelle. Qu’aurions-nous fait si nous avions vécu à cette époque ? Certes, il s’est toujours trouvé des hommes pour dénoncer les injustices, mais ils sont souvent rares (voir Las casas qui s’est insurgé contre les traitements inhumains infligés aux Indiens). Quant à nos colonies, je suis bien d’accord qu’on y a fait aussi de bonnes choses. Mais enfin est-ce un si grand mal de reconnaître que certains aspects laissaient pour le moins à désirer ? Quand Léopold II de Belgique, au Congo, faisait couper les mains de quelques villageois pour effrayer la population et augmenter la production de caoutchouc, ce n’est pas s’humilier devant les Congolais actuels que de dire qu’on désapprouve une telle attitude. A moins que vous ne considériez que la politique libérale actuelle, centrée elle aussi sur le profit, justifierait des barbaries du même type, mais vous n’allez quand même pas me faire croire que vous pensez cela.

    La pente savonneuse, c’est de penser que nous sommes d’office en position de force, que nous sommes les meilleurs et supérieurs aux autres (ce qui ne veut pas dire que je voudrais vivre sous un régime islamiste). Quant à votre enfance dorée (mais qui peut en juger, si ce n‘est vous- même et vous fîtes de bien de couper quelques mots à mon commentaire) elle a à voir avec votre soutien inconditionnel à Sarkozy. Vous ne raisonnez plus en intellectuel objectif mais par votre appartenance à une classe sociale déterminée.

  • L'excès de nourriture spirituelle te tuera plus sûrement que toute colère sainte surtout en ce temps d'abondance sarkozienne !

  • Où avez-vous lu, Feuilly, que je disais que l'Europe avait inventé l'esclavage ? Et où avez-vous vu que l'on ignore les erreurs et les horreurs dont s'est rendu coupable notre beau pays ? On l'apprend en maternelle que la France fut colonisatrice, esclavagiste et collaboratrice, alors ne me dites pas qu'il "ne faut pas oublier". Guitry le disait déjà à son époque que les enseignants mettent un point d'honneur à donner à leurs élèves une image déplorable, culpabilisatrice de leur pays. Et c'est contre cette tendance culpabilisatrice que Sarkozy s'est très justement à mon avis élevé. Le sanglot de l'homme blanc n'en peut plus de pleurer...

    Quant à ma classe sociale, encore une allusion personnelle ! Ma classe, ma classe. Qui m'a foutu un sociologue aussi fâcheux ? Elle a bon dos, ma classe - surtout quand on sait que mon statut professionnel et social n'a rien à voir avec cette classe, et que socialement, je suis précisément ce que Soral appelait un déclassé.


    Pidiblue, ne vous trollisez pas ainsi s'il vous plaît.

  • Grand Méchant Troll ? GMT ? hum ! Il y a là quelque chose à creuser, une profession d'avenir dans la République de Nicolas. Il faut explorer toutes les voies d'accès à un statut social supérieur et ne pas hésiter à se dévouer à une cause publique car la seule chose vraiment importante c'est ne pas succomber à la lecture de la Princesse de Clèves !

  • Un déclassé? C'est peut-être ce qui vous rend finalement sympathique. Pas par principe (vous obliger à descendre de la limousine, cf. plus haut), mais par la connaissance que vous avez de réalités autres.

  • Au fond la seule société chrétienne c'est la société de l'humiliation, celle où l'on est soit larbin et obligé de s'abaisser continuellement, soit maître et obligé de confesser ses turpitudes en secret !

    Je sens que je vais monter très haut dans l'estime du proprio de ce blog ... le haut patron et confesseur de ces lieux !

  • Montaltino mon chouchou,

    J'imagine que le plus choquant dans l'affaire du yacht, c'est le glissement sémantique. On parlait de "retraite" quasi mystique, avec prise de "recul" pour "habiter" la fonction présidentielle et on se retouve avec des "vacances" (de beauf, mais ça, c'est Sarkozy hein...). J'imagine que ça faisait tâche dans une campagne basée sur le "travail", qui comme chacun le sait est tour à tour désiré (parce qu'il structure et fait gagner sa croûte) et détesté (parce que ça fait mal au cul le travail quand même...) par l'être humain (Tchekhov ? Que penses-tu de Tchekhov ? Sa Cerisaie ? Ses Trois soeurs ? Voilà une lecture pour Sarkozy...).
    En tout cas, bravo, car tu dis beaucoup de conneries (qui se souvient de ton post historique, en d'autres lieux, sur la connerie ?), mais toujours aussi bien et aussi parce que tu n'as pas cédé au triomphalisme...(pas comme certaines hystéros).

    Bisou Bisou (ça en manque toujours autant ici...)

    *(Hirek), de passage en Gaulle

    Ps : Si tu étais plus poilu, crois-moi, tu ferais un malheur chez les bears...Je dis ça rapport à la photo...

  • Feuilly qui me dit que je ne suis rien qu'un sale bourge, Pidiblue qui me fait son chrétien névrosé, et pour couronner le tout, voilà le pollak qui vient me dire que je ferais un malheur chez les gays... Ca suffit, J'ARRETE CE BLOG !!!

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