Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

La conjuration des imbéciles

medium_edouard_drumont.jpg

 

Salauds de pauvres ! Ordures d'humbles ! Misérables souverainistes ! Révolutionnaires tarés ! Ah ils sont contents ce matin ceux pour qui l'Europe vient d'être évacuée de France - et tant pis pour le risque que l'Europe nous évacue à son tour. Tant pis si nous apparaissons comme des enfants gâtés qui ne veulent surtout pas se confronter au monde, des surprotégés qui paniquent de sortir des jambes de leur Marianne, des handicapés de l'énergie nationale pour qui tout doit venir d'une certaine idée de l'état : "travailler moins, gagner plus - et surtout, rester entre nous". Rien à faire, les français resteront ces indécrottables pétainistes, peureux, lâches, veaux, protectionnistes à en crever et en même temps, arrogants, coqs, donneurs de leçon. Oh comme l'Allemagne aurait raison de nous lâcher dans notre bouse et de se tourner vers un partenaire moins inconséquent !

Ce sont les américains qui doivent rigoler. On verra si on a un "plan B", mais ce qui est sûr est que ce Non à l'Europe, c'était le "plan A" de l'administration Bush - un Bush que l'on feint de haïr alors qu'on lui donne raison sur tout. En attendant qu'on accomplisse sa suprême volonté : l'adhésion de la Turquie à l'Europe. Car si Bush est contre l'Europe, il est aussi pour une Europe turque, ce qui d'ailleurs est la même chose.
Comment ? De Villiers et ses sbires ne seraient pas d'accord ? Sans doute, mais Besancenot et ses boys, si. C'est ça aussi qui donne envie de se casser la tête contre les murs. Cette surdité des gens du non entre eux. Après la gauche plurielle, le non pluriel. Dans leur haine de l'Europe, ils ont oublié qu'ils se haïssaient. Ils ont rejeté ensemble ce traité-ci en ne se rendant pas compte que le prochain allait encore moins leur convenir. Tu parles d'une intelligence de la cité ! Car qu'est-ce que l'on va renégocier ? Un traité plus social ? plus libéral ? plus moral ? moins moral ? plus nationaliste ? plus internationaliste ? plus fédéraliste ? plus transindividuel ? Depuis hier, on s'est débarrassé du seul texte qui pouvait à peu près faire consensus. Depuis hier, on fait dans l'idéalisme en France - l'idéalisme populaire, la seule chose vraiment haïssable. Et le peuple idéalisé !

Incroyable et gerbant de voir que ceux qui la plupart du temps n'ont jamais de mot assez dur contre la démocratie se mettent aujourd'hui à l'honorer sous prétexte que pour une fois le peuple est d'accord avec eux. Ils se sont trouvés une veine populiste les dandys ! Contrairement à Serge Rivron, cité dans la Zone, qui pour la première fois de sa vie se "sent heureux d'être de France", rarement je ne me serais senti, moi, aussi honteux d'appartenir à ce peuple de glands toujours mécontents, hargneux, à côté de la plaque, capable seulement d'un "destin" régional pour ne pas dire communal. En vérité, nous ne sommes que des Corses, de sales Corses, des assistés terroristes doublés de fonctionnaires révolutionnaires ! La prochaine fois, on fera un référendum pour savoir si l'on veut payer des impôts ou non, s'il faut travailler trente-cinq ou quinze heures, si la retraite à quarante ans c'est souhaitable et si l'on gagnera la prochaine coupe du monde, et le lendemain, l'on lira des choses comme ceci : "Un PEUPLE existait qu'on imaginait tellement avachi, qu'on décrivait depuis tellement de temps comme tellement abruti qu'il avait fini lui-même par ne plus se savoir Histoire. Malgré les mensonges dont on pensait l'avoir éparpillé, malgré le gouffre du doute ouvert devant celui à qui l'on répète qu'il a tort, et qui s'avance quand même au châtiment promis, le peuple de France a rejoint son destin. Il attendait seulement que l'Histoire à nouveau le sollicite."

Ben voyons ! A part nous refaire un 21 avril, Elle ne fait pas grand'chose, l'Histoire, ces derniers temps. Et l'ami du Stalker (qui me pardonnera, j'espère, cet impardonnable abîme politique entre nous) d'oser citer Bernanos qui précisément écrivait que si c'est la colère des imbéciles qui menace le monde, les imbéciles sont moins les élites que les manants. Car justement, "ce sont les classes moyennes [qui] sont presque seules à fournir le véritable imbécile, la supérieure s'arrogeant le monopole d'un genre de sottise parfaitement inutilisable, d'une sottise de luxe, et l'inférieure ne réunissant que de grossières et parfois admirables ébauches d'animalité." L'imbécile, c'est le petit bourgeois qui donne son avis de matamore frileux, c'est le pauvre devenu riche, qui comme le dit encore Bernanos, "garde au sein de la richesse les vices de la pauvreté" , qui voit tout de son petit oeil torve, et à qui on a donné le pouvoir de courcircuiter "démocratiquement" le seul projet qui aurait pu lui rendre la vue, c'est le plouc qui sue à grosses gouttes dès qu'il sort de sa campagne et qui ne cesse de geindre contre un système qui le protège de ses voisins plus que ses derniers de lui. Ah la concurrence, il en a horreur, le pauvre chéri. Son mauvais vin doit être le meilleur du monde sans concurrence ! Alors, au lieu de l'améliorer, il vote pour qu'il soit bon !!!

Car oui, bien sûr, on a voté ! Et avec quelle rage, quel ressentiment ! Et c'est le ressentiment qui a gagné ! Ok, rien à dire. Vox populi, vox merdi. Quel pays maso tout de même ! Maso et nihiliste. Le pire, c'est que ceux qui ne cessent de clamer haut et fort leur rejet de la décadence sont les mêmes à aller franchement vers ce qui peut nous ridiculiser et nous avilir encore plus. Garder à tous prix notre "francéité", leur truc. Alors que ce qu'il fallait, et ce qu'il faudra un jour ou l'autre, c'est précisément nous "défrancéiser", nous purger de nos tares nationales (dont la paresse et la peur en premier lieu), nous anglo-saxonniser un peu, rien qu'un peu, nous débarrasser par dessus-tout de Marx et de Maurras qui continuent, à gauche et à droite, de pourrir le débat. Saloperie absolue des idéologies françaises anti-libérales, antisémites, anti-réformistes, anti-pragmatiques. Ignominie de cette France du Non bloquée entre Robespierre et Drumont !

Non, en France, c'est l'infâme idéologique qu'il faut écraser - et c’est le peuple qu'il faut dissoudre !


(Iconographie : Edouard DRUMONT, ici porté en triomphe, dans le cadre d'élection, au niveau du 55 rue Rovigo, en 1898.)
Lien permanent Catégories : Spectacles sociaux 58 commentaires 58 commentaires Imprimer

Commentaires

  • Jamais, mon cher Montalte, je n'ai été si d'accord avec le fond de votre coup de gueule. Deux questions techniques pourraient peut-être éclairer un peu davantage ce débat : quel serait le résultat d'un référendum sur la Constitution ACTUELLE française? quel serait le résultat d'un référendum sur la peine de mort? Lorsqu'on les devine, on interpréte plus lucidement et ironiquement et amèrement le résultat d'hier.
    Oui, les éléphants, les ânes et les tigres - et même les ours! - ricanent sur les ruades d'un coq qui fait perdre tant de plumes à tant d'aigles et tant de griffes aux léopards et lions.

  • On dirait du Sollers, mais en moins bien écrit.

    Tu veux pas plutôt nous reparler un peu du pape ? :-)

    *Celeborn

  • C'est un beau texte cormaryen, avec ses exagérations et ses contresens si plaisants. Je crois que tu confonds les dirigeants tenants du non et les électeurs. Comme si un électeur intellectualisait... L'électeur voit ses problèmes quotidiens parce qu'il doit les régler. Ce ne sont pas les grandes idées qui le font manger.
    Si on veut sortir de là, il faut soit supprimer la démocratie, soit créer un homme nouveau.

  • "Je crois que tu confonds les dirigeants tenants du non et les électeurs. Comme si un électeur intellectualisait... "

    En effet, je n'ai pas eu l'impression d'assister à la victoire de l'intelligence, mais plutôt à celle de la bêtise, de la démagogie et du repli frileux sur soi.

    Je suis aussi écoeuré que toi, mon cher Montalte. Mais je me console en me disant que les premières victimes du "non" seront ses partisans, ne serait-ce que quand ils vont s'apercevoir que leur beau rêve d'une re-négociation "pour une Europe plus sociale et moins libérale" va partir en fumée !

  • LA GRANDE PEUR DES BIEN-PENSANTS

    Les quartiers des gros phacochères de bourgeois parisiens ont voté oui à 80%...Comme pour beaucoup de choses Montalte, votre harangue est celle d'un assis, celle d'un intermittent de la révolte, un phraseur, quelqu'un qui ose parler au nom de la misère derrière son PC en reprenant un Pringles Oignon et une gorgée de Tourtelle.
    Qu'est-ce qui vous permet d'abord de proclamer comme tous les tenants du oui, que si il y avait une nouvelle négociation elle serait fatalement moins sociale et plus libérale? Foutaise! C'est avouer le primat économique en marche : c'est lui qui décide de tout déjà dans cette société à laquelle, si les jobards du oui avaient été majoritaires, vous nous auriez précisément livré pieds et poings liés,à un monstre bureaucratique aux ordres de la puissance anonyme et vagabonde. Ce traité n'aurait absolument rien changé à cela! Ce n'est pas un traité écrit par des robots qui nous sauvera du Léviathan!

    Si vous venez alors me rétorquer la politique du moindre mal, je vous dénie le droit de citer Bernanos. Bernanos même au plus ouvert de son évolution, aurait voté non des deux mains. Et peut-être même, suprême abrutissement du bouseux aux yeux du Parisien de seconde génération, ne l'aurait-il fait que pour des raisons MYSTIQUES (au sens de Péguy évidemment) et non politiques, par exemple, entre mille exemples en raison du négationnisme qui a consisté à évacuer l'origine chrétienne de l'Europe. Au moins l'eut-il fait par panache, par esprit chevaleresque - gaussez-vous - dans l'affirmation désepérée de son humanité face aux technocrates bruxellois. Non, le non n'est pas qu'un choix d'aigri, c'est un choix de civilisation: l'Europe chrétienne, au moins humaine, OU les robots. Les descendants de Drumont ou de Marx étaient aux côté de la démission en 40, et leurs descendants sont ceux qui nous disent aujourd'hui qu'il faut voter oui parce qu'il n'y a pas d'autres solutions. C'est archifaux, vous qui donnez des leçons d'Histoire, il y a tant d'exemples de retournement qui ont fait la défaite du bon gros sens bourgeois.
    Vous assimilez par ailleurs l'ensemble des nonistes, c'est absolument malhonnête. Car non seulement ce sont plutôt les partisans du oui qui tremblent pour leur avantages acquis, mais de plus il est des électeurs du non qui ont fait ce choix par conviction, par idéalisme, en dépit de leur situation, au risque de perdre. Mais je doute que vous puissez le concevoir.
    Si il n'y avait que des soumis comme vous, vous mériteriez effectivement cette Europe sans âme, vous assurant la sécurité du gîte et la certitude du couvert.
    Mais êtes-vous allés voir dans ce pays que vous insultez? Avez-vous souffert avec les paysans, les pêcheurs, êtes-vous allé voir les Dhimmis des Kosovos banlieusards? Non ce ne sont pas des amalagmes. Et vous le savez, le contrôle de l'immigration clandestine, on s'en fout. Le problème ce sont les fruits de l'immigration légale, et pour le règler, il ne faudra pas compter sur Bruxelles!

    Vous parlez d'ambition régionale ou communale en les tournant en dérision. En quoi cela est-il un signe de frilosité que d'aspirer à cette échelle de vie sociale? Pourquoi serais-je un salaud si je n'ai pas envie qu'un lettonien pèse dans des choix dont je subirais les conséquences? Suis-je obligé d'être européen? Suis-je obligatoirement affligé des tares que vous mentionnez si je suis français? Mais voyons, où avez-vous vu que tout cela se décrêtait?
    S'il n'était que le plaisir de moucher l'arrogance dont vous faîtes preuve, cela aurait suffi à me faire voter non.
    La Turquie...Soi-disant, aucun lien avec le traité. Alors pourquoi des signatures officielles d'Ankara figurent-elles sur le document? Pourquoi depuis ce matin apprend-on que le non risque de compromettre l'ouverture de négociations avec ce pays non-européen?

    Le nihiliste, c'est vous. Votre oui n'est qu'une succession de renoncements. Vous êtes du côté des ovidés, en file pour un abattage qui n'aura même pas la valeur du martyre...

  • Que répondre à votre colère ? Vous paraissez si sûr de vous, Montalte Cornary. Le ressentiment qui a gagné et que vous dénoncez, c'est précisément ce que Bernanos appelait la vengeance naturelle et divine des peuples, et c'est cette vengeance dont effectivement je parle et que je salue dans mon texte au titre pourtant explicite : "Heureux et fier, et après ?"

    Evidemment, vous n'entendez rien et vous ne voyez rien venir, et au lieu d'être capable d'enthousiasme pour le véritable élan d'humanité jeté à la face du monde par ce non français revenu de sous tant de mensonges, d'abandons et de quolibets, vous vous acharnez à l'exaspérer encore : "salauds de pauvres ! ordures d'humbles !" Quel sinistre aveu et quelle misérable ambition que celle que vous trahissez ! Quel effroyable aveuglement, surtout ! Au lieu de trembler, vous éructez.

    Evidemment le camp du non est divergent, éclaté, contradictoire, absurdement pluriel, et ses raisons avouées souvent aussi erronées que celles du camp du oui. La belle découverte ! Le livre de la démocratie à laquelle vous paraissez tellement attaché est rempli, hélas, de ces contresens qu'il vous plaît de débusquer si facilement. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle certains "dandys" dont je m'honore de faire partie (tu verrais la gueule du dandy et son mode de vie, Montalte, ça te ferait un peu nuancer l'expression, mais je veux bien l'endosser si elle vient de toi) ne s'interdisent pas d'en dénoncer ouvertement les vices et d'en fustiger la dictature, tout en avouant leur perplexité à l'égard de la meilleure manière de gérer la cité. La race que ces dandys ne supporteront jamais, en revanche, c'est celle des menteurs, celle de ces apothicaires de la bonne pensée et de la juste pesée, qui grotesquement se sont eux-mêmes drapés dans la bannière hautaine de la "Gouvernance", le sourire compassionnel hautain de qui Sait et de qui OEuvre pour le salut tellement insoupçonnable de ceux qu'ils méprisent en tout légitimité et en toute mauvaise foi.

    Le non l'a emporté et effectivement j'en suis heureux et je suis fier d'être de France, pour la première fois de ma vie. Si le oui avait fini sa laborieuse carrière par gagner, je n'aurais pas pour autant désespéré de notre peuple, ni surtout appelé à le "dissoudre". C'est un peu la différence des "dandys" d'avec les "Gouvernanceurs" si je vous en croie : les dandys aiment autant le peuple lorsqu'il délivre Orléans que lorsqu'il arrête à Varennes un couple royal trop lâche et trop félon pour lui. Les Gouvernants ne l'aiment que lorsqu'il votent oui.

    J'imagine assez, cher monsieur Cornary, que vous vous ferez le plaisir d'une réplique cinglante à ma petite contribution à votre forum. Rassurez-vous, ce sera la dernière.

  • *Montalte, je t'en supplie, arrête, tes analogies sont profondément connes, là, quand même. Le coup de Pagnol et Mistal, ça n'a mais vraiment rien à voir avec la choucroute... Ou alors faut-il te répondre que vu qu'un Bordeaux, c'est meilleur qu'un "vin de divers pays de la communauté européenne", alors forcément l'Europe c'est pas bien ? De même, on va quand même pas faire un cours pour que tu arrêtes de faire l'amalgame entre socialisme (à la Marx) et social (sécurité sociale, impôts et redistribution , crèches, système de retraites et tout le tintouin).

    Mais surtout, surtout, revois un peu ton Histoire européenne :

    1) la France est toujours dans l'Union, rassure-toi, le "régionalisme" français (non mais des fois, tu as de ces images...) n'a pas triomphé, ce n'était pas la question posée aux électeurs. Ils ont juste dis non à un nouveau traité qui venait bidouiller l'ancien et ne pas y changer grand chose, et qui avait probablement le défaut de se faire passer pour ce qu'il n'était pas, à savoir une Constitution. Mais j'imagine que ça tu le sais, car pour vitupérer en toute connaissance de cause, tu l'as lu...

    2) C'est quand même pas la première "crise" (et honnêtement, "crise", je trouve le mot un peu fort, puisque les institutions européennes continuent de fonctionner pépère, et qu'apparemment ils ont même moyen de foutre un patch pour parer au + pressé sur le plan institutionnel si la Constitution ne rentre pas en vigueur à la date prévue), la première crise, disais-je, dans l'Union Européenne. On a eu la chaise vide, on a eu Thatcher, on en a eu plein d'autres ponctuelles, on a même le Danemark qui a voté non à Maastricht sans qu'on en meure. On sait depuis le début que cette construction, ça avance, ça stagne, ça repart dans un autre sens, c'est pas la première fois qu'il va y avoir un petit coup de frein, ni la dernière d'ailleurs, et si ça se trouve c'est très loin d'être un mal, car lorsqu'on voit les réactions des eurocrates (j'adore ce mot, je sais pas qui l'a inventé, mais il ne devait pas les aimer :-) ), ça vaut bien ton lecteur de Télérama en termes de n'importe quoi.


    A part ça, ta vision du peuple français est profondément gerbante. Je veux pas faire dans le misérabilisme où le pathologique, mais reprocher à énormément de gens de ne pas voir au delà de leur destin communal ou régional alors qu'ils n'arrivent déjà pas à se dépatouiller de leur destin individuel, c'est vraiment d'une impressionnante inhumanité.

    *Celeborn

  • Montalte, je mets en ligne ma propre réponse, accompagnée de celle, corrigée de quelques fautes, de Rivron. Ca va faire mal mais tu le mérites bien, comme dit la pub...

  • CELEBORN : Pour la comparaison Mistral-Pagnol, j'avoue que je déborde le sujet qui nous occupe. Sauf que c'est hélas comme ça que ça se passe dans l'histoire de la littérature. Un écrivain qui se respecte écrit dans toujours dans une langue majoritaire (Ionesco, Eliade, Cioran en français et non en roumain, Kafka en allemand et non en tchèque), car il sait que dans la sienne, minoritaire, il n'ira pas bien loin - même si elle est splendide. Relire le début d'Utopie et Histoire de Cioran qui a tout dit là-dessus.

    Pour le reste, nous sommes bien d'accord sur les faits mais non sur le ton. Ce non est un frein qui te réjouit et qui me consterne. Tu n'y vois qu'une vissicitude de la construction européenne, j'y vois une difficulté absurde et inutile et qui discrédite celui qui la met. Et comme d'habitude, tu es le plus "léger" possible sur les autres crises sous prétexte qu'elles ont été résolues. C'est bien toi ça : "guerre de cent ans, révolution, empire, première et seconde guerre mondiales, on a tout eu, on a tout survécu, pas de quoi s'affoler. L'histoire suit le cours qu'elle veut, et pis valà."

    SERGE RIVRON : d'abord, un grand merci pour votre réponse qui honore ce forum. C'est vrai que j'ai du mal avec votre mystique du "peuple qui se venge" et que c'est votre lyrisme dément qui à bien des égards m'a poussé à écrire ce texte. Etes-vous certain que le peuple a toujours raison, que sa voix est toujours celle de la raison et de la vérité ? Vous frémissez de bonheur au moindre vote ? Le populisme, ça n'existe pas ? Alors évidemment, je ne dis pas que tous les résultats d'élection ou de référendum prouvent que le peuple est une canaille, loin de là, que "mon" candidat l'emporte ou non, mais dans le cas qui nous occupe, oui. Ce non est celui de la peur, de la petitesse et du sécuritaire. Vous parlez des mensonges du "oui", de la partialité des média tous ouiistes, mais mon cher Serge, il était mille fois plus difficile et mille fois plus risqué d'être pour le oui que pour le non. En fait, je pense même que tout le monde était épidermiquement pour le non. Pensez, l'Europe, les allemands, les lettons, notre charte souverainiste en danger. Il fallait prendre sur soi pour voter oui. Etre rationnel. Et ne pas branler ses peurs. Combien de lois impopulaires mais nécessaires passeraient si on demandait aux gens leur avis ? Pourrait-on même gouverner si on demandait au peuple ce qu'il veut - un peuple qui d'ailleurs ne sera pas d'accord en son sein, un peuple étant finalement la chose la plus difficile à définir. Et c'est un leurre absolu de penser que la démocratie lui donne la parole. La démocratie, ce n'est pas la loi du peuple, c'est la loi de la majorité. On peut se demander s'il est utile de TOUT demander à la majorité. Bien à vous.

    Juan, vas-y ! dégomme-moi !

  • "En effet, je n'ai pas eu l'impression d'assister à la victoire de l'intelligence, mais plutôt à celle de la bêtise, de la démagogie et du repli frileux sur soi."

    Il faut alors rééduquer les partisans du "non" ou leur supprimer le droit de vote.

  • Oh oui oh oui ! Créons des camps de rééducation pour ces "salauds de pauvres" !

    Franchement, ce texte est à vomir. Heureusement que j'ai sauté le petit-déjeuner. : devant ce flot d'immondices, mon estomac n'eût sans doute rien retenu.

    Veuillez agréer, Monsieur Cormary, l'expression de mon plus colossal mépris.

  • Bien.
    Je redonne l'URL de ma réponse à Montalte : http://stalker.hautetfort.com/archive/2005/05/31/reponses_de_deux_imbeciles_declares_a_un_collabo_constipe.html

    Je crois que, si réponse il y a, il vaut mieux que tu la mettes en ligne, sans passer par ces commentaires, cela risque de faire plutôt désordre, comme la réponse de Rivron d'ailleurs reproduite dans la Zone...
    A toi, dégomme le dégommeur.

  • Monseigneur

    Devant cet étalage d'idées immondes et étriquées, je me pose une question.

    D'où viennent vos hosties?

    di2

  • "Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet" disait Courteline. Alors être traité d'ordure et de misérable par quelqu'un que les éructations classent sans équivoque, ça me ferait plutôt plaisir. Et en plus, ce parangon de belle âme et de science politique infuse n'imagine pas une seconde qu'il faut vraiment avoir l'amour de l'Europe chevillé au corps pour trouver le courage de dire "non", contre toute la conspiration béate des zélites, au texte qui la tuerait! Il y peut-être mieux à faire que de couvrir de merde cuistre un Serge Rivron - qui depuis des mois argumente sa position et la développe, contrairement aux anathèmes éculés de l'"isolement" de la France - tu parles, en juin 40 et en 1429 j'en connais que l'isolement n'a pas géné ... -

    Un peu consternant, tout ça. Et tellement français. A quoi ça sert, Grands Dieux, de dégouliner de bons sentiments "démocratiques" ( Daimos= le Peuple, bin oui! ) pour vomir ce peuple à chaque fois qu'il n'a pas agi comme on avait décidé qu'i le devait? Un peu comme à la cour de l'école, tu sais: " Non, chuis pas mort, t'avais pas le droit".
    Bien pitoyable...
    Bien sûr que le "non" est composite, mais est-ce aux électeurs pris individuellemnt de gérer le pays et de répondre aux crises? Il ne s'agit pas d'une élection où des candidats se proposaient à nous diriger, merde! On me pose une question, j'y réponds; point-barre. Ca me fait penser à un gargottier qui confierait sa toque au client qui lui renvoie un plat loupé. Chacun son rôle, non?
    Après tout, qui a ouvert la boîte de Pandore? On ne lui avait rien demandé à Giscard, ou si peu. Et bien sur il a sauté sur son vieux rêve pathétique d'être le démiurge de l'Europe! Et que je te rédige une "Constitution" ( en trahissant le texte de Thucydide pour commencer )! Tu parles, toute la camarilla des eurocrates a sauté à pieds joints là dessus: immortaliser leur usine à gaz d'un coup en rendant irréversibles tous leurs vieux traités moisis ( le Titre 3 )- à noter que Giscard, dans un dernier ( ? ) accès de lucidité s'est rendu compte qu'il valait mieux conseiller aux électeurs de ne pas le lire-.
    Alors voilà, dimanche le Peuple de France s'est prononcé. C'est bête, non? CHIRAC n'avait qu'à pas le lui demander! Pour une fois, une connerie chiraquienne me fait plaisir... La France s'est exprimée dans ses profondeurs; cela signifie que malgré tout ce qu'on lui fait subir depuis longtemps, elle existe encore puisque capable de se ressaisir... Depuis 30 ans que de GAULLE fait des loopings dans sa tombe, il s'est probablemnt interrompu quelques heures...
    Et maintenant, que tous ceux qui se sentent concernés retroussent leurs manches. Bernanossiens où pas - je laisse le pilpull littéraire aux plus cul-tivés que moi-, il y a du pain sur la planche! Si un dixième de l'énergie consommée à traiter les braves gens de cons est utilisée à penser au bien de tous, y'a peut-être un petit espoir...

  • La logorrhée poisseuse de Montalte.

    Ne vous en déplaise, cher poseur mondain, c'est un NON bien jubilatoire et bandant qui a épinglé les urnes. Pas un vote de ressentiment ou une vague xénophobe comme la presse officielle tenterait de le faire croire et sur laquelle paresseusement, vous vous calez. C'est un NON-citoyen avide d'une Europe humaine et chaleureuse. Ce NON est d'une beauté époustouflante. Il vous fout la trouille parce-que pour une fois, nous allons devoir aider à la construction -pierre par pierre- de ce possible. Ne plus bêler dans le sens du vent est parfois déstabilisant, un effort de partage est attendu. Apprivoiser ce qui échappe.
    Serge Rivron avec Laiguillon et bien d'autres anonymes ou « reconnus », par le biais de la toile alternative, ont eu le mérite de se pencher sur cette "bible" indigeste nommée TCE.
    Merci à eux pour ce geste altruiste et cette anticipation lucide. Le bénévolat a fonctionné bien mieux que la propagande assistée. Le NON a piétiné vos calculs d'apothicaire.
    Quant au peuple que vous fustigez - tel un rachitique du bulbe- l'air radin affiché à vos lèvres sèches, il DANSE. Et la flamme qui l'anime est une véritable bouffée d'oxygène.

  • A Sergio, fier d'être français quand 55% des votants disent non (soit 38.5% des électeurs inscrits) à Pierrot, malade de honte et de rage pour exactement la même raison, j'aurais envie de dire qu'être français n'est ni une question de fierté ni de honte.

    Je suis français quoi que fassent les français. Qu'ils soient admirables, pitoyables, ce que vous voudrez, n'a rien à voir avec ça. La France est mon pays, mes racines sont françaises. Pour avoir vécu en anglo-saxonnie ou en Afrique des années, je sais que je n'aurai jamais d'autre pays ni d'autre culture. Ni fier, ni honteux, je me contente d'en être certain.

    Alors comme ça, certains français (pas moi, j'étais en week-end) ont voté. Ils auraient, les cons, dit non à la chance de leur vie ou se seraient, dans un sursaut admirable, réapproprié leur honneur?

    La passion vous aveugle jeune gens! Il ne s'est rien passé qui ne se passe à chaque élection depuis 86 (voire une décennie avant). On vote sur des mouvements d'humeur. Le peuple souverain renacle. Contre la gauche, la droite, le haut ou le bas, l'intérieur ou l'extérieur. Comme on lui a dicté ce qu'il fallait dire pour pas avoir l'air trop con ou à côté de la plaque, il dit qu'il est contre la constitution, mais en fait il exprime toujours le même malaise face à des changements qui lui foutent une trouille bleue, quels qu'ils soient. Parce qu'on l'éduque au stable, au sûr, à l'immuable. Alors que les temps changent.

    Tant que les gens n'auront pas compris qu'il n'est pas forcément triste ni dangereux d'être un jour là à faire ceci, l'autre ailleurs à faire cela, la mobilité qu'implique une société libérale post-industrielle sera jugée inadmissible.

    Certains voudraient une renégociation. Pour quoi faire? Un autre référendum ou la peur l'emporterait? Le texte qui satisferait les copains de la Marine et les camarades du facteur risquerait l'incohérence.

    On a voté pour que ça change, c'est à dire pour que tout s'arrête immédiatement de changer. Selon ses élans de coeur, on aimerait revivre au bon temps du roi Charlemagne ou suivre Maurice, le fils du peuple, jusqu'aux lendemains qui chantent. Retrouver l'âge d'or.

    A mon sens (qui n'est pas grand), sans changement profond des mentalités, nous continuerons d'aller de déconvenues en désillusions au rythme lent des scrutins. En vitupérant l'autre, cause de tous nos malheurs. Chacun enfermé dans la tour d'ivoire de ses certitudes moroses. Une manière de croupir dans son jus qui en vaut bien une autre...

    J'aurais voté oui. Mais vu que la question n'est pas fondamentale et qu'un non ne changera rien d'important, l'urgence d'un retour anticipé de week-end ne s'est pas imposée.

  • Très bien, parfait... Réponses ce soir.

    Continuez, continuez !

    Juan ! Quel texte ! Quelle verve ! Dommage que tu ne puisses te retenir d'attaquer personnellement les gens, mais bon, on te le pardonnera, mon bécasson....

  • Bah oui, la chèvre étant déjà prise, il me fallait, pour accompagner les petits rongeurs et les ânes, un volatil... d'où la bécasse, espèce protégée il me semble.

  • "Juan ! Quel texte ! Quelle verve ! "

    En effet, le sodomite diptèrophile s'est surpassé!

    Bravo l'artiste!

    Mais comme disait le p'tit gars dans la publicité des Fingers de Cadburry, "On pourrait pas les faire un p'tit peu plus longs?"

  • Coucou, Montalte ! Je suis de ton côté, malgré tes outrances (tu aurais pu éviter de sortir Drumont de son caveau). Mais enfin, la victoire du non n'est pas plus mal en fait. On verra bien tout ce qu'il en sortira.

  • Diable je suis aux anges : je ris à gorge déployée devant le tumulte de bécasses indignées que cette victoire du Non provoque parmi vos rangs clairsemés, ces rangs d'abrutis réactionnaires, de saloperies souverainistes et de fous de dieu parkinsoniens.

    Merci pour ce quart d'heure de trés franche rigolade, mes petits.

  • Ah tiens, puisque tu es là et qu'il est impossible de te joindre, juste cela : ton dernier texte m'a fait hurler de rire...
    C'est bien, tu t'améliores parce que, jusqu'à présent... A croire que je t'inspire mon cono...

  • ah, le stallekère, ridicule outre emplie d'elle-même, chétif glavioteur perpétuel et médiocre volaille caquetante, tente ici une communication à notre endroit.

    diable, que lui répondre, sinon d'aller se faire pendre, se faire encorner, ou subir telle mutilation qui lui plaira, pourvu qu'elle le satisfasse et soulage ses contemporains - quelques heures du moins - de sa prose laborieuse et syntaxiquement catastrophique, de son haleine chargée et de ses poses de vierge effarouchée.

  • Pristina, qui, ici, est un "gros phacochères de bourgeois parisiens" ?... Ce populisme de la pire espèce, le vôtre, qui consiste à considérer tout parisien comme un bourgeois mondain, déconnecté de la rue, est détestable. J'aimerais vous y voir, avec un loyer exhorbitant - la moitié de ma paie, et encore, je m'en tire bien! -, avec le manque de crèches à Paris ! Ne vous méprenez pas ; je ne me plains pas, mais je ne vous permets pas de vomir vos lieux communs de comptoir, vos arguments poujadistes à deux balles ! Nous n'avons que faire de cette vision binaire du monde.
    Ah ! nous sommes des bovidés ? Ah ! nous sommes des porcs ? Et toi, tu es quoi ? Une libellule ou une truie ?
    Pour le reste, le débat aura au moins fait surgir quelque lumière sur la nature de certains trolls.
    Franca Maï : dimanche soir, à l'annonce des résultats, je n'ai pas vu le peuple danser, mais Le Pen, De Villiers, Buffet et Besancenot jubiler... Le voilà, le visage du Non. Le vote est ce qu'il est, et j'espère sincèrement que vous avez eu raison, mais j'en doute fort : ce Non ne suffit pas : le traité de Nice est insatisfaisant à tous points de vue, y compris - surtout - de celui du Non : je crains que nous ne reculions aujourd'hui que pour mieux sauter, droit dans le gouffre.
    Merci tout de même à Montalte, au Stalker et à Serge Rivron pour leurs textes joyeusement rentre-dedans, argumentés, qui justifient, je le dis à l'attention des susdits trolls, la lecture de ces blogs.

  • bonjour,

    ici une analyse d'un engagé pour le NON.

    Fulke Skywalker ( te te salue, camarade, je connais bien le lycée Masséna, j'y ai fait deux ans de taupe, mais bien avant toi)




    En 2002, union sacrée contre Le Pen. Pas question de se chamailler. Rien de tel qu’un bouc-émissaire pour rassembler la grande famille. Et puis après, Chirac réélu avec un score de dictateur et tout est rentré dans l’ordre. Cette fois, c’est plus possible. Je les entends, je les ai vus, ces représentants de la société civile qui s’invectivent ce soir sur le plateau de France 2. Les politiques ne sont pas en reste. Ce n’est pas un très beau spectacle. Il n’y a aucune volonté de compréhension. Une intégrales des ego et des orgueils et ma foi, bien peu d’originalité. Par exemple, notre ministre de la Culture a décliné hier soir une tirade, mot pour mot à peu presque la même que dix heures auparavant dans le JT de la mi-journée (à vérifier, c’est pour toi, Schneidermann), comme si sa fonction consistait à servir de bande magnétique enregistrant des communiqués. Ah ! La bande magnétique… Andy Warhol… quel visionnaire ! La blogosphère n’est pas en reste. La colère des partisans du OUI s’exprime au-delà des politesses de campagne, en déformant complètement la partie opposée, défigurant les adversaires plus que jamais, amplifiant la distorsion de sens. Bref, la situation est dialectique dans une tendance agressive et haineuse. Mais tout va rentrer dans l’ordre, se calmer, à Saint-Tropez, boire frais, se délasser et lire Onfray (ça c’est pour toi, Vincent Delerm, une chanson à texte)



    Oh, il est facile de comprendre la déception de ceux qui se sont engagés pour le OUI. Je ne sais pas comment j’aurais réagi avec un résultat inversé. C’est dommage toutes ces invectives. Il y a des gens qui souffrent. Des fractures autant sociales que sémiotiques. Un cadre dans une entreprise dynamique ne peut comprendre la détresse d’un CES ou un Rmiste ou encore les difficultés rencontrées par un intérimaire, un smicard. Ces invectives sont du reste assez crétines. Parmi ceux qui pestent contre ce soi-disant populisme, qu’ils prennent quelque souci généalogique et regardent d’où ils viennent ? La plupart de la paysannerie alors merde ! On se souvient de la célèbre phrase du Général : « je vous ai compris ». Après le 29 mai 2005, les politiques ont dit « nous devons entendre le message des Français », en pensant: « putain les cons, on est dans la merde mais on n’a pas le choix si on veut rester dans la course ». A cela s’ajoute un autre type de sentiment, cette fois entre les Français des deux bords. Evidemment les déçus sont en colère et ne cherchent pas à comprendre le sens du vote, persistant dans les erreurs d’appréciation (eux penseront à la justesse de leur position). Les Français parlent au Français « nous ne vous avons pas compris ». Il va de soi que cette situation est inédite sous la 5ème République (il y a eu certes le coup de semonce du 21 avril). Cela montre aussi l’implication des Français dans l’évolution de notre pays et de l’Europe. Et aussi le sens tactique. Je doute qu’ils aient lu le traité de Sun Tse mais pourtant, ils ont bien vu que tactiquement, le dispositif référendaire constituait une occasion unique à saisir pour ceux espérant faire entendre un désir un changement de cap depuis 1983. Mais pour aller où ?



    A mon avis, la situation est bien bloquée. Il faut aussi être lucide. Les syndicalistes n’ont pas joué un jeu très clair et les journalistes sont souvent à la botte des politiques, et quand ils ne le sont pas, ils sacrifient à l’audimat, esclaves du système marchand. Quelle comédie que ces gens de presse qui entretiennent le populisme et qui quand le peuple s’exprime s’offusquent. A un moment donné, l’état de décomposition verbale étant tellement avancé, l’ironie et la moquerie servent de rhétorique de substitution. Pour moi, le mieux serait de jeter l’éponge et d’en rester là.



    L’analyse des votes montre des différences sociologiques moins accentuées que lors des élections américaines de 2004 mais comme je les ai encore en mémoire je peux m’amuser à quelques comparaisons. Le vote OUI épouse un contour similaire au vote Kerry alors que le vote NON ressemble à celui de Bush. Zones excentrées des grandes villes, zones rurales. Une précision. Il n’y a pas chez nous le phénomène culturel propre à l’Histoire des Etats-Unis et notamment la division sudistes nordistes à l'échelle des états.

    Un exemple. CUB rive gauche, Talence où je réside donne un OUI gagnant comme Bordeaux qui fait 57 points alors que Cenon, municipalité dite populaire, située à quelques stations de tram sur la rive droite, donne un NON à 70 points. Ce sont des écarts énormes, qui rejoignent ici l’ampleur de conurbations américains telles Saint-Louis ou Denver. Il y a eu un vote de classe, c’est évident. Je ne serai pas surpris qu’on assiste à des sectorisations électorales plus marquées que lors d’un scrutin dit classique comme un second tour de présidentielle avec un candidat de gauche et un de droite. La scission dépasse celle des partis traditionnels et renvoie à un doublet modernisme contre anti-modernisme.



    Mais aussi un vote qui traduit un schisme générationnel. Les plus de 65 ans ont voté OUI à plus de 55. Je n'analyse pas mais on dit qu’à cet âge, on devient saturnien, on se replie sur soi. Ce qui est étrange, puisque le OUI a été vanté comme un élan vers l’ouverture. Je laisse ça aux politiciens et aux sociologues. Il y a du boulot. Vous êtes loin du compte question interprétation.



    Autre question. Le lien entre société civile et gouvernant. Ce soir sur FR2 nous avons eu droit à une spéciale société civile, parasitée du reste par quelques politiciens mais bon, je ne fais pas de procès d’intention, l’intention de faire dialoguer étant louable. Donc, passe d’armes sous forme de vaudeville entre un responsable syndical et un responsable politique. Oui, a-t-il répliqué, Renaud Donnadieu de Vabre, les politiques sont à l’écoute des syndicats. Sauf que les syndicats ont trahi la cause des travailleurs depuis des lustres sont parfois les bailleurs de fonds de salariés bien lotis. Et ce, que ce soit dans la sphère publique, privée ou libérale. Il est de notoriété que les responsables de la FNSEA brandissant les difficultés des petits agriculteurs, on bien servi les grands qui empochent la mise. Pareil au MEDEF. Les syndicats attrapent souvent des pigeons qui adhèrent pour ne picorer que quelques miettes. SUD semble plus radical, mais hélas, déconnecté d’une vision d’ensemble et trop orienté idéologiquement. La société civile a été très peu vue sur les plateaux mais c'est le principe de la médiacratie représentative.



    Le schéma n’est pas spécifique à la France. Au Etats-Unis aussi, les syndicats s’entendent parfois sur le dos des travailleurs. Pourquoi s’offusquer. Ces choses là dépassent la sphère du politique. L’homme est quelque fois une hyène qui pour satisfaire ses désirs n’hésite pas à laisser crever ses congénères. Mais il se débrouille pour l’ignorer et le masquer.



    A suivre

  • Ce n’est pas le poète mais le citoyen qui était convoqué au vote. Ce lyrisme béat qui se déverse ici en vagues ampoulées, sincères mais bêtes, nous renvoie à plusieurs siècles en arrière, où nous pensions mourir pour la patrie et mourions pour ses industriels. La patrie du poète, ce sont les sourires de ses filles, les rimes de ses troubadours/trouvères, la forme des créneaux de ses châteaux, les coiffes de ses mères et le paysage qui s’ouvre de ses clochers. La politique et l’économie n’ont que des patries des casernes et des Bourses. Le vote d’hier devait nous rappeler que les capitaines d’industrie français n’étaient nullement plus épris de justice ou d’humanisme que leurs collègues bataves ou valaques. On devait tout bêtement décider si aux voix de portée sous-préfectorale devait se substituer un porte-parole à puissance d’un continent entier. Ce Non est un vote anti-français (un vote "volatil" - sic! - comme aurait dit notre énergumène en délicatesse avec l'orthographe), car être français veut dire être du côté de l’universel et du chevaleresque.

  • "La patrie du poète, ce sont les sourires de ses filles, les rimes de ses troubadours/trouvères, la forme des créneaux de ses châteaux, les coiffes de ses mères et le paysage qui s’ouvre de ses clochers."

    J'ai déjà lu bien des imbéciles, mais celui-ci, Shit, bat tous les records...

  • « J'ai déjà lu bien des imbéciles » - sans t’en douter, tu y touches, mon drôle, à l’une des sources de nos différences : omnivore, tu renifles, avales et te laisses pénétrer ou imbiber par tout cloaque - ou jet cristallin - qui bat les murs de ton bureau. Car non seulement tu ne possèdes pas la forme mais tu n’as même pas de ton propre fond. Celui qui s’excite à la lecture des gazettes aurait dû être interdit de toucher aux noms de Dante, G.Benn ou Celan.

  • "C'est un NON-citoyen avide d'une Europe humaine et chaleureuse. Ce NON est d'une beauté époustouflante." Franca Maï

    Quand je lis des phrases aussi chargées de sens et de lyrisme, j'ai du mal à ne pas pouffer! En cas de résultat contraire, on eût pu faire une déclaration aussi stupide avec le oui.

  • … quant à l’essentiel du patriotisme – «les sourires de nos filles» - je devine les ribambelles rituelles de vous autres, les journalistes : notre liberté menacée par de féroces cosmopolites, notre justice bafouée par un bureaucrate étranger, notre pureté souillée par d’hirsutes balkaniques… Si l’esprit européen est vraiment menacé par quelque chose, ce serait plutôt par sa propre myopie, mesquinerie ou frilosité. C’est curieux, tout de même : en Europe, dans les affaires vitales, on oublie le cœur pour ne suivre que la raison ; et dans les affaires mécaniques, là où il faudrait n’écouter que la raison on s’égare en invoquant l’âme. La grandeur et la noblesse devraient définitivement rentrer en-deçà de nos épidermes, pour ne tourner vers l’au-delà que le bon sens, politique et mercantile, qui sert le bonheur des peuples beaucoup mieux que nos panaches ou éloquences.

  • J'entends Bernanos se retourner dans son tombeau, j'espère pour vous qu'il ne réussira pas à en sortir. Afficher un tel mépris du peuple et le citer me semble tout à fait paradoxal. Visiblement, vous l'avez lu et vous n'avez pas compris grand chose, ce n'est pas un écrivain facile mais ses essais sont pourtant assez clairs : ce n'était pas quelqu'un qui souhaitait "dissoudre le peuple" bien au contraire. Enfin, vos vociférations sont d'une telle connerie qu'elles m'ont fait mourir de rire. Après le rire vient la tristesse accablante et j'aurai préféré que vous parliez des mamelles ou des tétines de Marianne plutôt que de ses jambes.

  • Le texte de Cormary décortiqué.

    « Salauds de pauvres ! Ordures d'humbles ! » On sent tout de suite d’où écrit l’auteur. Classes laborieuses, classes dangereuses : le slogan n’a pas vieilli. Et en plus, ils ont le droit de vote, les gueux !

    « Oh comme l'Allemagne aurait raison de nous lâcher dans notre bouse et de se tourner vers un partenaire moins inconséquent ! » C’est sûr, ils ont été plus intelligents, les Allemands… pardon, les responsables politiques allemands, en ne faisant pas discuter le texte du TCE par le peuple.

    « Ce sont les américains qui doivent rigoler. » [Au fait, « Américains » comme « Français », ça prend une majuscule, petit cormary.] Est-ce si sûr ? Le TCE prévoyait la primauté de l’OTAN sur toute défense européenne. Avec la Constitution qu’on nous proposait, la France aurait pu être obligée d’envoyer ses troupes en Irak. Là, les Américains auraient ri, très certainement.

    « ce Non à l'Europe ». Ah bon, l’objet du référendum, c’était de savoir si on était pour ou contre l’Europe ? Il me semblait qu’il était question de se prononcer sur un projet de texte constitutionnel. On m’a mal m’expliqué : la « pédagogie » des grands médias et des leaders du monde politique n’a pas dû être suffisamment claire sur ce point.

    « Cette surdité des gens du non entre eux. Après la gauche plurielle, le non pluriel. » Cher Cormary, si je vote « non » avec Le Pen, ça ne signifie pas que mes idées sont celles de Le Pen. Eh non, tout n’est pas noir et blanc. Il y a eu des « non » motivés par des peurs irrationnelles, et des « non » dictés par des convictions et une lecture attentive du texte. Tout comme il y a des « oui » irrationnels (la peur du grand chaos post-référendum instillée par les médias dominants, l’âââmour inconditionnel avec un grand « bêêê » que portent les sautillants cabris à l’Europe – ah, de Gaulle, que n’as-tu eu quelques vrais héritiers spirituels ! – sans même chercher à savoir les valeurs qui doivent être véhiculés par cette entité-là) et des « oui » motivés par la raison (en gros, ça se réduit à la position de Nicolas Sarkozy et de ses admirateurs, les seuls partisans du « oui » à reconnaître l’aspect ultralibéral du texte et à le défendre clairement et publiquement).

    « Ils ont rejeté ensemble ce traité-ci en ne se rendant pas compte que le prochain allait encore moins leur convenir. » Ah bon, Monsieur Cormary est voyant, en plus ? Brillante analyse géopoliticodiplomatique, mais qui se fonde sur quoi, en fait ?

    « Car qu'est-ce que l'on va renégocier ? Un traité plus social ? plus libéral ? plus moral ? moins moral ? plus nationaliste ? plus internationaliste ? plus fédéraliste ? plus transindividuel ? » Ça, ça reste à discuter. C’est un énorme chantier. Bien sûr, on ne va pas demander aux peuples européens de participer vraiment à la rédaction d’un nouveau texte (vous pensez ! ces gueux sont tellement irrationnels et tentés par les démons du populisme !), ni même d’élire une assemblée constituante vraiment légitime. Le peuple, ce n’est bon qu’à voter « oui » ou à voter « non », faut pas lui en demander plus. D’ailleurs, maintenant que j’y pense, c’est déjà trop lui demander.

    « Incroyable et gerbant de voir que ceux qui la plupart du temps n'ont jamais de mot assez dur contre la démocratie se mettent aujourd'hui à l'honorer sous prétexte que pour une fois le peuple est d'accord avec eux. » On peut retourner l’argument : il est incroyable et gerbant de voir tous ces pseudos-démocrates rejeter le peuple avec l’eau du « non » quand son choix va contre leurs intérêts ou leurs convictions personnelles.

    « je ne me serais senti, moi, aussi honteux d'appartenir à ce peuple de glands toujours mécontents, hargneux, à côté de la plaque, capable seulement d'un "destin" régional pour ne pas dire communal. » Votre image du peuple, Monsieur Cormary, vous vous l’êtes faites comment ? En lisant l’intégrale d’Astérix ?

    « En vérité, nous ne sommes que des Corses, de sales Corses, des assistés terroristes doublés de fonctionnaires révolutionnaires ! » On peut écrire ça sans rire, sérieusement ? Ce monceau de stéréotypes débiles, dans un texte censé attaquer le populisme et la xénophobie latente des Français ? Non, vraiment ? Je peux avoir la recette ?

    J’aime beaucoup le « sale » du « sale Corse », sinon. Ça me donne envie de faire certaines analogies avec d’autres discours passés et présents…


    En tout cas, bravo, Monsieur Cormary : Dieu sait que partout aujourd’hui, dans les grands médias notamment, on entend ce même discours, mais vous remportez haut la main la palme du Mépris. Toutes mes félicitations : ce n’était pas facile.


    Bon, je passe sur quelques perles, arrivons au cœur du texte, sa conclusion :

    « Non, en France, c'est l'infâme idéologique qu'il faut écraser - et c’est le peuple qu'il faut dissoudre ! »

    J’avais prévu de faire un commentaire, mais finalement, je crois qu’arrivé là on peut ici aisément s’en passer.

  • en résumé, le gros cormary a encore fait rigoler tout le monde...

  • REPONSE AU TRANSHUMAIN NON MASQUE,

    Tu ne fréquentes pas les bonnes rues le Transhumain, et la Fête était grandiose avec des visages burinés et beaux comme des anges possédés. Une jubilation qui explose les pavillons et les cercueils à crédit pour une terre qui nous est prêtée par nos enfants.

    La prochaine fois, suis le macadam... à gauche tout à gauche, existe une petite ruelle mal éclairée où la sueur sent la vie pas le musée.

    La chaleur humaine....

  • Dans le premier paragraphe, il faudrait attaquer de front par une série d’expressions, genre : « Enculé nihiliste ! Abruti aigri ! Raclure fétide ! ». Juste pour donner le ton. Il faudrait aligner les points d’exclamations… Il faudrait répondre Nom par Non… Répliquer tac au tac… S’insurger tel le pamphlétaire dans la polémique, du grec « polemos », la guerre…

    Ensuite, il faudrait trouver des munitions à la hauteur des grenades libérales, des missiles en capitales (Bush, Turquie…), et des apocalyptiques « tares nationales ». Quitte à multiplier les contradictions. Ce n’est pas grave. Quitte à confondre la prise de conscience avec la prise de position. On ne va quand même pas s’emmerder avec ce genre de distinction.

    Il faudrait devenir comme ce petit monsieur derrière son clavier, qui tape vite, avec de la sueur au front. Il faudrait arriver au même degré de connerie que Montalte Cormary.

    Le projet paraît insurmontable.

    Ah il est énervé Montalte. Il vit dans un pays qui n’a, selon lui, absolument rien compris. Il est tout tendu, Cormary. Il est raide comme un « i » qui n’aurait pas supporté sa place en finale dans la « démocratie »… Alors il met plein de ponctuation. Des points, des interrogations, des exclamations. Il veut faire croire à sa colère, à son indignation…

    Indignation. Vous savez ? Cette nemesis déjà citée chez Aristote qui est une « colère communiquée par le sens social » ? Ce sentiment qui « n’est pas le fait d’un cœur avare » disait justement Bernanos dans Les Enfants humiliés ; et qui a la particularité de fonder l’idée des droits de l’homme sur l’axiome universel de la dignité ?

    La dignité, d’ailleurs, ça n’a pas de prix. Vous le savez ça aussi Cormary ? Elle excède toute valeur, ne supporte aucune équivalence, ne se monnaye pas à Bruxelles. Dans ce vingtième siècle asséché, où les valeurs sont dévalorisées, il ne reste plus que ça à sauver. La dignité. A commencer par celle des pauvres que vous conspuez. A commencer par celle de la France que vous déshonorez.

    Il n’y a pas d’indignation dans vos soubresauts autocentrés. Juste la peur d’un petit roquet devant un bouledogue européen aussi « vivisectionné par la bêtise des bien-pensants » que peut l’être Bernanos aux dires de Marc-Edouard Nabe. Juste la bêtise d’un mauvais critique qui dénigre un beau film parce qu’il ne l’a pas compris. Une frilosité qui sent le vomi.

    Au secours ! Il y a « le risque que l’Europe nous évacue à son tour »…

    Le voilà « l’extrême péril » qui vous fait éructer. Mais faut-il vous rappeler, comme Bernanos, et comme Serge Rivron qui l’a cité, que nous préférons ce « risque » à la frilosité ? La fadeur est indécente. La tiédeur donne aux maladies plus de chances de se propager. Et vous dites que nous serions des « enfants gâtés » ?

    Laissez-moi vous rafraîchir la mémoire : « Le monde va être jugé par les enfants. L’enfance va juger le monde. » affirme Bernanos, qualifié quant à lui « d’enfant terrible » par un certain Monsignor Fontenelle. Les enfants sont vrais, généreux, imprudents et spontanés. Quand bien même seraient-ils « gâtés » qu’ils s’opposeraient toujours radicalement à l’étroitesse et aux mensonges du monde adulte que vous représentez.

    Fin du premier paragraphe : Oh comme il serait jouissif de vous noyer dans votre bouse et de se tourner vers un adversaire plus élégant !

    Mais il faut continuer et répondre à « l’intelligence de la cité » évoquée dans ce sublime passage qui commence par « les américains doivent bien rigoler » et qui se termine sur « le peuple idéalisé ». Là, j’avoue, le texte est très précis. Dans le pays, seuls ceux qui ont dit « oui » seraient unis, constitueraient le peuple, le vrai, celui qui a tout compris. Les nonistes seraient quant à eux les parias, sortes d’électrons libres incapables de voir plus loin que le bout de leur nez. Tout est bien cadré. Les américains rient. Les français sont ceux du « oui ». Les nonistes sont des saloperies. Quelle largesse d’esprit !

    Ainsi les nonistes seraient « régionalistes » ? Des culs-terreux qui refuseraient de devenir terriens ? Alors pourquoi ne signez vous pas vos réponses par des amitiés « universelles » ou « européennes » plutôt que par des « parisiennes » ? Ce ne serait pas un tantinet régionaliste ça aussi petit Cormary ?

    Le courage me manque pour relever toutes les incohérences de ce texte ordurier. Pas envie non plus d’évoquer cet acharnement à vouloir « défrancéiser » ce peuple (enfin seuls les nonistes bien sûr sont concernés) d’handicapés, de surprotégés (tiens il y a bien que Cornary pour oser associer les deux termes sans sourciller, « assistés » aurait été plus approprié dans cette modernité aphasique devant ce que « protéger » peut signifier), de « pétainistes, peureux, lâches, veaux, protectionnistes à en crever »…

    Il faudrait arriver au même degré de connerie que Montalte Cormary.

    Non, vraiment, le projet est insurmontable.

    L’imbécile n’a rien compris.

  • Franchement comme dirait le grand Joe Dassin, tout ceci -comme tout ce qui préoccupe politiques et journalistes (cf Stalker)- ne va pas changer le monde.

  • Nioubie, un des gros problèmes de nos occidentales et contemporaines démocraties (il y en a d'autres, mais moins attristants), c'est ce sentiment général de résignation, cette impression de tout'-façon-ça-sert-à-rien, qui anesthésie le peuple et nous empêche (vous, moi, Joe Dassin et même Monsieur Cormary – oui, même lui) d'exercer vraiment le pouvoir. "Le peuple est souverain", faut-il le rappeler. Il a la possibilité de changer le monde. En théorie.

    Et si la pratique ne correspond pas à la théorie ? Alors il faut changer la pratique.

    Ou bien "dissoudre le peuple".

  • 38 commentaires, c'est la gloire ! On en parle même en d'autres endroits... C'est amusant, peu de gens comprennent que s'ils descendent un texte, ils lui donnent encore une plus grande importance.
    Comme il y a des petits nouveaux ici, je précise que je soutiens mon ami Cormary, qui doit boire du petit lait.
    Au fait, Juan, on parle aussi de toi chez les Ecrits-Vains. Une belle Histoire est peut-être même en train de commencer.

  • l'essentiel est qu'on parle d'eux... le pour le contre, au fond ils s'en moquent.

    les "derniers hommes" de Nietzsche, vous les avez ici.

  • Le peuple souverain, bien sûr, si tu veux, mais ça ne veut pas dire grand-chose.

    Il y a longtemps que j'ai cessé d'accorder la moindre importance à tout ce qui
    est politique, au sens politicien du terme, et ce débat -comme tout le pseudo-débat
    sur la constitution- en fait partie.

    J'ai travaillé quelque temps dans la politique moi-même, au contact des élus (de droite).

    Je me souviens, après la ridicule dissolution de... je ne sais même plus quelle année...
    la dissolution de Chirac, avoir dit à un sénateur RPR : "Chirac doit démissionner", pensant
    que ce bon gaulliste (devenu depuis maire d'une ville moyenne) allait au minimum hésiter.
    Son regard et sa réponse ("ça va pas non ?" quasi-texto) m'ont fait comprendre -parmi
    d'autres choses- que seule une bonne révolution vaudrait la peine qu'on se bouge le cul.

    Mais comme le peuple de France (occidental) vit fort bien sa auto-dépendance esclavagiste
    (avec travail salarié à la clé, ce que personnellement je me refuse à faire)
    en suivant la grand-messe télévisée tous les soirs (je n'ai jamais eu de télévision),
    il est absolument incapable d'envisager le moindre battement de cil
    qui léverait un débit de révolte.

    Voilà pourquoi je me contente de vivre ma vie à l'écart
    de toutes ces conneries (ah si : j'ai bien l'intention de m'inscrire
    sur les listes électorales pour l'hypothétique référendum de ratification
    de l'entrée de la Turquie dans l'UE. Je voterais oui, cela va sans dire).

    La vie est courte, j'ai compris comment ne pas la gaspiller.

  • Un début de révolte, non pas un débit.

  • J'arrive ici par hasard...je vois quelques textes sur la "passion du christ"...donc apparemment fervent chrétien, monsieur Cormary...alors pourquoi ne ressens-je pas l'amour fraternel tant incarné par le christ? je m'attarde un peu sur le site...extrémiste peut-être? ah oui je comprends mieux!
    Heureusement que tous les "ouinistes" ne sont pas habités par la haine et le dégoût!

    Pour en revenir à la constitution, 55% n'est pas une écrasante majorité...et pourquoi s'étonner! ça parait surprendre tout le monde! et puis le peuple c'est qui? c'est quoi au juste? la France d'en haut, la France d'en bas? ces raccourcis et poncifs qui ne veulent rien dire! la moitié de la France n'est pas composée d'élites et l'autre moitié de pauvres! tout est beaucoup plus complexe...trop complexe pour en écrire des textes aussi radicaux!

  • A lire ce "texte" de cormary, je me dis que la lecture de bernanos devrait être interdite aux imbéciles.

    enfin...macérez bien votre défaite, les oui-ouistes, ce n'est qu'un début.

  • PAROLE DE GLAND



    Le délicieux Cormary me fait naître des empathies que je m’ignorais.

    Amis ploucs, frères glands, compères imbéciles, camarades manants, copains suants et vous masos confraternels oyez sieur Cormary stipendiant nos prétentions du faîte de son nid d’aigle d’intellectuel réjoui ! Voyez comme il soigne la lettre de sa diatribe, comme il suçote l’acidulé de son verbe à notre endroit, combien il s’honore de penser qu’elle traversera notre ânerie sa balaise rhétorique.
    Débarrassons nous donc de Maurras et Marx (bien qu’il échappât à la tare d’être français) que nous n’avons jamais lus et adjoignons leurs Voltaire, Péguy, Hugo, Sartre et autres icônes de cette culture française dont on voudrait qu’elle nous formât l’entendement, et qui n’est qu’infâme idéologie. Alors nous rentrerons dans nos campagnes frotter nos femmes et vider nos roteuses en pétant de triomphe.
    Nous serons pragmatiques, anti-idéologiques, réformistes, libéraux, sémites, anglo-saxons, tout ce que tu nous diras de bon pour nous, que tu sais, et que tu es trop bon de nous dispenser d’en penser couic (des fois j’écris comme un sapajou, dis donc).
    Pauvre Rivron qui croît fructueux d’arguer face au pilon marteau de ta catilinaire. Il s’interroge encore, le malheureux, sur la meilleure façon de gérer la cité (n’y aurait-il pas même participé, l’illuminé ?) quand tu lui démontres céans la crapulerie du suffrage universel et l’évidence lumineuse de l’indispensable dissolution du peuple (merveille des idées simples).
    Alors qu’il faudrait, comme toi et moi, qu’il œuvre à la plus large diffusion de ta prose et à l’anéantissement de tout ce qui ressemble à ces particularismes communaux, folklores villageois, patois incompréhensibles, coutumes préhistoriques qui nous barrent la route de l’internationalisme consensuel, libéral et radieux.
    ………………………………………………………………………Finalement, cette année j’irai en vacances en Corse.

  • Vu les mots que tu emploies cormary tu n'as pas lu la constitution européenne. Comme moi (enfin je dois le confesser je l'ai rapidement survolée). Et comme moi, toujours, tu es le premier à en parler. Mais, à l'inverse de moi, toi tu as tort. D'ailleurs, vous avez tous tort. Je suis le seul à détenir la vérité.

  • Putain, c'est pas fini ?? Vous ressemblez tous à des hyènes.. C'est ça la France qui a voté NON à la constitution ?? Vous faites de bien piètres représentants de l'electorat.. Harro sur le baudet braves gens ! vous avez la conscience tranquille, vous avez craché votre venin.. certains sont revenus plusieurs fois. Ce soir Montalte est l'homme à abattre, facile devant votre écran !


    Au moins Ascencio et deux ou trois autres ont des couilles (et aussi le consanguin, ne vous déplaise).. On sait ce qu'ils pensent.. eux !
    Vous arrivez avec vos pseudonymes inconnus, ou connus sans vous être jamais manifestés... vous vous cachez derrière un anonymat, comme s'il ne vous arrivait jamais de critiquer le gouvernement, les Français musulmans, la religion, nos dirigeants... et l'humanité entière.. Mon oeil, comme les autres..

    (Je ne parle pas pour moi, abstention !! (Si le traité avait été plus clair j'aurais glissé mon bulletin dans l'urne).

    J. ni intello, ni bourgeoise, ni catho

  • Devant tant d’inepties haineuses, la noblesse de vos sorties métaphoriques, mon cher Montalte, prouve que vous êtes le seul ici à vraiment aimer ce qu’il y a de grand et de beau dans l’idée française. Qui aime bien… Vous êtes le seul ici à porter à la France un vrai amour, vaste, viscéral et détaché de l’intérêt du jour. Dans cette attitude on reconnaît Ronsard ou de Gaulle, Péguy ou le Saint Louis ; les autres n’ont d’yeux que pour la mesquinerie de l’intérêt immédiat, dicté par le ressentiment borné et l’humeur bougonne. Quoi de plus servile et conformiste, aujourd’hui, qu’une négation mécanique ; pour un acquiescement à long terme il faut une vue hautaine, la vôtre. Désolé si ma «défense mal argumentée» ne faisait qu’aggraver votre cas aux yeux de cette meute jubilatoire qui s’acharne sur un homme courageux, sur un homme amoureux, sur un homme en proie à une noble colère où il serait bête de n'en dégager que le sens social tandis qu'il est surtout esthétique. Mais un homme qui, de toute évidence, n’a besoin de personne pour se défendre tout seul et avec panache.

  • Tous ceux qui ont voté non ne sont pas haineux ou méchants. La preuve, moi, qui ni ne crache, ni ne pète, ni ne rote... Je ne me positionne pas en vainqueur, mais en élécteur/citoyen auquel il a été posé une question et qui assume son choix. Ah ! mais...
    Je regrette simplement que certains avancent ici visage masqué...

  • Mme (ou Mlle) Juliette,

    « Vous arrivez derrière des pseudonymes inconnus sans vous être jamais manifestés ». Eh oui, les commentaires sur les blogs et sites personnels sont ouverts à tous, et pas seulement au petit cercle des gens-qui-se-connaissent-entre-eux et qui passent leur temps à s’autocongratuler. Parfois, des inconnus passent et réagissent. C’est un scandale ? Leurs arguments auraient moins de poids ? Il faudrait donc les interdire, tout comme il convient visiblement de dissoudre le peuple ! C'est vrai, ça évite d'avoir à prendre en compte des voix discordantes.

    Dans le texte ci-dessus, j’ai vu condensé toute cette rance condescendance dont nous sommes abreuvés quotidiennement depuis l’irruption sur la scène publique et médiatique de cette question référendaire (voir par exemple pour s’en convaincre le site de l’acrimed – www.acrimed.org) Je suis rarement d’accord avec le Stalker, mais je souscris à cent pour cent quand il déclare que cette diatribe cormaresque « semble typique d'une certaine haine rentrée, à peine exsudée ou, comme ici, dégorgée à gros bouillons qui, ces derniers jours, passant directement de l'état liquide à une espèce de vapeur trouble, commence à créer, au-dessus de nos têtes, un stupéfiant dôme de pollution ».

    Car où est la haine ? Chez ceux qui déclarent très sérieusement (je cite encore, excusez-moi, mais c’est trop beau) : « Salauds de pauvres ! Ordures d'humbles ! » ; « Rien à faire, les français resteront ces indécrottables pétainistes, peureux, lâches, veaux, protectionnistes à en crever et en même temps, arrogants, coqs, donneurs de leçon. » ; « Depuis hier, on fait dans l'idéalisme en France - l'idéalisme populaire, la seule chose vraiment haïssable. » ; « Vox populi, vox merdi. »... et j’en passe ?

    Ou chez ceux qui éclatent d’un rire salvateur ou qui s’énervent que de tels propos soient aussi souvent entendus ces derniers temps, ad nauseam ?

    Inutile de prendre la défense d’un homme qui ne répond pas aux arguments avancés ici et là en réponse à son petit pamphlet, préférant jouer les vierges effarouchées alors que son texte - d’une grande violence - a visiblement été écrit pour susciter des réactions et nourrir haine et incompréhensions ? D’ailleurs ne se réjouit-il pas, ce comptable minable, que « ses statistiques explosent » ?

    Enfin, je préfère mille fois les gens qui insultent nommément des personnes précises au sujet de propos réellement tenus, que ceux qui « insulte[nt] en général, de loin, comme on dit "les gens sont des cons" » (ou « les Français sont pétainistes », « les Corses sont des assistés terroristes doublés de fonctionnaires révolutionnaires »). M’est avis que l’intelligence ne se situe pas précisément du côté de ces derniers.

    Je ne parle bien sûr qu’en mon nom, mais je ne suis en aucune manière désolé de répondre par la colère au mépris.

    Sur ce, j’arrête, il ne sert à rien d’aller plus loin.

  • Sauf, cher Bubastis, que tu n'es là que parce que je tiens à avoir les commentaires ouverts - au risque de me faire insulter par des gens qui ont toujours eu la trouille d'ouvrir les leurs.

    Quant au courage qu'il faut pour ajouter une énième insulte au milieu de cent autres, ma foi, mon pauvre vieux, je crois que... non, allez, continue, lâche-toi. J'aime sentir les gens....

  • "Mme (ou Mlle) Juliette"

    non.. Monsieur

  • Indiscutablement, le sieur Montalte mérite le Prix Lyssenko attribué cette année aux Yes-Men les mieux fédérés autour de leurs bourgeoisies compradores, et les barons de Bruxelles qui les commanditent.
    Ce que personnellement j'espère : une authentique CATASTROPHE, au sens étymologique. Osons dire : une "révélation" qui, à quelques lettres près, ressemblerait fort à une "révolution". Il est temps que l'Europe se constitue en effet, mais certes pas comme les petits toutous du Chirakisme l'avait prévu.
    Préparez vos mouchoirs, vous n'avez pas fini de pleurer, et nous de rire.
    Incroyable réversibilité de l'Histoire : Bush, Ratzinger et maintenant votre risible déconfiture !
    Champagne !!!
    Et Kalachnikovs pour tout le monde !!!|

  • "Depuis hier, on s'est débarrassé du seul texte qui pouvait à peu près faire consensus."
    Pierre Cormary -


    «C'est un texte facilement lisible, limpide et assez joliment écrit, je le dis d'autant plus aisément que c'est moi qui l'ai rédigé.»
    Valéry Giscard d'Estaing -

    Les grands esprits finissent toujours par se rencontrer.

  • Enchanté commandant ! Un dantecien... M'en manquait dans ma pêche au gros.

  • Trume ! La nabesse ! celle qui m'a consacré tant de pages sur son site... Je l'avais raté hier soir, dans la bagarre. Enchanté vieille. Très heureux que l'on se croise enfin. Au fait, tu as vu. Je parle encore de ton Marc-Edouard dans le dernier JDC ! Vas vite le lire, le mette en ligne dans ta liste, et n'oublie pas d'être folle...

  • mais qu'est-ce qu'elle a, la barrique à vin de messe ? j'ai pas de site, et quand bien même en aurais-je un, que je 'ny consacrerai pas la moindre ligne à tes élucubrations. Tu confonds manifestement avec j'ignore quelle fan de ce pauvre pignouf, Marc-Edouard Nabe, l'un des plus pitoyable "auteurs" qu'il m'ait été donné de lire. Désolé.

    (ah, que la complexité du monde est rageante, n'est-ce pas ?)

  • Pour la comparaison Mistral-Pagnol, j'avoue que c'est le seul point du sujet qui m'intéresse vraiment, au risque d'être à contre-courant. Toute proportion gardée, il n'est pas sans mettre en lumière l'impérialisme (transnational, économique, culturel, et bientôt linguistique) larvé européen, qui ne laissera pas à long terme, aurait probablement écrit Armand Hoog, de ressusciter le vieux fantasme universaliste romain, ainsi que le fit le nazisme en son temps. C'est l'idéologie pan-européenne qu'il faut travailler au corps. Je dis ça d'autant plus aisément (copyright VGE) que l'affaire me paraît inéluctable, et que l'Europe a malheureusement quelque utilité...

    Heureusement - dirai-je Dieu merci ? - que feu Mistral écrivit en occitan ! C'est n'entraver que dalle à la littérature que de prétendre le contraire, et avec suffisance encore !
    D'ailleurs, l'imbécile mistralien, lui aussi, n'avait tellement rien compris à sa noble passion que d'autres imbéciles, cette fois à l'échelle mondiale (la connerie est sans frontière), la récompensèrent en lui remettant le prix nobel de littérature 1904 ! Pour un cul-terreux sans ambition, ce n'est déjà pas si mal. Aux oubliettes le vieux Pagnol et sa Provence d'Epinal qui fleure bon le boulanger chauvin cocufié par quelque viril Piémontais... (Rappelons en passant que Mistral a vite relégué la sclérose du repli sur soi derrière une volonté de voir sa Provence évoluer avec son temps : ce n'était pas l'attardé que M. Cormary veut nous faire avaler, quand même il fut tenté dans se prime jeunesse de céder au régionalisme !)
    Mais que dire des ces Nègres, de tous ces Algériens - pouah ! les sauvages ! - qui ont refusé de perdre leur culture (c'est un grand mot, si ce n'est un gros) au profit d'un pragmatisme dogmatique ! Ah, les cons ! c'est pas dans leurs innombrables sabirs éthniques qu'ils auraient pu lire le mode d'emploi de l'aspirateur ! Foutu bon sens... Car qui ? qui sont les VRAIS collabos : les Harkis ou les fellaghas ? Merde. On n'y pige plus rien avec tous ces anathèmes cormaryens, surtout moi qui ai toujours trouvé nauséabonds ceux qui usent de ces qualificatifs d'un autre âge pour discréditer ad vitam leurs contradicteurs - je mettrai ça sur le compte de l'humour (excellent par ailleurs), incorrigible optimiste que je suis !

    Et quand je pense à messieurs Chrétien de Troyes, Rabelais, Villon (et d'autres connards nationalistes), qui ont pris la peine d'écrire en une langue établissant les rudiments du français, c'est simple : j'ai envie de vomir devant ces pétainistes avant la lettre ! Lâches et égoïstes en sus, car à ces différents époques, l'Empire romain n'en finissait pas de mourir, diront certains ; aujourd'hui, l'Europe ne cesse de croître anarchiquement sans savoir quel but elle s'est fixée, intégrant prochainement la Turquie, qui utilise elle-même, au nom de ce même bon sens élémentaire, l'alphabet latin depuis Atatürk ! La « Révolution des signes » ne fait que commencer.

    Cioran, Eliade, Ionesco, Kafka, Kundera, etc., autant d'exemples auxquels pourraient répondre mille contre-exemples que l'Histoire a glorifié - oserai-je dire sanctifié ? Autant d'écrivains soumis dans leur liberté d'expression, quoi qu'on en dît et dise encore. Autant de pays-satellites francophiles, germanophones (ceux-là le paieront suffisamment cher, surtout leurs habitants juifs), qui perdent d'un côté ce qu'ils pensent gagner de l'autre. Qui tient la culotte, de la géopolitique ou de la littérature ? C'est la question !

    Merci toutefois pour votre liberté de ton, M. Cormary. Internet doit rester une tribune libre et ouverte, même aux pires salauds (vous, en l'occurrence, si j'ai bien suivi). A ce titre, j'en profite pour chier avec vous dans la bouche de ceux qui voudraient vous baîllonner tellement vous êtes vilain, méchant, et encore vilain. Bouh !

    Demokos - sympa ce blog.

  • Sympa toi-même !

Les commentaires sont fermés.