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Sarkozy, urbi et orbi

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Quel discours ! http://www.lemonde.fr/web/panorama/0,11-0@2-823448,32-906225@51-906165,0.html

Je ne sais qui est son nègre* mais ce type peut se vanter d'avoir fait les plus beaux discours de droite qu'on ait entendus depuis longtemps. Car une droite décomplexée, affirmative, insolente, qui mêle l'énergie et l'individu, l'action et l'esprit, la nation et le moi, qui ose désituationniser les problèmes et redonner du sens aux choses, et pour qui l'autorité n'a rien voir avec la tyrannie, la morale avec le puritanisme et la loi avec l'Oedipe, c'est précisément l'événement sarkozyste. Et que si le titre n'avait pas été déjà pris, on aurait pu pour une fois parler de "lueur d'espoir". En tous cas, qu'on ne parle pas comme ces « détracteurs paresseux » (que stigmatise l'historien Jacques Marseille dans Le Point), d' « importation du néoconservatisme américain » - même si Nicolas a joué au cow boy en fin de campagne. Si sarkozysme il y a, il est précisément ancré dans la tradition française du bonapartisme, sinon du gaullisme puisqu'il s'agit de remettre le peuple et le pouvoir au coeur du système et non plus de les opposer comme les partis l'ont fait jusqu'à présent. Un peuple qu'il faut se garder de confondre avec les seuls militants de son camp et des militants à qui il est inutile de faire croire qu'on a gagné quand on a perdu comme l'ont fait à tour de rôle Ségolène hier soir et Bayrou il y a quinze jours. Remarquable de constater que le centriste et la socialiste  (largement contestés au sein de leur camp puisqu'elle, on veut la virer, et que lui, on le quitte) ont vécu leur défaite dans une euphorie incongrue, quasi sectaire où l’on s’enfermait entre partisans pour chanter et danser, et qui contrastait avec la gravité du vrai vainqueur et la dimension internationale de son discours.

Rupture et réconciliation, donc. Rupture car réconciliation. Celle de la droite avec elle-même mais celle aussi du libéralisme et de l’humanisme (ce que la philosophie de John Locke, d’Adam Smith, de John Stuart Mill et de Montesquieu a toujours été) et sans oublier celle du cosmopolitisme et du féminisme. Et toujours cette façon égotiste, c'est-à-dire incarnée (et qui sent autant son Barrès que son Stendhal) de commencer par lui. Depuis qu’il a avoué qu’il ne pensait pas à la présidence seulement en se rasant, il a compris que cela faisait plaisir aux Français qu’un homme personnalise son destin avec eux. Et de fait avec lui, ce qui aurait pu passer pour une insupportable prétention passe au contraire pour un orgueil bien placé (qui donne envie) et une sacrée marque de transparence. Oui, ce nabot veut être président depuis toujours, il le clame bien haut et il a raison, car quelqu’un qui nous parle aussi sincèrement de son destin nous y implique nécessairement. Et s’il est aussi efficace pour lui, alors pourquoi ne pas croire qu’il le serait aussi pour nous ? C’est stimulant de faire partie du monde Sarkozy. Et quand hier soir, salle Gaveau, il commence par dire :

« Mes chers compatriotes, en m'adressant à vous ce soir, dans ce moment qui chacun le comprend est exceptionnel dans la vie d'un homme, je ressens une immense, une sincère, une profonde émotion. »

Eh bien oui, en effet, on le comprend cet homme, on la partage son émotion, et elle nous apparaît comme un modèle cette vie. La république devient enfin un peu mystique ! Et comme il le dit juste après, la France, c’est à la fois lui et nous !

«J'éprouve depuis mon plus jeune âge la fierté indicible d'appartenir à une grande, à une vieille, à une belle nation, la France. J'aime la France comme on aime un être cher qui m'a tout donné. Maintenant, c'est à mon tour de rendre à la France ce que la France m'a donné. »

Le fil est tissé. De lui à la France. Puis de la France au monde. La France de retour en Europe. Et une Europe qu'il conjure de ne pas rester sourde aux colères des autres pays. L'union méditerranéenne. Le trait d'union entre l'Europe et l'Afrique. Une Europe qui serait pour l’Afrique ce que les Etats-Unis furent pour l’Europe après la guerre. Un grand rêve de paix et de civilisation. Eh bien oui, moi l’impérialiste à la cool, ça me plaît. Tout comme l'amitié avec les Etats-Unis mais le droit de ne pas penser comme eux - atlantisme plus que nuancé donc. Et les femmes enfin. Les femmes martyrisées, opprimées, emprisonnées dans leur burqa que la France ne peut abandonner. Et les infirmières libyennes (bulgares plutôt et prisonnières en Libye). Et Ingrid Betancourt. Qui êtes-vous pour dire que ce n'est que du blabla ?

Et « tous ceux que la vie a brisés, ceux que la vie a usé (…) Ceux qui ont le sentiment que quoi qu'ils fassent ils ne pourront pas s'en sortir doivent être sûrs qu'ils ne seront pas laissés de côté ». Au grand dam des  compassionnels de profession,  voilà le libéral qui se fait chrétien, l'économiste sans pitié qui se met à parler de la souffrance -  mais à la différence des pleureuses officielles, lui en parle toujours dans une optique de guérison, d'espoir, de force. Car c'est de force et non de faiblesse qu'ont besoin les faibles. Et l'amour de la France est une de ces force. Comment dites-vous ? Ce n’est que symbolique ? Mais le symbolique, c’est plus important que le concret, le saviez-vous ? Le symbolique, c’est quasiment tout le réel. Et le concret, c’est le degré zéro virgule un du réel, le saviez-vous aussi ? Bon, on en reparlera…

Ce qui était remarquable, c'était la maturité du discours, son sérieux, ses hauteurs de vue, ses exigences inlassablement répétées - le travail, la morale, le respect, le mérite. Ah les tristes valeurs de droite ! Rationnelles, nécessaires et casse-couilles ! Antifestives au possible ! Avouez que ce n’est pas ce que l’on fait de plus démagogique ! D'autant qu'il a intérêt à ne pas décevoir. Car s'il échoue, ce ne sont pas les gens du PS qui le foutront à la porte mais bien ses électeurs qui ne lui reprocheront jamais de ne pas en avoir fait assez. En fait, l’ennemi principal, comme d’habitude, ce sera la rue. La rue contre les urnes. L’agit-prop contre la démocratie. Les émeutiers contre le peuple. Comme ceux de cette nuit et qui étaient non pas des banlieusards désespérés, mais bien des groupuscules d’extrême gauche – des intellos rouges en somme. La vraie racaille ! Celle qui, de Bové à Besancenot et de Laguiller à Buffet, fait à peu près 9 % ! Celle qui a dû se sentir agressée au plus profond d’elle-même lorsque Sarkozy affirma vouloir « en finir avec la repentance qui est une forme de haine soi et la concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres ». La voilà la raison consanguine qui fait que ce diable de candidat provoque tant de haine. Personne, quand elle se hait, ne supporte de renoncer à sa haine de soi – et qui chez les révolutionnaires se transforme en haine sociale. Quand vous dites à quelqu'un qui se dénigre qu'il est beau et fort, c'est comme si vous le gifliez. Alors, je suis donc si charmant que cela, Alina ??? Mais qu’est-ce que je vous ai fait pour que vous me disiez publiquement une saloperie pareille !!! Comment nous ne nous sommes plus esclavagistes, ni coupable de tous les génocides du monde ? Quoi, on pourrait même être fier de nous ? Quel est le facho qui ose nous redonner la fierté d'être nous-mêmes ? Qui est ce sale immigré qui dit qu'il doit tout à la France ? Mais il va polluer tout le monde de sa chienne de bonne conscience ! Qu'allons-nous faire sans cette misère qui nous faisait jouir ? C'est notre masochisme qu'il flagelle, cet enfant de salaud !

Bon, c’est vrai, j’étais assez heureux hier soir avec ma chère marraine venue me visiter. Nous avons bu du champagne et nous n’avons pas pu nous empêcher de sourire en voyant pleurer les socialistes. Toujours en train de chialer les gens de gauche quand ils ont perdu. La défaite est lacrymale chez eux alors que chez nous, les gens de droite, elle nous met plutôt de mauvaise humeur. Cela dit, l'empire du Bien qui s'effondre, ça fait du bien. Je m’en voudrais d’être trop désagréable mais ces oies blanches qui hurlent de terreur à vingt heures, ces cathares en détresse, ces neuneu en larmes qui ont l’impression qu’Adolf Hitler arrive au pouvoir et qui se mettent en chœur à chanter « ma royale, nous voilà » (copyright Bourgeade-Matzneff)! Cela dit, je ne crois pas du tout à la disparition de la gauche. Elle a fait 47 %. Elle n'est jamais meilleure que dans l'opposition et face à un président qu'elle considère comme un Léviathan, elle va se réarmer comme jamais. Ségolène, elle, est définitivement folle – ce qui lui va très bien. Le déni de réalité jusqu'au bout. La berceuse qu'elle a chanté du toit de la Maison de l’Amérique Latine, il fallait le faire ("ensemble, ensemble"). De son « eh bien moi je pourrai le faire » lors du débat avec Sarko à cette prestation mary poppinesque (encore un peu et ils faisaient tous cheum cheminée sur les toits de la rue Solférino), il y a quelque chose de bizarre chez cette femme et qui, comme disait La rue qui écoute, risque un jour de la conduire à l’asile.

Cécilia, non plus, elle n’avait pas l’air net à la Concorde. Encore plus nerveuse que lui. Mais il doit aimer les belles femmes bizarres. Et ce soir, j'écoute Merlin, un opéra inédit d'Albeniz - très wagnérien. Quelle famille enchanteresse !

 

*Le nègre en question est un certain Henri Guaino

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Commentaires

  • Ha!!! Le voilà le texte tant attendu!!

    Des louanges à l'immigré (caractéristique qui c'est bizarre devrait faire plaisir à la gauche, mais j'avais oublié que la gauche aime les immigrés comme jadis elle aimait les pauvres, bon qu'à s'en servir pour arriver au pouvoir)...bref...je m'égare...sur le discours de Sarkozy...c'est vrai qu'il était fort, profond, émouvant...

    ...mais j'en reste encore à croire que la politique française c'est "parole, parole, parole"...il est certain que cette fois...(comme en 2002 je crois non?) ...le président ne devra pas reculer...mais quand on voit ce qu'il a fait en tant que ministre d'Etat...ben...on reste dubitatif...non Montalte??...aussi j'ai bien peur, comme les millions qui ont voté pour lui, que tu ne sois déçu...

    L'avenir nous le dira...attendons l'automne...on le jugera sur les faits...

    Quant aux gauchistes...ils devraient arrêter de s'inventer des ennemis pour se sentir exister....ils sont épuisants

  • A propos du bonapartisme, pour évaluer s'il est bien une réconciliation entre le libéralisme et l'humanisme, il n'est pas inutile de lire, dans "Ma tête en liberté" de François Meyronnis (Gallimard-2000-p. 153 à 161) , l'excitant dialogue entre LE CORPS et LE VIT de Napoléon .
    Bref extrait :
    " LE CORPS : Chaque individu est pour moi un terme dans une équation . La valeur des variables n'a aucune importance. Tout doit converger vers le programme-servitude . Le mot "liberté" est aussi absurde que le violon de l'angélisme .
    LE VIT, écœuré : Tu as étendu le formatage humain .
    LE CORPS, s'exaltant : J'ai refondé ce pays, la France . Moi qui ne ressemblais à personne, j'ai nivelé nivelé nivelé . Même l'hypothèse Dieu, j'en ai fait une rustine . La pétraille jacobine voulait mettre à mort granpapapersonne . Un prurit de curé . Alors qu'on peut tellement le faire servir ! Ca ou n'importe quel idéal . Pourvu que les masses œuvrent pour leurs chaînes comme pour leur salut."
    Montalte, vous seriez très gentil de donner la référence du Merlin que vous écoutez .

  • Tu nous emmènes quand en vacances sur ton yacht, nous tes fidèles lecteurs ?

  • A Jugurta : ils me font flipper, tes points de suspension.

    (Pardon, j'aime bien te lire mais cela fait 33 lustres que je me rongeais les ongles de ne pas te le dire. EN PLUS JE SUIS SURE DE NE PAS ETRE LA SEULE A EN SOUFFRIR)

  • (Mon commentaire c'est le meilleur. Comme quoi, pas besoin d'avoir son brevet des collèges, que je n'ai pas) (enfin si j'ai le sien.)

    C'est quoi le sujet qui vient après ? Parce que Sarko ça se démode là.

  • iPidiblue, la rue triste qui écoute, je vous aime bien .

  • @ Anonyme,

    Promis, je ne mettrai plus de points de suspension.

  • Chère Hauteclaire, il s'agit du premier enregistrement mondial du Merlin d'Albéniz, dirigé par José DE EUSEBIO, avec Carlo ALvarez et Placido Domingo, chez Decca. Livret un peu ampoulé, musique wagnéro-médiévale, choeurs superbes, et surtout ambiance exaliburienne garantie...

    Les prochains sujets ?

    -La culture selon la droite et selon la gauche (ou pourquoi on peut révérer le Verbe et se foutre que Sarko aille passer trois jours sur un yacht de milliardaire).
    -La modernité selon Marcel Gauchet.
    -La réalité du Christianisme selon René Girard
    -La confusion des sexes (ou pourquoi les homos ont tort de vouloir demander un statut hétéro).
    -Autobiographie de Powys (ou pour encore parler de moi).
    -Les deux fessées de Jean-Jacques qui n'en font qu'une (ou l'orgueil insensé du masochisme)

    Votez !!!

  • Merci infiniment.

  • Moi je regrette qu'il n'y passe pas cinq ans sur son yacht !

  • Important !!! Ne pas rédiger ta note sur la confusion des sexes avant d'avoir lu et reçu "Il y a deux sexes" (paru chez Gallimard il y a longtemps) et "Gravidanza" (le tome 2 à paraître aux éditions des Femmes en juin), les livres d'Antoinette Fouque, intellectuelle et psychanalyste traitant de la différenciation des deux sexes. Sincèrement !!!

  • sarkozystes=aigris

  • équation NTM : tandis qu'à St-Germain-des-Prés la tournante tourne à la débandade sans avoir pu consommer, l'autre nique tout le monde en mer.

  • Et Michel Onfray là-dedans ?

  • Oh la la! Fouque! De quoi castrer n'importe quel homme et dégoûter les autres du sexe féminin (dans toutes les acceptions de l'expression). 2007 et on remâche encore Kate Millet sauce franco-bourgeoise! À tant (vouloir) faire valoir la différence des sexes, on finit par camper et éloigner les positions, ce qui rend le discours difficile voire impossible et navrant. Argh!

  • 52% de la population mondiale est une femme. Calculez, chère Kate, le pourcentage de livres d'écrivains femmes antérieures au XXème siècle (Elles sont immensément rares. Pourquoi un tel décalage ? Les femmes d'autrefois auraient-elles été moins créatrices, moins sensibles, moins intelligentes, moins géniales, moins talentueuses que leurs contemporains hommes ?????? Ce sont ces seules questions que soulève Antoinette Fouque) dans vos bibliothèques et vous vous rendrez compte de la nécessité de défendre l'hypothèse d'une écriture féminine (différente de celle nourrie de l'univers phallocentré qui nous submerge) et de lui donner un lieu d'expression. Les Editions Des femmes en sont l'exemple le plus accompli.

  • Je ne suis pas gentil de mettre ici ce lien, mais Pierre, pour un finkelkrautien-sarkozyste comme toi, je me disais que cela te ferait peut-être entendre raison...

    http://tempsreel.nouvelobs.com/depeches/societe/20070510.FAP1572/finkielkraut_pendant_trois_jours_nicolas_sarkozy_nous_a.html

  • Chère attachée de presse, votre dithyrambe prouve et confirme ce que j'avançais. Et après on me reprochera d'être misogyne !

  • Ahhhh la misogynie féminine !!! Je crois que cela m'excite encore plus que les livres de Sacher-Masoch ou de Hugues Rebell !!!

    Tu ne saurais être méchant cher Ludovic ! Contrairement à certains d'entre nous, tu n'as pas le gène de la hargne et de l'arrogance et ton message est le bienvenu. Pauvre Finkie qui déchirera les livres de Péguy quand il apprendra que celui-ci un jour a bu une demi coupe de champagne en disant "youplaboum !"

    J'avoue que je fais partie des 65 % de français qui n'ont pas été "choqué" par l'équipée maltaise du nouveau Président. Et bien que n'étant pas un auditeur d'Hallyday, loin s'en faut, je n'ai pas la vulgarité de le trouver vulgaire....

  • Et pour que la fête soit complète, je copie-colle cet excellent post de Guy Sorman pour qui la France va, après les Etats-Unis, l'Angleterre, l'Allemagne, l'Espagne, accomplir enfin sa révolution conservatrice :

    "La France rattrape son époque

    On ne gagne jamais seul, ni par hasard. La personnalité compte, le projet aussi, l’organisation, bien entendu. Mais importe plus encore le souffle de l’histoire, le grand vent des idées dominantes : Nicolas Sarkozy emporte la conviction populaire car, en même temps, une vague le soulève. Celle-ci vient de loin, du début des années 1980.

    À cette époque, le marxisme, enfin, est à bout de souffle : Soljenitsyne en annonce l’effondrement moral. Le social étatisme, dans sa version occidentale, ne se portait pas mieux : les économies d’Europe et des Etats-Unis versaient dans l’inflation et le chômage. Plus les Etats intervenaient, plus le marasme gagnait. Le champ éthique aussi était en lambeaux : l’Eglise ne digérait pas Vatican II tandis que Mai 68, chant libertaire à l’origine, dégénérait en un relativisme désespéré. D’affreuses maladies nouvelles s‘en mêlèrent, comme pour souligner que tout n’était pas permis.

    Au seuil de ces abîmes, l’Occident tout entier s’est ressaisi : ce sursaut, selon les traditions locales, dans les années 1980, s’est appelé Révolution conservatrice ou Révolution libérale ou néo-libérale. L’étatisme qui jusque-là, semblait la solution, fut soudain dénoncé comme étant le problème. De cette révolution dans la pensée dominante, ont surgi de nouvelles politiques : moins d’Etat, plus de marché, plus d’ordre aussi, la tolérance-zéro face aux crimes. Cette pensée nouvelle qui a ses philosophes (Bertrand de Jouvenel, Friedrich Hayek), ses héros politiques (Ronald Reagan, Margaret Thatcher, José Maria Aznar, Helmut Kohl) et spirituels (Jean-Paul II), a gagné toutes les nations d’Occident, de l’Est - l’URSS s’effondre – et du Sud – la Chine et l’Inde se rallient à l’ordre économique libéral. L’autoritarisme ancien cède aussi devant la technique : Internet, plus qu’un mode de communication, impose des normes et comportements franchement libéraux, individualistes et mondialistes simultanément.

    Mais un Etat, un seul, résiste : la France évidemment. Partout la dépense publique recule, ici elle progresse. Partout, la loi et l’ordre contiennent l’insécurité ; chez nous, on tolère, on analyse, on se repend. En Europe, tous les Partis socialistes rejettent le marxisme, tous devinent dans la croissance économique le vrai chemin vers l’équité. Pas de ça en France : nos marxistes sont immuables. François Furet avait expliqué cela : les marxistes sauvent leur peau en se faisant passer pour les continuateurs de la Révolution de 1989. Impensable de se défaire de pareil héritage : nos écoliers en sont gavés. Plus trivialement, vingt pour cent des Français qui travaillent dans le secteur public craignent que le libéralisme ne détruise leur cocon : un libéralisme non pas expliqué mais diabolisé, avec le concours efficace des apparatchiks de l’enseignement.

    Notre Droite resta tout aussi congelée, hormis l’intermède libéral de 1986-88 .La mémoire du Gaullisme sans doute, et l’emprise de l’Enarchie sur les partis, ont interdit la mutation libérale au moment même où elle était possible et nécessaire : dans les années 1980, le monde a privatisé, la France a nationalisé. Nous en prendrons pour vingt-cinq ans, de blocage, de myopie, assorti d’un substantiel retard de notre niveau de vie et de nos espérances : la France, homme malade de l’Occident.

    Jusqu’à ce que les Français se rendent à l’évidence : le monde ayant changé, il convient maintenant de le rattraper. Dans notre Histoire, cette démarche n’est pas neuve : nous aimons cultiver notre singularité, nous inscrire à contre-courant, prétendre que jamais nous n’agirons comme les autres. Et surtout pas comme des anglo-saxons. Avant de faire comme tous les autres mais avec un certain décalage.

    Ainsi de Gaulle vint et décolonisa parce qu’avant lui, nul n’osa. Giscard d’Estaing ? Parce qu’il était jeune, il comprit son époque et il aligna la loi sur les mœurs. Et Nicolas Sarkozy ? Il lui appartiendra de rendre l’Etat efficace car il n’est pas de société libre sans un Etat qui marche. Il permettra aux entrepreneurs d’entreprendre car l’économie libre est aussi simple que cela. Ce projet étant désormais celui du Président de tous les Français, il aura besoin d’une sorte d’acquiescement de la gauche. C’est possible : à l’honneur de Ségolène Royal, malgré son Parti et ses alliances, elle aussi aura esquissé une révolution conservatrice. Mais Nicolas Sarkozy a mieux compris et mieux interprété l’instant : la France était arrêtée à l’heure de son clocher, il la remet à l’heure du temps.

    Guy Sorman"

    http://www.hebdo.ch/sormanblog.cfm

  • Des faits, encore des faits :

    Pour tous ceux qui pensaient que Sarko était un allié indéfectible des ces maudits Yankees, des rumeurs circulent sur le fait qu'il proposerait le ministère des affaires étrangères à ...Hubert Védrine. L'inventeur du concept d'Hyperpuissance, à croire que ce monsieur ne fait pas la différence entre "Hyper" en grec et "super" en latin, deux préfixes équivalents signifiant "au dessus, au delà"

    Si cela s'avérait exact, Sarko ne serait que le digne successeur de Shirak, voilà pourquoi il ne fallait pas, entre autre, voter pour lui.

  • Mais foutre zeus ! Jugurta, ça donne encore plus de contentement à ceux qui ont voté pour lui ! Voilà que c'est lui qui risque de réaliser ce centre dont une partie des Français rêvent. Et puis, comme il l'a dit, on peut être ami et allié des américains sans pour autant devenir leur succursale. Que demander de plus ?

  • Montalte,

    Mettre Védrine aux affaires étrangères c'est un signe fort pour les chiraquiens...qui n'ont eu de cesse de mettre des bâtons dans les roues des yankees...

    Etre allié c'est se soutenir dans les moments difficiles...on peut être en désaccord avec les ricains sur leur stratégie mais de là à faire ami ami avec les ennemis de la liberté c'est différent...

    Mais bon je te l'accorde laissons lui une chance de prouver que comme par miracle tout va changer..comment dit-on déjà ?? le bénéfice du doute :o)

  • Bonjour Montalte,

    Foin de ceux qui pensent être autre chose que des compilateurs sous prétexte d'avoir gommé les guillemets, se réservant l'usage du tube de vaseline, laissons la parole aux vrais écrivains (à ne pas confondre avec les critiques), qui s'appuient sur une oeuvre réelle et non fantasmée : http://www.videodrom.org/dist/article-nabe.html

    L'avez-vous vu cette vidéo de Nabe qui commence 2 heures avant le résultat du 2eme tour... En une formule, Nabe condense ce que j'ai essayé de vous annoner pendant 15 messages : "les ennemis de nos ennemis ne sont pas amis". Excellente réponse à faire à ceux qui vous somment de vous dire de droite ou de gauche, vous accusant de tergiverser... Quelle bêtise! Autre très juste formule de Nabe : "ce sont les beaufs qui ont gagné contre les bobos". En même temps, on est tous le beauf de quelqu'un... Et le bobo aussi bien sûr. Nous sommes tous des bobeaufs.
    Bon, sinon Nabe dit une certain nombre de conneries également.

    Auf wieder Montalte.

  • Hello, OrnythOrynque (oui, j'ai donc transféré votre message ici),
    oui j'ai vu une partie de cette vidéo, mais que voulez-vous, Nabe est d'une telle stupidité quand il parle politique. Je rappelle qu'il avait "prédit" dans une interview (et qu'il faudrait retrouver rien que pour la bonne bouche) que Sarkozy n'avait "aucune chance", que Ségolène finirait par s'écrouler et que tout se jouerait finalement entre Villepin et Jospin.

  • D'ailleurs, dans la vidéo en question, il faux-prophétise également , à demi-mot et à tort, en donnant une plus grande dernière chance à Ségolène, ce sur quoi il ne revient pas du tout au moment de l'annonce du résultat qui contredit son avertissement, alors qu'évidemment si elle avait gagné, il aurait : "vous voyez, je vous l'avais dit!". Cela dit, je trouve éclairante et efficace sa formule des "ennemis de nos ennemis qui ne sont pas forcément". Et je trouve que de ce document, il se dégage quelque chose de très attachant de sa personne, on sent que c'est vraiment lui.
    Par contre, curieux tout de même, pour un type subtil comme lui, d'être aussi grossier dans sa condamnation intégrale de l'esprit français... Il doit y voir un certaine ressentiment derrière cela, notammment dans son rapport à la reconnaissance (je ne développe pas plus sinon vous allez être obligé de poster ce commentaire sous "Blogmania d'A.P.":))
    Curieuse aussi, chez les vainqueurs du 6 mai, cette "fausse joie" que Nabe reléve... Peut-être de la lucidité devant l'ampleur, voire la quasi-impossibilité de la tâche...

    Enfin, c'était un ultime hoquet de ma part sur ce sujet, désormais "ils sont bavards à la Gare de l'Est". :). J'ai voté contre la gauche, pour les beaufs contre les bobos, je me dis laissons lui sa chance finalement, un type comme lui, pourquoi pas peut faire péter la fourmillière, mais je nourris peu d'illusions... Voyons venir maintenant.

  • Sourire... En quoi vous avez agi en homme de droite, c'est-à-dire en conscience sceptique, sinon malheureuse, qui au bout du compte préfère le médiocre au pire et le pragmatisme à l'idéalisme. Et je ne peux m'empêcher, un peu bêtement, de vous donner un claque dans le dos en vous disant "bravo".

  • Merci de votre chaleur Montalte, je l'accepte, mais je ne crois pas correspondre au portrait de l'homme de droite que vous dressez. "Les ennemis de nos ennemis, ne sont pas mes amis"... Croyez-moi, si j'étais réellement pragmatique, au vu de ma situation personnelle, j'aurais plus de raison de voter à gauche qu'à droite. Mon rejet de la gauche relève plus de l'idéalisme... Aussi de Sarkozy, je n'attends rien du point de vue des idées dites de droite auxquelles je pourrais m'identifier, au mieux j'attends - et là en effet je suis pragmatique - qu'il fasse le sale boulot, rendu inévitable par les conneries giscardienens et mitterandiennes, et que jamais Royal n'aurait eu le cran de faire (l'inconnue étant l'aura-t-il lui ce cran là, lui).

  • A propos du texte de Guy Sorman.

    Voyons Pierre, c’est un peu facile d’associer un certain respect de l’homme avec le régime stalinien. Et vous trouvez normal qu’on laisse tout faire ? Que n’importe qui, pour autant qu’il soit malin, puisse s’enrichir scandaleusement au détriment se ses semblables ? Une vie en société ce n’est pas cela. Il faut des règles, précisément. Ce que vous proposez nous reconduit au Moyen-âge. Quelques seigneurs et 99% de serfs.

    Et puis, en quoi est-ce que l’argent est le centre de tout ? Il ne m’intéresse que pour vivre, pas en soi. Vous qui êtes croyant (ce que je ne suis pas), vous pourriez aspirer à d’autres vérités que le vol organisé et légal de votre voisin.

  • Mais Feuilly, voyons ? C'est quoi ce marxisme d'arrière-garde ? Le libéralisme originel n'a jamais été ultra et n'a strictement rien à voir avec la société du Moyen Age qui n'était pas du tout libérale. Bcp plus tard, des économistes, Adam Smith en tête se sont rendus compte que la liberté d'entreprendre était peut-être économiquement et socialement plus enthousiasmante que l'étatisme et ne défavorisait en rien la création artistique. Francis Bacon, le peintre, disait dans une interview qu'il avait toujours été de droite (au grand dam des interviewers de gauche !) pour la simple et bonne raison que lui en tant qu'artiste il avait avant tout besoin de liberté, de laisser faire et surtout pas de soupe et de subvention.
    Et puis, pardonnez-moi, le vol organisé et légal de mon voisin, c'est un mythe. La loi du fric, comme disent les antilibéraux, c'est ce qu'on appelait dans les années cinquante, soixante et soixante-dix, la prospérité. Et c'est pendant les régimes plein de fric comme ceux de Louis XIV ou de Laurent le Magnifique que se sont développés les arts. Alors, hein !

    Quant aux relations compliquées entre le Christ et la richesse, il faudrait faire un autre post... Un rappel simplement : c'est avec de l'or, de la myrrhe et de l'encens, soit des produits de luxe, que les rois mages ont rendu hommage à l'enfant Jésus. (Il y a un livre de Tournier là-dessus).

  • Un exemple venant d’Amérique :

    "Des médecins et dirigeants de laboratoires pharmaceutiques sont optimistes aux Etats-Unis sur le potentiel de la recherche pour vaincre la maladie d'Alzheimer mais plaident en faveur d'une mobilisation fédérale accrue pour accélérer la concrétisation des avancées médicales. (…)L'Association américaine d'Alzheimer, plus grande organisation privée pour combattre la maladie, presse le gouvernement fédéral de doubler le budget public qui est érodé par l'inflation depuis 2003, a indiqué à l'AFP l'un de ses responsables, Stephen McConnell. Des projets de loi présentés par les deux partis ces derniers mois au Congrès répondent à ces attentes en prévoyant un doublement du budget de la recherche sur Alzheimer alloués aux Instituts nationaux américains de la Santé (NIH) pour le porter à 1,3 milliard de dollars. Un texte offre aussi des crédits d'impôt pour les familles touchées et la création d'un "Sommet National" de la recherche sur Alzheimer."

  • Réponse : tout d’abord je ne suis pas marxiste. Ensuite, vous êtes dans l’euphorie avec votre nouveau président. Il se pourrait bien que ce qui est beau et neuf aujourd’hui devienne un jour aussi l’arrière-garde.

    Le libéralisme originel n'a jamais été ultra : exact. Mais il le devient, c’est cela le problème. Il y aurait moyen de faire du libéralisme, c’est-à-dire de permettre à des firmes de se lancer, sans forcément que l’ensemble d’une population en fasse les frais (emplois précaires, bas salaires, réduction de la sécurité sociale).

    Pas libéral la Moyen-âge ? Non, mais à la fin il va le devenir, avec la montée en puissance des commerçants et des banquiers, pour le plus grand désespoir des seigneurs, lesquels avaient eux l’idée du panache (ne pas conserver l’argent, mais le dépenser). Sans le vouloir, ils redistribuaient les richesses acquises, tandis que nos argentiers d’aujourd’hui conservent tout pour eux.

    L’étatisme ? Il est clair que le système russe a prouvé à suffisance son incapacité. Mais le capitalisme aussi, qui nous a toujours entraîné dans les guerres (voir encore l’invasion du Liban cet été, dont un des buts était manifestement de tout détruire pour mieux reconstruire). Ne pourrait-on faire une synthèse des deux systèmes ?

    Les subventions artistiques ? Il est clair que des subsides se perdent auprès de gens qui n’ont rien d’intéressant à proposer, mais qui on l’avantage d’être bien introduits dans certains milieux (de gauche comme de droite, d’ailleurs). Mais si les périodes fastes (Louis XIV ou Médicis) ont brillé par leur production artistique, c’est précisément grâce aux pensions accordées par les princes (lesquels agissaient ainsi surtout par soucis de leur gloire personnelle beaucoup plus que par goût des arts, mais passons). Que ferait le cinéma d’art s’il ne recevait pas des subventions ? Vous voulez laisser faire le marché ? Nous n’aurons plus que des grosses productions américaines.

    Le vol du voisin ? J’attends en tout cas d’un Etat qu’il protège ses citoyens. Il faut des lois sur l’environnement, sur le travail, sur les pensions, sinon c’est la jungle. Or avec votre système sarkosien, l’Etat devrait tout laisser faire aux grandes sociétés (mais pas au petit peuple, qui sera vite en prison). On veut tout démanteler. Pourquoi devrais-je vivre dans la précarité ? Pour mieux me faire exploiter en acceptant n’importe quel travail ?
    Quittez votre musée et aller vendre des tableaux (ou des boites de conserve) si cela vous chante et si vous désirez gagner plus, cela ne me dérange pas, mais je voudrais que l’Etat contrôle ce qu’il y a dans votre boîte de conserve, sinon je vais me retrouver comme dans un pays voisin où les frites étaient faites avec de l’huile de moteur.

    Quant au Christ, il a prôné la pauvreté à ce que je sache, au nom de l’esprit. Et si c’est avec de l'or, de la myrrhe et de l'encens que les rois mages lui ont rendu hommage, c’est une image pour montrer combien la venue du Christ était précieuse. On se demanderait bien ce que Marie a pu faire avec cet encens dans son étable.

  • "On se demanderait bien ce que Marie a pu faire avec cet encens dans son étable."

    C'est ben vrai ça... vu que les boeufs et les ânes puent nettement moins que les hommes ou les veaux.

    Patrice attristé (par les larmes de crocodile aujourd'hui versées)

    PS : pas mal, les époques de prospérité de la France où les Français meurent de faim...

  • Feuilly, personne n'a dit, et surtout pas moi, qu'on ne voulait pas de lois ni qu'on souhaitait le retour de la jungle. Au dire des vrais libéraux, Sarkozy serait lui-même trop interventionniste (Alstom). Simplement, on veut avec lui de ce "moment libéral" qui stimulerait entrepreneurs, artisans et manuels. Et pour un type qu'on dit nerveux, colérique, narcissique, ultra vulnérable (dixit Onfray), toujours à fleur de peau, je ne crois pas que ses larmes hier après-midi aient été celles d'un crocodile.
    Ensuite, des ministres UDF et PS dans son gouvernement, j'applaudis des deux mains. Ne va-t-il pas en plus de tout le reste réaliser ce gouvernement du centre dont les Français rêvent depuis si longtemps ?


    Feuilly, encore, le cinéma américain, c'est celui de Spiderman I, II, III et sans doute IV, V, X.... Mais c'est aussi celui d'Inland Empire, A history of violence, Lost in translation, c'est celui de Scorsese, de Shyamalan, de Sofia Coppola, des frères Cohen, de Tim Burton, de Stephen Frears. C'est le meilleur du monde à cause de la loi du fric comme celle de la loi du talent et du souvent du génie (Kubrick). Alors qu'en France, pour dix Besson nous avons trente Assayas-Breillat-merdouille, et un Bruno Dumont. J'ajoute que le meilleur film de l'année n'est pour l'instant ni américain ni français mais allemand avec La vie des autres.

    Maintenant, il est vrai qu'il y a des réflexes de droite et de gauche. Comme je le disais récemment à nos amis péplautes, je dois bien reconnaître que le milliardaire qui fait des malversations (et même s'il faut tout faire pour empêcher les parachutes dorés etc) me choquera toujours moins que le djeun qui lançerait un pavé dans la vitre du restaurant où je serai en train de dîner.

  • "le milliardaire qui fait des malversations [...] me choquera toujours moins que le djeun qui lancerait un pavé dans la vitre du restaurant où je serais en train de dîner."

    ... et pourtant, les deux sont porteurs du même Esprit de Mai 68.
    Si, si ! C'est Sharko qui l'a dit...

    Patrice, mémoire vive (on va en avoir besoin)

    PS : "réflexes de droite ou de gauche" ...? je crois plutôt que tout dépend de ce qu'on prend en pleine gueule. Et même - ou plutôt surtout - vivant / travaillant en milieu... djeun (lisez : déshérité), ce qu'on prend en pleine gueule c'est plutôt les licenciements dont les malversations sont le corollaire.

    PS2 en forme de repentance : toutes mes excuses aux crocodiles, ils méritent mieux.

  • Ce que la mémoire vive devra surtout retenir, c'est le rejet de toutes les sectes antilibérales du premier tour - même si on peut parier que celles-ci qui dès septembre vont se mettre en branle pour contester la nouvelle politique sociale à laquelle les urnes ont dit oui et que la rue va, une fois de plus, contester. Si pour une fois, le gouvernement pouvait avoir la force de sa démocratie, c'est-à-dire laisser crever d'ennui les manifestants, cela serait déjà pas mal... Et vive le service minimum bien entendu !

    Pour le reste, gouvernement ouvert, féminisé, plus libéral colbertiste qu'"ultraliébéral" d'ailleurs (Borloo, Boutin et même Fillon), à la fois profondément anti-nationaliste (Rachida Dati à la justice, ce n'est pas du foutage de gueule tout de même) et national (le fameux ministère de l'identité nationale et de l'immigration qui fait peur à tout le monde). Et un ministre d'état qui est celui de l'environnement ! Les gauchistes ne vont décidément plus savoir à quel saint se vouer. En une journée, le nabot droitiste a plus fait qu'eux en dix ans. Sans oublier Georges-Marc Benamou, ex-journaleux de Globe (l'hebdo mitterrandien gaucho infect des années 80) qui est devenu son conseiller ! J'ajoute que j'ai trouvé très fort le symbole Guy Moquet (parfait pour commencer le travail de désapage historique promis) et fort sympathique l'ambiance glamour avec Cécilia et ses quatre têtes blondes sur tapis rouge. Ca nous décoince, ça nous fait du bien.
    Quant à Kouchner, c'est en fait la ruse la plus risquée de Sarko. Car le fringuant french doctor était l'un des rares à être POUR la guerre en Irak, et être pour le coup encore plus atlantiste que le nouveau président. Cela dit, pour l'international, l'image est excellente et pour l'intérieur, extrêmement rassurante... Bref, sur le plan mondain, stratégique, mais aussi politique, économique et social, ce prologue sarkozyste est un coup de maître. Non, décidément, il est formidable !

  • "Comment nous ne nous sommes plus esclavagistes, ni coupable de tous les génocides du monde ?"

    Qui a jamais prétendu cela, sophiste? Qui a jamais prétendu que la France l'était toujours, esclavagiste? On a simplement dit, et ô combien à juste titre, que la France a mis en place, elle aussi et pendant plus d'un siècle (et remarque que c'est encore tout chaud) un régime d'Apartheid dans un certain nombre de pays où les autochtones avaient simplement eu le malheur, quand nous étions presque unanimement racistes (lire les bêtises de Hugo ou de Marx sur les Arabes), de n'être pas armés, d'être noirs de peau et d'avoir des croyances différentes des nôtres...

    Si l'Afrique se disloque et subit ravages et outrages, c'est à cause de la concurrence acharnée que se livrent les puissances du nord - Russie (soviétique ou pas) comprise, et désormais Chine (communiste ou pas) comprise. Ne pas le savoir, c'est être ignare. Ne pas vouloir y réfléchir, c'est se condamner à la branlette ("oh oh Sarko il est beau, Ségolène elle est vilaine", ad nauseam.)

    La France a joué et CONTINUE de jouer son rôle dans ce démantèlement.
    Dans un premier temps elle a humilié les peuples, considérés comme inférieurs pendant plusieurs générations (prenons la cas algérien : c'est comme si les Allemands - leur application à zigouiller certaines catégories de personnes mise à part - nous avaient occupé de 1940 à... 2070, retiré tous nos droits et soumis aux travaux forcés pour leur seul profit, tout en modernisant la France à leur manière, c'est-à-dire sans nous demander notre avis), puis elle a mis en place, dans ces pays qu'elle occupait, des industries et des villes qui, une fois laissées aux autochtones, bouleversaient complètement leurs modes de vie, et enfin elle continue AUJOURD'HUI à soutenir, par calcul, les pires crapules que ces pays ont la malchance d'avoir eu, pendant les guerres d'indépendance, comme chefs de guerre.

    Bon, alors, coupable la France? Et comment. Plus que d'autres? Qui a dit cela? Quand? Où?
    Non : coupable comme d'autres, mais avec ses particularités, sa position stratégique dans la guerre totale que se livrent les impérialismes, ses atouts, ses excès, son relatif humanisme aussi, etc.
    Et puis, étant français, j'accuse mon pays tout particulièrement (sans forcément ménager les autres) car je le connais mieux qu'aucun autre, et que les criminels des colonies ou de Vichy ainsi que leurs protecteurs (combien d'industriels, combien de grandes familles mouillés dans le pétainisme?) sont toujours en activité; et quant au système qui a permis Vichy ou l'Apartheid à la française, il n'a pas disparu, il s'est d'abord effondré sous sa forme grossièrement fasciste, puis s'est simplement aligné sur la théorie wilsonienne et la pratique américaine qu'elle justifie : la souveraineté pour tous les peuples TANT que c'est nos intérêts que privilégient leurs dirigeants, la démocratie chez nous TANT que c'est nous qui continuons à gouverner notre pays ("nous" : l'oligarchie militaire, financière et industrielle).

    Bref, ton histoire de masochisme (ou d'"ethnomasochisme", pff le néologisme à la mords-moi le noeud), c'est du pipeau, du sophisme, c'est la dernière trouvaille psychologico-foireuse des crétins dans ton genre pour taper sur une certaine gauche à bout de souffle et redorer ton blason droitier entaché de folie policière, de trouille et de cynisme.

    Même ton concept de repentance, c'est de la connerie : se repentir, c'est en quelque sorte considérer l'affaire comme close, comme chose du passé. La France CONTINUE - entends-tu? - d'être coupable. Elle n'a rien changé à son fonctionnement : clientélisme, cynisme, racisme, inhumanisme. Je parle de DIPLOMATIE et d'AFFAIRES ETRANGERES, puique c'est bien de cela qu'il s'agit.
    Il ne s'agit pas de se repentir, encore moins d'être fier de son pays et de ses lumières, mais de le faire connaître pour ce qu'il est .

    C'est la racaille gauchiste qui te parle. Tu ré-entendras parler d'elle. Mate bien la télé, reste assoupi avec ta conscience tranquille du type qui assume toutes les pensées de merde qu'il a. Tout va bien. Dors, Sarkozy le veut. Blogue, blague, paluche-toi. Regarde : on parle déjà de toi dans "Le Figaro". Tu es exactement le genre de gars dont la France d'en haut a besoin. Elle te remercie.

  • Ah enfin, de la vraie bonne gauche moisie comme je les aime... Même si tu arrives après la bataille, que tu confonds colonialisme et esclavagisme, que tu n'as plus rien à dire de concret et de réel sauf des incantations ringardes du siècle passé et qu'en effet, plus que nos sauvageons, ce sont des gens comme toi qui nous font honte et qui devraient dégager... Encore que ta haine anti-française, ta mauvaise conscience d'autoflagellé permanent, et enfin ton hilarante bêtise sont intéressantes à étudier. Tu es une synthèse, un cas, et une récréation.

    Surtout reviens-moi vite.

  • Marrant comme l'autoflagellation t'obsède. L'autofellation aussi, je parie.
    Je te le répète, moi, ça me passe par-dessus la tête tes histoires de masochisme, c'est un truc entre toi et toi, ou disons plutôt entre les droitistes qui puent de la gueule et leur haleine de phoque.

    Je remarque que tu n'as RIEN à dire sur ce que j'avance, à part ta réthorique publicitaire estampillée UMP (et de plus en plus PS) : "ringardise", "siècle passé" etc. Ben voyons. L'argument fatal, celui qui te rendrait fou s'il te tombait dessus, envoyé par un bobo de gauche qui ne comprend rien à ton Christ.
    Et puis, ma soi-disant "haine anti-française"... Où as-tu appris à lire, mon pauvre vieux? N'ai-je pas souligné un certain nombre de fois dans mon commentaire que la France est coupable ENTRE AUTRES puissances?.. Tu as raté les trois ou quatre passages peut-être. Ben oui, les ringards on les lit en diagonale, ce qui évite d'avoir à réfléchir à ce qu'ils te disent.

    J'aime bien ton "nous font honte" aussi. Alors ça y est tu te sens français, bien dans ta communauté, maintenant que 53% des électeurs on voté pour le service minimum et les flics? Grand bien t'en fasse. Comme je disais, oui, la France des milliardaires qui s'assument te remercie du fond du coeur.

    Et allez, le "ressentiment", tout ça... Fadaises, mais qui te font du bien, alors ne te gêne pas. Forcément, un type te dit qu'il existe une realpolitik, alors t'as besoin de tous tes petits concepts foireux pour te boucher les oreilles avec.

    La "gauche moisie", tu dis. Laquelle? Qui se reconnaît dans la gauche "moderne" des Strauss-Kahn ou des Julien Dray qui ne font qu'un avec les représentants de la droite "dans le vent", tellement que leurs discours s'équivalent à quelques flics près et qu'on les voit même, ces jours-ci, passer d'un camp à un autre sans se gêner.
    Ah, tu es un moderne, je n'avais pas compris, moi qui croyais que tu étais toi aussi un "moisi" qui n'a pas oublié de considérer un peu les choses avant de se chier dessus de honte et de bêtise, comme font tous les hystériques "modernes". Moi qui pensais qu'il y avait quelqu'un qui réfléchissait un tant soit peu derrière ces jappements de fan de Sarkozy.
    Erreur, il y avait un Moderne, qui se croit lucide quand il fait caca et féroce quand il crachote des slogans qui ont trop servi pour faire mal à qui que ce soit.

    Eh, Pierrot le fion, le colonialisme fut AUSSI un esclavagisme. Marrant, ça non plus tu ne le savais pas.

  • Tu aimes te faire mal, toi.

    Non, le colonialisme ne fut pas un esclavagisme. Il fut un impérialisme politique et moral où, dixit Jaurès, "les peuples civilisés" devaient apporter la civilisation et les droits de l'homme aux "peuples barbares". Alors, certes, il y eut, comme toujours dans l'histoire exactions et massacres (mais l'histoire est tragique, je te le rappelle), mais l'on ne peut, contrairement à ce que des non-historiens comme toi veulent faire, n'avoir qu'une vision négative et sanglante d'un phénomène universel et qui a pu parfois, oui, être positif.
    Contrairement à l'esclavage, honte de l'histoire européenne, mais qui fut pourtant aboli au XIX ème siècle - et s'il est pratiqué aujourd'hui, c'est par les pays musulmans (bien en retard sur leur repentance comme sur un tas d'autres choses.)

    Pour le reste, tu devrais faire attention à ta rhétorique car lorsque tu dis qu'on ne répond pas à tes arguments, qu'on te lit une ligne sur quatre quand en même temps une ligne sur deux les arguments employés sont "droitistes qui puent de la gueule et leur haleine de phoque", "mon pauvre vieux", "de se chier dessus de honte et de bêtise" sans oublier "Pierrot le fion", cela fait un peu désordre et risque de te faire passer pour un esprit confus et énervé, tu ne trouves pas ?

    Quant à "moderne", je ne savais pas que c'était aussi une insulte. Sauf pour les réacs bien sûr...

    Allez, courage à toi !

  • Le Cormary fait son Sarkozy et cite Jaurès, maintenant. Qui crois-tu tromper? Le colonialisme a été, de fait, un Apartheid, où, pour prendre le cas emblématique de l'Algérie, le musulman, l'indigène, l'Arabe, n'avait pas le moindre droit.
    Mais ça n'a pas l'air de t'émouvoir. Tu aimes te faire du bien, alors va plus loin : retire donc les guillemets à "peuples civilisés" et à "peuples barbares".

    Je te parle d'une situation politique, de hiérarchie entre les races établie DE FAIT et d'où ont découlé et découlent encore complexes d'infériorité, révolte, ressentiment, misère moderne, etc. et toi tu me réponds "aspects positifs"...

    Eh bien, lesquels? Les routes, que les Français étaient les seuls à avoir le droit d'emprunter? Les usines, qu'ils contrôlaient? Les villas, qu'ils étaient les seuls à pouvoir occuper? Les stations balnéaires, où ils se prélassaient sans bougnoule à l'horizon?
    Ah oui, ils ont laissé tout ça derrière eux, c'est vrai, parfois en ruines d'ailleurs, mais c'est par charité? Les Algériens n'ont-ils pas dû se battre pour reconquérir leur propre pays?

    Et ils sont où tes arguments, à part ça?
    Ah oui, je m'énerve, tu m'étonnes : tu es tellement con et satisfait. Retire mes insultes fort méritées et il reste de quoi t'apprendre quelques trucs. Mais toi, qu'as-tu à dire?
    Tes "aspects positifs", c'est très connu ça, ça s'appelle un sentiment de culpabilité mal soigné. Et en tout cas, c'est de l'idéologie, parce qu'en guise de "concret et réel" tu ne me parles que des intentions des colons, or des intentions je me fous. Je te parle d'une société bâtie sur le racisme, la spoliation et l'exploitation de travailleurs jetables.

    Et si "réellement" (ah, ce mot dans la bouche des idéologues) l'intention des colonisateurs était d'apporter leurs lumières aux sauvages de là-bas, pourquoi, un siècle et quart après la conquête de l'Algérie, les "musulmans" comme on les appelait n'avaient toujours pas le moindre pouvoir de décision sur la société dans laquelle ils vivaient? Le projet civilisateur aurait-il échoué? Où avait-il été un prétexte charmant pour aller piller ce qu'on appelait à l'époque "le grenier à blé du monde"?

    Mais monsieur s'intéresse au "réel", au "concret", donc exeunt le blé, les droits civiques, l'application ou pas des promesses civilisatrices : seules comptent les intentions.

    Avec ça, ma courge, c'est toi qui va en avoir besoin, de courage.

  • Alors on censure ma réponse?
    La censure ne m'étonnerait pas trop, de la part d'un qui parle comme un flic : "ta haine anti-française", je n'avais pas mesuré à quel point ces mots sont dignes d'un petit censeur, d'un petit chasseur de sorcières, d'un petit ayatollah de l'identité nationale.

    Or, moi, c'est vrai, je l'avoue, je bande mou devant le drapeau français, mais c'est parce que ceux qui représentent la France, je ne trouve pas qu'ils représentent tant que ça les Français. Des grands-bourgeois, des privilégiés, des harangueurs, des publicitaires, des avocats, des capitalistes et des mondains... en quoi est-ce que ces types me ressemblent et ressemblent à la France de ma cité, de ma rue, de ma ville? En quoi peuvent-ils identifier mes besoins et vouloir les satisfaire, mes intérêts et les prendre en compte?

    Moi, la France, je ne vois pas bien ce que c'est. Il y a bien un peuple, les Français, mais la France?! Mais vous êtes comme ça, la droite lepéno-sarkozyste : vous préférez la France aux Français, les intentions aux actes, les valeurs autoproclamées aux faits têtus, les grands mots aux véritables maux.

    Quand les Français sont assez vieux (75% des + de 65 ans ont voté Sarkozy, une - petite - majorité de 18-65 ans pour Royal), assez flippés et fanatisés pour choisir de placer à la tête du pays un bulldog copain comme cochons avec les banques et les capitaines d'industrie, alors là ça y est, les Français sont dignes de votre idée de la France.

    Vous n'avez rien à voir avec le peuple.
    Toi, tu es un intello, qui t'amuse avec les mots comme le petit avec ses jouets et qui jongle avec les concepts sans jamais vouloir en mesurer la "réalité" ni le "concret". Et t'as voté pour un requin qui mène les Français en bateau vers plus de soumission et de conformisme vis-à-vis dans cette tempête sans fin qu'on appelle la "modernité".

    Pauvres Français.

  • Bon, tu ne m'as pas censuré. Je retire ça, et laisse tout le reste.

  • Bon, tu es un nouveau, tu vas un peu apprendre. Saches que je ne "censure" jamais, sauf en cas d'attaques personnelles. Et que, tout le monde le sait ici, même ceux qui me mettent en difficulté, sont cordialement invités à le faire. Je suis le blogueur le plus démocrate de la région. Maintenant, je ne suis pas 24h sur 24 devant mon écran.

    Bon, d'abord sur cette fracassante question du "peuple". Le peuple, c'est toi, c'est moi, c'est le pauvre, c'est le riche, c'est l'immigré en règle, c'est le vieux qui dit que c'était mieux avant, c'est le djeun qui dit que c'est pire maintenant et qui fout des caillasses sur les flics, c'est le flic qui le tabasse dès fois, c'est le seizième arrondissement, c'est le neuf trois, et c'est parmi les électeurs, 53 % de gens qui ont voté Sarko - et si tu me dis que ces 53 % sont milliardaires et méchants, et bien je suis ravi d'être dans un pays aussi prospère, moi qui gagne 1300 euros net.

    Bon, maintenant, le colonialisme.
    (Au moins ne t'es-tu pas ramené encore avec tes esclavagistes. J'en déduis donc que cette partie de la polémique est classée : le colonialisme, ce n'est pas l'esclavagisme. Au moins, on avance un chouia.)
    Quand je cite Jaurès (et d'ailleurs, je me trompais, ces mots étaient de Jules Ferry), ce n'est pas tant pour dire du mal d'un héros de la gauche que pour te rappeler que la colonisation française a été voulue et faite au nom des droits de l'homme et de l'humanisme et non au nom du racisme, que c'est d'ailleurs la gauche dans son ensemble qui a votée pour elle à l'époque, et que ce sont les gens de droite qui se sont plaints car ils trouvaient celle-ci bcp trop chère, car c'était l’Alsace et de la Lorraine qu’il fallait récupérer avant tout, et que comme le dit un jour Paul Déroulède : « j’ai perdu deux sœurs et vous m’offrez vingt domestiques ».
    Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la colonisation européenne fut aussi une réaction à celle que les pays arabes imposèrent pendant des siècles à une partie de l’Europe. « On oublie ainsi, comme le rappelait Bernard Lewis, le grand spécialiste du monde arabe, que pendant près d’un millénaire, du premier débarquement des Maures en Espagne au second siège de Vienne par les Turcs en 1683, l’Europe a vécu sous la menace de l’Islam. C’est le combat contre l’envahisseur qui poussa les Européens au-delà de leurs frontières." A chacun son tour de s'envahir.
    D'autant que des colonisations, il n'y eut que ça dans l'histoire du monde, au cas où tu ne serais pas au courant. Et parfois des bonnes. Rome a colonisé et civilisé le monde antique, et franchement, nous leur en sommes encore redevables. Les Arabes ont colonisé l'Espagne sept cent ans et personne aujourd'hui ne trouve à redire de ce qui fut aussi un enrichissement culturel - même si la qualité de Dhimmi ne fut pas la plus enviable. Eh oui que veux-tu ? L'histoire du monde est quelque peu violente mais c'est aussi par cette violence que passent les échanges, que se métissent les corps et les esprits et que ce qui constitue un pays, c'est la somme de ses expériences gloirieuses et douloureuses - et en effet l'Algérie a désormais une histoire française à digérer, à assumer, à regretter là mais aussi à célébrer ici.

    Voilà, le zig.

  • C'est une autre obsession, chez toi, l'esclavage par les musulmans?
    Pardon, mais ça date un peu. Pas une raison pour ne pas en parler, évidemment, mais quelque peu hors-contexte ici, où l'on parle de la domination économique absolue, et dont les conséquences sont graves et s'aggraveront, que les puissances du nord, des USA à la Chine, font peser sur l'Afrique, domination qui se POURSUIT.

    Comparée à ce qui arrive, la colonisation ne fut qu'un prélude sympathique, qui mariait l'exotisme de la "rencontre avec un pays" (que je l'aime ton histoire de métissage, on parle quand même d'un pays où régnait une forme particulièrement coriace d'Apartheid je te signale) et le plaisir de la conquête militaire.

    On est aujourd'hui dans l'ère postcoloniale, autrement dit néocoloniale (j'ai l'impression de parler à un gamin de 6 ans).
    Tout pays africain, toute ex-colonie est complètement dépendante de nous, qui sommes par ailleurs presque entièrement dépendants du bon vouloir des USA, locomotive de la modernisation aveugle et suicidaire.

    Je te parle realpolitik, tu me parles "histoire du monde". Et si tu en finissais avec l'angélisme?
    Bien sûr, comparé à d'autres périodes anciennes, le colonialisme fut un humanisme. Mais ne vois-tu pas que nous sommes rentrés dans un cycle, que ce cycle est loin d'être achevé, qu'il a perdu l'Afrique en faisant s'écrouler ses fondations vieilles de siècles, nous fait subir le même sort, perd l'humanité?

    Tout ça est un peu solennel, tu préfèrerais sans doute que je te parle de ton guignol préféré, que je te dise pour qui j'ai voté, que nous parlions "valeurs de droite" et "dogmes de la gauche moisie".
    C'est ton passe-temps, ce n'est plus le mien. Je viens juste d'arrêter de me palucher. Un peu de sérieux ne peut pas faire de mal, et les cyniques qui nous gouvernent ne méritent pas, de notre part, la moindre complaisance pas plus que la moindre confiance.

  • Il y a une petite contradiction. D ‘une part vous dites :

    « Par ailleurs, il ne faut pas oublier que la colonisation européenne fut aussi une réaction à celle que les pays arabes imposèrent pendant des siècles à une partie de l’Europe ».

    Et puis vous ajoutez :

    « Les Arabes ont colonisé l'Espagne sept cent ans et personne aujourd'hui ne trouve à redire de ce qui fut aussi un enrichissement culturel »

    Si on doit remercier les Arabes pour la culture qu’il nous ont apportée (ce que j’approuve, car il y a une différence certaine entre l’Alhambra de Grenade et nos châteaux du MA), pourquoi avoir été les envahir par après ?

    En fait tout cela c’est de la rhétorique. La vérité vraie c’est que le peuple le plus fort domine les autres et puis c’est tout. La guerre en Irak n’est pas autre chose. J’ajoute que votre ami Sarko a bien choisi son ministre des affaires étrangères. A nom de l’ingérence humanitaire, on va pouvoir aller envahir qui on voudra (et surtout soutenir nos chers alliés américains). C’est Lagardère et Matra qui vont se frotter les mains.

  • Il n'y a nulle contradiction, Feuilly, à constater que des colonies ont pu enrichir culturellement les pays colonisés même si ces derniers un moment les ont virés. Cela s'appelle l'histoire. Mais ce qui est le plus agaçant, c'est cette propension à blâmer notre colonisation et à applaudir celle des Arabes. Le sanglot de l'homme blanc, vous avez lu ça ?

    Non, pauvre Alfred, l'esclavage dans le monde arabe, ça ne date pas. C'est de l'actualité - au contraire de l'esclavage européen qui est de la lointaine histoire. Mais je te laisse à ton mythe de l'ère néocoloniale et à te laisse croire que les grands méchants blancs sont responsables des petits gentils noirs. Quand on sait que la majorité des pays africains sont des dictatures islamistes, communistes ou tout simplement tribales, si le sujet n'était aussi tragique, on rirait de ce que tu en dis.

  • Imbécile, ai-je dit à un seul moment que les dictatures africaines représentaient la moindre alternative au maëlstrom mondialiste/capitaliste qu'ont déchaîné et qu'alimentent journellement les puissances du nord?

    Au contraire (et preuve encore que tu m'as lu tout de travers, aveuglé que tu étais par ton désir d'avoir affaire à un crétin altermondialiste), j'ai bien répété que le SOUTIEN financier autant que militaire des puissances du nord aux dictatures du sud dont tu parles sont la continuation du colonialisme par des moyens ENCORE plus pervers et plus criminels.

    Si réellement la brutalité des régimes africains te désole, eh bien étudie un peu le rôle joué par l'Occident dans l'établissement et la perpétuation de ces régimes, puis cesse de sangloter et révise tes admirations.

  • Le problème est que si on les aide, c'est considéré comme de l'ingérence, et si on ne les aide pas, c'est non-aide à personne en danger. Dans les deux cas, on a tort. La preuve, pour toi, aider ces pays relève du colonialisme pervers (et fantasmatique). On ne s'en sort donc jamais. J'avoue que je n'ai pas d'avis tranché sur la question.

  • Je ne te parle pas d'aider ces pays, on ne se comprend pas du tout. Je parle de fournir aux cliques qui dirigent l'Afrique et le monde arabe les moyens militaro-financiers de conserver leur pouvoir inique.
    Qui a la moindre idées des émeutes populaires qui éclatent un peu partout, régulièrement, en Afrique et dans le monde arabe?
    Mais les peuples épuisés n'intéressent pas l'Occident autant que leurs affaires, SAUF quand brandir l'épuisement des peuples sert leur propagande de guerre (Afghanistan, Irak, etc.)

    Au passage :
    "En proposant d'exonérer de droits de succession 95 % des Français, une promesse réitérée, jeudi 24 mai, par le ministre des comptes publics, Nicolas Sarkozy avait plusieurs fois fait valoir, pendant la campagne présidentielle, que cette mesure concernait "les patrimoines petits et moyens". En réalité, du fait des abattements existants - un abattement global de 50 000 euros et des abattements individuels de 76 000 euros pour le conjoint survivant et de 50 000 euros par enfant -, les patrimoines petits et moyens sont déjà non imposables en France. Ce sont donc les patrimoines plus importants détenus par les ménages aisés - au sommet de la hiérarchie des revenus, 10 % d'entre eux détiennent 46 % du patrimoine - que vise le projet de M. Sarkozy." (lemonde.fr)

    Vive la modernité!

  • Il est parfois nécessaire d'influencer, voire de contrer certains pays contre d'autres. C'est cynique, parfois injuste, mais ceux qui critiquent ça de loin ont encore des leçons de politique à prendre. Pour autant, tous les pays ne sont pas concernés et aucune clique ne dicte pourtant sa conduite à l'Arabie Saoudite. Quant à défendre ses intérêts, je ne vois toujours pas où est le problème.

    Mais je crois que toi et moi avons dépassé notre seuil de compétence dans ces affaires.

  • "C'est cynique, parfois injuste, mais ceux qui critiquent ça de loin ont encore des leçons de politique à prendre."

    Et quant à ceux qui l'admettent de loin?

  • Il s'agit moins d'admettre que de constater et d'essayer de comprendre. Et moi, j'ai tendance à penser qu'il y a des maux nécessaires qui en évitent des pires. Pour autant, je n'en tire aucune conclusion, n'ayant ni la culture ni la compétence pour vraiment juger de ce qui se passe. Et je ne crois pas que vous l'avez vous aussi.

  • Je n'applaudis pas à la colonisation arabe. Depuis Poitiers et jusqu’au siège de Vienne ils ont été menaçants (enfin, à la fin c’était plutôt les Turcs). Je dis simplement qu’il est trop facile de les considérer comme moins que rien (attitude arrogante des Français d’Algérie) alors qu’ils avaient manifestement au Moyen-Age une culture raffinée.
    Il faut être juste en effet et il est clair que la France a apporté aussi quelque chose en Algérie. Mais fallait-il pour cela ce mépris, cette morgue perpétuelle, ces massacres et tout le reste ? La culture que l’on apporte n’est souvent qu’un prétexte pour se donner bonne conscience (même si l’apport est réel : construction de routes, d’hôpitaux…).

    1) On aurait pu l’apporter sans le reste
    2) La culture indigène a parfois du bon aussi, ce qu’on nie farouchement
    3) Une synthèse des deux, appropriée aux modes de vie et aux coutumes locaux serait préférable à l’imposition par la force d’une manière de faire extérieure, souvent inappropriée aux circonstances locales.

    Pour le reste Alfred a raison. La situation perdure. Avez-vous jamais entendu parler de Lumumba ? Assassiné par les colons belges parce qu’il voulait que les richesses du Congo (ex-Zaïre) profitent à la population noire et non aux Belges. Ensuite vint Mobutu, qui permit une mise à sac de ce pays qui possède les gisements miniers les plus riches au monde. A qui cela a-t-il profité selon vous ?

    Je prends volontairement un exemple non-français pour ne pas que vous vous sentiez concerné et que vous puissiez réfléchir sans parti pris.

    Et l’Amérique latine, il y aurait beaucoup à dire aussi, que je sache.

  • Ce que vous "croyez" ou ne croyez pas à mon sujet n'a guère d'importance - vous jugez d'après sept ou huit commentaires au ton très polémique (j'avançais en terrain ennemi).

    Vous avouez par contre - et c'est un aveu terrible - n'avoir la culture ni la compétence pour juger si oui ou non la politique extérieure des Etats dits développés est criminelle ou pas, et à quel point.

    A votre place, par souci d'honnêteté et de morale, je me refuserais dans ce cas à applaudir à quelque discours patriotique que ce soit.

  • Mon "aveu" vaut bien votre vanité vertueuse - qui ne dit rien de plus, celle-ci, que ses croyances à ses propres vertus conjuratoires. Et quand vous parlez de politique extérieure "criminelle", j'en conclus surtout que vous en connaissez encore moins que moi sur le sujet. Et à ce moment-là, le dialogue commence à m'ennuyer.

    Feuilly, vous mélangez tout. Le raffinement médiéval de la culture arabe n'a rien à voir avec l'Algérie de 1830 conquise par les Français et mon arrière-arrière-grand père. L'âge d'or arabo-musulman (ça je connais un peu) s'arrête, au regard de tous les spécialistes, autour du XVème siècle. Et ce n'est pas de la faute de l'Occident, pas plus qu'aujourd'hui, si la plupart de ces pays sombrent alors dans l'intégrisme.
    En Algérie, il eut vraiment des écoles, des hôpitaux, des routes, une administration et des autochtones complices avec la population. Alors oui, c'était objectivement une domination d'une nation sur une autre mais ça ce sont les vissiscitudes de l'histoire que voulez-vous, et je ne crois pas qu'on puisse refaire l'histoire avec des "on aurait pu". Par ailleurs, bien des témoignages vont dans le sens d'une paix civile entre colonisés et colonisateurs. Je peux vous en fournir, une partie de ma famille est Pied Noir. Ce qui me choque moi, ce n'est pas tant que l'on ait lâché l'Algérie (inévitable), ce sont les Harkis que l'on a abandonné à leur sort atroce.
    Quant au Tiers-Monde, comme l'écrit Pascal Bruckner dans La tyrannie de la repentance, "le coeur des ténèbres depuis un demi-siècle, ça n'est plus l'épopée coloniale, c'est l'Afrique indépendante, "ce cockail de désastres" comme la qualifiait pudiquement Kofi-Annan en 2001 : le règne meurtrier du Négus Rouge, Mengistu, les bouffonneries macabres d'un Amin Dada, d'un Sékou Toré ou d'un Bokassa, la démence d'un Samuel Doe et d'un Charles Taylor au Libéria, les diamants de sang d'un Foday Sankho au Sierra Léone, inventeur de la mutilation "short sleeve", au coude, et "long sleeve", à l'épaule, l'utilisation des enfants-soldats, des bambins tueurs, battus, drogués, les camps de détention, les viols collectifs, sans oublier le conflit interminable entre l'Ethiopie et l'Erythrée, les guerres civiles au Tchad, au Soudan, en Somalie, en Ouganda, en Côte d'Ivoire, les pratiques anthropophages au Congo, les crimes contre l'humanité au Darfour et , last but not least, le génocide du Rwanda et la guerre des Grands Lacs avec ses trois à quatre millions de victimes depuis 1998." Sauf l'Afrique du Sud après la fin de l'Aparteid, le Botswana qui comme les fameux dragons d'Asie se mirent au libéralisme et à la démocratie et s'en sortirent plus qu'honorablement, tout le reste de l'Afrique souffre de ses dirigeants irresponsables et sadiques et qui ne veulent surtout pas d'une ingérence dans leurs affaires criminelles.... Tant pis pour votre mythe adoré du néocolonialisme...

  • A moi, donc, les "incantations ringardes", forcément, et à vous bien sûr la modération, les certitudes nobles, le relativisme le plus raisonnable et la passion du vrai.
    C'est bien ça que vous voulez que le lecteur de ces commentaires retienne d'une lecture rapide?

    En réalité, vous faites mine d'oublier que j'ai parlé un peu plus "concrètement" de toutes ces choses que vous, et préférez naturellement vous en tenir à ce que votre dogmatisme de publicitaire veut faire passer pour un dialogue de sourds, où vous, bon joueur, défendiez noblement l'importance et le poids des intentions et des idéaux, tandis que, pour ma part, je n'aurais fait que développer religieusement ma vision "moisie" et d'une "bêtise hilarante" d'une France dont les dirigeants, je le pense, oui, devraient TOUS SANS EXCEPTION paraître devant une Cour pénale internationale pour les crimes qu'ils laissent faire, pour ceux qu'ils financent et pour ceux qu'ils commettent.

    Eh bien, arrêtons-nous là.

    Un dernier mot : vous avez été un très piètre interlocuteur. Et pour quelqu'un qui voulait cogner de "la gauche moisie" à la "récréation", rien au fond qu'un petit dragon en papier qui avoue ne rien savoir, n'entend rien de ce qu'on lui dit et refuse, égoïstement et vaniteusement, que la douleur des autres fasse un peu trembler sa main quand elle loue, par écrit, la superbe de chefs réellement, concrètement et parfaitement hypocrites et criminels.

  • J'ai dit mon dernier mot, mais j'ajoute simplement ceci, tiré d'un rapport du CVUH (lien sur mon nom) sur l'exploitation de références historiques par Sarkozy :

    "La REPENTANCE

    Il est clair que cette insistance sur la thématique nationale produit aussi un discours à forte teneur historique : la question de la repentance est de ce point de vue clairement identifiée dans le discours, comme une justification de la loi du 23 février, dont l’article 4 appelant à enseigner le “ rôle positif ” de la colonisation a sans doute été annulé dans les faits mais non dans les esprits. Le terme de “repentance” est employé en 15 occasions, ce qui ne saurait surprendre mais pose néanmoins quelques questions sur l’argumentation employée : précisons d’abord que la “repentance” n’appartient pas au domaine ni au langage de l’historien mais est le produit de l’usage public de l’histoire qui est fait par les politiques. Quel historien un tant soit peu sérieux pourrait prétendre – et qui a prétendu ? – que : “tous les Français dans les colonies [auraient été] des monstres et des exploiteurs ” ou que tous les Français étaient pétainistes ou encore que tous les Français furent antidreyfusards ? L’indignation du candidat politique se fonde ici sur une aberration historiographique particulièrement dangereuse puisqu’elle laisse à croire que certains auraient pu le dire. Ce qui n’empêche, au demeurant, que dans l’Algérie de 1954, le taux de mortalité infantile de la population “ musulmane ” se montait à 181‰ contre 46‰ pour la population “ européenne ”, que le salaire journalier moyen dans l’agriculture avoisine respectivement les 380 et 1000 francs de l’époque et que le taux de scolarisation dans le primaire était de 20% pour la population “ musulmane ” contre 100% pour la population “ européenne ” ; de la même manière qu’en 1940, une majorité de Français étaient pétainistes et qu’à l’automne 1897 ou durant l’année 1898, c’est une poignée d’intellectuels qui s’élève contre un mensonge d ‘Etat soutenu par une population majoritairement antidreyfusarde, du moins si l’on se fie aux analyses de la presse.

    MAI 68 : LE REPOUSSOIR

    Cette réécriture de l’histoire a évidemment un objectif assez grossier qui est d’en déposséder la gauche actuelle, celle qui, paradoxalement, après 1984, a pris un virage social-libéral et qui, sans doute à ce moment-là s’est éloignée d’un électorat populaire. Mais ce n’est pas là que Nicolas Sarkozy marque le tournant de la gauche. Pour lui, clairement, c’est mai 68. Là se situe un tournant conduisant, selon lui, à la négation des valeurs, du travail, de l’autorité, etc. L’insistance mise sur Mai 68 pour caractériser la gauche actuelle relève, là encore de l’escroquerie intellectuelle : est-il nécessaire d’insister ici sur la complexité de l’événement dans ses différentes phases étudiante, sociale, politique ; d’insister sur l’aspect problématique de ses inspirations marxistes. Jamais sans doute le fossé n’a semblé plus grand entre “ communistes orthodoxes ” et gauchistes (trotskistes, maos, etc.) : il semble assez difficile d’en faire le substrat idéologique de l’actuel Parti Socialiste.
    C’est surtout “ L’esprit de 1968 ” dont la saisie historique échappe à l’homme de pouvoir, qui ne cesserait de déstabiliser l’ordre existant. Quoiqu’on pense des événements de mai, dont l’écriture est encore en débat, le sens donné aujourd’hui par les hommes d’ordre comme Sarkozy ne porte pas sur l’interprétation des événements mais sur son “ esprit ”. Qu’est-ce à dire ? S’agit-il de l’esprit révolutionnaire ? Du besoin des “ gens ” de s’occuper des intérêts collectifs ? De la volonté des citoyens de prendre en charge leur part de souverain ? Ou, tout simplement, de la nécessité de renouer avec la démocratie en s’occupant du bien commun ? L’esprit critique, en effet, a sans aucun doute permis de croire que la victoire des idées, des partis, des forces en présence, n’était pas irréversible et que le parti vainqueur pouvait être le vaincu de demain. Mais en rappelant le souvenir de Maistre et de Bonald qui, en leur temps, ont jugé contre-nature la révolution de 1789 dont le déroulement avait dévié le cours normal de l’histoire, Nicolas Sarkozy signifie, de manière non équivoque, que ce qui est, est ce qui devait être. Comme si la pratique politique, échappant aux conflits, n’avait de sens que dans le respect de l’ordre “ naturel ” des choses et des hommes. Des inégalités, aux intelligences, la “ nature ” déterminerait l’organisation sociale. Là est le danger le plus grave pour notre démocratie.
    Et si les hommes sont ce qu’ils doivent être en fonction de leur patrimoine génétique, alors effectivement l’esprit de 1968 est dangereux, car il a permis, entre autres, de penser que l’inégalité entre hommes et femmes n’était ni dans la nature humaine, ni dans celle des sociétés. "

  • Bon, au lieu de répondre à mes documents, vous vous ramenez avec les vôtres. D'un comité de vigilance en plus ! Le genre de chose qui devrait vous faire fuir comme la peste.
    Et tout ça pour prouver que les pauvres étaient plus pauvres que les riches qui étaient plus riches qu'eux. Eh ! Personne n'a dit ici, et surtout pas moi, que la colonisation était quelque chose de juste et d'équitable. Nous parlions simplement des valeurs de gauche au nom duquel elle fut faite (droits de l'homme, démocratie et tout le toutim). Nous avons ensuite établi qu'elle n'avait rien à voir avec l'esclavage (ce qui vous mettait en rogne au début rappelez-vous) et que le néocolonialisme n'était qu'un mythe (là aussi, vous semblez l'avoir admis puisqu'aucune objection sérieuse est venue). Enfin, je disais peut-être avec un certain détachement coupable que l'histoire était tragique, et voilà que vous croyez me contrarier en me sortant vos chiffres mortifères (que bien entendu je ne conteste pas - même si cela m'intéresserait de savoir quel était le niveau social et économique de l'Algérie avant la colonisation, mais on ne peut pas tout vous demander n'est-ce pas ?). Je passe sur votre confusion à propos de la France pétainiste qui serait devenu gaulliste du jour au lendemain...
    A propos de l'esprit de 68, une chose : ce que Sarko remettait en cause en s'en prenant à celui-ci était moins la nouvelle liberté sexuelle et une certaine libération de la femme (car bien des choses sont encore à faire) que la manie du relativisme culturel, l'obsession dégénérée de l'égalitarisme, l'idée que tout se vaut sur le plan idéologique, politique et religieux, bref, tout ce qu'un Alain Finkielkraut a un jour appelé la défaite de la pensée. Maintenant, je vous le concède, l'affaire est compliquée et Sarko a voulu ici faire une polémique, consternante pour des gens comme vous, réjouissante pour des gens comme moi.

  • Je suis arrivé au bout de ces commentaires. Ouf!
    Décidément, je crois que la politique m'emmerde de plus en plus. Cette jouissance qui semble vous animer face au total triomphe sarkozien annoncé, ce nouveau monde sans contre-pouvoir et où l'argent va enfin pouvoir n'en faire qu'à sa guise, où le moindre député UDF pourra jouer les Roland Dumas, cette jouissance me laisse totalement perplexe tant elle me semble contradictoire avec ce que j'ai lu ici dans d'autres notes.

    J'ai aimé la phrase d'OrnythOrynque :

    "Ce sont les beaufs qui ont gagné contre les bobos". En même temps, on est tous le beauf de quelqu'un... Et le bobo aussi bien sûr. Nous sommes tous des bobeaufs."

    Là je suis d'accord. Les beaufs neufs vont renvoyer définitivement les vieux bobos de 68. M'étonnerait que celà rende ce pays plus agréable à vivre pour les exclus.

  • Eh oui, c'est toujours le danger lorsqu'on parle politique. Tout ce que vous avez dit avant sur vous, vos goûts, votre vie semble caduque et c'est votre écriture que l'on aimait tant qui se trouve discréditée !
    "Comment un type comme vous apparemment fin et sensible peut-il avoir voter Sarko et se réjouir aussi vulgairement de la victoire de ce dernier ?" On me l'a faite plusieurs fois, je dois dire.
    Enfin, j'espère que ce post ne vous aura quand même pas trop dégoûté des autres...

  • J'ai trop de bouteille pour ne pas savoir que le jeu politique n'est qu'un jeu. J'ai connu des idéalistes altruistes qui se comportaient à la maison en tyrans de la pire espèce et réciproquement des réacs à oeillères qui savaient être généreux.

    En plus en matière d'art et de littérature, le talent souffle où il veut et il se peut même qu'il soit un peu plus fort chez les réacs :-) Pas de discrédit donc sur votre écriture en ce qui me concerne.

  • Cassage de fesses. C'est un cassage de fion comme dirait Alfred. Feuilly n'est pas en reste. Vous l'avez explosé ce gros tas de Sarkozyste ! Mais malheureusement, ces heures de discussions passionnées ne servent à rien : Il est perdu pour toujours ! Il vote pour un nain et il se dit intelligent ! Ses arguments, tous, sont aussi foireux que le : "Travaillez plus pour gagner plus" putain de connerie, alors tu vas faire quoi, repousser les horaires d'ouverture de ton musé de l'horeur pour gagner plus de fric et acheter ainsi tous les livres de Sorman ! Cette époque aime trop le "très Laid", on a que des nains et des gros tas immmmmondes...
    Perdez pas votre temps sur cet organe de propagande neocons et venez plutôt comme le dit l'Ornito sur le site et Forum de Nabe, la Vérité y est debout encore et pour longtemps :

    http://www.desyeuxdesoreilles.com/lamachineacaca/machine1.htm

    Au fait : Ils sont où Génestar, Macé-Scaron,... Richard Attias baise-t-il toujours avec la première Dame de France (au sang pur et fier) et Sarkozy va-t-il reconnaître son fiston d'avec Fulda ? Baisent-ils toujours ensemble ou pas ? La polygamie n'est belle que si elle est présidentiellement présentable. Voilà votre modernité, les bacchanales antiques.

  • Pauvres fous, vous allez devoir supporter cet enfoiré durant 5 ans! ^^

    Et encore, si le nain s'était présenté durant un septennat...

    Ce qui me dérange?

    -J'aime pas sa gueule
    -"Anti-turc" (comme vous le dites vous même avec une connotation...qui aurait pu plaire à Le Pen), par ce que l'argument de l'asie mineur me fais chier
    -Contre le mariage homosexuel car Vices are not crimes, comme dirait Spooner.

    Sinon, il est marrant :D

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