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Genèse XV - Joseph et ses frères

 

Genèse 40 – 50

 

Finissons sur Joseph.

En prison, notre jeune héros se révèle maitre en interprétation des rêves.

Coup sur coup, il interprète avec exactitude les rêves (et avec eux les destins) de deux officiers de Pharaon emprisonnés comme lui.

Il a vu juste.

L'un sera pendu et l'autre libéré.

 

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Deux ans après, Pharaon lui-même fait un rêve étrange : dans celui-ci, il voit remonter du Nil sept vaches grasses, puis sept vaches maigres qui dévorent les premières.

Puis un autre du même acabit dans lequel sept épis grêles remplacent sept gros épis.

Aucun conseiller ne lisant correctement ses deux rêves, Pharaon désespère jusqu'à ce que l'officier libéré, qui a retrouvé sa place auprès de lui, se rappelle de Joseph, et organise une rencontre entre lui et son maître.

Comme il se doit, Joseph interprète juste : les deux rêves signifient qu'après sept années de prospérité vont succéder sept années de disette.

Autrement dit, on doit préparer des réserves tout de suite.

Saisi par la sagesse de Joseph, Pharaon fait de lui une sorte de premier ministre et grâce à la bonne économie de celui-ci, l'Egypte arrive à survivre pendant la disette.

Au pays de Canaan, touché lui aussi par la famine, les frères de Joseph, tourmentés par la faim, se décident à se rendre en Egypte pour se fournir en blé auprès de ce fameux premier ministre.

Joseph les reconnaît et leur dit qu'ils n'auront du blé que s'ils lui livre leur plus jeune frère, Benjamin (d'où le nom) - manière de leur rappeler l'ancien sacrifice qu'ils avaient fait de lui-même et de les punir symboliquement par là où ils ont péché.

Mortifiés, les frères rentrent chez leur père et lui exposent la situation.

Vu la violence de la famine, celui-ci se résout, la mort dans l'âme, à donner son fils au ministre.

Revenus en Egypte, les frères sont invités par Joseph à un banquet.

C'est là que lui ne peut plus se contenir ses larmes et qu'il se révèle à ses frères stupéfaits et tout aussi pleureurs.

La fratrie commence par le meurtre (Caïn et Abel) et se termine en réconciliation - et cette histoire de Joseph s'impose comme la première histoire véritablement humaine de la Bible, dans laquelle d'ailleurs Dieu est quasiment absent, comme s'Il laissait les hommes s'entr'aimer après s'être entretués.

L'humanité réconciliée est possible.

 

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L'épilogue est une happy end quasi total.

Jacob est ramené en Egypte et vit ses dernières années avec ses fils.

Avant de mourir, il bénit ces derniers, quoique prédisant à certains une existence pas facile - ainsi que les deux fils de Joseph, Ephraïm et Manassé.

Et c'est là que que l'épisode de la préférence paternelle a encore lieu, Jacob bénissant d'abord le cadet de la main droite puis l'ainé de la main gauche, ce qui déplait à leur père car ne respectant pas le droit d'ainesse.

Pourtant, c'est bien ce qu'a vécu Joseph lui-même lorsqu'il était enfant - cadet élu contre ses aînés.

Mais Jacob ne s'est pas trompé et lorsque son fils lui reproche son geste, il répond superbement :

« Je sais, mon fils, je sais : lui aussi [l'ainé, Manassé] deviendra un peuple, lui aussi sera grand. Pourtant, son cadet [Ephraïm] sera plus grand que lui, sa descendance deviendra une multitude de nations. »

Que le père qui fut privilégié enfant n'accepte pas que l'on privilégie son propre enfant (ou pas le bon), en voilà une sacrée de vérité filiale !

La vie est injuste, même la vie bonne - voilà ce que nous dit, verset après verset, la Parole de Dieu.

Et sur le plan familial autant que national.

Si Joseph mène une politique agraire prospère, « nourricière » comme dirait Thomas Mann, et qui profite à tous, il oblige néanmoins chacun à verser son impôt à Pharaon, ce dernier devenant plus puissant et indispensable qu'il ne l'a jamais été.

La sécurité des peuples va de pair avec leur servage. La prospérité dépend d'un état fort.

Telle est la politique de Joseph.

A son tour de mourir.

Ses frères se jettent à ses pieds autour de son lit, comme le première rêve l'avait prédit, et le supplient de leur pardonner.

« Ne craignez point, leur clame Joseph, vais-je me substituer à Dieu ?

LE MAL QUE VOUS AVIEZ DESSEIN DE ME FAIRE, LE DESSEIN DE DIEU L'A TOURNE EN BIEN,

afin d'accomplir ce qui se réalise aujourd'hui : sauver la vie à un peuple nombreux. »

Le mal au service du bien.

C'est peut-être cela la définition ultime de la foi.

 

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