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L'Empire du Bien a trouvé son nouveau chantre : Juan Asensio.

 

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Quand un spécialiste autoproclamé de Léon Bloy, Bernanos, Steiner, Muray, Dantec, Renaud Camus s’en prend subitement à…  Renaud Camus.


Il fallait le voir pour y croire, Juan Asensio, l’homme de toutes les polémiques et de tous les dangers, le blogueur redoutable qui a persuadé tant de gens depuis tant d’années qu’il était seul contre tous, « fauve christique » en guerre contre la corruption de la langue et la dégénérescence de l’esprit français, parangon de la vraie littérature affirmant sans relâche que la littérature française n’est plus qu’un cadavre, que la tradition a foutu le camp et que le génie national a démissionné depuis la signature du Traité Européen, il fallait le voir, l'Exigeant Critique qui a créé son blog « Stalker » à l’origine pour défendre becs et ongles Maurice Dantec à l’époque de l’affaire des identitaires, le Donissan survolté qui n’a jamais eu de mots assez durs (et parfois justes, quand on comprenait ce qu’il écrivait) contre le pouvoir médiatique et culturel honni, il fallait le voir, s’en prendre à Renaud Camus sur un plateau  de télévision qui n’attendait que ça pour crucifier, une fois de plus, l’auteur de Rannoch Moor.  Cela se passait le 13 novembre dernier chez Frédéric Taddéi, et c’était sa première télé (à partir de 8'40'').

Quelle misère ! On peut certes être en désaccord avec Renaud Camus et sa nostalgie surannée sinon fantasmée d’un âge d’or français dans lequel il n’était pas la peine, prétendait-il, d’avoir trois codes pour rentrer dans l’immeuble d’un ami et où l’on pouvait laisser sa bicyclette à l’entrée d’une maison sans craindre qu’une racaille ne vous la vole ; on peut trouver discutable sa théorie du  « Grand Remplacement » d’une population par une autre – encore que ce n’est pas tant le constat qui pose problème que le jugement décliniste porté sur celui-ci. Que le monde européen soit en mutation sociale, morale et ethnique, personne ne le contestera, pas même Juan Asensio et les autres invités présents ce soir-là sur le plateau - tous, François Baroin compris, s’empressant d’arborer, et pour faire bonne figure, une origine immigrée de fortune. Parce que voilà, le péché irrémissible, à notre époque post-moderne, c’est d’apparaître seulement souchien, et le pire, sans en avoir honte. Malheur à celui qui se croit encore au XIII ème siècle même d’un point de vue littéraire ! Sus au charme anachronique de Renaud Camus et de ses Regrets qu’il faut absolument faire passer comme des « thèses loufoques et dangereuses » ! No pasaran ! Lynchage obligatoire ! Pas de quartiers ! Haro ! Haro ! Car si être en désaccord avec un auteur (avec lequel on partage tout de même pas mal de points de vue, notamment sur la perte de la langue et du sens - Camus et Asensio ayant tenu là-dessus exactement les mêmes propos) est une chose, le sacrifier une énième fois au vu et au su de tout le monde en est une autre. Juan Asensio avait-il vraiment besoin de faire son Elie Sémoun ce soir-là ? Il faut croire que oui. 

Grand bien lui fasse ! Après tout, personne ne lui reprochera de s’être découvert une conscience d’antiraciste vigilant, et de se révéler, à l’instar de Pierre Marcelle ou de Pierre Assouline, tous ces gens qu’il n’a cessé de vilipender dans ses colonnes avec la violence que l’on sait, la nouvelle belle âme du moment. Au moins les rôles auront été redistribués jusqu’au bout : d’un côté les sacrificateurs perpétuels qui pensent tellement bien, avec Juan Asensio en très efficace chef de meute ; de l’autre, le sacrifié permanent qui pense tellement mal,  Renaud Camus, véritable écrivain s’il en est, et de fait véritable seul contre tous. Et c'est lui que Juan Asensio traite de lâche narcissique.

Il est vrai que Juan Asensio, spécialiste en démonologie, sait ce que c’est que vendre son âme au diable. Et d’une certaine façon, on peut le comprendre de vouloir se payer une purge salutaire quant à sa réputation d’enragé du net et d’apparaître comme l’humaniste de service (tout en se référant à Philippe Muray en début d’intervention – quel Keyser Söse, vraiment !). Se faire publiquement féliciter par Colombe Schneck pour ses propos antinazis puis se faire stigmatiser dès le lendemain comme nouveau progressiste de choc et par là-même nouvel ennemi à abattre par tous les sites d’extrême droite est sans doute la chose la plus douce qui pouvait lui arriver médiatiquement – lui qui jusqu’à présent n’était intervenu que dans l’émission de Paul-Marie Couteaux sur Radio Courtoisie en février 2007, émission consacrée d’ailleurs à Philippe Muray et dans laquelle notre néo Léon Bloy bavardait tranquillement avec Basile de Koch, Elisabeth Lévy… et Renaud Camus.

On saluera alors le merveilleux courage que Juan Asensio eut dans Ce soir ou jamais de porter le coup de grâce à un écrivain dit infréquentable - lui qui naguère avait dirigé précisément un ouvrage en l’honneur de tous les écrivains infréquentables, dont Renaud Camus lui-même. Mais comment le blâmer ? Il faut bien vivre. Et l’auteur de la si bien nommée quoique si mal écrite Chanson d'amour de Judas Iscariote a révélé qu’il pouvait confondre son monde en se confondant avec son personnage dans un tour de chant qui fera à coup sûr des émules chez les sourds et les mutins de panurge. Chapeau l’artiste !



ADDENDUM :

Que d'efforts, de lignes et de sueur pour faire oublier à tout prix les anciennes camuseries de Juan Asensio ! On dût subir d'abord une très dorcellienne, quoique très attendue, surréaction de la part de ce dernier sur son blog et dans laquelle, entre autre déclaration d'amour qu'il espère que je lui ferais un jour (la façon dont ce garçon fantasme depuis huit ans sur le fait que je pourrais être amoureux de lui a quelque chose d'effrayant), il m'attaquait sur des choses pour lui aussi fondamentales que mon nom, mon identité, ma profession, ma personne, ma profession, mon identité, ma personne, mon nom, mon identité, ma personne, ma profession, mon nom, ma personne, ma personne, mon identité, ma profession, mais hélas en restant muet sur le fond de l'affaire, soient ses anciennes défenses de Renaud Camus (pour ne pas parler d'Eric Zemmour dont il couronna naguère la "Mélancolie française" - et je dis bien "naguère" car tout a bien changé) ou si confus que même à la deuxième lecture, je ne savais plus moi-même s'il était bernanosien ou antibernanosien.

Mais comme il devait sans doute considérer que ce n'était pas lui, Grand d'Espagne, à ferrailler avec un gueux comme moi, il m'envoya une de ses plus fidèles amazones, Elisabeth Bart, chargée de prouver, Heidegger à l'appui, que Juan Asensio n'avait décidément rien à voir avec ce dont on l'accusait, y compris ses anciennes publications, et que tous ceux qui disaient ça n'étaient rien que des cochons, nananère !

Entre temps, un exécuteur des hautes oeuvres venait d'accomplir son chef-d'oeuvre :

JUAN ASENSIO, GARCON COIFFEUR, par Ygor Yanka

http://adenaline1431.blogspot.fr/2012/11/juan-asensio-garcon-coiffeur.html?spref=fb


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Commentaires

  • Je n'ai jamais lu Renaud Camus et ses thèses quelque peu fumeuses me semblent empreintes, pour le moins, d'une nostalgie effectivement fantasmée.

    Cela dit, je déteste le tous contre un, ce lynchage collectif médiatique. De fait, j'aurais envie de défendre ce vieux réac face à cette meute de bien-pensants insupportables.
    Colombe Schneck est particulièrement exaspérante et Asensio transpire la suffisance.
    Une belle bande de puants.

  • Cher Polydamas, vous comprendrez que je ne peux pas mettre en ligne votre commentaire, mais il m'a bien fait rire.

  • Il est possible que l'une des origines du jugement nuancé de JA sur RC soit ceci : http://vehesse.free.fr/dotclear/index.php?2011/06/26/1611-comment-naissent-les-opinions-juan-asensio-un-cas-d-ecole

  • C'est tout à fait normal, cher Pierre, vous êtes maître chez vous, d'autant que je sais que les relations ont pu être assez houleuses par le passé avec le Stalker.

  • cette entrevue au salon littéraire c'est didier bourdon face à bernard campan
    on imagine pascal légitimus en voix off dans le paragraphe introductif

  • Et le Prix du Livre Incorrect attribué à Eric Zemmour pour Mélancolie française en 2010, c'était pas lui non plus ?(voir sa fiche wikipédia). Quelle misère, comme vous dites.

  • Ah flûte, je l'avais oublié celui-ci. Merci. Je dois d'ailleurs avoir oublié un milliard de trucs concernant ses incohérences, surtout à propos de Renaud Camus. Et comme il doit être là, je le suppose, en train de "réécrire" tous ses textes "politiques", et cela afin de les "dé-rétroactiver" si j'ose dire, au risque de les rendre encore plus illisibles, cela va ajouter de la confusion à la confusion, sa grande spécialité. Quel boulot cela doit être, n'empêche !

  • Avant qu'Asensio réécrive ses textes politiques, comme a sans doute raison de le supposer Montalte, il faut tout de même consigner les faits.

    Dans son post "Renaud Camus dans la zone" (enfin, dans sa mouture d'hier, qui a beaucoup changé depuis avril et qui a peut-être encore changé aujourd'hui), il se moque de ceux qui n'ont pas vu, dès le départ, où menaient les idées de Renaud Camus: "Car enfin, elles sont anciennes pour le moins, les analyses de Renaud Camus sur ce qu'il appelle le Grand Remplacement…"
    Et il évoque son "dégoût (le mot n'est pas trop fort) […] à l'endroit des idées politiques de Renaud Camus".
    Et il précise:
    "J'ai découvert Renaud Camus assez tardivement […], et ce sont ses réflexions sur le langage et elles seules que j'ai trouvé pertinentes."
    Il dit bien: "elles seules".

    Il mériterait le Prix du culot 2012.

    Car il suffit de lire son article sur "Le Communisme du XXIe siècle de Renaud Camus". Pour le moment (enfin, hier), il n'a pas encore fait disparaître de son site ce texte compromettant, dont la version originale est certainement conservée par les Pdf de ses admirateurs.

    "Le Communisme du XXIe siècle", c'est justement un des livres purement politiques de Camus; la critique de l'antiracisme y occupe une grande place. Toutes les idées politiques de Renaud Camus y sont exposées et développées.

    Or, que disait Asensio?
    "Qu'il me soit donc permis d'écrire que je suis parfaitement d'accord avec chacun des quatre textes réunis dans ce volume édité par Xenia (dans la collection Franchises), intitulé Le Communisme du XXIe siècle et chacune des lignes de ces textes, qui me paraissent d'un bon sens ne souffrant que la mauvaise foi, celle que les contempteurs de ce petit ouvrage ne manqueront pas de faire valoir pour accompagner leurs critiques forcément outrées."

    Passons sur la maladresse du style (notons cependant le pataquès: les contempteurs de l'ouvrage "feront valoir leur mauvaise foi", autrement dit la souligneront, se dénonçant ainsi eux-mêmes!!!!).

    On a bien lu: "d'accord avec chacune des lignes".
    On a bien lu: les "contempteurs de ce petit ouvrage", avec "leurs critiques outrées", sont de "mauvaise foi".

    Asensio était d'accord avec "chacune des lignes" d'un livre dont, dit-il, il a toujours jugé les analyses "loufoques et dangereuses".

    Chapeau l'artiste, en effet.

  • En même temps, on ne peut pas en vouloir au Stalker de ne pas se relire...

  • Et voici encore la citation que faisait Asensio du même livre de Camus (exergue de son article) :
    «Au lieu que l'antiracisme se définisse par rapport à quelque chose de stable et de préexistant, de moralement et intellectuellement bien circonscrit dont il serait si l'on ose dire l'“antité”, c'est le racisme, au contraire, qui est défini par rapport à l'antiracisme et par ses soins – est raciste, aussitôt, tout ce dont l'antiracisme décide que ce l'est, à commencer bien sûr par tout ce qui se permet de contester son pouvoir.»
    Renaud Camus, Le Communisme du XXIe siècle.
    http://www.juanasensio.com/archive/2007/03/03/le-communisme-du-xxie-siecle-de-renaud-camus.html (état au 25/11/2012, 18h...)
    La déception qu'on éprouve devant Asensio est à l'image de son retournement de veste hallucinant : abyssale.
    Je dois reconnaître que j'avais pu du temps de la querelle des infréquentables trouver du crédit à Juan Asensio, même si ses propos étaient insultants et grossiers : mais je me disais que c'était un peu un Georges, qui saute sur tout ce qui bouge avec vulgarité dès qu'il n'est pas d'accord mais en même temps a quelque chose à dire. Mais en fait, même pas : Asensio n'aima plus RC au moment même où RC ne l'a plus soutenu face à VS et cie. Cela crève les yeux à un tel point qu'on se demande comment l'intéressé peut encore se regarder dans la glace...
    Quand on pense qu'il écrit "honte aux lecteurs de Renaud Camus"... Honte à Asensio. Honte, honte, honte.

  • Je l'aime beaucoup Juan Asensio, sans être groupie.

    J'aime son côté poète et maudit et solitaire, au-dessus de ce vaste monde d'où il conchie tous ceux qui sont imperméables à l'exaltation des grands sentiments.

    J'aime beaucoup aussi le jour où il a écrit un truc complètement magnifique du genre : "quand on fait un bout de route avec une femme on part en voyage". Pire, j'ai adoré cela. C'était écrit mieux bien sûr, pudique, discret, retenu, puissant, peu loquace. Je me suis dit, un qui connaît la femme. Enfin ! Ciel...(wouarf)

    Sur Camus le second, se faire baiser par un maghrébin à la pilosité encore enfantine et écrire des pamphlets contre les antiracistes, c'est culotté : y'a pas meilleur moyen d'être altermondialiste que de mêler ses poils pubiens et d'outre-part. Alors sur le plan de la contradiction, on ne peut guère le battre.

    Sur le doc. que vous proposez montalte, je l'ai trouvé pâlichon, moins beau que sur les photos de lui sur son blog, comme un mec à Houlgate qui resterait enfermé à écrire ; l'air marin diantre, le sel, les embruns et le reste ! Dehors, du vent !

    Pour conclure, les hommes, donc, sont aussi langues de pute. Bien ; les lignes bougent, cela me ravit.

  • La grande force d'Asensio, et contre laquelle il faut bien avouer qu'on ne peut rien, est qu'il sait fondamentalement qu'on ne le lit jamais jusqu'au bout - et que ses supporters sont des sourds-aveugles sensibles seulement à ce qu'ils imaginent être les "intentions" de l'auteur. Il peut alors dire n'importe quoi en une bouillie illisible comme dans sa dernière note, sorte de réponse à mon aimable post, si j'ai bien compris, l'intention est là, ça suffit, tout le monde est content.

    Le seul truc qui me fait tiquer dans cet indigeste gloubiboulga (infernalement long !!!), c'est quand il écrit que je n'aime pas mon métier de gardien de musée. Où a-t-il cru lire ça ? Certainement pas dans ma "Tête à Toto" qu'il met pourtant en lien, et dans laquelle j'exposais les fantaisies du métier. La vérité, et que je passe ma vie à répéter, est que bien au contraire, j'adore être gardien de musée. C'est même la meilleure chose qui soit arrivée dans ma vie. Orsay m'a réellement sauvé. J'aime y aller, j'aime faire ce travail, j'aime ronder avec ou sans collègues, et je crois que la direction me le rend bien. Et je rends grâce à Dieu chaque jour de m'avoir permis d'être devenu fonctionnaire et employé dans cette maison-là. Et voilà que l'autre comprend tout de travers. C'est à désespérer. Pour moi, c'est comme s'il disait : "Pierre-Antoine Rey dont on sait qu'il surchia sur Amélie Nothomb, Stanley Kubrick, Nice, Pierre-Antoine Rey, disais-je avant d'être interrompu par moi-même, Pierre-Antoine Rey, donc, ennemi déclaré depuis toujours de Chesterton, Simone Weil, Renaud Camus - ah non, merde, ça c'est moi !... Enfin, je crois... - Pierre-Antoine Rey, triple donc, ...." Impayable Trollax ! Je crois aussi qu'il se prend les pieds dans son procès, mais ce n'est pas à moi de le rectifier là-dessus [ajout du 29/11 : il vient lui-même de rectifier et il a eu raison.]

    A part ça, comment lui en vouloir ? Il fait ma publicité, raconte toute ma vie, vante mes mérites, cite mes textes, parle de mes goûts, expose mes faiblesses (m'humanisant par là-même), m'innocente sur tous les points, s'accuse comme d'habitude de tout ce qu'il m'accuse, mime tout ce qu'il peut mimer - et à la fin, drague même pour moi. Non, je vais finir par lui envoyer un don, je crois, au cher vieux...

  • "Plus on écrit, moins on pense." (Paul Valéry)

  • Prétendre comme Asensio que RC n'a jamais écrit sur la Shoah est un comble : voir ses écrits sur la peinture. Asensio est le cuistre des cuistres !

  • Nos deux compères, auraient dû n'adresser leurs savantes analyses qu'à Hollywood, S.Guitry, Bernanos , McCarthy et laisser en paix Nietzsche, S.Weil, A.Tarkovsky, G.Steiner, les noms que ne devraient aborder que les gens disposant d'un minimum de goût, de jugeote, de talent.
    Montalte, évidemment, a un atout – un tempérament, une saine part d'imprévisible et d'incontrôlable.
    Chez l'autre, tout est pré-programmé : une monotonie vitupérante. L'ennui des résignés systématiques n'a d'égal que l'ennui des révoltés systématiques.
    A celui qui claironne :
    « Auschwitz constitue, au sens astrophysique, des singularités » ou :
    « je serai du côté des humiliés, je chercherai à comprendre l'ordure »,
    on a envie d'emboîter le pas :
    « Clochemerle, au sens neuro-physiologique, se décompose en trou noir » ou
    « j'étais du côté des bons-vivants, je languissais de comprendre la Bourse ».

  • Oui, Juan Asensio est un cuistre, qui dissèque avec des outils rouillés des livres qu'il ne lit qu'avec ressentiment. Ce qui me sidère quant à moi, c'est que son lectorat ne prenne pas la pleine mesure de sa bassesse (et de sa cuistrerie) quand est publiée une note comme celle qu'il vient de consacrer à Pierre Cormary. C'est bien cela qui est pathétique !

  • Et pour finir, pourquoi attaque-t-il Daoud Boughezala sur le fait qu'il apprécie Alain de Benoist (comme si cela suffisait à le disqualifier ou à le soupçonner de je ne sais quoi) quand lui-même se vante d'avoir été interrogé dans Eléments ???

    Par ailleurs, ses petites sorties contre Jérôme Leroy pour donner l'impression qu'il est dans le secret se retourne contre lui : Florentin Piffard n'est nullement un avatar de celui-ci. encore raté !

  • Vous savez, Jean Manguin, que l'incohérence est la marque insigne d'Asensio (et qui en même temps fait sa force, ses non-lecteurs n'y voyant que du feu, comme il le sait lui-même). On ne compte plus ses volte-face ou ses contradictions (parfois à l'intérieur d'un même texte, sinon d'une même phrase) et dont la plus belle aura été quand même un jour d'écrire que j'aurais pu mériter une "fatwa" pour avoir commis un texte intitulé "Islam facial" :

    ["(Rey n'aime pas le voile, c'est un fait; il le déteste même, comme le montre cette note répugnante, qui aurait pu valoir fatwa à celui qui en est l'auteur)" http://www.juanasensio.com/archive/2011/01/27/fantasmes-obsessionnels-renaud-camus-jean-yves-pranchere.html]

    ce qui, en dehors même d'une certaine ignominie de procédé (mais après tout, s'il tient tant que ça à me détruire, tous les moyens sont bons, même celui-là !) est assez singulier de la part d'un type qui un jour blâmait très justement Tecknikart d'avoir écrit que Maurice Dantec méritait une fatwa pour ses déclarations :

    http://www.juanasensio.com/archive/2007/02/18/technikart-du-gout-de-la-mediocrite-a-celui-du-crime-par-jea.html

    Là, notre Chevalier Blanc était tout indigné qu'un journal ose recourir à ce qui n'était rien d'autre, et il avait bien raison de le souligner, qu'un appel au meurtre. Il faut croire qu'il m'en veut réellement pour user après, même dans un cadre aussi minimaliste et donc peu offensif de blogs, du même "argument".

    Pas mal non plus le soupçon qu'il distille quand il écrit, toujours dans sa dernière note, que je défendrais systématiquement les pédophiles :

    "Je sais que Pierre-Antoine Rey est un pseudo-écrivant aimant la vulgarité, la pornographie, défendant des personnes accusées d'accointances pédophiles, célébrant l'alcool, insultant l'Islam"

    parce qu'en effet j'avais pris partie pour Roman Polanski dans la fameuse affaire et que je suis lecteur de Matzneff - tout comme lui d'ailleurs. Matzneff qu'il invita naguère à écrire un texte sur Boutang dans sa "zone" et qu'il traita en "hôte" respectable avant de le dégommer quelque temps plus tard et avec de grands airs de dégoûté. Tel est le dispositif asensiesque : prendre en otage les gens, et après s'être bien brouillé avec eux (combien de ses amis sont devenus les miens, alors que la réciproque n'est pas vraie), leur rappeler comment ils avaient écrit chez lui - la chance de leur vie ! - et comment ils le remerciaient maintenant, bande d'ingrats !

    Quant à la symétrie mimétique qu'il veut absolument opérer entre nous, la pseudo lettre d'amour que je suis censé lui écrire dans sa note (quel fantasme il a, mon Dieu, c'en est presque gênant), l'usage incroyable qu'il fait de mon méchant petit poème sadomaso que j'avais honteusement commis dans le temps pour une femme que j'aimais et qu'il prend pour lui (!!!!!), comme si ça lui était adressé, comme s'il s'était pâmé dessus, j'avoue que les bras m'en tombent, et qu'à ce moment-là, oui, j'ai un peu peur.

    Et en plus, le destin a voulu qu'on se croise dans le métro il y a quinze jours ! Et lui a cru voir dans mon attitude un recul, une imploration, un "pouce", alors que j'étais précisément en train de préparer mon post sur sa performance télévisuelle. Alors, c'est vrai que cette rencontre bizarre et son inoubliable regard bovin m'ont fait sourire.

  • Oui, c'en est gênant en effet. Comment croire à Onfray (contre Freud) quand on lit de telles projections, de tels dénis et de tels désirs !

    Je crois que vous avez tapé juste avec la référence à Muray car enfin, dans ce qu'il vous reproche, il y a tout ce que l'Empire du Bien réprouve dans son délire hygiéniste et fraternitaire. De l'alcool à l'Islam, vous n'êtes vraiment pas comme il faut...

  • A bien lire tous les textes relatifs à cette polémique, il semble EVIDENT que l'attitude de Juan Asensio relève d'une volte-face concernant Renaud Camus. Comment ne pas voir que la critique camusienne du déclin du langage a PARTIE LIEE avec le grand remplacement d'un peuple par plusieurs autres ? C'est se moquer du monde, en outre, que de traiter Renaud Camus de raciste et encore d'antisémite ! On dirait que Juan Asensio n'a pas lu "Du sens"... On peut ne pas être d'accord avec Camus, c'est tout à fait respectable. Mais aller l'insulter comme ça, avec des mêmes mots employés malhonnêtement durant l'"Affaire Camus", est profondément déshonorant. Si Camus était antisémite, comment aurait-il encore pour interlocuteur Alain Finkielkraut ? Ridicule. Juan Asensio déteste Camus pour des raisons UNIQUEMENT PERSONNELLES qu'il masque derrière des considérations pseudo-politiques à l'emporte-pièce qui ne prouvent que sa haine. Mais ce n'est pas parce Renaud Camus n'est pas exactement in-nocent (il est même assez peu chaleureux...) qu'il faut l'accabler ainsi. Asensio à ce propos mélange tout : propos d'un auteur et personne de l'auteur, avec en plus des insultes sur le physique, absolument dégradantes, non pour vous, Montalte, mais pour leur auteur.

  • Les insultes dégradantes, le rabaissement acharné (quoiqu'amoureux - après tout, ce qui ressort de ce texte d'Asensio est qu'il rêve que je sois amoureux de lui !) de l'adversaire, et cette façon incroyable de rappeler ma vie à tout bout de champ comme si je devais en être coupable, peuvent relever de ce que Deleuze appelait le microfascisme.

    Car quand on lit bien ce texte (si tenté qu'on en ait le courage et je ne pense pas que ses lecteurs l'aient eu tant il est indigeste - ces derniers se seront sans doute contentés de liker juste pour se donner bonne conscience et faire bonne figure auprès d'un gourou qui les oblige à le vénérer sous peine de sanction et de bannissement immédiat), il apparaît à la fois comme un gigantesque procès d'intention (que je suis nul, lâche et infect - et tous mes amis aussi), avec tout de même de vrais tentatives d'intimidation (le coup de l'islam et de la pédophilie comme on l'a vu et qui relève d'un pur instinct de "chasse" au sens vinterbergien du terme) mais aussi comme une stigmatisation entière de ma personne et de mon identité sociale - et c'est là qu'il y a quelque chose qui cloche.

    Dans sa diatribe, Asensio insiste à plusieurs reprises sur mon statut de gardien de musée à Orsay, statut dont je ne me suis en effet jamais caché (j'ai même participé en tant que tel à un film documentaire intitulé Les Français et dans lequel j'apparaissais une minute et des poussières) mais parce que tout simplement je considérais qu'il n'y a avait là aucun danger à le faire et encore moins de honte à l'être. Mais quand lui convoque cette part non négligeable de ma vie, on dirait qu'il m'accuse. "Gardien de musée, gardien de musée, Pierre-Antoine Rey est gardien de musée, et à Orsay, Orsay, ORSAY, O ! R ! S ! A ! Y !!!!" Oui, Juan, et alors ? Qu'est-ce que tu veux prouver ? Quel rapport surtout avec mon post sur toi ? Moi, j'écris un article sur ce que je pense de ta performance télévisuelle chez Taddéi et toi tu viens me parler du musée d'Orsay où j'officie depuis onze ans - et comme si tu voulais m'humilier ou me confondre. Qu'est-ce qui me "confond" ou m' "humilie" là-dedans, explique-moi ?

    De même ce qu'il appelle "mes orientations sexuelles" et qui ont l'air de le dégoûter autant que de le fasciner puisque dès qu'il parle de moi, il parle immanquablement de celles-ci. Là aussi, je ne vois pas très bien où est le crime d'être plus ou moins sensible à certaines Vénus à la fourrure ou belles Wandas cocassement autoritaires (après tout, nous sommes en 2012 et plein de livres, de films ont largement amorti le terrain), mais lui, non, pas du tout, rien n'a été amorti chez ce pauvre garçon, et le voilà qui surréagit comme une virago puritaine outrée et me ressort ça avec la volonté de m'insulter, de me faire honte à tout prix, de bien montrer à ses lecteurs quel horrible tordu je suis. Mais là aussi, quel rapport avec ce que j'ai écrit sur lui ? Quel rapport entre mon post qui ne traite que de sa nouvelle médiatisation et de son Grand Retournement qu'à l'instar de beaucoup d'autres j'ai vu et son post à lui dans lequel il ne fait que parler personnellement de moi ? Qu'est-ce que mes "orientations sexuelles" (déduites à partir d'études que j'ai faites de Sade et de Masoch) viennent faire là-dedans et surtout que voudrait-il qu'elles "prouvent" contre moi ?

    Il est vrai que pour Juan Asensio, la sexualité des uns et des autres a toujours été une façon de "démontrer" leur infamie. Preuve la manière dont il évoque aussi l'homosexualité de Renaud Camus. Certes, ce dernier ne se cache nullement de celle-ci et l'expose avec un égotisme littéraire totalement assumé. Sauf que lorsqu'Asensio écrit sur Camus, il écrit immédiatement "homosexuel" et à la fin on se demande si "homosexuel" n'est pas sous sa plume une insulte.

    Jean Panguin le notait avec raison un peu plus haut : Juan Asensio réagit comme un hygiéniste qui ne trouve rien de mieux quand il veut la peau de quelqu'un que de rappeler ce qu'il imagine être ses tares : la sexualité, le goût (supposé) pour la pornographie ou celui (avéré) pour l'alcool (heureusement que je ne suis pas hashischin, qu'est-ce que j'aurais pris dans la gueule !), l'égotisme, le statut social et professionnel, et bien sûr l'emploi du pseudonyme qui pour lui est la marque de la dernière lâcheté - un comble quand on sait qu'il a précisément été condamné en partie pour cela en novembre dernier, et au pénal s'il vous plaît, dans le cadre d'une plainte déposée contre lui concernant l'intrusion dans un STAD ("système de traitement automatisé de données") et la violation du caractère privé de la correspondance. La condamnation (plutôt lourde) est en appel pour le moment, et "Hélène Ribeira" (c'était en effet un de ses trois pseudos) continue de tourner en rond dans la salle des pas perdus.

    [Pour ceux qui voudraient le détail juridique de l'affaire, tout est ici : http://vehesse.free.fr/dotclear/index.php?2011/11/19/1680-procedure-penale-juan-asensio-reconnu-coupable]

    Telles sont donc les méthodes de Juan Asensio : faire honte à tout prix, vous ressortir toute votre vie comme si c'était une saloperie (et sous prétexte que vous avez osé en parler de temps en temps), tenter de vous culpabiliser de vos moindres faits et gestes, vous rendre abject à vos propres yeux et à ceux des autres, et cela en martelant dix mille fois la même chose, la quantité étant finalement bien plus efficace que la qualité pour "convaincre" des sbires qui vous lisent à moitié et préfèrent vous croire sur parole (parce que, hein, vous pourriez aussi vous retourner contre eux) - voilà le microfascisme à l'oeuvre.

    "Qu'y a-t-il pour toi de plus humain ? Epargner la honte à quelqu'un", écrivait magnifiquement cet homme vraiment libre qu'était Nietzsche dans Le Gai Savoir. Il semble que Juan Asensio ait juré de se conduire toute sa vie à l'opposé de ce credo.

    Bien entendu, disant cela, je ne le prends pas pour moi. Je n'ai nullement honte de ma vie et de mon être, et pour dire les choses clairement, j'emmerde Juan Asensio, ses angoisses mondaines, son puritanisme glauque et son effrayante envie d'être aimé de moi.

  • Ni l'un ni l'autre, ils ne savent lire Nietzsche.
    Nietzsche est un artiste et nullement un moraliste.
    Ses métaphores sont sublimes, ses idées sont presque inexistantes.

    "Je n'ai nullement honte de ma vie" - quel genre d'homme le dit ? - tout bonhomme, mais aucun bon artiste.

    La honte marque et la vie et l'art de Nietzsche : "Scham gebeut sich der Edle vor allem Leidenden" - "L'homme noble s'impose la honte devant tout ce qui souffre".

    L'estime de soi, la volonté indéfectible de sa suffisance – les vertus le plus en vogue, dans cette société sans honte, qui suivit le conseil perfide de Nietzsche : "épargner à quelqu'un une honte – le plus humain des gestes" - "das Menschlichste : jemandem Scham ersparen". Heureusement, ce n'est ni dans l'humain ni dans le geste qu'il place ses extases, mais dans le surhumain (le trop humain) et dans l'imaginaire.

  • Ah Scythe, commencez pas, vous... La situation est déjà suffisamment compliquée comme ça, hein...

    (Je me moque des lecteurs d'Asensio et moi en guise de lecteur, j'ai Scythe, putain... Ca devient trop déséquilibré à la fin !!)

  • Ah, Montalte, je vous (pluriel) préférais unis, face à moi ! Deux gesticulations d'énergumènes : un ironique, ravagé par la platitude du goût, et un hystérique, dont la platitude de la plume est l'élément même ...
    De l'ironie, cher Montalte, de l'ironie. "La grossièreté aura raison de tout argument, de tout savoir, de toute droiture" - Schiller.
    Vos joutes judiciaires avec un imbécile me rappellent les procès en plagiat que votre amie, A.Reyes, intentait contre ses semblables.
    Rester au-dessus de la mêlée est une arme plus rare et ... plus sûre.

  • Est-on un "homme libre" quand on est cerné de groupies que l'on prend bien soin de faire marcher droit ? (cf le nouveau texte chez lui, signé Elisabeth Bart, d'une mauvaise foi assez impressionnante !)

  • Chez lui ? Pas sur son blog, en tous cas. Sans doute sur son mur FB, mais là, je n'y ai pas accès.

  • Ah, il l'a retiré dans ce cas... Pour d'ultimes corrections sans doute. Voici l'adresse : http://www.juanasensio.com/archive/2012/11/27/la-langue-des-cochons-pierre-antoine-rey-elisabeth-bart.html

  • M'envoyer Elisabeth Bart, à moi !!! Non, il se fout vraiment de ma gueule, là...

    Pfff, va falloir que je me tape la Bart, maintenant. Je ne sais même plus à quoi elle ressemble, c'est la misère. Enfin, je l'attends de pied (de cochon) ferme.

  • Bon, alors, ils le mettent leur texte oui ou merde ? Allez, quoi ? Hardi les gonzes ! Pousse, Elisabeth ! Moi, j'ai une soirée tout à l'heure, pas que ça à foutre d'attendre une resucée de Maldoror....

  • En attendant qu'ils se décident, un texte à lire absolument et qui résume admirablement huit ans de pathologie : http://adenaline1431.blogspot.be/2012/11/juan-asensio-garcon-coiffeur.html#more

  • >Mais quand lui convoque cette part non négligeable de ma vie, on dirait qu'il m'accuse. "Gardien de musée, gardien de musée, Pierre-Antoine Rey est gardien de musée, et à Orsay, Orsay, ORSAY, O ! R ! S ! A ! Y !!!!"

    Il doit t'envier l'intimité des grands maîtres (quelqu'un qui peut voir à satiété certains des tableaux les plus connus au monde…)

    Ou alors, on découvrira un jour qu'il a raté le concours de conservateur, ou qu'il était gardien de musée local pendant ses vacances d'étudiant: c'est ce que je déduis quand je rapproche son ton hautement méprisant pour ma fonction de "documentaliste" des fonctions chez D*** qu'il décrit dans son profil linkedln: pas si éloignées, ma foi.

  • Pas très réjouissant de lire toute cette méta littérature de petits coqs de la critique faisandée. Et en ce qui vous concerne, votre naturel nous apparaît beaucoup plus revigorant que les sempiternels remâchages de celui qui nous resasse jusqu'à la nausée le parrainage de trois ou quatre écrivains dont la qualité universelle n'a pas tout à fait obtenue des preuves intangibles de complète qualité. Le délayage littérateur apparaitra, apparait déjà comme les scories d'une bien petite flamme. Tout ce ramdam, petit et strident concert de flûte finira en mauvais café-concert pour le meilleur, dans un anonyme bureau de conseiller éditorial chez galligrasseuil pour le pire!

  • Elle, elle est restée celle du livre, petite, maigre, hardie, difficile à attraper le sens, difficile à dire qui c'est, moins belle qu'il n'en paraît, pauvre, fille de pauvres, ancêtres pauvres, fermiers, cordonniers, première en français tout le temps partout et détestant la France, inconsolable du pays natal et d'enfance, crachant la viande rouge des steaks occidentaux, amoureuse des femmes faibles, sexuelle comme pas rencontré encore. Folle de lire, de voir, insolente, libre.

  • J'ai longtemps cru qu'Elisabeth Bart, dans ses multiples défenses d'Asensio, dans la Zone ou dans les commentaires de tous les blogs qui un jour ou l'autre, ont osé montrer leur différend avec le critique incritiquable, était aveuglée mais sincère. Son dernier texte prouve au contraire qu'elle a en commun avec celui qu'elle défend au mépris de la logique, et même au mépris de la littérature, une mauvaise foi inébranlable.

  • Loufoque et dangereux, deux adjectifs répétés ad nauseam qui s'accordent pourtant fort mal ensemble... mais qui traduisent bien toute l'ambivalence de JA vis-à-vis de Renaud Camus.

    Ou les idées de RC sont loufoques, et par conséquent inoffensives (est-ce que celles de Le Pen ou de Mélenchon ont déjà été qualifiées de loufoques ?), ou bien elles sont dangereuses, parce qu'elles sont mensongères, ou, au contraire, parce qu'elles mettent à jour des vérités brûlantes, ce qu'Asensio reconnaît à demi-mots en calculant le pourcentage hypothétique de musulmans dans la France de demain, et en feignant de ne voir aucun inconvénient si celui-ci dépassait le pourcentage de chrétiens, j'allais dire de souchiens, voire de Gaulois, comme d'autres cochons appellent ceux qui n'ont d'autre tort que d'être Français et uniquement Français.

    Il suffit pourtant de voyager hors de France et de discuter avec des étrangers pour voir que ces idées prétendument loufoques sont sur toutes les lèvres, et que ce sujet revient sur la table dans toutes les discussions quand on parle de la situation chez nous. Les Français ne semblent pas se douter des regards horrifiés que jettent sur nous nos voisins, c'est ahurissant. Ils sont complètement anesthésiés par la propagande dont JA s'est fait le relai minable sur le plateau de Taddéi, par mesquinerie autant qu'oppportunisme.

    J'aurais encore un tas de choses à dire à cette bande de péteux et d'hypocrites qui n'ont pas le courage de dire en public ce qu'ils pensent en privé, mais je n'ai pas envie de me faire censurer pour grossiereté.

    (Hexagone..., encore un terme immonde dont se servent les porcs et les truies pour désigner la France. Madame Barth ferait bien de s'en souvenir avant de venir fourrer son grouin malpropre dans l'auge des autres...)

  • Heureux pays, qui ne trouve pas d'autre prétexte pour s'enflammer que les grasses narrations des galipettes d'un exhibitionniste, issu de Sodome ! Quel père de famille, contribuable irréprochable et consommateur régulier, aurait soulevé tant de commentaires tonitruants par le simple fait de ne pas avoir aimé le galimatias coranique ? La plume de ce sodomite, visiblement, ne verdoie pas, c'est plutôt la grisaille qui l'enveloppe, - pourquoi alors tant d'écoute de ce bavard, écoute que seuls mériteraient des Balzac, des Hugo, des Sartre ?
    Son amour de l'identité nationale ne s'attarde ni sur les ménestrels ni sur les sourires de filles ni sur les mâchicoulis, mais se formule en langage sociologique et statistique, comme chez n'importe quel garagiste. Le défendre ou le combattre relève de bêtises du même acabit.

    Personne ne lève le moindre sourcil, lorsqu'on ricane sur les absurdités ou férocités évangéliques. Mais quel tohu-bohu, quand on estime que le niveau intellectuel du lecteur potentiel du Coran ne dépasse pas celui d'un marchand de tapis ! Des ombres de Socrate ou de Salomon sont perceptibles dans les Évangiles ; dans le Coran – aucune métaphore fraîche, aucune image mystique.

    Évidemment, tout cela ne peut être prononcé qu'au sein d'un club de gentlemen ; retenti sur la place publique, ce discours ne fera que centupler les haines réciproques. On ne peut être libre que parmi ses pairs ; en foule, l'hypocrisie est de mise. La liberté, c'est la détermination dans la 'décision' (la 'crise', comme la 'critique', c'est la 'limite', jusqu'à laquelle peut s'étendre notre 'décision' – c'est l'acception kantienne du terme), et l'hypocrisie, étymologiquement, veut dire 'avant-décision', ce qui n'engage donc pas notre liberté. Il faut donc être hypocrite en public et être libre au milieu des siens, comme il faut être conformiste dans ce qui est petit et rebelle - dans ce qui est grand.

    Pour en revenir au débat entre Montalte et Stalker :

    1. Changer d'avis ou laisser apparaître une incohérence seraient, selon eux, des signes de perfidie ou de trahison, faisant de l'auteur – un scélérat, un bougre, un débaucheur des âmes sensibles. Et nos compères - à s'épier mutuellement, pour dénicher quelques discordances. Mais les contradictions d'un sot ou celles d'un sage sont de natures conceptuellement différentes : le sot ne connaît qu'un seul langage, tandis que le sage en maîtrise plusieurs. Les contradictions sont inacceptables, dans le premier cas ; elles ne sont que langagières – dans le second, la vérité étant toujours associée au langage, dans lequel elle s'énonce.

    2. La vitupération est une pose aussi respectable que la bonhomie. À part le 'quoi' et le 'qui', dans le choix des cibles, ce qui compte, c'est l’œil de l'archer, l'acuité des flèches et, surtout, la tension de la corde. Cette tension est déterminée par la qualité des mots. Soit le mot est purement lexical, question de vocabulaires, de charges sirupeuses ou insultantes, soit il est métaphorique, c'est à dire faisant se rencontrer des choses qui, auparavant, s'ignoraient. Expectorer toujours les mêmes giclées de mots orduriers, quel qu'en soit l'objet, est aussi fade que de susurrer ou minauder sur le progrès, le sexe ou la gastronomie.

    3. Les traits de nos plumes, pour en qualifier les productions : l'intelligence, le goût, l'originalité, la noblesse, le talent. Montalte en possède deux, et Stalker – un seul. Ils ont un trait en commun ; trois mêmes traits leur font défaut. Au lieu de ne remarquer, d'une manière chevaleresque, que les qualités, ils s'appesantissent sur les défauts. Au lieu de rester dans les nues des mots aériens, ils descendent dans des cloaques des mots gluants.

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