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Le juif, coupable universel, par Pierre Jourde

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S'il n'y avait pas Pierre Jourde :

 

Depuis l'entrée de Tsahal dans la bande de Gaza, les médias parlent benoîtement d'"importation du conflit", de "violences intercommunautaires". Elles sont tout de même un peu à sens unique, les violences "intercommunautaires". Cela consiste, en gros, à ce que des jeunes gens d'origine arabo-musulmane s'en prennent à des juifs, manifestant par là leur soutien à leurs "frères" palestiniens opprimés. Ils n'ont d'ailleurs pas attendu le conflit de Gaza pour pratiquer ce sport, et l'agression ou l'injure adressée aux juifs est devenue un phénomène récurrent.

La mort de centaines de femmes et d'enfants palestiniens est un désastre humain qui doit susciter en tout homme l'horreur et la compassion. En conséquence de quoi, il est légitime d'aller casser la figure à un juif de France qui n'y est pour rien. Sans doute parce que ces gens-là, c'est bien connu, forment un lobby. Tout juif est complice.

Que soutiennent-ils, en tant que quoi manifestent-ils, ceux qui cassent du juif, et ceux qui manifestent contre l'opération israélienne ?

Soutiennent-ils le Hamas ? Savent-ils que les textes de référence de ce mouvement n'ont rien à envier à ceux du Parti nazi ? Que son objectif déclaré est de tuer les juifs et de détruire Israël ? Veulent-ils qu'Israël reçoive éternellement ses missiles sans réagir ? Savent-ils que l'intrication des combattants et des civils est telle, à Gaza, que faire le tri lors d'une opération militaire est d'une extrême difficulté ?

Réagissent-ils en tant qu'Arabes ? Mais ils sont français, et en quoi un Français est-il impliqué dans un conflit international, sinon au nom de la justice universelle ? Réagissent-ils alors au nom de la justice universelle ? En tant qu'êtres humains ? Mais alors, pourquoi ne se révoltent-ils pas quand on massacre les Indiens du Chiapas, les Tibétains ? Pourquoi les centaines de milliers de morts, les inconcevables cruautés perpétrées au Darfour ne les jettent-ils pas dans les rues ? Tout de même pas parce qu'elles sont le fait des milices d'un régime islamiste ? Pourquoi ne trouvent-ils pas étrange que les communautés juives aient quasiment disparu de tous les pays arabes, après persécutions et spoliations ? Pourquoi ne réclament-ils pas, au nom de la justice, le droit au retour des juifs chassés ?

S'ils réagissent en tant qu'Arabes, où étaient-ils quand les Syriens ou les Jordaniens massacraient dix fois plus d'Arabes, palestiniens ou non, que Tsahal ? Savent-ils que l'un des rares endroits du Moyen-Orient où les Arabes bénéficient de droits démocratiques, c'est Israël ? Savent-ils que, pour la liberté, la démocratie, les droits de l'homme, il vaut infiniment mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, et, à bien des égards, qu'arabe dans un pays arabe ?

Savent-ils qu'Israël soutient financièrement la Palestine, soigne les Palestiniens dans ses hôpitaux ? Que les deux millions d'Arabes israéliens ont leurs députés ? Savent-ils que, si la haine antijuive et le négationnisme se déchaînent dans les pays arabes, attisés par une propagande paranoïaque, qui n'hésite pas à faire usage du faux antisémite des Protocoles des Sages de Sion, la réciproque n'est pas vraie ? Que si de nombreux Israéliens défendent les droits des Arabes, rarissimes sont les Arabes qui défendent des juifs ?

Réagissent-ils en tant que communauté opprimée ? Mais alors, pourquoi les Noirs de France ne s'en prendraient-ils pas aux Arabes qui les exterminent au Soudan ? Pourquoi la communauté indienne ne manifesterait-elle pas contre les régimes arabes du Golfe qui traitent leurs "frères" comme des esclaves ? Voilà qui mettrait de l'ambiance dans la République !

Réagissent-ils en tant que musulmans ? Mais où étaient-ils quand on les massacrait en Bosnie, en Tchétchénie, en Inde ? Leur silence ne s'explique tout de même pas parce que les massacreurs n'étaient pas des juifs, n'est-ce pas ? Savent-ils que les musulmans d'Israël pratiquent librement leur culte ? Que l'université hébraïque de Tel-Aviv abonde en jeunes filles voilées ? Combien de juifs en kippa au Caire, à Damas, à Bagdad ? L'exigence de justice est-elle à sens unique ?

On finit donc par se dire que ces manifestations, les violences et les cris de haine qui les accompagnent ne sont motivés ni par la compassion envers les victimes palestiniennes, ni par le souci de la justice, ni même par la solidarité religieuse ou communautaire, mais bien par la bonne vieille haine du juif. On peut massacrer et torturer à travers le monde cent fois plus qu'à Gaza, le vrai coupable, le coupable universel, c'est le juif.

Une poignée de juifs qui transforment un désert en pays prospère et démocratique, au milieu d'un océan de dictatures arabes sanglantes, de misère, d'islamisme et de corruption, une poignée de juifs qui, en outre, décident de ne plus être victimes, voilà qui est insupportable. Il faut donc bien que les juifs soient coupables, sinon où serait la justice ?



Pierre Jourde, romancier, critique littéraire, professeur à l'université de Grenoble-III

LE MONDE | 21.01.09 | 13h58 • Mis à jour le 21.01.09 | 13h58

 

Lire aussi : "Israël, coupable, forcément coupable" par Jacque Tarnero sur Causeur

Commentaires

  • Tout est dit.

    L'islamisme est avant tout le premier ennemi des musulmans. Il se fout des victimes, il ne cherche que des coupables, en premier lieu le Juif, bouc émissaire universel depuis la nuit des temps.

    C'est pourquoi je dis une nouvelle fois merci à W d'avoir mis en exergue durant ses huit ans de mandat le combat contre cette idéologie haineuse.

    La lutte est entre ceux qui accordent du prix à la liberté et les autres.

  • ... ? Doit-on, (toute proportion gardée !) pousser le devoir de mémoire jusqu'à remercier Staline d'avoir rincé le nazisme a l'est ? Et faire ensuite la sourde oreille à tout ce qui viendrait contredire cette affirmation ? Ca s'est vu...
    Je me suis planté en toute bonne foi au début de l'offensive américaine, alors que quantité d'américains se positionnaient déjà contre et je suis offusqué aujourd'hui -c'est le moins- d'entendre WB dire lui-même qu'il "manquait d'expérience"... Cela doit être intolérable pour les familles américaines.
    Mais bon votre point de vue a le mérite d'être tranché et nul ne peut dire vraiment à quelles évolutions cette intervention donnera lieu. A un débat passionné chez Montalte, peut-être...

  • Excellent.
    Mais l'argument contre le fait que les Arabes français défendent leurs "frères" palestiniens pourrait facilement se retourner contre les Juifs français, qui défendent de la même façon leurs "frères" israeliens.

  • Encore une belle mise au point, hautement nécessaire qui plus est, du sieur Jourde. Merci !

  • Un ilôt de bon sens et de lucidité dans un océan de bêtise ! L'opinion d'une foule ahurie et téléguidée par des médias… eux-même téléguidés par de GROS intérets.
    Je suis sûre que si Israël nous achetait des armes… et nous vendait du pétrole … l'opinion publique française serait moins pro-arabe !

    "la clameur des imbéciles emplit le monde" (Bernanos)

  • Je suis un peu déçu par ton article, du moins par celui de Pierre Jourde, que je ne connais pas. Mais comme il est ici, j’en déduits que tu te l’es approprié. Avant, une précision : je ne défends pas les casseurs d’israélites et les brûleurs de synagogues. En revanche, on peu y trouver quelques causes.
    Déjà, faire du Hamas un NSDAP oriental est peut-être séduisant, mais c’est surtout une facilité intellectuelle qui n’aide pas à la compréhension des choses. Le Hamas ne vient pas de nulle part. Il est la réponse arabo-israelienne à l’OLP de Arafat et au FPLP marxiste de Georges Habach. Au risque de succomber à la tentation du complot sioniste, j’ajoute que la droite israélienne a parié sur lui pour saboter les accords d’Oslo dont elle ne voulait pas entendre parler. Pari gagné haut la main !
    De plus, il ne propose pas (du moins officiellement) de jeter tous les juifs à la mer. En revanche, il ne reconnaît pas Israël, comme de nombreux mouvements de résistance palestiniens depuis 1948. Il a été amené démocratiquement au pouvoir dans la bande de Gaza. Son assise sociale y est forte. Je ne nie pas que sa branche armée use des kamikazes pour se faire entendre et que sa politique ressemble plus à une fuite en avant qu’à un projet politique raisonné. Sa pire crainte : se faire déborder par sa base toujours plus radicale. Voilà pour le Hamas. Pourtant, je le répète, traiter le Hamas de parti nazi est puéril, une sorte de tarte à la crème qui clôt la discussion.
    Maintenant, passons à nos nouveaux radicaux musulmans franchouillards. D’une culture politico-histoirique médiocre, et d’une foi musulmane proche de la bouillabaisse intellectuelle, ils sont tout de même émus par le sort de leurs coreligionnaires. Et entre nous, je comprends cette compassion. J’aimerais que parfois, mes frères chrétiens s’émeuvent un peu plus du sort des églises orientales au Kurdistan, en Irak, en Egypte, en Turquie, en Inde… Mais c’est un rêve pieux : nous en avons fait notre deuil depuis bien longtemps. Nous sommes même pas loin de les voir comme des empêcheurs de tourner en rond. Et voilà t’y pas que chez nous, une poignée de zozos pensent que leur foi ne connaît pas de frontières. C’est un peu fort de café !
    Plus loin, l’auteur se demande pourquoi ils ne se sont pas révoltés lorsque les régimes arabes passaient par le fil de l’épée les réfugiés Palestiniens. On peu avancer que la communauté musulmane française d’alors, d’écrasante majorité maghrébine, était plus préoccupée par les guerres de libérations qui agitaient leur pays que par le sort de la Palestine. Et puis le souvenir du massacre des Algériens de Paris en 1961 a du faire passer à plus d’un, et pendant longtemps, le goût de la manifestation.
    Dire que les Israéliens soignent et éduquent les arabes de nationalité est vrai. La pilule est énorme mais elle est vraie. Ne reste plus qu’aux Palestiniens de dire merci, la spoliation s’est faite à l’amiable. Et ces ingrats ne disent même pas merci !! Ce sont des cuistres. Ils ont le bonheur de travailler dans les orangeraies du Néguev. Plantations que ne seraient apparues que du fait de la bonne volonté de Israéliens, les Palestiniens mettant un poing d’honneur à mettre des chèvres sur les meilleurs terres et n’étant content que lorsque le désert retrouve ses droits. Ben voyons. Une terre verte et souriante est là car des hommes savent la travailler. Aucuns investissements colossaux d’outre Atlantique ne les ont aidés, aucuns transferts de technologie. L’auteur fait un bon gros amalgame, amalgame qu’il dénonce pourtant dans tout son article lorsque des français cassent du juif en se prenant pour des Palestiniens. Hé bien ça ne le gêne pas de comparer ces mêmes français avec les dictatures arabes du Moyen-Orient, incapables de hisser au niveau d’Israël.
    Je suis conscient qu’il reste l’inexplicable : pourquoi se taire sur le Darfour et tout casser quand il s’agit de la Palestine ? Mais que pourraient-ils faire ? Brûler les ambassades du Soudan, de la Libye, du Tchad ? Le problème y est infiniment plus complexe qu’en Palestine où le conflit est finalement assez simple : deux peuples se disputent la même terre, et pas n’importe quelle terre : la Terre Promise, la terre du Jugement Dernier! L’ennemi est facile à identifier, c’est celui d’en face. Les arguments empruntent à la religion, à l’histoire. Toute la panoplie antisioniste est là, forgée depuis plus d’un siècle par l’Europe, prête à l’emploi.
    Alors nos imbéciles tapent, cognent sur tout ce qui porte kipa ou tout ce qui de loin peu y ressembler. Et ce faisant, eux qui ne sont rien, socialement hors de la cité et économiquement absent, ont l’impression d’exister. C’est là le point central. Quels monstres notre pays a-t-il nourrit ? Comment en est-on arrivé là. ? Une cause extérieur : en n’empêchant pas un problème politique majeur de perdurer plus d’un demi siècle. Une cause intérieur : en abandonnant une partie de la population à son sort. 50 ans d’intégration ratée plus 50ans de conflit israélo-palestinien. Il ne faut pas nous étonner que cela dégénère. Le plus étonnant est que ça ne dégénère que maintenant.
    Entre nous, je suis certain que notre démocratie est bien assez forte pour s’accommoder de ces « sauts d’humeur » d’une partie de la population. Nous sommes capable de digérer tout ça et de vivre avec. Aucun cynisme là dedans, juste une pointe de fatalisme.

  • "Aucuns investissements colossaux d’outre Atlantique ne les ont aidés, aucuns transferts de technologie."

    Effectivement, leurs coréligionnaires musulmans semblent plus prompt à chouiner qu'à investir un peu des colossaux revenus du pétrole dans l'amélioration de leur sort.
    Comment ne pas penser alors que ces protestations sont bien hypocrites, et qu'elles ne tiennent qu'au fait qu'elle visent des juifs ?

  • Bonjour au merveilleux Cormary !!

  • C'est amusant, en (re)lisant ce texte déjà découvert ailleurs, je me suis dit qu'un pareil tissu d'âneries allait provoquer de nombreuses critiques, surtout vu le sujet, si propice au déchaînement des passions (et du coup, j'ai été paresseux pour répondre). Il ne semble pas que ce soit le cas. Je ne sais pas si c'est parce que les gens ne pensent qu'à leur porte-monnaie, si tous vos lecteurs sont trop convertis, ou si mon coup de flemme s'est retrouvé chez d'autres.

    Tant pis ou tant mieux. Enregistrons le fait comme une curiosité, en attendant d'en savoir plus. (Cette petite saleté de Jourde ne perdant certainement rien pour attendre, sur cette terre ou en enfer.)

  • moi, même si tout le monde s'en cogne, je veux dire après le calembour sensationnel de l'article précédent (Obamarre, pour devoir de mémoire), la photo putassière en diable ci-dessus exposée et le S'il n'y avait pas Pierre Jourde : j'ai disons opté pour l'abstinence...

  • Deux témoignages extraits de Un dimanche à Auschwitz (Yaël Holveck – Laurent Wajnberg – éditions de l'aube). Dans ce livre, et désormais je pense à jamais floue dans ma mémoire, la photo d'un panneau de signalisation indiquant la proximité des campings où loger sur place...

    ...

    Ça devrait être réservé aux juifs, ce voyage ! Il faut être juif pour parler de ça ! Le rapport que je peux avoir avec le génocide rwandais, moi qui ne le suis pas, est du même ordre que celui qu’il peut y avoir entre un non-juif et Auschwitz. On a été tués en tant que juifs. Dire que ça concerne l’humanité ? Non. Le massacre des juifs s’est fait dans l’indifférence générale. C’est comme ça. Chercher à en faire une publicité ne nous apporte rien, et ne peut que renforcer les sentiments antisémites de ceux qui les ont déjà. Il y aura d’autres massacres, il y aura d’autres assassins, je ne m’inquiète pas pour ça.

    ...

    Auschwitz appartient à l’humanité, et pas à Israël ; ils n’ont pas de droit sur Auschwitz. Ils s’approprient Auschwitz, avec Yad Vashem par exemple… Ils le réduisent considérablement, et lui enlèvent sa signification mondiale et historique pour en faire une affaire presque religieuse, de tradition nationale, nationaliste… Et je trouve ça faux, et dangereux pour Israël même. Israël n’a qu’à être debout sur ses pieds ; Israël c’est Israël, et Auschwitz c’est Auschwitz, même s’il y a eu pas mal de déportés qui se sont installés en Israël… Il ne faut pas confondre les juifs et les Israéliens ! Moi, je me sens citoyen français, citoyen français d’origine juive, et pas responsable de ce que fait le gouvernement israélien ! Pas plus que le gouvernement péruvien ! Je ne suis jamais allé en Israël, je n’ai pas envie d’y aller, j’irai quand il n’y aura plus de gens opprimés, de casques, de bombes, d’attentats… Mes parents avaient un tronc où on mettait de l’argent pour la Palestine ; j’ai été élevé dans une famille ashkénaze typique, j’ai fait ma bar-mitsva sous l’Occupation à Paris. Ça, c’est une chose, mais cet Israël-là, ce n’est pas l’Israël dont ils avaient rêvé. Alors j’attendrai. Ou je n’irai pas, je m’en passerai.

    ...

  • "Savent-ils que, pour la liberté, la démocratie, les droits de l'homme, il vaut infiniment mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, et, à bien des égards, qu'arabe dans un pays arabe ?"

    Franchement, que répondre à quelqu'un qui peut écrire ça ?

  • Je trouve tous vos articles et les sujets qu'ils traitent très pertinents. je reviendrais certainement lire d'autres de vos idées et pensées.

    Mais je découvre votre blog seulement aujourd'hui via le magazine hebdo France Catholique, d'où mon retard pour le commentaire...

    Vous devez probablement connaître Wafa Sultan qui a écrit un article remarquable sur la vision de la vie dans l'islam, que je me permets de vous envoyer en "illustration" à l'article du 25/01/2009.

    amitiés, emeraldias


    La célèbre sociologue d’origine syrienne, Wafa Sultan, vient de publier l’un des points de vue les plus cinglants concernant la situation à Gaza. Elle plonge aux origines de l’islam pour expliquer le conflit entre deux conceptions diamétralement opposées : la culture de la vie contre la culture de la mort et du martyre. Elle s’appuie sur des exemples de l’histoire récente pour dénoncer une religion, une culture et une idéologie barbares… En voici les extraits les plus significatifs, traduits par Chawki Freïha.

    Gaza, ou l'hypocrisie inégalée

    (…) Puisqu’il m’importe peu de satisfaire les uns, de défendre les autres ou d’éviter la colère des troisièmes, je peux dire que le Hamas n’est qu’une sécrétion islamique terroriste dont le comportement irresponsable à l’égard de sa population l’empêche de se hisser au niveau du gouvernement. Mais ceci est conforme à l’habitude, puisque, à travers l’histoire de l’islam, jamais une bande de criminels islamistes n’a respecté ses administrés. (…) Je ne prétends pas défendre Israël, puisque les Juifs ne m’ont pas demandé mon avis quant à leur terre promise. S’ils me demandent mon avis, je leur conseille de brûler leurs livres sacrés et de quitter la région et de sauver leur peau. Car les musulmans constituent une nation rigide exempte de cerveau.
    Et c’est contagieux. Tous ceux qui les fréquentent perdent la cervelle…
    Avant la création de l’Etat d’Israël, l’histoire n’a jamais mentionné une guerre impliquant les Juifs, ni qu’un Juif ait commandé une armée ou mené une conquête. Mais les musulmans sont des combattants, des conquérants et leur histoire ne manque pas d’exemples et de récits de conquêtes, de morts, de tueries, de razzias… Pour les musulmans, tuer est un loisir. Et s’ils ne trouvent pas un ennemi à tuer, ils s’entretuent entre eux.
    Il est impossible pour une nation qui éduque ses enfants sur la mort et le martyre, pour plaire à son créateur, d’enseigner en même temps l’amour de la vie. La vie a-t-elle une valeur pour une société qui inculque à ses enfants qu’ils doivent tuer ou être tués pour aller au Paradis ?

    (…) Depuis le début de l’opération israélienne contre Gaza, je suis bombardée de courriers électroniques venant de lecteurs musulmans qui me demandent mon avis sur ce qui se déroule à Gaza. Je ne suis pas concernée par ce qui s’y passe, mais je suis intéressée par les motivations qui animent ceux qui m’écrivent. Je suis convaincue que ce qui les motive n’est pas la condamnation de l’horreur, ni la condamnation de la mort qui sévit à Gaza. Car, si la motivation était réellement la condamnation de la mort, ces mêmes lecteurs se seraient manifestés à d’autres occasions où la vie était menacée.

    Ceux qui condamnent le massacre de Gaza, par défense de la vie en tant de valeur, doivent m’interroger sur mon avis à chaque fois que cette vie-valeur était menacée. Plus de 200.000 musulmans Algériens ont été massacrés par d’autres musulmans Algériens ces quinze dernières années, sans qu’aucun musulman ne s’en émeuve. Des femmes Algériennes violées par les islamistes ont témoigné et raconté que leurs violeurs priaient Allah et imploraient son Prophète avant qu’ils ne violent leurs victimes. Mais personne ne m’a demandé mon avis. Plus de 20.000 citoyens syriens musulmans avaient été massacrés par les autorités (Hamas en 1983) sans qu’aucun musulman ne réagisse et sans qu’aucun ne me demande mon avis sur ces massacres étatiques. Des musulmans se sont fait exploser dans des hôtels jordaniens tuant des musulmans innocents qui célébraient des mariages, symboles de la vie-valeur, sans qu’aucune manifestation ne soit organisée à travers le monde, et sans qu’on ne me demande mon avis. En Egypte, des islamistes ont récemment attaqué un village copte et ont massacré 21 paysans, sans qu’un seul musulman ne dénonce ce crime. Saddam Hussein a enterré vivant plus de 300.000 chiites et kurdes, et en a gagé beaucoup plus, sans qu’un seul musulman n’ose réagir et dénoncer ces crimes.
    Au plus fort des bombardements de Gaza, une femme musulmane, fidèle et pieuse, s’est fait exploser en Irak dans une mosquée chiite, tuant une trentaine d’innocents, sans que les médias ou les musulmans ne s’en émeuvent. Il y a quelques mois, le Hamas avait aussi tué onze personnes d’une même famille palestinienne, accusés d’appartenir au Fatah, sans que des manifestations ne soient organisées en Europe ou dans le monde arabe, et sans qu’aucun lecteur ne m’écrive et ne m’envoie ses protestations.

    Ainsi, la vie n’a pas de valeur pour le musulman. Sinon, il aurait dénoncé toute atteinte à la vie, quelle qu’en soit la victime. Les Palestiniens et leurs soutiens dénoncent les massacres de Gaza, non pas par amour de la vie, mais pour dénoncer l’identité des tueurs. Si le tueur était musulman, appartenant au Hamas ou au Fatah, aucune manifestation n’aurait eu lieu.
    (…) CNN a diffusé un documentaire sur Gaza montrant une femme palestinienne qui se lamente et crie : mais qu’on fait nos enfants pour être tués comme ça ? Mais qui sait. Peut-être qu’il s’agit de la même palestinienne qui se réjouissait il y a deux ans quand l’un de ses fils s’était fait exploser dans un restaurant de Tel-Aviv et qui disait souhaiter que ses autres enfants suivent le même exemple et devenir martyrs.
    Mais quand l’idéologie et l’endoctrinement sont d’une telle bassesse, il devient normal que cette palestinienne perde toute valeur à la vie. Sinon, elle pleurerait ses enfants de la même façon qu’ils se tuent dans un attentat suicide à Tel-Aviv ou sous les bombes israéliennes. Car, la mort est la même qu’elle qu’en soient les circonstances, et elle demeure rejetée, et au contraire, la vie mérite d’être vécue et pleurée.

    Dans ce cas, comment puis-je me solidariser avec une femme qui lance les youyous de jouissance quand l’un de ses enfants se fait exploser contre les juifs, et elle pleure quand les juifs tuent ses autres enfants ? Mais l’idéologie enseigne aux musulmans que tuer ou être tué permet au fidèle de gagner le paradis. Dans ce cas, pourquoi pleurer les Gazaouis alors qu’ils n’ont pas bougé le petit doigt pour les Irakiens, les Algériens, les Egyptiens ou les Syriens pourtant musulmans ?

    (…) Après ce qui précède, je suis certaine que ceux qui m’écrivent et me demandent mon avis sur ce qui se passe à Gaza cherchent à me faire dire ce qu’ils peuvent utiliser pour m’incriminer et me condamner, ou pour me faire dire ce qu’ils ne peuvent exprimer eux-mêmes.

    (…) Borhane, un jeune palestinien de 14 ans, a perdu il y a une dizaine d’années ses bras, ses jambes et la vue dans l’explosion d’une mine en Cisjordanie. La communauté palestinienne aux Etats-Unis s’est mobilisée pour lui venir en aide et financer son hospitalisation dans l’espoir de sauver ce qui pouvait l’être. Lors d’un diner de bienfaisance organisé à son profit en Californie, la plus riche palestinienne des Etats-Unis s’est présenté en grande fourrure, et a qualifié Borhane de héros. Elle s’est adressée à ce bout de chair immobile et inerte : Borhane, tu es notre héros. Le pays a besoin de toi. Tu dois retourner dans le pays pour empêcher les Sionistes de le confisquer… Mais l’hypocrisie de la palestinienne la plus riche des Etats-Unis l’empêche d’envoyer ses propres enfants défendre la Palestine contre les Sionistes. Exactement à l’image des chefs du Hamas qui demandent les sacrifices à Gaza, mais restent à l’abri à Damas et à Beyrouth.

    (…) La guerre contre Gaza est certes une horreur. Mais elle a le mérite de dévoiler une hypocrisie inégalé dans l’histoire récente de l’humanité. Une hypocrisie qui distingue les Frères Musulmans syriens qui annoncent abandonner leurs activités d’opposition, pour resserrer les rangs contre les sionistes. Mais ces Frères musulmans ont-ils le droit d’oublier les crimes du régime commis contre les leurs à Hama, Homs et Alep ? Avant de se réconcilier avec le régime pour lutter contre les sionistes, ces Frères musulmans ont-ils dénoncé les crimes commis par leurs alliés et partenaires (dans la confrérie) en Algérie et en Irak ? Ont-ils dénoncé la mort de centaines de milliers de chiites en Irak sur le pont des oulémas à Bagdad, pulvérisé par l’un des vôtres conformément aux enseignements de votre religion de la paix et de la miséricorde ? Avez-vous une seule fois dénoncé les exactions contre les chrétiens en Irak ? Ou contre les coptes en Egypte ? Votre hypocrisie nous empêche de croire vos sentiments à l’égard des enfants de Gaza, puisque vous êtes responsables du pire.
    (…) Essayons d’imaginer ce que le Hamas aurait fait du Fatah, et des autres, s’il possédait la technologie et les armes d’Israël ? Essayons d’imaginer ce que l’Iran aurait fait des sunnites de la région, s’il détenait les armes modernes que possède Israël ? Ce serait sans doute le massacre garanti.

    (…) J’ai récemment rencontré un religieux hindou en marge d’une conférence consacrée à la guerre contre le terrorisme. Il m’a dit : « toutes les guerres se sont déroulées entre le bien et le mal. Sauf la prochaine, elle doit se dérouler entre le mal et le mal ». N’ayant pas compris ses propos, je lui ai demandé des explications. Il m’a dit : « Je suis contre la présence américaine en Irak et en Afghanistan. Si les Etats-Unis veulent gagner la guerre contre les islamistes, ils doivent se retirer et laisser les deux pôles du mal s’entretuer. Les sunnites et les chiites étant nourris sur la haine, vont se battre et se neutraliser ».

    Tirant la conclusion de ces mots remplis de sagesse, on peut dire qu’Israël contribue aujourd’hui, inconsciemment, au succès de l’islam. En s’attaquant à Gaza, Israël pousse les musulmans à se solidariser et à surpasser leurs divergences. Et septembre noir en Jordanie est encore dans tous les esprits (…). Les exactions dont sont capables les arabes et les musulmans dépassent toute imagination. Un char jordanien avait écrasé un palestinien, puis le conducteur du char est descendu de son blindé et a bourré la bouche de sa victime avec un journal… Un comportement qu’aucun militaire israélien n’a eu à Gaza. Aussi, pendant les massacres de Hama en Syrie, des militants des Frères musulmans trempaient leurs mains dans le sang des victimes pour écrire sur les murs : Allah Akbar, gloire à l’islam. Je n’ai jamais entendu qu’un juif ait écrit avec le sang d’un autre juif des slogans à la gloire du judaïsme. Je le dis avec un pincement au cœur : pour sauver l’humanité du terrorisme, il faut que le monde libre se retire et qu’il laisse les musulmans s’entretuer.

    (…) Je me souviens quand j’étais étudiante à l’université d’Alep, et quand l’ancien ministre syrien de la Défense Mustapha Tlass était venu nous rencontrer. Dans un élan d’hypocrisie, Tlass nous avait dit qu’« Israël craint la mort et la perte d’un de ses soldats lui fait peur et mal. Mais nous, nous avons beaucoup d’hommes et nos hommes ne craignent pas la mort ». Là réside la différence entre les deux conceptions et les deux camps, et le témoignage de Tlass semble avoir inspiré les dirigeants du Hamas aujourd’hui.
    Ainsi, l’extermination de tous les enfants de Gaza importe peu aux dirigeants islamistes et du Hamas, la vie n’ayant aucune valeur pour eux. Ils se réjouissent simplement de la mort de quelques soldats israéliens. Pour les islamistes, l’objectif de la vie est de tuer ou de se faire tuer pour gagner le paradis. La vie n’a donc aucune valeur.

    (…) Si le Prophète Mohammed savait que le Juif allait voler un jour à bord des F-16, il n’aurait pas commandé à ses disciples de tuer les juifs jusqu’au jour dernier. Mais ses disciples doivent modifier cette idéologie par pitié pour les générations futures, et pour sauver leur descendance et lui préparer une vie meilleure, loin de l’idéologisation de la mort.
    Les musulmans doivent commencer par se changer, pour prétendre changer la vie. Ils doivent rejeter la culture de la mort enseignée et véhiculée par leurs livres. C’est seulement quand ils y parviendront qu’ils n’auront plus d’ennemis. Car, celui qui apprend à aimer son fils plus qu’à haïr son ennemi appréciera mieux la vie. Aussi, jamais la terre ne vaut la vie des personnes, et les Arabes sont le peuple qui a le moins besoin de la terre. Mais paradoxalement, c’est le peuple qui déteste le plus la vie. Quand est-ce que les Arabes comprendront-ils cette équation et commenceront-ils à aimer la vie ?

    Source : MediArabes.info, traduction de Chawki Freïha

  • « "Savent-ils que,(…) il vaut infiniment mieux être arabe en Israël que juif dans un pays arabe, et, à bien des égards, qu'arabe dans un pays arabe ?"

    Franchement, que répondre à quelqu'un qui peut écrire ça ?

    Ecrit par : Ludovic | 30/01/2009 »

    Eh bien, «franchement», on *doit* répondre exactement ce que vous répondez : RIEN. Parce qu'il a «objectivement» raison.

  • Wow

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