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pierre rivière

  • Une semaine de bonté - dimanche, le loup de Saint-Searl

     

     

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    Cela s'appelle L'étrange questionnaire et je ne me rappelle plus où je l'ai déniché. Ah si, chez Marc Villemain.



    1 – Écrivez la première phrase d’un roman, d'une nouvelle, ou d’un livre étrange à venir.

    Après une semaine de bonté, Pierre de la Montalte n'avait pas réussi à écrire une ligne de ce roman qu'il portait en lui depuis des années. La page blanche était persistante. Et son quota de branlettes était dépassé.



    2 – Sans regarder votre montre, quelle heure est-il ?

    21 h 55 ?


    3 – Regardez votre montre, quelle heure est-il ?

    22 h 13. Tout ça parce que j'ai bu du talisker et fumé un bon cigare. Je suis prêt à tout !


    4 – Comment expliquez-vous cette – ou ces – différences du temps ?

    Cf réponse précédente.



    5 – Croyez-vous aux prévisions météorologiques ?

    Non, oui, je ne sais pas. Je m'en fous un peu. Disons que les prévisions ne m'intéressent pas même si elle sont justes. Je préfère avoir la surprise.



    6 - Croyez-vous aux prévisions astrologiques ?

    Je crois plutôt au Zodiaque.



    7 – Regardez vous le ciel, et les étoiles, quand il fait nuit ?

    Même quand il fait jour. Le ciel étoilé au dessus de ma tête, c'est permanent chez moi.


    8 – Que pensez-vous du ciel et des étoiles quand il fait nuit ?

    Du bien, je suppose.


    9 – Avant de répondre à ce questionnaire, que regardiez-vous ?

    Un DVD du concert de Vincent Delerm à la Cigale - le seul chanteur français que j'admets et que j'applaudis.



    10 – Que vous inspirent les cathédrales, les églises, les mosquées, les calvaires, les synagogues et autres monuments religieux ?

    Le génie de l'homme inspiré par Dieu.



    11 – Qu’auriez-vous vu si vous aviez été aveugle ?

    Dieu - à travers la musique.


    12 – Qu’auriez-vous aimé « voir » si vous aviez été aveugle ?

    C'est une manie de poser deux fois la même question ?



    13 - Avez-vous peur ?

    Oui, de moi, mes faiblesses. Et aussi des femmes, leur force.


    14 – De quoi avez-vous peur ?

    Non, mais ces doublets, ça commence à bien faire ! Je viens de le dire !


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    15 - Quel est le dernier film horrible que vous avez vu ?

    Il faudrait que vous me précisiez ce que vous entendez par "horrible". Sinon, cet après-midi, au Reflet Medicis, "Moi Pierre Rivière, ayant égorgé ma mère, ma soeur et mon frère..." de René Allio. Horrible si l'on veut. Très beau pour le reste. Annonce Depardon et Dumont.


    16 - De qui avez-vous peur ?

    A une certaine époque, de moi. Aujourd'hui, de Dieu (même si je sais que ce n'est pas bien).



    17 - Vous êtes vous déjà perdu ?

    Je ne crois pas. Je ne m'égare jamais. Parfois, j'aimerais. Car la plupart du temps, je fais du surplace. C'est mon problème d'avoir trop de repères, comme me dirait Astrid.



    18 - Croyez-vous aux fantômes ?

    Je ne sais pas.



    19 - Qu’est-ce qu’un fantôme ?

    Un être qui peut vous rendre fou ?



    20 - En l’instant, à l’exception de l’ordinateur, quel(s) bruit(s) entendez-vous ?

    Cosi fan tutte, scènes finales. Désespoir et légèreté.



    21 - Quel est le bruit le plus effrayant que vous ayez entendu – « la nuit avait l’allure d’un cri de loup », par exemple - ?

    Une fois, il y a bien longtemps, dans notre maison maximoise, le hurlement dans la nuit d'un ami qui avait fait un mauvais rêve et qui nous avait réveillés. Ca avait été une sorte de cri interminable comme si on était en train de l'égorger.


    22 – Avez-vous fait quelque chose d’étrange aujourd’hui ou ces derniers jours ?

    Si oui, ce ne serait pas à moi de le dire.


    23 – Êtes-vous déjà allé dans un confessionnal ?

    Au moins une fois par an.



    24 – Vous êtes au confessionnal ; alors confessez-moi l’innommable.

    Vous êtes romantique. Rien d'innommable, que des choses médiocres et pénibles. Manque d'amour et de charité pour les autres. Brouille familiale.



    25 –Sans tricher, qu’est-ce qu’un « cabinet de curiosités »

    Un endroit qui ressemblerait au donjon du Secret de la Licorne dans Tintin.


    26 –Croyez-vous à la rédemption ?

    Je ne crois même qu'à ça.


    27 – Avez-vous rêvé cette nuit ?

    Cette nuit, non. Ou je l'ai oublié (puisque l'on rêve toutes les nuits, etc.)



    28 - Vous souvenez-vous de vos rêves ?

    Je note même les plus marquants. Comme celui de la semaine dernière.



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    29 - Quel est le dernier rêve que vous avez fait ?

    C'était le vendredi 28 août 2009 dernier. Je l'ai fait le matin, vers sept heures. Il m'a réveillé. Je me suis levé et l'ai tout de suite noté dans mon journal. Il s'intitule "madame de Saint-Searl". Je dois dire que pour moi qui ne fais presque toujours que des cauchemars, et presque jamais de rêves érotiques, celui-ci est vraiment une curiosité onirique (et je jure que ce n'est pas de circonstance par rapport à ce test). Je le copie-colle tel quel en enlevant seulement les référents (les fantômes, comme vous diriez) qui le hantent.

    "C’est le nouveau rêve de ma vie. Le rêve d’amour que j’attendais depuis toujours. Jamais de ma vie je n’ai senti à ce point le bonheur d’aimer et de bander.

    Qui est-elle ? F , l'ex de mon ami A ? Non. Plutôt, la bibliothécaire de Saint-Exupéry qui arriva après ma terminale et que je vis deux ou trois fois lors de mes pélérinages là-bas. Dans la réalité, elle avait lu mes textes envoyés au concours du Jeune Ecrivain écrits à 17 et 18 ans et qui avaient fait mon quart d'heure de gloire dans ce lycée. Evidemment, je tombais amoureux d'elle illico. Elle était fantasmatiquement tout ce que je pouvais utopiser. Dans le rêve comme dans le réel, c’est une très grande femme, plus grande que moi, le visage pointu, les yeux sombres et perçants, vert violents,  les cheveux aux carré, un air plus souverain que sévère et qui n'est pas sans goguenardise. Tout son être respire une force tranquille, protectrice, une sorte de maternité dure. Je me rappelle d’ailleurs qu'en vrai elle était prof de sport mais très branchée contemplation intérieure, bouddhisme, zen. La cinquantaine, peut-être plus, mais la portant bien. Elle pourrait ressembler à Annie Duperey ou à Françoise Fabian (comme dans la pub qui passe en ce moment). D’emblée, mon cœur bat la chamade quand je la vois. Car c'est elle qui me vois. Me regarde. Me touille. Me Devine. Me fait signe.

    Où tout ça se passe ? C’est ce que j’ai déjà oublié. Il me semble que cela commence dans un bar, la nuit, dans une ville de province. Sans doute Nice. Je suis un peu perdu. J’étais avec des amis et ils sont partis. Elle était à côté de notre table et nous considérait. Il est tard, il faut rentrer et je ne sais guère où aller.

    Quand est-ce que nous commençons à parler ? Je ne sais plus non plus. En tous cas, me voilà assis à ses côtés, au bar, devant un miroir. Elle me raconte qu’elle est seule depuis peu de temps. Qu'elle s'est séparée de son mari ou de son amant. Elle me parle d’une voix très douce et ferme en même temps (je jure que je n’exagère rien). Nous sympathisons. Je la trouve craquante, merveilleuse, muse, elle m’évoque tout ce que j’attends d’une femme. Surtout, elle fait que je n’ai pas honte de moi. Je me laisse aller moi aussi aux confidences. Elle me ramène alors chez elle. Une sorte de maison de campagne – qui me rappelle un peu la maison d’I… De longues pièces qui se suivent et qui forment un rectangle.

    Elle s’appelle madame Saint-Searl. Ou de Saint-Searl, ou Sainsearl – un nom érogène qui me fait un effet dans le rêve lui-même et qui me rappelle « Clairwill », le nom de l’initiatrice de Juliette dans Sade. Là aussi, je n’embellis rien. Nous sommes assis sur son canapé haut et elle me raconte sa vie. Elle est en manque d’amour, abandonnée, mais d’une grande dignité. Elle m’en impose terriblement. Mais voilà que je me penche vers elle et que je mets ma tête sur ses genoux. Elle me laisse faire. Elle continue de parler. Elle commence à me caresser les cheveux. Je sens sa main, sa longue main, dans mes cheveux. Elle pourrait les tirer et me faire mal si elle voulait. Je commence à bander terriblement. Un abandon pareil, je n’ai jamais connu. Je crois même que je me dis à ce moment-là dans mon rêve que même en rêve je ne me suis jamais senti aussi bien. Une envie inavouable me prend. Déjà que ma tête y est, c’est comme si j’étais tout entier sur ses genoux –  comme pour recevoir la fessée ! Je suis mortellement troublé. Je m’avance encore un peu. Je me tortille comme un ver. Et j’y suis. Tout le buste sur ses cuisses, la tête qui pend de l’autre côté, le dos et les fesses retournées vers elle. Elle peut les palper. Elle le fait. Excitation prodigieuse. D’autant qu’elle parle désormais de moi, ce que je devrais faire, ce que je ne fais pas, mes talents, ma paresse, mes amusement puérils. Grondeuse mais pas trop. Grondeuse pour rire. Amusée et menaçante. Timidement, je lui suggère de me…. « N’hésitez pas à me…. ». « Ah mais oui ! », répond-elle en souriant, comme si cela était évident, normal, prévu. Et la voilà qui se met à me fesser, mais à me fesser !!!! Je ne me rappelle pas qu’elle m’ait déculotté, mais me voilà cul nul, que dis-je ? tout nu sur elle, et toujours plus en avant sur ses genoux. J’ai la sensation vertigineuse que je vais tomber, mais elle me retient d’une main ferme et légère et continue à claquer mes fesses de plus belle. Le sang me monte à la tête. O délices interdits – et permis ! Erection extraordinaire ! Je vois mon pénis gros et solide comme jamais - et c’est bien le mien puisqu’il bande en bas à gauche. Elle aussi le voit, s’en amuse, mais ne le touche pas. Pas cette fois-ci.

    Je me retrouve seul dans le salon. Habillé. A moins que je ne sois déjà ailleurs. Dans la cuisine, il y a autour de la table des gens de ma famille. Toute ma famille ! Même les morts. Je n’ai qu’une idée en tête : leur parler de ma nouvelle histoire d’amour, la plus belle de toutes. Ils m’écoutent à peine, et ne sont pas si bienveillants. Alors je me mets en colère (une sainte colère) et leur dis que je suis en train de vivre l’histoire de ma vie. Ca les convainc un peu plus. D’autant qu’ils ont eu un coup de fil (d’elle ? D’un ami à elle ?) qui leur apprend que depuis notre scène, elle aussi est follement amoureuse de moi, et qu’elle veut « à tout prix » me revoir. Tout ira lentement mais sûrement. Elle me prodiguera, me dit-on, tous les plaisirs du monde. J’en ai les larmes aux yeux. Une fée ! Une fée céleste, cette Sainsearl ! Mais comment la joindre ? Je n’ai pas son numéro de téléphone. Je ne sais pas du tout où elle loge. Inquiétude soudaine. Presque panique. Je ne vais jamais pouvoir la retrouver. Pour autant, l’espoir ne me quitte pas. Au contraire, un grand calme me prend. Je m’apaise. C’est elle qui sait où je suis, c’est elle qui va me retrouver. Je suis totalement seul, mais totalement heureux.

    Je me réveille doucement, plein de cette promesse de bonheur…"


    30 – Que vous inspire le brouillard ?

    De l’apaisement. Comme la neige.


    31 - Croyez-vous aux animaux qui n’existent pas ?

    Je crois en Dieu, ça devrait suffire.


    32 - Qu’est-ce que vous voyez sur les murs de la pièce ou vous êtes ?

    Un miroir, un téléphone, des livres. Mon imprimante.



    33 - Si vous deveniez magicien, quelle est la première chose que vous feriez ?

    Postuler à Poudlard, bien sûr.


    34 - Qu’est-ce qu’un fou ?

    Quelqu’un qui a tout perdu sauf sa raison, comme dirait vous savez qui.


    35 - Etes-vous fou ?

    Un ami à moi me l’avait dit après avoir lu une de mes lettres à Amélie Nothomb (mais ce n’était pas elle dans le rêve.)



    36 – Croyez-vous en l’existence des sociétés secrètes ?

    Alors, ça, je m’en contrefous. L’ésotérisme est la chose au monde qui m’intéresse le moins.


    37 – Quel est le dernier livre étrange que vous ayez lu ?

    La chair, de Serge Rivron.

    (Roman dans lequel le héros principal, un mystique psychotique, s'appelle.... Montalte !!!!! Ca ne s'invente pas !)



    38 – Aimeriez-vous vivre dans un château ?

    Avec madame de Saint-Searl, alors.



    39 – Avez-vous vu quelque chose d’étrange aujourd’hui ?

    C’est « l’étrange questionnaire » ou quoi ?



    40 – Quel est le dernier film étrange que vous avez vu ?

    René Allio, j’ai dit.


    41 – Aimeriez-vous vivre dans une gare désaffectée ?

    Pas vraiment.


    43 – Avez-vous déjà pensé vivre à l’étranger ?

    Oui, comme gagner au loto.


    44 – Où ?

    Rome.

     

    45 – Pourquoi ?

    Fellini. Louve. Vatican.


    46 – Quel est le film le plus étrange que vous avez vu ?

    Inspecteur Lavardin.


    47 – Auriez-vous aimé vivre dans un presbytère ?

    Dans un monastère, plutôt.


    48 – Quel est le livre le plus étrange que vous avez lu ?

    Bakakaï de Gombrowicz.

    49- Préférez-vous les sabliers ou les globes terrestres ?

    Je n’aime pas les objets.


    50 – Préférez-vous les loupes anciennes ou les armes blanches ?

    Les masques et les capes.


    51 – Qu’y a-t-il, selon toute vraisemblance, dans les profondeurs du Loch Ness ?

    Tous les connards qui ont cru qu’il y avait quelque chose et qui se sont noyés.


    52 – Aimez-vous les animaux empaillés ?

    Comme Norman Bates ?


    53 – Aimez-vous marcher sous la pluie ?

    Comme Gene Kelly ?



    54 – Que se passent-ils dans les souterrains ?

    Voir un célèbre film de Kusturica. Ou lire Mémoires d’un rat d’Andrzej Zaniewski. Ou La chambre des secrets de Jeanne Rowling. Ou Le terrier de Kafka.



    55 – Que regardiez-vous quand vos yeux se sont détachés de ce questionnaire ?

    Les dernières conneries de FB.




    56 – Que vous inspire cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?

    Bonne chance, Chihiro !




    57 – Sans tricher, d’où est tirée cette phrase célèbre : « dès qu’il eut franchi le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre » ?

    Inspecteur Lavardin ?




    58 – Aimez-vous marcher la nuit dans la forêt ou les cimetières ?

    J'en ai rarement l'occasion.




    58 – Écrivez la dernière phrase d’un roman, d’une nouvelle, d’un livre étrange à venir.

    « Et c’est ainsi que madame de Saint-Searl fit de moi son loup. »



    59 – Sans regardez votre montre, quelle heure est-il ?

    23 h 40 ?




    60 – Regardez votre montre. Quelle heure est-il ?

    23 h 39. Quand je vous disais que je ne me perdais jamais.

     

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