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  • 23 ans, maoïste, et fier de l'être !

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    Tout commence sur le blog de Guy Sorman où celui-ci vient de publier un texte bien dans sa manière intitulé "Ils ont tant aimé Mao" dans lequel il revient sur tous ces intellectuels français (dont, entre autres, Sartre, Barthes, Sollers et madame) qui non content de s'être fourvoyés dans l'apologie du pire état totalitaire que le monde ait connu n'ont jamais cru bon de se justifier. On se rappelle de la pirouette de Sollers (face à Revel !) au dernier numéro d'Apostrophes le 22 juin 1990. A la question de Pivot, "n'avez-vous pas eu le sentiment d'avoir été léger à cette époque ?", le vivant divin s'était mis à lever les bras en disant "léger, léger, ma foi..." avec l'air de celui qui pense "comme vous y allez Bernard !", ce qui provoqua  le rire général et assassin de l'assemblée (car Pivot avait invité le tout Paris littéraire de l'époque). Le joueur déportraituré balbultia alors, complètement blême : "Léger sûrement pas, mais pesant plutôt."

    Après le post de Sorman suivirent les habituels commentaires, chez lui souvent plus louangeurs que réprobateurs, rarement violents (encore que...). Et puis arriva celui d'un certain David L'Epée, 23 ans, étudiant de son état, sinologue apparemment averti, vivant d'ailleurs en Chine, blogueur lui-même, une belle écriture, et qui, avec une candeur proprement hallucinante, se lança dans une défense du maoïsme qu'un chnoke comme moi ne pouvait croire encore possible. Je crus d'ailleurs qu'il s'agissait d'un pastiche. Mais non ! David était sérieux comme un pape. Cédant alors à une coupable manie du pastiche, je commis alors mon propre commentaire sur le blog du vrai penseur libéral de notre temps. Puisque nous étions en pleine "disputatio" marxiste (et en attendant mon post sur Marx la semaine prochaine), il me semble que ces deux textes peuvent avoir leur place ici. David lui-même et ses amis marxistes révolutionnaires sont invités à participer s'ils le souhaitent.

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    "Ce matin, le ciel est bleu – c’est assez rare par ici – et les rues sont balayées par un vent frais, presque automnal, chargé de sable du désert. Mais ce jour est un peu particulier : cela fait exactement trente ans que, le 9 septembre 1976, Mao nous a quittés. Trente ans pendant lesquels les changements se sont succédés en Chine mais où la ligne directrice est restée la même : la République populaire est une et indivisible sur son territoire, elle l’est également dans le temps, et c’est la garantie de sa stabilité.

    Ayant acheté un petit bouquet de neuf fleurs rouges (pour symboliser le neuvième jour du neuvième mois), je pars à la recherche d’un monument à la mémoire de Mao que j’avais aperçu quelques jours auparavant, pour y déposer ce modeste hommage. J’irais bien à Tienanmen, mais c’est loin et je ne me souviens plus quelle ligne de bus je dois prendre. Après deux heures de marche dans Pékin, je dois me rendre à l’évidence : il m’est impossible de retrouver ce mémorial – bien que ce ne soient pas les statues à l’effigie de Mao qui manquent. Je vais devoir me résoudre à faire un autre usage de mon bouquet.

    Dans les rues où je passe, dans un quartier un peu insalubre et ayant l’air d’être en démolition (à Pékin, ce qui n’est pas en construction est en démolition), je vois qu’on a sorti de nombreux portraits du Grand Timonier ainsi que des drapeaux rouges. Des femmes brûlent de l’encens ou allument des bougies sur le pas de leur porte, quelques hommes ont même ressorti leur vieux costume de toile verte, et je vois çà et là le touchant hommage que rend le petit peuple à l’homme qui l’a sorti de la féodalité. Le Parti, m’a dit Bo, s’est quant à lui réuni en privé avec quelques officiels pour célébrer cet anniversaire, et le public n’a malheureusement pas été convié à cette occasion. Qu’importe – la mémoire de Mao appartient à tous les Chinois, et je dirais même à tous les socialistes du monde, car il fut une icône pour les peuples exploités bien au-delà des frontières de l’Asie.

    Je laisse les intellectuels occidentaux se moquer ou s’offusquer de cette ferveur presque religieuse chez le peuple chinois ; quand on se trouve face à ces témoignages simples et émouvants de communion populaire, on ne peut que ressentir un profond respect. Voir cela me remet du baume au cœur ; j’en avais bien besoin car j’ai eu l’occasion de m’attrister, toute la semaine, en lisant sur le sujet les éditoriaux et les articles édifiants de nos petits soldats de la pensée unique dans la presse occidentale. La mauvaise foi, la malhonnêteté intellectuelle, voire parfois le révisionnisme historique, s’affichent sans le moindre scrupule dans les pages de nos grands quotidiens, et je me sens à chaque fois blessé personnellement quand la vieille rancœur anti-communiste de mon Europe natale fait reparaître son visage grimaçant aux tribunes. J’en éprouve à chaque fois une grande honte et un sentiment de révolte, dans mon impuissance à ramener toute cette clique aboyeuse à un peu plus d’objectivité.

    Comprenez-moi bien : il ne s’agit pas de nier les erreurs de Mao ni même de les relativiser ; elles furent souvent sanglantes (et ce bien malgré lui), mais doit-on vraiment les imputer à un seul personnage et doit-on vraiment appeler criminel un homme qui s’est quelquefois, comme tous, trompé dans ses visions ? Et comment pouvons-nous évaluer honnêtement le bilan de son travail titanesque ?

    La Chine était féodale ; elle est maintenant une république.

    La Chine était une colonie ; elle est maintenant indépendante.

    La Chine était pauvre et affamée ; elle marche maintenant vers la prospérité.

    Mao, c’est avant tout cela : la résistance contre l’envahisseur japonais, la libération nationale, la réunification d’un immense territoire, l’émancipation de la femme, la scolarisation des masses, l’autonomie, et le retour si longtemps désiré à une Chine fière d’elle et pouvant compter sur ses propres forces.

    Comme il est facile de rouer de coups un cadavre ! Comme il est grossier de flétrir la mémoire d’un homme le jour de son anniversaire ! Et quel affront pour le peuple que cet homme a guidé pendant tant d’années ! Mais les gens, ici aussi, savent bien que la supériorité d’une meute de chiens vivants sur un lion mort n’est qu’apparente. Mao n’est plus de ce monde, mais la construction qu’il a patiemment édifiée est devenue plus forte encore que de son temps et elle est prête à résister à toutes les attaques les plus félonnes de ceux qui vont jusqu’à draper leur haine viscérale du socialisme dans de beaux motifs humanitaires – suivez mon regard… Diffamez, diffamez, tout cela finira dans l’oubli plus tôt que vous ne le pensez. Mais la mémoire des grands, elle, perdurera.

    « Je méprise la poussière qui me compose et vous parle ; on pourra persécuter et faire mourir cette poussière ! Mais je défie qu'on m'arrache cette vie indépendante que je me suis donnée dans les siècles et dans les cieux. Dispersez mes membres aux quatre vents ; il en surgira des républiques. Arrachez-moi le cœur, mangez-le, vous deviendrez ce que vous n’êtes pas : grands. »
    (Saint-Just)

    DAVID L'EPEE.

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    "Cet après-midi, le vent s'est levé - c'est assez rare par ici - et les rues sont baignées par un ciel bleu encore estival, chargé des effluves des rizières. Aujourd'hui est un jour un peu spécial : c'est l'anniversaire de l'homme qui nous a débarrassé des soixante millions de criminels antirévolutionnaires qui faisaient de ce pays un état féodal sans culture ni grandeur, capable seulement de misérables calligraphies, et encore aliéné à ces régressions mentales que furent le taoïsme ou le confucianisme.

    Ayant acheté un petit bouquet de neuf fleurs rouges (pour symboliser la lutte contre les "neuf catégories de nuisibles" que le grand timonier dans sa sagesse éternelle avait établi : propriétaires fonciers, paysans riches, contre-révolutionnaires, mauvais éléments, droitistes ou droitiers, militaires et agents du Guomindang, agents ennemis capitalistes et tous les intellectuels qui persistèrent dans leurs erreurs), je pars à la recherche d'un monument à la mémoire de Mao que j’avais aperçu quelques jours auparavant, pour y déposer ce modeste hommage. J’irais bien à Tienanmen, histoire de rendre mon hommage hebdomadaire aux chars qui en 1989 avaient maté la tentative d'attentat antirévolutionnaire fomentée par d'ignobles étudiants lobotomisés par la chute du mur de Berlin et croyant tout de bon causer la chute de notre muraille communiste, et comme d'habitude cracher sur ce traitre d'étudiant qui tint outrageusement tête aux forces de progrès de l'ordre du grand bon en avant (il est vrai qu'il fut aidé par le pilote du char, indigne collabo de ce geste infantile, et qui, s'il avait vraiment été révolutionnaire, n'aurait pas freiné son engin) mais c’est loin et je ne me souviens plus quelle ligne de bus je dois prendre. Tant pis, j'irai visiter les prisons de la ville et tenter de convaincre les quelques innommables anticulturels à la solde de l'Occident qui n'ont pas encore compris, même après trente ans de rééducation, le sens historique sublime que leur pays a pris depuis la Révolution culturelle. Ils crient, ils crient... Bon, ok, du volt dans les gencives, ça fait mal mais moins qu'étudier le Petit Livre Rouge. A chaque fois, c'est la même chose, zut !

    Dans les rues où je passe, dans un quartier un peu insalubre et ayant l’air d’être en démolition (à Pékin, bâtiments et population qui ne sont pas en construction sont en démolition), je vois qu’on a sorti de nombreux portraits du Grand Timonier ainsi que des drapeaux rouges.Comme il est touchant cet hommage que le petit peuple rend à l'homme qui l'a délivré des salopards du Lotus Bleu ! Cela me rappelle mon émotion quand je séjournais en Russie et que j'allais m'agenouiller aux pieds des statues de Lénine et de Staline (car eux aussi délivrèrent les russes de l'aliénation dosto-tolstoïenne), presqu'autant que celle qui me prit lors de mon passage en Allemagne où avec des amis qui m'avaient enfin expliqué l'humanisme paradoxal de l'auteur de Mein kampf, j'allais me recueillir dans la maison natale de celui-ci. Qu'importe ce que l'on pense en Occident ! La mémoire de Mao, de Staline et des autres appartient à tous les socialistes du monde entier, car ils furent des icônes pour tous les peuples exploités - même si je ne m'expliquerai jamais pourquoi les peuples d'Europe de l'ouest n'ont jamais donné le pouvoir au parti du grand bon communiste en avant. Sans doute ne les a-t-on pas bien éduqués et les a-t-on laissés à leurs caprices individualistes...

    Oh comme je les plains ces intellectuels d'Occident toujours à rechercher la petite bête, à voir le mal partout et notamment dans les causes les plus nobles. Que sont soixante misérables millions de morts (et de morts criminels je le répète) par rapport à un milliard et demi de personnes libérées et heureuses ? Comme il est hideux cet anticommunisme primaire! (pourquoi pas non plus un antinazisme primaire tant que vous y êtes messieurs les éditorialistes parisiens de la pensée unique ?) Comme ils devraient rougir, ces messieurs Revel, Furet, Simon Leys, Aron et vous aussi monsieur Sorman ! Et ne croyez pas que je ne critique que vos sbires. En Chine aussi, hélas, les ennemis du peuple tentent de faire leurs ravages, tel l'abject Harry Wu, auteur de "Laogai, le goulag chinois" interdit chez nous mais évidemment en vente libre chez vous, et sur internet encore : http://www.agora-international.com/cgi-bin/librairie/reference/DAG026, putain de liberté libéral !

    O indigne engeance d'écrivailleurs bourgeois ! O faux amis de l'humanité ! O antilaogaïstes demeurés ! En Chine, vous nous auriez déjà rendu des comptes, croyez-moi ! Et comment pouvez-vous portez l'ignominie jusqu'à vous en prendre aux seuls d'entre vous qui sauvent votre caste, à savoir ces héros de la lucidité mandarine, ces samouraïs de la pensée culturelle, j'ai nommé Philippe Sollers, Julia Kristeva, Roland Barthes, et la sublime Maria-Antonietta Macchiocchi (atrocement violée un jour sur le plateau d'Apostrophes par un Simon Leys pétri de haine sordide) que je ne me lasse jamais de relire.

    Alors oui, Mao a fait quelques erreurs, mais qui n'en a pas fait dans sa vie ? Voldemor et Dark Vador aussi y z'en ont fait des erreurs ! Et Hidargos aussi il en fait ! Alors putain merde, qu'est-ce que vous avez tous à dire dire du mal de mon doudou ? C'est pas juste à la fin, pas juste, pas juste...

    La Chine était féodale, elle est devenue le premier état totalitaire du monde.

    La Chine était une colonie, elle a compensée en en faisant une du Tibet.

    La Chine mourrait de faim. Depuis cinquante ans, on meurt dans ses camps, ses prisons, ses charniers, mais plus jamais de faim.

    Mao a donné une force indéniable à la Chine et a redonné confiance à son peuple, comme Franco en Espagne, Pinochet au Chili, les Colonels en Grèce, et comme tous les dictateurs du monde dans tous les pays du monde. Alors, diffamez, diffamez... La mémoire d'un grand homme résiste toujours à la bave carnassière de ceux qui font croire que six fois dix millions de mort peuvent remettre en question le génie et la vérité d'un homme. Ah Mao !"

    "On les forcera à être libre". Jean-Jacques Rousseau.

    "Si vous désirez la sympathie des masses, vous devez lui dire les choses les plus stupides et les plus crues." Adolph Hitler repris par Staline et copié par Mao.

    "Ca bouge dans ma tête".David L'Epée.

    MONTALTE

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    (Tiens, c'est ma centième note !

    A ce propos, vous aurez tous remarqué que des liens ont été rajoutés. A gauche, la "presse" qui regroupera des articles de journaux qui ont retenu mon attention mais pas mon enthousiasme, les "notables" (Guy Sorman, Pierre Assouline... et Philippe Sollers que je n'arriverai jamais à détester) qui flattent mon côté mondain, plus un spécial "in memoriam Philippe Muray" ; Didier Super est désormais le voisin du Stallquère et du transalpin, "le gauchiste repenti" et "Mithqal" (qui serait plutôt un gauchiste accusant) sont entrés chez les "improbables". Et A droite, on trouve un nouveau thème intitulé "Socialisme et barbarie" (copyright Jalons) et qui risque de se développer copieusement.)

     

    Lien permanent Catégories : Socialisme et barbarie 18 commentaires 18 commentaires Imprimer