
Sur l'Incorrect, le 20 août 2026
À Marie-Noëlle Tranchant
« Vivre, c’est défendre une forme. »
Hölderlin
On n’avait pas vu ça depuis La Passion du Christ (Mel Gibson, 2004), sinon depuis La Dernière tentation du Christ (Martin Scorsese, 1988) – un film qui déchaine les passions, ravive les rages culturelles, clive tout le monde, c’est-à-dire révèle la nature de chacun et cela sur un plan à la fois esthétique, politique et moral. De ce point de vue, Christopher Nolan a réussi son pari : rien de tel en effet que de s’affronter autour d’un mythe fondateur pour dévoiler ce que l'on est, où l'on en est – et si on aime vraiment L’Odyssée, ce qui à lire certaines réactions acerbes n’est pas sûr du tout. Ulysse appartenant à tout le monde, c’est-à-dire à personne, chacun y va de sa Weltanschauung et certains ne s’en remettent pas. Et nous qui estimons que cette Odyssée est déjà un classique niveau Lawence d’Arabie ou Barry Lyndon, nous prétendons aussi participer à cette très salubre bataille d’Hernani cinématographique.