
Abolition du temps, de l'espace, de l'identité (notamment celle de l'auteur). Réfutation de la logique par la logique. Intuition et même « exaspération de l'intuition » que tout raisonnement, toute pensée, tout système mené à bout finit par se retourner contre lui-même et s'annihiler. Tentation du livre infini (de sable) ou du mot unique (Le miroir et le masque et surtout la « merveille » UNDR). Propension aux lieux et objets impossibles (Le disque) et aux utopies fatiguées. Iscariotophilie (Trois versions de Judas, La Secte des trente). Et même (et Jorge le reconnaît que c'est rarissime dans sa prose) rêves d'amour parfait (Ulrika et mon préféré La Nuit des dons.)
Mais reprenons.
« J'ai voulu rester fidèle, dans ces exercices d'aveugle, à l'exemple de Wells, en conjuguant avec un style simple, parfois presque oral, un argument impossible. »
Et de fait, ces treize textes paraissent dictés – d'où leur lisibilité immédiate (contrairement à Fictions et comme si la vue pouvait se permettre le luxe de l'obscur alors que la cécité suscite la clarté.)
