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Colère feinte et victime consentante

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Ah qu'elle fut mauvaise la soit-disant cruche du Poitou-Charentes durant ces deux heures trente-huit de débat (mauvaise dans le sens méchant, manipulateur, perfide bien sûr et pas du tout dans le sens "inepte") ! Quand elle dit dans la même minute qu'il ne faut pas "jouer" avec le drame des enfants handicapés et qu'on touche là le summum de "l'immoralité politique", qu'il lui répond alors qu'il ne faut pas utiliser d'argument aussi blessant que celui-ci, et qu'elle lui rétorque, au bord de l'orgasme, "vous êtes blessé ?".... Oublié le drame des handicapés et place à l'obscénité politique ! Cette manière si sournoise, si féminine, de personnaliser le débat à tout bout de champ, "vous n'êtes pas sérieux", "vous êtes brutal", "je connais vos techniques", ironisant cruellement à chacune des interventions de son interlocuteur, et osant dire,  lorsqu'on lui demande à la fin ce qu'elle pense de lui,  qu'elle se refuse à tout jugement personnalisé !!! Et je passe sur l'instant SM pendant lequel elle se moqua de sa propension à jouer les victimes, qu'il répondit  "qu'avec elle il ne pourrait être qu'une victime consentante" et qu'elle lui lança, avec un rire dans la voix qu'il ne m'appartient pas de qualifier,  que dans ce cas "tant mieux, on aurait au moins du plaisir".

Qu'importe alors le sérieux de l'homme puisque la femme mit les rieurs et les sexuels de son côté ! Diaboliquement mitterrandienne, c'est-à-dire odieusement méprisante, mais suprêmement efficace, elle ne cessera de le latter pendant les trois quart de l'émission - quitte à sombrer, elle dans le vague, l'imprécis, le détourné, l'incantation, l'indignation de la mère de famille. Mais quelle importance puisqu'elle l'emportait dans l'apparence ? Sa "colère saine" admirablement préparée et qui n'eut rien à voir, contrairement à ce qui se dit déjà, avec celle d'une femme hystérique et qui acheva de faire bouillir Sarko. Et quand, tant bien que mal, celui-ci s'en sortit en lui répondant qu'elle s'énervait facilement, tout le monde avait compris que sa colère à elle n'était que feinte mais que la sienne à lui était sourde.  Et c'est pourquoi ce passage où Sarko dit à Ségolène de ne pas s'énerver, qui va devenir le mot du débat, et qui passe déjà en boucle sur LCI, est un malentendu, sinon une manipulation. Au fond, la ruse de Ségolène devient la preuve fabriquée de son "intranquillité" - ce qui est très avantageux du point de vue de Sarko mais pas très honnête, si j'ose dire,  du point de vue de sa fausseté à elle. Le moyen aussi de lutter avec quelqu'un pour qui l'objection n'a strictement aucune valeur et qui n'est en rien impressionné par le réel ? Il est dans le pragmatisme, elle n'est que dans l'intention. Il connaît tous ses dossiers, elle ne connaît que l'imaginaire - quand on lui démontre qu'elle ne pourra jamais réaliser ce qu'elle dit, y compris dans son Poitou-Charentes expérimental, tout simplement parce que les lois, l'état et le fonctionnement des régions sont contre, tant pis pour les lois et les raisons, elle répond avec un culot monstre "et bien moi je le pourrai". Le pire, c'est que ce culot surréaliste passe alors pour du volontarisme tout azimut et fait passer par contraste celui de Sarko comme un coupable fatalisme. C'est fou comme quelqu'un qui affirme dans le vide l'emporte toujours sur quelqu'un qui essaye de gérer le plein. D'ailleurs c'est simple, dès que lui se met sur un terrain (la dette, la sécurité, la Turquie), elle lui répond sur un autre terrain et ce faisant, arrive à faire croire que c'est elle qui est dans la complexité ! Et quand on insiste un peu, alors elle dit qu'on plaisante et passe allègrement à autre chose. La technique abjecte de changer de sujet à chaque sujet et donc de déstabiliser son adversaire. Car à ce moment-là, Sarko qui se soucie de préciser tout ce qu'elle dit passe alors pour un technocrate noyé dans ses chiffres, un comptable obsédé et impuissant devant la fée du logis.

Alors, en effet, je n'ai pas pu m'empêcher d'envoyer vers 22 h à certains d'entre vous ce message un rien désespéré :

"22h10 : C'est pas vrai ! Il perd tous les duels, elle lui rentre dans le lard, et il n'a rien à répondre. Pas si combatif que ça. Elle domine indéniablement. Elle gagne techniquement et symboliquement. Et pourtant que de démagogie  ! Mais non elle lui pique ses valeurs et sa rhétorique et elle est la plus forte !!! Et elle sera élue"

Evidemment, je me suis fait sermonner par mes amis de droite qui m'ont dit que je me vautrais dans mon pessimisme habituel, par plaisir de souffrir, et qu'eux ne voyaient pas du tout ça, qu'au contraire Ségolène leur apparaissait comme une démagogue ennuyeuse prouvant de minute en minute sa criante incompétence. Ah Les gens de droite ! Toujours soucieux de fond et jamais assez de forme, incapables de se rendre compte que seule la forme, c'est-à-dire la force, compte dans ce genre d'exercice. C'est l'esthétique dramatique qui est essentielle ici et non la rigueur discursive. Et il faut se mettre à la place de l'électeur centriste qui décidera dimanche du scrutin et qui voit cette femme dont on lui a tellement dit qu'elle était nulle dominer techniquement et symboliquement ce type dont on lui a dit qu'il était si fort et qui se fait atomiser en direct ! Ce qu'ont bien compris, a contrario, tous mes amis de gauche, que je viens encore d'avoir au téléphone ou en MSN, et qui sont ce soir très contents de la performance tartuffienne de leur candidate ! Et déjà chaque camp dit que son champion ou sa championne a triomphé de son horrible adversaire !

Alors, je l'avoue. A la fin, Sarko s'est rattrapé. Sur les questions internationales, sur la Turquie, elle n'avait rien à dire, la dame patronnesse. Elle avait l'air fatiguée même. Elle ne le regardait même plus dans les yeux comme elle le fit pendant tout le long du débat (alors que lui, le malheureux, toujours à s'agiter et à s'adresser la plupart du temps aux journalistes !). Peut-être apparaîtra-t-il demain qu'elle ne fut pas si brillante que ça, que ses échappatoires perpétuelles transformées en affirmations improbables, que son toupet monstre faisant office de projet politique se retourneront contre elle - et surtout que son autoritarisme révoltant de "femme révoltée" aura finalement fait passer le bonapartisme de son adversaire comme un aimable centrisme. Et que celui-ci, malgré tout, l'emportera dimanche avec un petit 50, 10 %.

 

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Commentaires

  • "Alors, je l'avoue. A la fin, Sarko s'est rattrapé. Sur les questions internationales, sur la Turquie, elle n'avait rien à dire, la dame patronnesse."


    Sur la Turquie, Sarkozy se transforma en un villiériste inculte et apeuré. Il nous parla géographie alors qu'il ne pensait qu'à l'Islam. Bien trop lâche pour l'avouer. Cette Turquie où se déroula la bataille de Troie. Cette Turquie où virent le jour une grande partie des philosophes, historiens, mathématiciens de l'Antiquité. Cette Turquie où se déroulèrent les premiers Conciles qui façonneront à jamais l'histoire du Christianisme. Cette Turquie ne fait pas partie de l'histoire de l'Europe? Les Finlandais nous sont plus étrangers mais... ils ne sont pas musulmans.

    Chypre fait bien partie de la communauté européenne. Qu'il regarde donc une carte le nain géographe. Chypre ne fait pas partie du territoire européen. Ni la Guyane. Ni les îles Falklands. Et pourquoi accepter la Turquie dans les compétitions européennes de football?
    Il suffit d'ouvrir un vieux Larousse pour y lire à Turquie: "Etat de la péninsule des Balkans et de l'Asie Mineure." La Russie, la vieille ennemie turque, est aussi européenne qu'asiate. Mais ils sont Chrétiens. Ainsi que Chypre (la partie chrétienne). Donc pas de problème.

    Marre de ces hypocrites déguisaient en piètres géographes qui n'osent dire: "la Turquie s'est séparée spirituellement de l'Europe, à jamais, en mai 1453 car cette terre est devenue musulmane." Voilà ce qui serait honnête pour les Français et les Turcs. Cessez de jouer les derviches tourneurs!

    Mais comment le nain cornu fera demain face à la détermination de l'Angleterre et de l'Amérique (ses sublimes alliées!!) qui ne pensent qu'à pousser la Turquie dans les bras de l'Europe? Jouera-t-il, comme ce soir, le refus éloquent à une Condi Rice?
    J'ai bien peur que Sarkozy n'est que le fils honteux d'un Chirac. La guimauve, l'agitation, les grands projets et puis... RIEN.

    Ségolène je vous aime.

  • Ah la la! Montalte! Vous raisonnez comme si le débat était déterminant pour l'issue du scrutin! Il pourrait l'être, certes, en ce qu'ennuyant et soporifique, il devrait pousser l'électeur conséquent à préférer la pêche ce prochain dimanche ensoleillé. Mais en réalité, il n'a pas d'importance. Les deux orateurs sont assez mauvais, les ficelles de leur psychologie sont énormes, leur propos dépourvus de culture. La nouvelle génération qui monte prouve à elle seule les dégats de l'éducation nationale et la faible attractivité de la carrière politique: ce ne sont plus les meilleurs qui s'y collent. Ségolène Royal a été constamment agressive, ne voulant rien céder à un adversaire qui la prenait de haut en essayant de se montrer magnanime, jusqu'à lui concéder trois minutes, à la fin, ce qui est une terrible faiblesse. Mais elle,elle a été constamment mauvaise, non pas féminine mais femelle écorchée. Sa manière de personnaliser le débat, de ne jamais vouloir être aimable, de flirter avec l'argument ad hominem, je ne sais pas qui cela pourrait convaincre. Sarkozy a révélé que derrière le gros dur qui fait la forte voix, il n'y a pas une petite chose qui se laisse assez vite décontenancer quand il sait avoir dit une bêtise (comme sur le nucléaire). Le petit nain se voûte et divague du regard. Mauvais débat, oui, très mauvais débat entre deux candidats intellectuellement médiocres qui ne sont pas arrivés où ils sont en raison de leur qualité, comme le prétendait le flagorneur et satisfait Nicolas, mais parce que les personnes de talent ont déserté la politique. Il y a tellement mieux à faire...

  • La phrase que je retiens (et j'imagine qu'elle passe elle aussi en boucle mais je n'ai pas la télé) est celle-ci, aussi préparée que la colère de la dame : "Vous n'avez pas besoin d'être méprisante pour être brillante"...Et bien si, justement. Sarkozy, contrairement à Chirac, n'a rien appris de Miterrand.

  • Bien vu, Pierre. Scène de ménage classique, Madame invective, prend Monsieur en faute (toujours en faute, Monsieur), Monsieur fait profil bas, l'électeur et l'électrice habitués à jouer cette scène de l'humiliation exultent !

    Que reste-t-il ? Qu'on n'a parlé que d'affaires de ménage, qui va sortir les poubelles, qui fera la lessive, enfin les enjeux habituels de cette campagne, les petits décomptes genre "je compte mes heures et celles de mes voisins" comme chez l'altier "transhumain", bref la mesquinerie généralisée. Il existe un monde, à part ça ?

  • Je ne compte que le temps, toujours trop court, accordé à mes proches. Quand Sarkozy voudrait que je ne compte que mes sous.

  • J'entends bien, Transhumain. Et je pense que Sarkozy et vous avez tort : le temps, c'est gratuit !
    Si vous en manquez, c'est que vous ne le prenez pas. On vous force à faire tel nombre d'heures ? Libérez-vous, changez de boulot, débrouillez-vous. Ou si vous aimez votre vie telle qu'elle est, ne la découpez pas à l'heure près. Time is not money, le temps c'est l'esprit.

  • Encore un excellent article, cher Montalte ! Tout y est, ou presque, de ce débat où l’image, la symbolique, était le seul enjeu, et qu’évidemment de ce point de vue - qui est l’unique point de vue de Ségolène Royal depuis le début – la candidate populo-vichyste a emporté haut la main.
    Pessimiste, optimiste ? Hélas, la question n’est plus là depuis longtemps pour moi, depuis que le piège de l’image s’est refermé sur le champ du politique, et ça ne date pas d’hier, ça rampe insidieusement depuis l’élection de Giscard, ça s’amplifie sournoisement à notre su et à notre vu sans qu’on puisse apparemment rien faire pour que ça s’arrête. A présent nous y sommes, nous sommes dedans et notre pauvre vieux pays aussi.
    Ah ! ils vont avoir le réveil frais, les Français de la peur ET les Français de l’audace auto-proclamée, les Français du repli ET les Français de la conquête, les Français qui se trouvaient pauvres ET ceux qui se croyaient riches, les Français de la Liberté ET ceux de l’Egalité, les Français qui ont tous oublié que la Fraternité n’a jamais eu à faire avec la péroraison ni le blush ! Mais au fond, se réveilleront-ils jamais ? Quelqu’un encore y aspire-t-il ? Faut-il le leur souhaiter ?
    Je n’en suis pas très sûr, et c’est encore une des raisons qui me fait croire qu’à ce jeu de cons, celle qui propose la piquouze létale la plus indolore risque fort de gagner.



    -- Serge RIVRON
    allez jeter deux yeux sur mon site : http://srivron.free.fr
    ou sur mon blog de campagne : http://francemoinsj.canalblog.com

  • Montalte,

    Ce débat était affligeant, nullisime, chiantisime... les superlatifs manquent...
    10mn pour les questions internationales, qui sont selon moi les plus importantes... on vit dans un monde et plus seulement en France...et ...2h pour faire raccompagner les femmes flics à la maison, des retraites par répartition auxquelles nous les trentenaires savons déjà que nous y auront pas droit, Etat papa ou Etat maman ...démagogie quand tu nous tiens...franchement vous voulez déposer un bulletin avec ces deux pathétiques noms...c'est risible...

    Ce qui m'a un peu réveiller, c'est il est vrai la colère feinte de la dame en noir et blanc...je l'ai trouvé sexy...j'avoue j'ai toujours un faible pour les femmes autoritaires...des femmes qu'il faut mater....certainement dû à une éducation matriarcale et méditerranéenne....

    C'est aussi le moment je crois où elle a perdue le débat alors qu'elle maîtrisait la situation...chacun des deux attendaient de faire exploser l'autre…tel est pris qui croyait prendre...aussi Montalte....ne t'inquiète pas pour ton champion...tu sais que mes pronostics sont foireux....mais je suis persuadé qu'il va l'emporter...tous les royalistes vote par défaut...les sarkozystes par engouement...ça change tout...

    Et c'est pas Libé, que j'ai lu par dessus l'épaule d'une belle brune bobo typique électrice de gauche au ventre plat, qui titrait ce matin "la combattante" qui va y changer quelque chose...

    Jugurta, ni la gourde ni le gourdin

  • La question centrale est : les électeurs centristes se soucient-ils un minimum du fond ? Si la réponse est oui, Sarkozy a gagné ce duel en démontant les incohérences de son adversaire qui misait tout sur l'agressivité et les généralités creuses et évasives pour masquer le vide absolu de sa candidature specrale et médiatique.
    Dans le cas contraire ce pays sera euthanasié rapidement par l'infirmière spécialisée en soin palliatifs.

  • "L'homme de ce temps a le coeur sec mais la tripe sensible" (Georges Bernanos)

    La Griotte mal accompagnée ?
    Moi en tant que Griotte chômiste, j'ai adoré la très bonne idée de Ségolène pour régler le chômage. Je suis pour que l'on crée des postes d'accompagnateurs pour que les fonctionnaires soient accompagnés par des accompagnateurs qui eux-même seraient accompagnés d'accompagnateurs chargés d'accompagner les accompagnateurs accompagnés de fonctionnaires raccompagnant des fonctionnaires accompagnés .... c'est l'homme qui a vu l'ours qui a vu l'ours à la sauce socialiste ! Ca me fait penser aux milliers d'agents de la circulation en Corée du Nord chargés de régler la circulation routière dans les rues vides d'un pays qui n'a quasiment pas de voitures.

    La Griotte

  • 1) Elle a indéniablement gagné de ce débat sur le plan symbolique, mais c'est en la matière le seul qui compte. NS a manifestement "déjoué" mais il ne pouvait faire autrement.
    2) Ce débat ne changera rien à l'affaire.
    3) Compte tenu de l'avance de NS, de la faiblesse globale de la gauche, le résultats de dimanche est plié. Sarkosy sera élu.

  • Cher Pierre,
    Juste quelques mots jetés comme ça, car je suis débordée.
    Avant de lire ton texte, je redoutais le pire. Ton message d'hier soir m'avait surprise (euphémisme). Finalement, je suis soulagée et je trouve ton analyse très fine. Mais tu te positionnes en homme. Les femmes ont une vision bien différente. Nous connaissons toutes les ficelles utilisées par Ségolène sur le bout des doigts. C'est vrai qu'elle lui a fait une scène de ménage et qu'elle était déplacée. Ce débat était "sexualisé" à cause d'elle et ça c'est moche pour les femmes. Quand on exige l'égalité, on ne se positionne pas comme cela. Nous cherchons à nous rendre crédibles, fortes, elle n'était qu'agressivité et émotions. A cause d'elle, on va hésiter avant d'embaucher des femmes dans la Police (s'il faut les protéger). Sa colère était bien évidemment feinte, ses propos terriblement injustes. Personne n'a jamais autant fait que le gouvernement de Chirac pour les handicapés (il a lui-même une fille handicapée). Il y a deux enfants handicapés dans ma famille, jamais ils n'ont été autant aidés que depuis les dernières mesures de Raffarin. L'attitude de Ségolène est honteuse, déplacée, elle montre son vrai visage : cette femme est fondamentalement méchante. Ce n'est pas un scoop. Tous ceux qui ont travaillé avec elle la déteste.
    Elle a tout de même réussi à faire passer Sarko pour un homme zen, généreux, gentleman, conciliant, positif, d'une grande courtoisie. Bravo !
    J'aurais bien d'autres choses à ajouter, mais le temps presse. Si, un dernier commentaire : nous n'avons pas assisté à un film de Bergman et franchement l'esthétisme.... Les Français ont du bon sens, ils ne s'en laisseront pas conter. Quant à la plastique de Ségo, 52% de la population s'en fichent.
    Bises.
    E.

  • Je rejoins Tlön. "L'échec" d'hier n'empêchera pas l'élection de demain.

  • J'ai trouvé Ségolène Royal trop prévisible. Elle est caricaturale, excessive quand elle se met en colère à propos des enfants handicapés — enjeu de troisième ordre s'il en est. Philippe Muray se serait bien amusé s'il avait pu voir ce débat, tellement elle tombe dans tous les poncifs qu'il a relevé dans son désormais célèbre portrait de celle-qui-a-gardé-intacte-sa-capacité-de-révolte. Elle rabaisse la politique à des questions de layette. C'est bon pour le Poitou-Charente mais pas pour devenir président de la République. Je prévois donc la victoire de Nicolas Sarkozy en toute sérénité.

  • Gens de droite... dormez tranquilles !
    Sarko sera votre président, ainsi que le président de tous les français, même ceux qui n'ont pas voté pour lui, c'est à dire la moitié de la population (en comptant les abstentionnistes). Seul problème, nous serons tous obligés d'en supporter les conséquences.
    La gauche n'a jamais été aussi bien que dans l'opposition. C'est bien connu.

    Rendez-vous dans six mois.

  • Effectivement, SR a sexualisé le débat et j'imagine que le petit Nicolas, au moment où, avec un regard de vipère lubrique, elle lui a lâché "Vous êtes blessé ?" a dû avoir... comment dire, une montée sanguine localisée. Toi aussi Pierre, pas vrai ?
    Ceci dit, Pierre, il y a tout de même une condition à l'érotisme, en tout cas à mes yeux : l'intelligence et, dans ce domaine-là, franchement, SR a quelque souci à se faire. Cela a été dit et redit : cette femme est tout simplement incompétente et n'a aucune connaissance des dossiers, hormis et encore, ceux de sa région...
    Du reste, comme je l'ai écrit chez le Transhu, le débat en lui-même ne volait pas bien haut...
    Ne crains rien, je crois donc que le résultat est effectivement plié, nous ne sommes pas si cons en ayant tous constaté les parades, feintes et fausses compassions de cette Mère supérieur, tendance bordel de la Haute...
    C'est que, tout de même, je l'attends cette élection évidente, nécessaire, jouissive, débordante (et qui, j'en suis bien évidemment sûr, ne changera rien à rien puisque je reste farouchement millénariste), sarkozienne.
    Enfin, je vais pouvoir amasser des millions dans la Bourse (le CAC a 6 000 points, mon plus beau jour depuis 6 années) en étant débarrassé de toute mauvaise conscience et ainsi pouvoir sortir de mon souterrain où je griffonnai quelques harangues débordantes de ressentiment !
    Adieu le vieil homme engoncé de moraline sociale et de vertueux sentiments de sous-prolo, voici le nouvel Adam jaillisant comme la sève de l'agave selon Michelet : droit vers le ciel du capital céruléen.
    Enfin, je vais pouvoir, sans rire, me dorer le cul sur une île grecque (Karpatos, rebaptisée akadpatos me semble un choix tout indiqué) tout en appelant à la libération de toutes les chiennes de l'extrême gauche, qui crèvent dans une geôle aux frais du contribuable que je suis heureux, comme le Transhu, d'être...
    Enfin, je vais pouvoir offrir sans complexe des verres à mes potes (Montalte, Transhu, Samuel, je vous invite... Comme je l'ai d'ailleurs fait plusieurs fois, hein, Transhu et Montalte...!) sans que l'on me regarde comme un affreux capitaliste bouffeur de smicards...
    Enfin, je vais pouvoir me payer un authentique manuel de démonologie, en édition originale, à plus de 4 000 euros, le pied (fourchu) vous dis-je !
    Quel magnifique soleil, tout d'un coup, se lève sur mon cachot (euh, je dis cela pour le crétin toxoplasmosé, dès fois qu'il me verbatimise : c'est de l'ironie).

  • Fontenelle, sur l'hypocrisie pleine d'aplomb de Sarkozy :

    Il y a quelque chose, chez Nicolas Sarkozy, qui ne se dément jamais: c'est la façon qu'il a de remplacer la réalité par une réalité-bis, et la vérité par une vérité alternative, où Nicolas Sarkozy vient en paix.

    (Il a, en cela, retenu la triste leçon de ses penseurs de chevet, qui n'ont de cesse, pour justifier leur soumission au(x) pouvoir(s) dominant(s), de caqueter que le réel n'est pas ce qu'il est, mais ce qu'ils disent qu'il est - nuance.)

    Hier soir, par exemple, Nicolas Sarkozy a sermonné Ségolène Royal: "Il faut garder son calme et ses nerfs et utiliser des mots qui ne blessent pas", lui a-t-il dit.

    Et d'ajouter: "Quand on emploie des mots qui blessent, on divise le peuple, alors qu'il faut le rassembler".

    Mais, dans la vraie vie, question, qui a passé, je vous prie, beaucoup de temps à se gargariser de mots blessants, de mots salissants - de mots, en un mot, dégueulasses?

    (la suite en cliquant sur mon nom)

  • Alors, Juanito, lepeniste honteux, te voilà entrain de te pignoler sur les affiches de Sarkozy ? Le Transhumain a expliqué en long, en large, et en travers, ce qu'était Sarkozy. Il l'a fait en traitant du fond et de la forme, du programme et du symbole. Tout milite contre un Sarko au pouvoir, l'histoire de france comme les oeuvres d'anticipation occidentale, deux domaines dans lesquels tu te voudrais expert et que tu te contentes de trahir, d'avilir et de tordre à ta guise.

    Il est dramatique qu'on n'ait à opposer à ce sinistre franc-tireur déterministo-rentabiliste qu'une cadre de parti trop dogmatique, bancale et attentiste. Mais songe, Juanito, que grâce à ton héraut, la toile sera bientôt soulagée de tes longues diarrhées ineptes : Sarkozy entend remettre le pays au travail, c'en sera fini des petits branleurs-bloggers qui prétendent faire du "culturel" le cul devant leur écran ! Espèce d'improductif ! Parasite ! Sans doute un gène méditerranéen, ça...

  • Raah mince alors ! Je pense donc comme tes amis de droite ?

  • Qu'est-ce que je vous disais ? Toxoplasmose est aussi prévisible que l'odeur de merde suivant une flatulence de nasique...
    Ducon, le pays basque, ce n'est pas franchement la Méditerranée...
    Si tu es aussi mauvais en biologie qu'en géographie, nous, les consanguins (je t'imite), avons bien peu de souci à nous faire : tes critiques ne risquent franchement pas de nous fâcher...

  • Chère petite traînée sarkozyste, nous ne faisions pas allusion à cette origine basque mais à la mystérieuse complexité du génome humain.

    Mais tu fais encore diversion, il nous avait semblé parler du nouveau totem contre lequel tu te frottes. Au travail, faignasse !

  • Ah ! Gustave ! quelle excellente introduction à votre très court post que celle-ci :
    "il y a quelque chose, chez Nicolas Sarkozy, qui ne se dément jamais: c'est la façon qu'il a de remplacer la réalité par une réalité-bis, et la vérité par une vérité alternative, où Nicolas Sarkozy vient en paix."

    Voilà résumé en quelque ligne le principe dénégatif à la racine du parfait aveuglement de bigorneaux qui caractérise les socialisants.
    Oser pondre ça à l'heure où toutes les télévisions, reprenant la simulation orgastique de votre Madone, montre combien une fois encore elle mentait en affirmant, en pérorant, en intimidant toute vélléité de réponse que la droite avait drastiquement aggravé la capacité d'insertion scolaire des handicapés - alors que le nombre d'enfants handicapés scolarisé a en réalité DOUBLÉ en 5 ans !
    Oser pondre ça alors que c'est plus de 75% de l'électricité française qui est d'origine nucléaire, alors que la fouetteuse assénait avec un tel aplomb ses "17%" (comme d'habitude, elle s'était gourré de colonne en lisant sa fiche) que Sarkozy penaud s'était frileusement replié sur 50% !

    Ah ça ! pour mettre les pieds dans le plat de la vérité alternative dans laquelle vous naviguez, hélas, on ne peut pas mieux faire. Bravo Gustave !

    Mais je suppose que vous allez encore trouver une excuse à votre Vénéneuse - elle qui en toute "vérité bis" osait affirmer tout sourire hier soir en sortant du plateau : "Moi, j'ai trouvé que c'était un très bon moment, J'AI TOUJOURS AIMÉ DÉBATTRE". Parce qu'en plus, laminer la réalité en avançant rigoureusement n'importe quoi pourvu que son affect s'épanouisse, elle appelle ça "débattre".

  • Pauvre Serge, il se trouve : 1) que dans mon post il n'est pas question de moi ni de ce que je pense (même si on peut le deviner) mais de ce qu'a écrit un autre, qui se nomme Fontenelle ; 2) que si vous le lisez, vous verrez qu'il n'est pas très "socialisant", comme vous dites ; 3) qu'il a au contraire des mots très durs envers Royal, qu'il trouve - et je le rejoins là-dessus - hypocrite et en partie incompétente ; 4) que, pour revenir au texte de Fontenelle, la question n'est pas pour lui, dans ce post précis, de savoir quel a été le plus mauvais (les avis sont partagés, et vos exemples ne sont pas bons, la vérité se situant les deux fois ni complètement chez l'un ni complètement chez l'autre) mais qui ose balancer certains pseudo-arguments avec un aplomb et une assurance que son comportement de ces derniers mots ne devraient pas lui permettre...

    Mais pour vous, celui qui critique le Sarkozy d'hier soir (celui-là même qui refuse les critiques "ad hominem" avant de s'en prendre nommément à Hollande, qui demande de la pondération mais qu'on a déjà vu s'emporter devant les foules sur certains sujets) est, selon vous, forcément un pro-Royal. En réalité, ça peut être aussi quelqu'un qui sait appeler une contradiction... une contradiction.

  • Avant de s'illustrer récemment dans la rubrique "eugénisme" en affirmant le caractère inné de certains troubles de conduite, Nicolas Sarkozy affichait son ostracisme à l'égard des immigrés. Pourtant, ce serait une erreur de croire que Sarkozy est d'abord raciste, il est viscéralement ultra-libéral. Là où les attardés de la France profonde s'entêtent à séparer le bon sang du sang étranger, Sarkozy, porte-parole de la "droite décomplexée", ne juge les hommes que par leur utilité. Sa loi relative à l'immigration et à l'intégration promulgue l'étiquetage de produits humains venus d'ailleurs, parce qu'il est de bonne pratique économique de qualifier les ingrédients de la machine à produire, afin de valider la planification pour obtenir la compétitivité.

    De même, l'égalité des chances et la discrimination positive induiront davantage de concurrence entre de nombreux postulants à l'exploitation, et la carte de séjour temporaire indiquant la raison retenue pour importer chaque étranger est une façon enfin sérieuse de gérer le capital humain : les scientifiques ou footballeurs acceptés à l'import dans la case "compétences et talents" mériteront bien une carte de trois ans renouvelable "pour le développement et le rayonnement de la France".

    Bien sûr, la stratégie de prise du pouvoir peut aussi amener à faire plaisir aux électeurs sensibles à la démagogie anti-immigrés. Mais ces concessions tactiques cachent la philosophie de libre concurrence qui fonde le projet de société de Sarkozy. Car, au-delà des niaiseries racistes, les carences innées ou acquises sont à risque économique si elles créent des handicaps ou des dysfonctionnements qui entravent la compétitivité.

    Finies les sottises criminelles en vogue au siècle dernier sous le nom d'eugénisme. Les tolérances de Sarkozy pour les communautarismes religieux montrent qu'il ne hiérarchise pas les héritages culturels. Et si les femmes sont encore moins bien rétribuées que les hommes, c'est la rançon de pesanteurs historiques aujourd'hui indéfendables.

    Ainsi, l'ultralibéral accepte l'égalité biologique entre catégories humaines parce qu'elle multiplie les occasions compétitives en jetant dans le même sac (le même marché) tous les sexes, races, origines. En revanche, la proclamation d'inégalités innées entre individus d'une même catégorie permet de justifier les échecs, malgré tous les efforts d'un pouvoir bienveillant et démocratique...

    C'est une des pesanteurs de la social-démocratie que de fonctionner avec le même moteur libéral et le même carburant scientiste que le capitalisme, mais sans avoir ni le goût ni l'audace d'assumer les exclusions...

    Par là s'explique peut-être la relative passivité qui a accueilli les propos récents de Nicolas Sarkozy sur le caractère inné de certains comportements. Des responsables politiques de gauche se sont débarrassés du vilain bébé eugénique en le remettant aux scientifiques. Comme si l'enjeu était de démontrer une vérité définitive plutôt qu'affirmer des convictions pour une société capable de gérer humainement les différences.

    Grâce à la science on pourra faire mieux dans l'identification et la sélection. Selon le souhait du gouvernement où siégeait Sarkozy on pourrait connecter ensemble tous les fichiers informatisés pour accéder à des éléments de la vie privée que le travailleur ou le chômeur auraient préféré dissimuler. Mais voilà que l'informatique se marie avec la génétique : Google veut créer une base de données qui mettrait en ligne toute l'information disponible sur les génomes pour l'avènement de "la médecine personnalisée", laquelle permettrait à chacun de gérer son existence en fonction de son capital génétique... et aussi à chaque employeur d'évaluer "scientifiquement" son personnel.

    Nous n'en sommes qu'à l'"immigration choisie" mais, comme prévu il y a un demi-siècle par le généticien progressiste Hermann Muller (Prix Nobel en 1946), "l'eugénisme de la société future, libéré des traditions de caste, d'esclavage, de colonisation, pourra être une eugénique véritable et radicale". Comme à Singapour où on récompense le mariage entre diplômés aussi bien que la stérilité des couples sans diplômes. Comme en Europe où, encore récemment, la stérilisation forcée ne visait pas tant la dissémination d'une "tare génétique" que l'incapacité du porteur à "assurer la subsistance de ceux qu'il pourrait engendrer".

    Le philosophe américain Peter Singer a tiré profit des récentes connaissances génétiques : puisqu'il y aurait davantage de différences entre le génome d'un trisomique et celui d'un homme "normal" qu'entre le génome du même homme et celui d'un chimpanzé, il faudrait utiliser des "mongoliens" plutôt que des singes dans l'expérimentation... Le futur des hommes sans qualités s'illumine avec les propositions des "transhumanistes" pour enrichir le corps humain en nanoprocesseurs afin d'"optimiser" les performances du muscle ou du cerveau.

    Le message d'Hermann Muller est en bonne voie pourvu qu'on ne perçoive pas l'eugénisme par la lunette étroite du racisme ou de l'antisémitisme : dès qu'on saura produire les oeufs humains en abondance et sans instrumentaliser les femmes, le tri des pontes au laboratoire sera intensifié pour la sélection du meilleur bébé possible. Cette mise en compétition de leurs embryons permettra à chaque couple, et hors de toute suspicion de racisme, de remplir efficacement la case sarkozienne "compétences et talents"... avec confirmation grâce à des tests pratiqués dès l'âge de 3 ans.

    La "cérémonie d'accueil dans la citoyenneté", baptême tardif aujourd'hui exigé pour les immigrés élus, fera alors place au combien plus précoce et scientifique Diagnostic génétique préimplantatoire (DPI), concours médical d'entrée dans la jungle compétitive. Et ce tri biologique promettra encore l'égalité des chances pour tous les géniteurs, quelle que soit leur origine.

    Décidément, le libéralisme économique est bien l'ennemi de l'humanisme, et le scientisme est toujours son allié.

    --------------------------------------------------------------------------------
    Jacques Testart est directeur de recherches à l'Inserm.

  • Vous nous permettrez ce petit copier-coller, qui expose la réalité sous la "réalité-bis".

  • Scoliose copie-colle, Toxoplasmose et le Stalker s'amusent à savoir qui c'est qu'en a la plus grosse, Gustave et Serge Rivron se chamaillent, Raphaël est toujours plus à droite qu'il ne le pense, Ludovic et Tlön s'accordent, Iconoclaste et Sébastien prévoient la victoire de Sarko, la Griotte et Samuel se moquent de Ségo, Jugurta et Fisher sont effondrés, le transhumain me trouve pertinent, la rue jolie trouve le transhumain peu pertinent, cappadose déclare sa flamme à madame Royal, et ma chère Eva trouve que celle-ci donne une image désastreuse des femmes. Voilà, je crois que je n'ai oublié personne....

  • A Montalte pour lui remonter le moral :
    Les bourdes de Ségogo et dire que certains croient qu'elle a gagné ce débat...

    http://jesrad.wordpress.com/2007/05/03/debat-bilan/#comments

  • Durant le débat Sarkozy ressemblant à un levantin vendant sa camelote au souk de Constantinole asséna:
    "Mme Royal les 35 heures ont été catastrophiques pour l'économie de notre pays. J'ai parcouru l'Europe et aucun dirigeant ne l'a adopté. Même votre ami socialiste (appuyé sur socialiste) Zapaterro m'a affirmé qu'il n'appliquerait jamais le système des 35 heures en Espagne."

    Ségolène Royal: Supprimerez-vous les 35 heures?

    Sarkozy : Euh... non.

    Cohérence qu'il dit le nabot. Encore un Chirac!

  • Un texte de Germain Souchet en Une du Stalker, avec référence aux textes de Montalte de de Noël.
    Commentaires ouverts (sauf pour le lapin mixomatosé et sa compagne dont il est à la fois le père et l'amant. Cela se passe comme cela dans le clapier des consanguins).

  • Je vote François Bayrou .

  • Un de tes mails, Montalte, m'invite à donner mon avis. Tant pis pour toi
    Non Ségolène n'a pas gagné. Je doute que son jeu malhabile dupe quelqu'un. Toute précision dans ses propos mise à part, elle pouvait faire le choix d'être idéaliste, d'affirmer impérieusement, de faire fi de considérations bêtement terre à terre, jouer l'indignée, la Marianne symbole ou la Angela Davis de la politique, mais n'est pas Mitterrand qui veut. Elle n'avait ni aplomb, ni assurance, ni charisme. Que l'on se souvienne des campagnes de 74 ou 81 dans des stades bondés où ce vieux François électrisait des foules en parlant de socialisme, de nationalisation des moyens de production et de rêve égalitaire. Aucun fond mais une conviction inébranlable servie par un jeu d'acteur et de duplicité hors norme. En ce qui la concerne elle, nous n'avons pas vu des ficelles mais des cordes, voir des cables. Elle portait encore sur elle l'odeur du café pris le matin même avec ses "collègues" pour décider des passages obligés du débat: indignation, combattivité, évitement, etc. ...

    Sinon, je ne crois pas que les débats se dégradent et que la démocratie s'avilisse. D'un point de vue historique ce n'est pas une évidence. 85% d'électeurs participant, c'est un chiffre que même les dictatures où les plébiscites sont courant nous envient.
    Oui ce débat était intéressant et instructif. Oui il y a mille points de désaccords sur le fond dont on peut penser qu'ils ne donneront pas lieu à une action politique, cependant, s'ils ne trahissent pas un acte de divination ils donnent un signal ou une lecture a posteriori de notre monde.
    Il faut arreter de voir ces élections au travers d'un prisme parisien. Les analystes, journalistes, glosant sans fin sur de l'exégèse politique, sans jamais se demander si les spectateurs adhèrent à leur raisonnement ont tord de croire que les provinciaux ont une approche simple et naïve.

    Je ne crois pas que l'on puisse se limiter dans un débat de ce type à la politique diplomatique française. Cette question dépasse de toute façon les cadres des partis, le quai d'Orsay ayant une inertie étonnante. Talleyrand n'a-t-il traversé une bonne dizaine de régime. Si la Turquie rentre dans l'Europe, nous ne pouvons ne pas nous demander comment nous gèrerons les problèmes devenus frontaliers du Kurdistan irakien par exemple. Et oui il était bon de dire que les élargissements européens sont moteur de désintégration européenne et que les anti-europe voient d'un bon oeil le grossissement à satiété de l'institution européenne.

    Le dernier couplet féministe était trés déplacé et mal venu. Quel préjudice à la cause.

    Je ne parle pas, évidemment du fond, qui a bien des allures de tonneau des Danaïdes.

    Allez je vous cède trois minutes de paroles.

    Benjamin, vote pour Hugues Capet.

  • (Je réponds sans avoir eu le temps de prendre connaissance des commentaires ; je m’amenderai demain et compléterai le cas échéant.)

    Excellent article monsieur Cormary (une fois de plus), vous êtes fin.
    Lorsque les armes cessèrent de ferrailler (c’est-à-dire lorsque Ségolène cessa de torturer), l’adjectif épithète qui me vint à l’esprit fut : implacable, Sainte Ségolène est implacable. Aucune pitié, elle marche dessus.
    J’ai beaucoup à en dire mais vous avez tout dit !
    Toutefois, à l’instar de vos amis droitistes, je ne partage pas votre inquiétude. La compétence de Sarko était acquise de longue date dans les esprits. Caracolant en tête depuis des mois, ce débat ne pouvait que le desservir. Or le champion donna à voir ce que voulaient voir les Français : La sérénité. « C’est cadeau mes très chers compatriotes ! – objectif principal atteint, mission accomplished. » En bonus le gestionnaire aguerri qu’il est insista suffisamment sur le manque de précision de sa « concurrente ». Je suis persuadé que le message est passé (là où il peut encore passer, je ne parle pas, on s’en sera douté, des cerveaux avisés de la LCR).
    Moi, j’ai vu un président prenant garde de pas trop fanfaronner sa victoire annoncée face à une harpie qui, tel l’alien jeté au feu, s’enrage de colère vilaine. Les politiques de cette trempe-là se shootent au pouvoir ; lorsqu’ils sont à deux doigts du trip ultime, si un impudent, un autre junky par exemple, leur ravit à la barbe, ils sont prêts à tout, y compris s’entraîner toute la journée depuis 7h00 du matin devant la glace à répandre la moral à l’Élysée et rendre l’amour aux Français orphelins de François (Mitterrand ou Bayrou, au choix).

    Au fait, j’estime pour ma part que Sarko a reçu le retour de bâton qu’il méritait. Ce n’était pas la première fois qu’il évoquait aussi généreusement les handicapés (quand ce ne sont pas les femmes battues ou autres victimes de la terre). Je me morfondais, me disant : « Ah Nicolas... Nicolas ! Laisse ça aux gauchistes. Je sais qu’en bon démocrate qui se respecte tu dois ratisser large – mais s’abaisser si bas ? Prends garde qu’on te retrouve pas dans les bras de Ségolèche-cul. »
    Ce qui devait arriver arriva, la vierge effarouchée, Marie sainte Ségolène, s’empara du bâton et tordit bien fort, si vous voyez ce que je veux dire (ça fit mal à la virilité de notre Nicolas ; ce soir il souffle encore dessus !)
    Comme lorsque Seigneur Sarkozy apaisait la foule : « La vie c’est pas facile. J’en sais. J’ai beaucoup de cicatrices. Mais je vous le promets : Je vous protégerai. » Encore un peu, il y était presque... la larme à l’œil ! Et voilà petit Nicolas, pendant que tu jouais à Batman des chaumières tu oublias de monter ta propre garde, alors que la french Catwooman t’attendait de pied ferme, faisant claquer avec amour le fouet préféré de François Mollande (et François s’y connaît, ce qu’il a encore pris dans les dents ! Lors de la conférence de presse d’après combat le premier secrétaire de la déesse ne put contenir toute son admiration. « Une tortionnaire comme ça ! » Tirant la langue à Nicolas : « Ah ! C’est autre chose que Cécilia. La mienne est certifiée pur produit du terroir. Pas une goutte qui n’en soit ! »

    Au fond, notre président a eu sa Lewinsky. C’est comme ça qu’on fait en France ! On savait que le monde nous regardait...

  • Vive la nouvelle gauche.

    Vivement la guerre.

    A dans 4 jours près des cités (venez armés, car Naposarko le sera - grâce à nos impôts).

  • Tu viens de faire un appel au meurtre, petite merde.
    Va donc sucer du garde rouge en Corée du Nord.

  • Gourio, petite chose, carapate-toi vite avant qu'on t'écrase...

    Quant aux appels à la guerre, ils sont toujours aussi pitoyables - mais il est vrai qu'ils sont d'habitude l'apange de demeurés comme les cancéristes ou leurs satellites fun-fascistes...

  • Monsieur Montalte, je tiens à vous féliciter, vous êtes un homme de bonne fréquentation ; c’est à croire qu’on ne connaît pas le déchet chez vous. Je m’explique, sur les autres fils de discussion qui maillent la toile, pour deux ou trois interventions pertinentes l’avide surfeur doit souvent se taper la pollution qui va avec. (En général une trentaine de trolls, idiots utiles et autres illettrés.) Comment faites-vous ? Où que me porte mon regard, qu’il s’agisse de votre droite, votre gauche... ou même vos culottes (par respect pour l’auteur nous ne reviendrons pas sur l’épisode nomthombesque), un doux parfum de pugnacité s’exhale.
    Venons-en au fait. J’ai étudié les arguments des uns et des autres et il me semble qu’à une ou deux exceptions près vous demandez aux candidats l’impossible. Comment pourrait-on, en effet, reprocher à ces derniers de gaver l’audimat de démagogie (c’est-à-dire approximations en tout genre, mauvaise foi sans borne, flagrant délit de contradiction, etc.), alors qu’ils sont soumis au régime démocratique ? Ce n’est pas la Sorbonne qu’ils doivent convaincre ! Ainsi donc, en créatures habiles qu’ils sont ils jouent le jeu – ni plus, ni moins. Un boxeur manque-t-il à la vertu en expédiant son adversaire sur une civière ? Interdisez la boxe, pas les boxeurs ! Avant de crier au coup bas examinons les mœurs. La démagogie est le cœur même de la démocratie ; on ne peut plus étymologique (sans que le vocable soit, d’ailleurs, nécessairement péjoratif).
    Je sais que nous sommes à chaud, mais c’est le système qui est à mettre en cause, et non ses acteurs qui, je trouve, sont des maîtres du genre. Assis dans le fauteuil c’est facile de dénigrer ; mon père conspue copieusement les ailiers qui loupent leur centre, mais je sais quel genre de footballeur il fut. Je visite des forums de MMA et même maladie, les amateurs raillent le malheureux pugiliste qui s’est fait mener par le bout du nez par son adversaire. Mais encore une fois, assis c’est facile ; la mêlée c’est une autre histoire. Le fait est que sur 65 millions de Français un seul parviendra au siège suprême. C’est l’épreuve du feu. Bien sûr, il n’est pas interdit de critiquer le parcours d’obstacles quant aux obstacles faisant autorité ; en revanche il est indéniable que l’heureux survivant ne peut que sortir du lot – en deux mots ce n’est ni un idiot ni une couille molle. Sera-ce suffisant eu égard à la dimension des responsabilités qui lui incombent ? Les résultats en jugeront.
    Ni un idiot ni une couille molle, qu’on se le dise.

    En fait, à y repenser, je crois que la fonction en elle-même est inhumaine. Il n’y a que des inhumains pour s’y présenter. Rien que pour ça ils valent la mise en scène. Au fond, on y tient à nos salauds.

  • Montalte,

    Au contraire, c'est ce qui pouvait arriver de mieux à Sarkozordres d'être légèrement mis en difficulté à quelques jours de celui de vérité (enfin très légèrement en difficulté, car la fofolle du Poitou a tutoyé des cordillières de bêtise, cf. le raccompagnement des femmes policiers - grotesque!!! clownesque!!! - ou encore le transfert de postes d'une fonction publique à une autre!!! Du jamais vu à ce niveau-là : RIDICULE!!!! ; et ce n'est pas cette manière braillarde de faire couiner son utérus qui y changera quelque chose, on aurait dit un automate, elle récitait des mantras socialistes comme un orgue de barbarie bouffe des partitions à trous... Jamais je n'ai autant pris la mesure de la justesse du rapprochement génial opéré par P.Muray entre socialisme et occultisme : elle pense créer une réalité par la seule magie des mots, abracadabra, de l'incantation pure... Quand l'on voit le novlangue qu'elle pratique et son autoritarisme naturel, je trouve qu'elle est bien plus crédible en petite tyrannie que Sarkodzy). Le mieux, donc, pour le Puskas de l'aile droite, qu'il parait! Cela va réduire les tentations d'abstention, nous dit-on. Il a peut-être même bien joué volontairement une certaine faiblessse pour ne pas démobiliser.

  • Frérot tu ne fais peur qu'aux gamines de moins de dix ans les plus craintives.
    Tu sors du cul de Royal ou d'Hollande ? Tu es attiré par la guerre civile : va donc faire un tour au Soudan, tu pourrras y sucer du garde vert.
    Tu es con mais c'est de l'eau de bidet qui coule dans tes veines et non du sang.
    Tu n'es rien.

  • "Monsieur Montalte, je tiens à vous féliciter, vous êtes un homme de bonne fréquentation ; c’est à croire qu’on ne connaît pas le déchet chez vous." me disiez-vous Jokeromega. Comme vous voyez, cela commence - même si mes commentaires sont modérés.

    Samuel, ce n'est pas parce que mon amie (intime) Léthée a sorti une connerie d'extrême gauche que vous êtes obligé de sortir la grosse pine d'extrême droite. Et Dieu sait que je suis d'accord avec vous sur le Soudan ou la Corée du Nord.

    OrnythOrynque, à vrai dire, deux jours après ce débat, je dois bien avouer que je me suis un peu emballé dans mon masochisme. C'est qu'étant sensible aux rapports de forces et à la "dramatique" d'un débat avant toutes choses, j'ai plus vu ce soir-là Ségolène taper sur Nicolas que Nicolas avoir raison contre Ségolène. L'esthétique de ce duel m'a aveuglé et sans doute souhaitè-je au fond de moi que Sarko explose Ségo alors qu'il s'est passé apparemment le contraire. En ayant cette attitude que les uns disent pugnace et que les autres disent agressive, Ségo n'a sans doute fait plaisir qu'à son camp (fesser publiquement Sarko, quel pied !), alors que pour les autres, c'est elle qui a passé son temps à se déculotter. Sa colère feinte et trop longue, ses saillies méchantes mais trop révélatrices de ce qu'elle est ont fini par se retourner contre elle. Et au final, le bon sens des Français n'a pas été altéré, puisque d'après les sondages, c'est elle qui a perdu le débat. Comme quoi l'occultisme socialiste, ça ne trompe plus personne - sauf des gens poudlardisés comme moi !

    Benjamin, ravi de te revoir dans ma cour des miracles.

  • Sarko: Serpentard ou Gryffondor? Ségo: poufsoufle ou poufsoufle?
    Sarko: Louis XI? Ségo: Isabeau de Bavière?
    Sarko: Mazarin? Ségo: Marie de Médicis?
    Mais non on n'imagine même pas Ségolène en méchante ou en intrigante. Ce serait un honneur d'en faire une Montespan ou une Diane de Poitiers. Et je ne parle pas d'Alienor d'Aquitaine ou de Catherine de Médicis. Niveau crédibilité sociale ou politique, elle frôle la comtesse de Ségur, sans le côté 19ème. Alors que Sarko rentre tranquilement dans la peau de quelques impitoyables éminences grises. Devons nous être seulement esthète? Comme on le disait à la mort de Richelieu, dira-t-on de Sarko "si le Diable existe il est en enfer mais sinon, quel homme!". Non quand même on est loin de ce bon vieux cardinal.

    Benjamin,
    "Nous sommes tous égaux mais les Poufsoufle un peu moins"

  • Au cas où comme au premier tour certains de vos messages ne passeraient pas, voici l'avertissement que tous les bloggeurs de Blogspirit ont reçu :

    "Elections présidentielles

    A compter du 4 mai 0h00, la publication, la diffusion et les commentaires des sondages d'opinion sont interdits jusqu'à la clôture du scrutin, dimanche 6 mai, à 20 heures. Cette période vise « tout sondage d'opinion ayant un rapport direct ou indirect avec un référendum, une élection présidentielle ou l'une des élections réglementées par le Code électoral ainsi qu'une élection des représentants au Parlement européen » (L. 19 juillet 1977 modifiée par la loi du 19 février 2002). Toute infraction expose à une peine d'amende de 75 000 euros (C. électoral, art. L. 90-1).

    En conséquence, blogSpirit demande à ses blogueurs de s’abstenir de publier toute tendance, anticipation, rumeur sur les résultats du vote avant le 6 mai à 20 heures, conformément à la loi."

    En tant qu’éditeur du blog, nous vous rappelons que vous êtes légalement responsable du contenu publié sur votre blog, y compris les commentaires. A ce titre, blogSpirit se réserve la possibilité de poursuivre individuellement tous les auteurs de blogs qui enfreindront la législation."

    Mais nous on ne l'enfreint pas la législation, pas vrai les gars ?

  • http://www.dailymotion.com/video/x1vfyt_gerard-miller-analyse-sarkozy

    Voici ce que des partisans de Royal font circuler. Je l'écoute, et Miller me débecte profondément, plus que Sarkozy pour lequel je ne peux pourtant pas voter. Comment, même quand on veut plus de solidarité, peut-on continuer à faire confiance à une gauche aussi pourrie ? Sarkozy ne veut pas voir une certaine histoire, mais il en est une autre que ce vieux traître au meilleur de 68, bourge content de lui et clown médiatique ne veut pas voir. C'est eux qui ont fait ce monde, cette société du spectacle, du fric, du néant. Ces désespérateurs acharnés, qui ont abouti à l'immonde phénomène Royal.
    Voilà, je ne peux pas voter, Sarkozy est trop flic mais Royal infiniment plus pétrie de mensonges que lui, est pire encore. Cette élection me dégoûte. Les temps doivent changer, les temps changent, même si ça doit se faire dans la douleur.

  • D'accord avec vous, la rue, mais voyons, ne soyez pas triste ! Tendez des cordes de clocher àclocher, des guirlandes de fenêtre à fenêtre , des chaînes d'or d'étoile à étoile, et dansez tandis que les temps changent !

  • Certes certes... une connerie d'extrême gauche. Cependant, ne serait-ce pas ce qu'il souhaite justement votre Sarko adoré ? Bâtir un monde où les extrêmes s'opposent ? J'ai donc choisi le mien : la gauche.

  • Pour l'instant, les extrêmes, il les a plutôt diminués.
    Ensuite, la gauche n'est pas forcément un extrême.
    Et c'est précisément avoir une vision extrémiste que de penser qu'avec Sarkozy cela va être la guerre - à moins que cela soit profondément ce que tu souhaites. Ah la France à feu et à sang dès 20h rien que pour prouver que Sarko est un facho ! Alors que si c'était le cas, le fascisme serait, comme d'habitude, du côté des émeutiers.
    Enfin, tu n'es pas un petite merde.

  • Ouais, d'autant qu'il faut bien dire que c'est Mitterrand (l'homme de "gauche") qui a porté Le Pen sur la scène politique et que c'est Sarko (le grand méchant facho) qui l'a détruit. Alors il faudrait quand même rendre à Jules ce qui est à Jules et patati et patala.

    (bises à tous)

  • Je t'embrasse ma soeur !

  • Kouka, avec toute l'estime que je te porte : Sarko n'a pas "détruit" le pen-la truie ; voulant l'absorber, ce pauvre pantin est phagocyté par lui (... et chuis poli.) Ce qu'avait réussi à éviter Chichi...

    Patrice qui t'embrasse (si tu permets) aussi.

    PS : "Cependant, ne serait-ce pas ce qu'il souhaite justement votre Sarko adoré ? Bâtir un monde où les extrêmes s'opposent ? J'ai donc choisi le mien "
    Bravo, tu fais jouir Sarko. Gratis pro Deo !

  • Le "pantin" a surtout déphagocyté des idées et des notions qui étaient phagocytées par le FN depuis vingt-cinq ans. Grâce à Sarko, lui-même traité de sale immigré par le borgne, l'identité nationale ou simplement la France n'appartiennent plus à Le Pen ! Et il était jubilatoire de voir au soir du premier tour celui-ci pester contre les électeurs "cocufiés", "une seconde nature chez eux", qui avaient osé le foutre à 10 %. Quel mépris du peuple s'exhalait alors chez le soit-disant candidat du peuple ! Après avoir été antisémite et xénophobe, Jean-Marie se révélait francophobe !

  • "Pour l'instant, les extrêmes, il les a plutôt diminués. "

    Ce n'est pas lui qui a diminué les extrêmes. C'est Bayrou. Clairement, les gens d'aujourd'hui se rassemblent dans l'indécision. C'est synonyme de danger imminent. Les gens le sentent bien. Quand je parle d'extrême, je ne dis pas qu'il faut se ranger du côté de Bové, Besancenot, ou de l'autre côté. Non. Simplement rester du côté du juste, là où l'on respecte encore la seule distance avec son bon contraire : le tout pour moi et rien pour les autres. Ca c'est de l'extrêmisme. Prétendre vouloir le bien de la France quand il est pourtant évident qu'on aspire au pouvoir "total", c'est de l'hypocrisie.

    "Ensuite, la gauche n'est pas forcément un extrême." En cela donc, bien sûr, la gauche n'est pas un extrême. Mais dresser un portrait de la France où s'opposent fénéants et mabouls du taf, lève-tôt et gros dormeurs, smicards et golden parachutistes c'est pas créer des extrêmes ? Les extrêmes viennent de la disparition du juste milieu, et du juste tout court. C'est pourquoi, ne touchant pas 8 000 000 d'euros grâce à l'incompétence légendaire qui me vaut des refus d'augmentation (alors que mon taf est impeccable lorsque je la boucle), ni 4000 euros ("c'est peu"), je me range sagement, et gentiment derrière ma barrière de 980 euros. Ne suis-je pas disciplinée ? Viens donc me traiter de facho.


    La guerre ? Non pas exactement. Mais que les gens ouvrent les yeux : oui. Qu'ils se révoltent : oui. Qu'ils s'élèvent et se battent lorsque PPDA sélectionne à souhait les minuscules passages nécessaires à faire croire que ce débat du 2 mais a largement été avantageux pour la droite : oui. La colère, elle est là. Elle "gronde". Et en effet c'est sain une colère qui s'élève. C'est légitime aussi quand elle a pour but de faire cesser les abus.

    " Ah la France à feu et à sang dès 20h rien que pour prouver que Sarko est un facho ! "

    Sarko n'a pas besoin d'une France à feu et à sang pour prouver qu'il est facho. C'est précisément ce dont il a besoin pour faire croire qu'il sera plus efficace que Le Pen. Mais la France à feu et à sang... on y est déjà. Elle est déjà là. L'ennui, c'est que certains ne se sentent pas encore concernés (alors qu'ils le sont) par la nécessité de la révolte, et à qui on arrive à faire croire qu'il faut mettre un bulletin pour celui qui les anéantira. C'est le défaut des Français. Trop longtemps ils restent aveugles, et quand ils ouvrent les yeux sur leur connerie, ils explosent.

    Enfin, pour Kouka : "c'est Sarko (le grand méchant facho) qui l'a détruit (Le Pen). Alors il faudrait quand même rendre à Jules ce qui est à Jules et patati et patala."

    C'est bien là le problème. Jules César, lorsqu'il partait à la conquête de nouveaux territoires, s'appropriait le peuple. Il les faisait siens pour agrandir son armée. Les prisonniers n'étaient ni renvoyés en dehors des frontières, ni exécutés systématiquement. C'est la différence avec Sarko. Lui, il veut mettre tout le monde dehors. Et c'est ce qui plaît à une partie de son électorat. Il y a de quoi se poser des questions... Il n'a pas éliminé Le Pen, il a réussi à dire pire que lui. Et il FERA pire.

    Quant à rendre à Jules ce qui est à Jules, c'est comme être Calif à la place du Calif.
    Président des Hauts de Seine, président de l'UMP, Ministre de l'intérieur et candidat à la présidence, ça ne suffit pas déjà ? Il faut aussi qu'on lui soit reconnaissants ? Mais de quoi ? J'aimerais bien savoir...

  • Il y a quelques jours, j'étais à une soirée où se trouvaient plein de journalistes de France 3 qui s'apprêtaient à voter contre Sarkozy. Cette nuit j'étais à une fête où un philosophe spinozien, auteur de livres sur Derrida, s'est mis à dire que Ségolène Royal était selon lui malade. Plusieurs psys en tous genres, souvent auteurs de livres, hommes et femmes, ont confirmé le diagnostic et prévu qu'elle aurait bientôt besoin de soins psychiatriques. Tout ceci sans plaisanter, et bien que la plupart fussent de gauche ! Nous avons eu droit à quelques imitations de la démarche raide de la dame en question, mais tous les rires étaient angoissés. Certains allaient jusqu'à souhaiter une victoire de Sarkozy, jugé sain par ces professionnels, avec dix points d'écart, pour réveiller certaine population hallucinée.

  • Dur, dur pour Ségolène : les libertins ne vont pas voter pour elle. Cela fait plus de voix qu'on ne pense. Par exemple, un bloggueur influent, Phébus, appartient à ce courant. Voici le texte du manifeste anti-Ségo écrit par le libertin Pierre Bourgeade et co-signé par deux de ses congénères. Il figure sur le site de l'un d'eux, Gabriel Matzneff, qui raconte dans quelles conditions il l'a signé.


    La Revanche de Pétain
    (« Ma Royal, nous voilà ! »)
    3 Mai 2007

    Hier soir, mercredi 2 mai, tandis que Sarkozy et Royal se déchiraient à la télévision, mes amis Pierre Bourgeade, Franck Delorieux et moi, nous nous tapions la cloche au Café du Passage, l’excellent restaurant de la rue de Charonne, proche la Bastille. Bourgeade a sorti un papier de sa poche, nous l’a lu. Ragaillardis par les flacons de Fronsac servis par la belle Audrey, nous avons, Franck et moi, jugé ce texte si vrai, si juste, que nous avons décidé de le cosigner. Ce texte, le voici.

    Gabriel Matzneff

    Droitisation de la société politique ? On le dit partout. Mais ne s’agit-il pas plutôt d’une tentative de pétainisation des esprits, qui renvoie les Français aux heures les plus sombres ?

    Comme Pétain, Ségolène Royal « fait don de sa personne à la France pour atténuer ses malheurs » ; comme Pétain, elle ne cherche pas à convaincre, mais à consoler ; comme Pétain, elle rejette le centralisme ; comme Pétain, elle veut renverser la République représentative en faisant contrôler les élus par des comités populaires non élus, « tirés au sort » (sic), et réussit à faire adopter par des socialistes cette proposition insensée ; comme Pétain, elle veut mettre au pas les enseignants qui, selon elle, ne travaillent pas assez, placer les jeunes sous encadrement militaire, instaurer partout l’Ordre nouveau, devenu l’Ordre juste.

    Comme Pétain, elle fait les yeux doux à l’opinion catholique traditionnelle dont l’imbécillité ne s’est jamais démentie ; et, comme Pétain, elle ne peut réussir qu’en s’appuyant sur la masse épaisse des élus socialistes prêts à tout pour conserver dans le nouveau régime qu’elle annonce une parcelle de pouvoir. En juillet 1940, Pétain ne s’empara pas du pouvoir par un coup d’état : le pouvoir absolu lui fut remis par une majorité des élus du Front Populaire (les malheureux !) contre qui se dressèrent vainement quelques parlementaires socialistes et les communistes (les Quatre-vingt) ayant à leur tête Léon Blum. A la Libération, après sa condamnation par la Haute-Cour de Justice, Charles Maurras, le vieux leader d’extrême-droite, s’écria : « C’est la revanche de Dreyfus ! » Ségolène Royal, ennemie de l’hédonisme, du libertinage, du string au moins autant que son rival Nicolas Sarkozy, c’est la revanche de Pétain.

    Pierre Bourgeade, Franck Delorieux, Gabriel Matzneff
    3 mai 2007

    Source :

    http://www.matzneff.com/textes/chroniques/segopetain.htm

  • La politique-spectacle, les States en sont un bon exemple, n'est que le revers d'une société dépolitisée. De toute manière, croire que le pseudo-débat, on aurait envie de dire le duel (cinque you la Cinq !), influe un tant soit peu les électeurs, c'est concrètement un peu faible comme prétexte à un billet. De toute manière, la France a les candidats qu'elle mérite...

  • Gabriel contre Ségolène ? C'est de longue date que celle-ci n'a jamais vraiment fait partie des Passions Schismatiques de celui-ci. Mais ce mini-manifeste de libertins en colère (comme il y a des mères en colère) est délicieusement suranné. Merci à vous Yannou (qui êtes-vous au fait ?)

    Ségolène folle à lier, dites-vous La rue ? Toute son attitude de hier soir le prouve. Sa quiétude dans la défaite. Sa berceuse aux militants ("ensemble, ensemble"). Le déni de réel absolu. L'évitement. Oui, il y a quelque chose qui ne va pas chez cette femme.

    Ma pauvre Léthée, quelle mauvaise soirée tu as dû passer ! Je ne crois plus que cela soit l'heure de répondre à tes hallucinations anti-sarkoziennes. Mais tout de même ! "Sarko facho", "Sarko pire que Le Pen", Sarko et le "pouvoir total" (tsss... A côté de Mitterrand et de Chirac qui se sont présentés trois ou quatre fois chacun à l'élection présidentielle, "l'ambition dévorante" de Sarko apparaît presque comme celle d'un petit joueur), "Sarko et Jules César" (que vient-il faire là celui-là ?)... Non, je peux concevoir qu'on soit contre Sarko, son libéralisme, son atlantisme (fort nuancé depuis hier dans son discours puisque si les Américains restent nos amis, on n'est pas obligé de penser comme nos amis a-t-il dit) mais en avoir une vision aussi extrême, c'est prouver soi-même qu'on a de fâcheuses tendances extrémistes et qu'on devrait un peu se décrasser de sa haine sociale. Je t'embrasse quand même...

    Pour le reste, la conversation continue dans la prochaine note...

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